<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0">
  <channel>
    <title>Fabula : Web litéraire</title>
    <link>https://www.fabula.org/</link>
    <description>Web litéraire</description>
    <atom:link href="https://www.fabula.org/rss/fabula5.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/>
    <language>fr-FR</language>
    <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
    <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
    <copyright>Copyright 2026, Fabula</copyright>
    <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 09:00:04 +0100</pubDate>
    <lastBuildDate>Sat, 28 Mar 2026 09:00:04 +0100</lastBuildDate>
    <ttl>60</ttl>
    <item>
      <title>Le métier de Matisse</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133524/matisse.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 17:21:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133524/matisse.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>"Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l’homme d’affaires aussi bien que pour l’artiste des lettres, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques." Sous le titre Le métier de peindre. Un art d'équilibre un ouvrage publié aux éditions Hermann et désormais accessible en ligne via Cairn nous propose de redécouvrir Henri Matisse à  travers quelques-uns de ses textes les plus connus. Pour préluder à l'exposition Matisse qui s'ouvre ces jours-ci au Grand-Palais à Paris, A. Compagnon nous a fait passer sur France Inter Un hiver avec Matisse. La série de podcasts demeure accessible sur le site de RadioFrance, mais on peut choisir de retrouver ces chroniqus dans le volume qui paraît aux éditions Les Équateurs.  Rappelons qu'on peut lire sous la signature de Nathalie Piégay un compte rendu de l'essai de Dominique Vaugeois, L’épreuve du livre. Henri Matisse, roman d’Aragon (Presses Universitaires du Septentrion, 2002) : Les genres d’un "roman" : Henri Matisse. (Illustr. : La fenêtre ouverte, Collioure, 1905 National Gallery of Art, Washington)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="p1">"Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l’homme d’affaires aussi bien que pour l’artiste des lettres, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques." <a href="https://www.fabula.org/actualites/128244/henri-matisse-le-metier-de-peindre-un-art-d-equilibre.html">Sous le titre <em>Le métier de peindre. Un art d'équilibre </em>un ouvrage publié aux éditions Hermann et désormais accessible en ligne via Cairn nous propose de redécouvrir Henri Matisse à  travers quelques-uns de ses textes les plus connus</a>. Pour préluder à <a href="https://www.grandpalais.fr/fr/programme/matisse-1941-1954">l'exposition Matisse qui s'ouvre ces jours-ci au Grand-Palais</a> à Paris, A. Compagnon nous a fait passer sur France Inter <em>Un hiver avec Matisse. </em>La série de podcasts demeure <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-un-hiver-avec-matisse">accessible sur le site de RadioFrance</a>, mais on peut choisir de retrouver ces chroniqus dans <a href="https://www.fabula.org/actualites/133525/antoine-compagnon-un-hiver-avec-matisse.html">le volume qui paraît aux éditions Les Équateurs</a>. </p> <p>Rappelons qu'on peut lire sous la signature de Nathalie Piégay un compte rendu de l'essai de Dominique Vaugeois, <em><a href="http://www.fabula.org/actualites/l-epreuve-du-livre-henri-matisse-roman-d-aragon_5187.php">L’épreuve du livre. Henri Matisse, roman d’Aragon</a></em> (Presses Universitaires du Septentrion, 2002) : <a href="https://www.fabula.org/revue/document11345.php">Les genres d’un "roman" : Henri Matisse</a>.</p> <p><em>(Illustr. : </em>La fenêtre ouverte, Collioure<em>, 1905 National Gallery of Art, Washington)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" type="image/jpeg" length="526087"/>
    </item>
    <item>
      <title>Genre-en-cours. Plateforme de ressources pédagogiques en études de genre</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133533/genre-en-cours-plateforme-de-ressources-pedagogiques-en-etudes-de-genre.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 08:07:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133533/genre-en-cours-plateforme-de-ressources-pedagogiques-en-etudes-de-genre.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Genre-en-cours, plateforme de ressources pédagogiques en études de genre est désormais accessible à l'adresse suivante : https://genre-en-cours.education  Vous trouverez sur cette plateforme des ressources pour alimenter des cours en études de genre, pour donner une perspective de genre à des enseignements généralistes et pour vous former à des pédagogies plus inclusives, féministes, intersectionnelles. Il s’adresse à toutes les personnes soucieuses et curieuses de pédagogie et de transmission, ou simplement aux personnes qui veulent s’informer en études de genre. Le projet genre-en-cours est porté par Philomel, réseau transdisciplinaire en études de genre de Sorbonne Université, et soutenu par le programme SOUND. La plateforme demande à être enrichie : toute proposition de collaboration bienvenue, à l'adresse genre.en.cours@gmail.com. Responsables : Sophie Albert, copilote de Philomel Irène Gimenez, post-doctorante SOUND, responsable éditoriale de genre-en-cours</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133533_cfe576f1a65dcfa0e750d1392e932e4f.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133533_cfe576f1a65dcfa0e750d1392e932e4f.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Genre-en-cours</em>, plateforme de ressources pédagogiques en études de genre est désormais accessible à l'adresse suivante : <a href="https://genre-en-cours.education">https://genre-en-cours.education </a></p> <p>Vous trouverez sur cette plateforme des ressources pour alimenter des cours en études de genre, pour donner une perspective de genre à des enseignements généralistes et pour vous former à des pédagogies plus inclusives, féministes, intersectionnelles.</p> <p>Il s’adresse à toutes les personnes soucieuses et curieuses de pédagogie et de transmission, ou simplement aux personnes qui veulent s’informer en études de genre.</p> <p>Le projet genre-en-cours est porté par Philomel, réseau transdisciplinaire en études de genre de Sorbonne Université, et soutenu par le programme SOUND.</p> <p>La plateforme demande à être enrichie : toute proposition de collaboration bienvenue, à l'adresse <a href="mailto:genre.en.cours@gmail.com">genre.en.cours@gmail.com</a>.</p> <p><strong>Responsables :</strong></p> <p>Sophie Albert, copilote de Philomel</p> <p>Irène Gimenez, post-doctorante SOUND, responsable éditoriale de genre-en-cours</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133533_cfe576f1a65dcfa0e750d1392e932e4f.png" type="image/png" length="25208"/>
    </item>
    <item>
      <title>Centenaire Jean Sénac</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133362/centenaire-jean-senac.html</link>
      <pubDate>Sat, 21 Mar 2026 07:39:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133362/centenaire-jean-senac.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>À l'initiative de Serge Meitinger, un numéro de la revue Continents manuscrits vient célébrer le centenaire de Jean Sénac, né le 29 novembre 1926 à Béni Saf (Algérie) et assassiné en août 1973 pour avoir choisi le parti de l’indépendance de l’Algérie. Le sommaire entend donner une idée plus précise de l’amplitude comme de la variété des diverses archives qui contiennent des pans parfois ignorés ou encore inconnus de ses multiples activités (homme de radio et de revues, dramaturge, poète, critique, diariste, épistolier, autobiographe…), qu’elles aboutissent ou non à des œuvres au sens habituel du terme. Rappelons qu'à l'occasion du cinquantenaire de sa mort, les éditions El Kalima et le Seuil s'étaient associées pour la publication conjointe, en France et en Algérie, de ses carnets intimes retrouvés (1942-1973) sous le titre Un cri que le soleil dévore, édités par Guy Dugas et déjà salués par Fabula, comme l'avaient également été la publication de la Suite oranaise dans la collection des "Petits Inédits maghrébins", et la réédition en 2022 du seul essai écrit par Sénac en 1957 Le soleil sous les armes, et un recueil de poésie et d’hommages au poète algérien paru en 1981, Jean Sénac vivant, avec une préface de Nathalie Quintane (éd. Terrasses), ou encore la [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133362_cf1c4286758c017a9086787b1385d0fd.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133362_cf1c4286758c017a9086787b1385d0fd.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>À l'initiative de Serge Meitinger, <a href="https://www.fabula.org/actualites/133361/continents-manuscrits-n-26-2026-jean-senac-100.html">un numéro de la revue <em>Continents manuscrits </em>vient célébrer le centenaire de Jean Sénac, né le 29 novembre 1926 à Béni Saf (Algérie) et assassiné en août 1973 pour avoir choisi le parti de l’indépendance de l’Algérie. Le sommaire entend donner une idée plus précise de l’amplitude comme de la variété des diverses archives qui contiennent des pans parfois ignorés ou encore inconnus de ses multiples activités (homme de radio et de revues, dramaturge, poète, critique, diariste, épistolier, autobiographe…), qu’elles aboutissent ou non à des œuvres au sens habituel du terme</a>.</p> <p>Rappelons qu'à l'occasion du cinquantenaire de sa mort, les éditions El Kalima et le Seuil s'étaient associées pour la publication conjointe, en France et en Algérie, de ses <a href="https://www.fabula.org/actualites/115627/senac-retrouve.html">carnets intimes retrouvés (1942-1973) sous le titre <em>Un cri que le soleil dévore</em></a>, édités par Guy Dugas et déjà salués par Fabula, comme l'avaient également été la <a href="https://www.fabula.org/actualites/115791/jean-senac-suite-oranaise.html">publication de la <em>Suite oranaise</em> dans la collection des "Petits Inédits maghrébins"</a>, et la <a href="https://www.fabula.org/actualites/106689/jean-senacle-soleil-sous-les-armes-pref-de-n-quintane.html">réédition en 2022 du seul essai écrit par Sénac en 1957 <em>Le soleil sous les armes</em>, et un recueil de poésie et d’hommages au poète algérien paru en 1981, <em>Jean Sénac vivant</em>, avec une préface de Nathalie Quintane</a> (éd. Terrasses), ou encore la parution en 2019 du <a href="https://www.fabula.org/actualites/89584/j-senac-oeuvres-poetiques.html">volume de ses <em>Œuvres poétiques</em></a> (Actes Sud), ainsi que le <a href="https://www.fabula.org/actualites/97272/europe-n-1094-1095-1096-mohammed-dib-jean-senac.html">dossier que lui a consacré la revue <em>Europe</em></a> en 2020.</p> <p><em></em></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133362_cf1c4286758c017a9086787b1385d0fd.jpg" type="image/jpeg" length="173209"/>
    </item>
    <item>
      <title>Littérature, expositions, musées. Les RIMELL, portrait d’un réseau de recherche. Entretien avec David Martens. Propos recueillis par Anne-Christine Royère</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133453/litterature-expositions-musees-les-rimell-portrait-d-un-reseau-de-recherche.html</link>
      <pubDate>Fri, 20 Mar 2026 07:35:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133453/litterature-expositions-musees-les-rimell-portrait-d-un-reseau-de-recherche.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Littérature, expositions, musées. Les RIMELL, portrait d’un réseau de recherche Entretien avec David Martens Propos recueillis par Anne-Christine Royère Fondé en 2016, les RIMELL, le réseau de Recherches Interdisciplinaires sur la Muséographie et l’Exposition de la Littérature et du Livre, fêtent leur dix ans. Au cours de la dernière décennie, le réseau s’est employé non seulement à coordonner les recherches touchant aux relations entre littérature, expositions et musées, mais aussi à impulser diverses initiatives fédératrices. Au terme de ces dix premières années d’un travail de longue haleine, qui a structuré et à dynamisé ce domaine de recherche, il a semblé intéressant de faire le point avec son fondateur, David Martens, non seulement sur ce que ce réseau a accompli au cours de cette période mais aussi en envisageant les perspectives appelées à être développées dans les années à venir. —  Anne-Christine Royère – Quel constat scientifique t’a conduit à créer en 2016 le réseau des RIMELL et comment décrirais-tu la place qu’occupaient les expositions littéraires dans la recherche à ce moment-là ? David Martens – L’histoire commence en réalité quelques années plus tôt. Nous sommes en 2010 lorsque, dans le cadre d’un programme de recherche consacré à la figure de [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133453_67207abab05f4282d23cc72c5d4ff6f6.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133453_67207abab05f4282d23cc72c5d4ff6f6.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Littérature, expositions, musées. Les RIMELL, portrait d’un réseau de recherche</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Entretien avec David Martens</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Propos recueillis par Anne-Christine Royère</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><em>Fondé en 2016, les RIMELL, le réseau de Recherches Interdisciplinaires sur la Muséographie et l’Exposition de la Littérature et du Livre, fêtent leur dix ans. Au cours de la dernière décennie, le réseau s’est employé non seulement à coordonner les recherches touchant aux relations entre littérature, expositions et musées, mais aussi à impulser diverses initiatives fédératrices. Au terme de ces dix premières années d’un travail de longue haleine, qui a structuré et à dynamisé ce domaine de recherche, il a semblé intéressant de faire le point avec son fondateur, David Martens, non seulement sur ce que ce réseau a accompli au cours de cette période mais aussi en envisageant les perspectives appelées à être développées dans les années à venir.</em></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>— </strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Anne-Christine Royère – Quel constat scientifique t’a conduit à créer en 2016 le réseau des RIMELL et comment décrirais-tu la place qu’occupaient les expositions littéraires dans la recherche à ce moment-là ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">David Martens – L’histoire commence en réalité quelques années plus tôt. Nous sommes en 2010 lorsque, dans le cadre d’un programme de recherche consacré à la figure de l’écrivain et à ses formes d’appréhension dans l’espace culturel au sens large conduit à l’Université de Louvain-la-Neuve, où je menais alors mes recherches en tant que post-doctorant, nous avons été amenés à concevoir avec des collègues <a href="https://www.fabula.org/actualites/53965/ecrivains-modes-d-emploi-de-voltaire-a-bleuorange-revue-hypermediatique-s-dir-sofiane-laghouati.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une exposition : "Écrivains : mode d'emploi. De Voltaire à bleuOrange"</a>. Il s’agissait de présenter, sous forme d’exposition donc, les résultats de ce projet de recherche qui réunissait un nombre considérable de chercheurs et de chercheuses. L’expérience a été extraordinairement positive et enrichissante, notamment… en raison des nombreuses difficultés auxquelles nous nous sommes confronté.e.s durant ce travail. Co-commissaire de cette exposition, j’ai découvert à cette occasion un univers de pratiques que j’ignorais alors pour une large part. Si les musées sont des lieux de savoir, comme l’université, la mise en œuvre et la diffusion des connaissances auxquelles ils se livrent en passent par d’autres formes et sont tributaires d’une autre histoire, et par conséquent d’autres manières de faire, tout spécialement l’exposition, qui constitue un medium à part entière (on ne peut pas ne pas l’éprouver concrètement lorsque l’on conçoit une exposition pour la première fois). À titre personnel, j’ai pris connaissance dans le cadre de ce travail curatorial de ce que le monde des musées et le medium de l’exposition étaient complexes, en particulier en ce qu’ils mettent en jeu un nombre considérable de spécialités, amenées à travailler ensemble, du commissariat en lui-même à la médiation en passant par les enjeux de conservation, d’assurances, de promotion, de scénographie ou encore de conception d’un catalogue (ce qui, pour des chercheurs et chercheuses qui ont l’habitude de publier des livres est sans doute le volet le moins exotique de l’affaire…). Tout cela s’est révélé aussi enthousiasmant qu’ardu, notamment parce que nous nous confrontions à ces réalités pour la première fois, qui plus est à l’occasion d’une exposition d’assez grande ampleur.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Une fois l’exposition derrière nous, l’équipe curatoriale a éprouvé le désir de pérenniser quelque peu le travail accompli, qui était considérable, et que nous ne voulions pas voir disparaître à jamais… Dans cette optique, nous avons souhaité concevoir une déclinaison numérique de l’exposition. Pour ce faire, nous avons mis au point un site web dédié. Au cours de son élaboration, cependant, il m’est apparu qu’il serait franchement dommage de concevoir une telle infrastructure pour n’accueillir qu’une seule exposition. Il m’a semblé qu’à partir du moment où un tel site web pouvait accueillir une exposition, il pouvait tout aussi bien servir à en accueillir plusieurs. L’idée : réduire les coûts et procurer aux chercheurs et chercheuses qui seraient amenés, comme nous l’avions été nous-mêmes, à concevoir une exposition, une infrastructure de diffusion <em>ad hoc</em>… à ceci près que la complexité de l’exposition que nous avions présentée à Mariemont ne nous a finalement pas permis de basculer vers une déclinaison numérique. Cet échec a une nouvelle fois été l’occasion d’apprendre : en l’occurrence, que l’exposition numérique est, elle aussi, un medium à part entière, et que convertir une exposition physique en exposition numérique ne va pas de soi…</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Le projet a cependant été mené à terme, en bifurquant dans une direction inattendue, et à dire vrai bien plus ambitieuse que ce que nous avions initialement envisagé… Le fait est que, parallèlement à l’élaboration de ce site web destiné à accueillir des expositions en ligne, commençant alors à mener des travaux sur la patrimonialisation de la littérature, je me suis demandé par curiosité si les expositions dédiées à la littérature avaient fait l’objet de travaux. J’ai constaté avec un étonnement certain que le champ était encore, alors, relativement en friche, et que seules les maisons d’écrivain avaient fait l’objet d’une attention un peu soutenue, avec les travaux pionniers – il s’agissait de deux thèses de doctorat – <a href="https://theses.fr/2003AVIG1036" target="_blank" rel="noreferrer noopener">de </a><a>Delphine Saurier </a>(2003) puis de <a href="https://usherbrooke.scholaris.ca/items/b981a7de-a8e5-46a5-8521-ef8c2cdb91f8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marie-Ève Riel au Québec</a> (2012), auxquels a fait suite <a href="https://pur-editions.fr/product/8575/vies-encloses-demeures-ecloses" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la thèse puis le livre de </a><a>Marie-Clémence Régnier </a>(2017). Dans la foulée de ce constat, j’ai impulsé la réalisation d’un dossier de la revue que je dirigeais alors, <a href="https://www.interferenceslitteraires.be/index.php/illi/issue/view/51" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Interférences</em> <em>littéraires/Literaire interferenties</em></a>, en proposant à Marie-Clémence Régnier, alors en doctorat, de diriger sur ces questions un numéro spécial, qui il me semble a fait date (2015). L’accompagnement de la préparation de cet ensemble d’études m’a conduit à prendre conscience que, au-delà du seul cas de figure des maisons d’écrivain, d’autres chercheurs et chercheuses – dont toi-même, puisque tu as contribué à ce numéro… – touchaient dans le cadre de leurs travaux aux relations entre musées, expositions et littérature. Elles avaient donné lieu en 2010 à un premier dossier de la revue <a href="https://shs.cairn.info/revue-litterature-2010-4?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Littérature </em>dirigé par Olivia Rosenthal et Lionel Ruffel et intitulé « La littérature exposée »</a> (il y en aura <a href="https://shs.cairn.info/revue-litterature-2018-4?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un second en 2018</a>), titre un peu trompeur toutefois, dans la mesure où l’exposition n’est, dans ce dossier qui a constitué un jalon important, qu’une forme parmi d’autres des « littératures hors du livre ». Pour le reste, outre quelques études ponctuelles, relativement rares encore, il existait alors essentiellement des partages d’expérience émanant de gens de musées, des commissaires d’exposition en particulier. En 2015, paraissait d’ailleurs <a href="https://shs.cairn.info/exposer-la-litterature--9782765414810?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un volume combinant ces deux perspectives – recherches académiques et partages d’expériences –, publié sous la direction de Jérôme Bessière et Emmanuelle Payen</a>. Cette parution, la même année que le numéro d’<em>Interférences</em> <em>littéraires/Literaire interferenties</em>, m’a paru le signe que quelque chose se nouait autour de ces questions, et que le projet de site prenait forme, en quelque sorte, à un moment propice.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Ce constat, couplé à l’orientation de mes propres travaux à cette époque, m’a conduit à considérer qu’il serait profitable de disposer d’une plateforme qui non seulement accueillerait des expositions en ligne, mais qui assurerait également d’autres fonctions utiles aux collègues travaillant sur ces questions, de même qu’à celles et ceux qui seraient désireux de concevoir des expositions. Sur la base de ce que nous avions nous-mêmes expérimenté pendant la préparation de l’exposition du Musée de Mariemont, et des échanges que nous avons eu alors avec un certain nombre de collègues, nous avons donc mis sur pied le site <a href="http://www.litteraturesmodesdemploi.org">www.litteraturesmodesdemploi.org</a>. Il a été pensé comme une plateforme multifonctionnelle, tentant de répondre à la multiplicité des besoins que nous avions identifiés, avec la volonté de dynamiser et de coordonner les recherches en cours et à venir. Chemin faisant, dans un second temps, à peine un an plus tard, nous avons décidé de constituer un réseau, les RIMELL. </p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><strong>ACR – Comment l’idée de ce réseau est-elle née, et quels choix ont guidé sa création ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Si elle ne faisait pas partie des plans au départ, la constitution du réseau a suivi comme une conséquence assez naturelle de la création du site, une fois que celui-ci a été opérationnel et son fonctionnement un peu éprouvé. Ce réseau a eu pour fin de réunir chercheurs et chercheuses et professionnel.le.s des musées et autres lieux d’exposition et d’ainsi formaliser quelque peu les relations de collaboration que nous commencions à développer à travers l’existence du site. Fondamentalement, il s’agissait de fédérer les bonnes volontés et de mutualiser les moyens, les ressources et l’énergie, de façon à faciliter des collaborations entre collègues qui travaillaient jusqu’alors, pour l’essentiel, de façon relativement isolée.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">S’agissant des choix que nous avons posés dans la manière dont nous avons élaboré le réseau, ils sont assez simples. Notre principe de fonctionnement a été et demeure que chacune et chacun puisse développer ce qu’il ou elle souhaite à sa guise, le réseau et le site ayant pour fin de faciliter les choses et de favoriser les collaborations et la diffusion de ce qui est réalisé. Le réseau a été pensé de façon à permettre de fédérer les recherches sur le sujet, en conduisant institutionnel.le.s, indépendant.e.s et chercheurs et chercheuses à se rencontrer et à échanger, non seulement pour conduire des recherches sur ces questions, mais également de façon à créer un environnement collaboratif et d’émulation qui permette aux personnes qui le souhaitaient de bénéficier de l’expertise active au sein du réseau en matière de conception d’expositions et de réflexions sur cette pratique.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Au cours de ces dix années, ce sont plusieurs dizaines de chercheurs et chercheuses, de près d’une dizaine de pays, qui ont contribué à la vie du site et du réseau, autour duquel nous avons organisé plusieurs rencontres, que ce soit à l’ESA (École supérieure des arts visuels) de La Cambre, à Bruxelles, en 2016, à la <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/rencontres-a-venir/rencontres-anterieures/etats-generaux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maison de la Francité, à Bruxelles toujours, en 2017, où se sont tenus des « états généraux de l’exposition de la littérature et du livre » </a>ou encore, plus récemment, <a href="https://www.fabula.org/bo/cerisy-colloques.fr/litteraturesexposees2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à Cerisy à l’été 2022</a>. Ces différentes rencontres ont permis de mettre en place des synergies multiples, formelles et informelles, qui ont depuis donné lieu à des travaux dont le nombre va croissant ces dernières années. Elles ont permis de cartographier le champ des recherches, en identifiant les personnes actives sur ces questions et en prenant connaissance de leurs travaux et de ce qu’elles envisageaient au cours des années à venir.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Le fait est que la sauce a manifestement pris. À l’évidence, le sujet est désormais pleinement identifié et reconnu, et le réseau y a vraisemblablement contribué. Les chercheurs et chercheuses qui s’y intéressent se révèlent en effet de plus en plus nombreux, non seulement dans les pays francophones, mais également à l’étranger, que ce soit en Allemagne (où plusieurs travaux pionniers ont été réalisés, avant même la création des RIMELL), en Italie, avec par exemple <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/contemporary-literature-and-museum/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les recherches entamées par </a><a>Corinne Pontillo</a> ou encore au Royaume-Uni. Ce champ fait d’ailleurs l’objet d’un certain effet de mode désormais, comme cela arrive parfois.</p> <p class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>ACR – Comment expliques-tu l’intérêt croissant de la recherche pour les relations entre littérature, musées et expositions, et en quoi le réseau a-t-il contribué à faire reconnaître les expositions littéraires comme objet de recherche à part entière ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Le développement de ce champ de recherche dans le monde universitaire s’inscrit à mon sens dans le cadre plus général de l’évolution des études littéraires. Cette évolution se traduit en particulier dans la transformation des sujets de recherche au cours des, disons, vingt à trente dernières années. Les approches monographiques, qui constituaient l’une des perspectives les plus traditionnelles, se sont raréfiées, au profit de recherches non seulement plus transversales, mais aussi et surtout focalisées sur des objets et des questions plus inattendues au regard d’habitudes de recherche bien ancrées parce qu’assez anciennes. Le développement de la recherche sur projet a, je pense, accentué la nécessité pour les chercheurs et chercheuses de trouver des champs de recherche originaux, qui leur permettent de se distinguer de leurs concurrents (puisque les universitaires sont, désormais de façon plus manifeste encore qu’auparavant, mis en situation de concurrence les un.e.s avec les autres, pour l’obtention des ressources financières notamment). Je n’ai pas mené d’étude fouillée sur la question, mais il me semble, sur la base de ce que j’ai pu observer, que le développement des travaux sur les relations entre presse et littérature, sur l’iconographie des écrivains ou encore sur les formes de littérature extra-livresques (les liens de la littérature avec la radio, la télévision, la chanson, et jusqu’à la publicité, avec en particulier <a href="https://littepub.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les travaux de l’ANR Littépub</a> dirigée par Myriam Boucharenc) résultent de cette dynamique d’ouverture, par laquelle les études littéraires se sont frottées à d’autres domaines en étudiant les relations entre leur objet, la littérature, et d’autres types de pratiques ou mediums. La création d’une revue comme <a href="https://www.interferenceslitteraires.be/index.php/illi" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Interférences littéraires/Literaire interferenties</em></a>, à la fin des années 2000 (en 2008 exactement), avait d’ailleurs pour finalité d’investiguer ces formes extra-littéraires touchant à la littérature. L’intérêt pour les relations entre musées, expositions et littérature s’inscrit dans ce mouvement, qui détermine les orientations de la recherche non sans provoquer des effets d’opportunisme, mais qui a, je crois, vraiment permis des découvertes et des avancées dans notre appréhension de la littérature dans sa complexité et la diversité de ses facettes, en suscitant un intérêt pour des questions et des objets auxquels il aurait paru jadis presque impensable de s’intéresser.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Dans ce contexte de mutation de la recherche relative à la littérature, l’une des principales spécificités des réalités auxquelles s’intéressent les RIMELL réside par ailleurs en ceci que travailler sur ces questions permet aux chercheurs et chercheuses d’entrer en relation avec les institutions muséales, et le cas échéant de chercher, par des expositions réalisées au sein de musées, à présenter les résultats leurs travaux. Les universitaires sont désormais incité.e.s par le système académique et les logiques managériales qui le sous-tendent, à « valoriser » leurs recherches et à la diffuser auprès d’un public aussi large que possible. Dans des domaines comme celui des études littéraires, force est de reconnaître que les solutions ne sont pas légion. Lorsqu’en 2010 il s’est agi pour nous de concevoir une exposition, il s’agissait de répondre à cette injonction. Nous avons pris le parti de l’exposition, comme certain.e.s aujourd’hui prennent celui des vidéos, des réseaux sociaux, etc. En somme, il s’agit à travers ces initiatives de recherche touchant aux musées et aux expositions de faire d’une pierre deux coups : l’intérêt pour la production des musées, en matière d’exposition en particulier, conduit à rencontrer ses responsables et, le cas échéant, à contribuer à la préparation d’expositions avec elles et eux, soit en tant que conseillers scientifiques, soit en tant que commissaires. Cette situation, dont nous n’avions aucune raison de penser qu’elle ne concernait pas d’autres chercheurs et chercheuses, a encouragé la création du réseau et, depuis sa création, nombre de ses membres ont eux-mêmes été amenés à concevoir des expositions – pour ce qui me concerne au Musée de la photographie à Charleroi, à la Maison de Robert Doisneau, ainsi que, dans quelques mois, à la Wittockiana, musée des arts du livre et de la reliure, à Bruxelles, en collaboration avec Isabelle Roussel-Gillet. Signe que le réseau fonctionne, ce dernier projet d’exposition est le fruit d’une incitation d’Aurélie Laruelle, directrice de <a href="https://www.archipel-butor.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Archipel Butor à Lucinges</a>, rencontrée dans le cadre des activités des RIMELL, d’organiser en Belgique un événement en lien avec les commémorations du centenaire de la naissance de Michel Butor.</p> <p class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>ACR – Le site que tu as développé rassemble une bibliographie, un agenda des expositions, un carnet de visite, des expositions virtuelles, entre autres choses… Comment contribue-t-il selon toi à structurer ce domaine de recherche ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Il n’est pas simple de répondre à cette question, car l’impact du site sur les évolutions du domaine est difficile à évaluer de façon certaine. Cependant, je dirais tout de même que, selon ce que j’ai pu observer là encore, il me semble que la rubrique la plus vivace du site, celle qui est le plus régulièrement alimentée, a été <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/carnets/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>L’Exporateur littéraire</em></a>. J’ai proposé la création de ce « carnet de visites » afin que nous puissions documenter collectivement, par les textes mais également par des photographies, les expositions organisées dans les pays francophones (ou consacrées, à l’étranger, aux littératures de langue française). Nous en comptons plus de 150 actuellement, ce qui constitue une base d’informations extraordinairement riche, dans laquelle nous puisons tous et toutes régulièrement pour conduire nos recherches. Ces recensions constituent un véritable observatoire des expositions et des politiques des institutions qui les présentent, en permettant notamment d’identifier certaines tendances récurrentes, au fil des ans. Certain.e.s collègues se spécialisent d’ailleurs dans certains types d’exposition. Je pense notamment à Jessica de Bideran et à son travail sur les dispositifs numériques d’exposition.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Conjointement, l’existence même de <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/events/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’agenda des expositions</a>, qui constitue une rubrique originelle su site, nous a permis de prendre la mesure du nombre considérable d’expositions « littéraires » ou « livresques » organisées en permanence. Au départ, nous pensions n’avoir à recenser qu’une poignée d’expositions par mois… Nous avons rapidement pris la mesure de notre erreur, car ce sont, chaque semaine, plusieurs expositions qui sont identifiées et répertoriées. Ce simple fait a conduit de nombreux collègues à s’apercevoir que ces expositions constituaient une véritable lame de fond, loin d’être négligeable, en ce qui concerne les formes de patrimonialisation de la littérature comme pour ce qui concerne la création, puisque l’exposition est également investie par des artistes et des écrivains comme un vecteur de création à part entière.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Avoir été à l’écoute des souhaits et des besoins des collègues impliqué.e.s dans le projet a par ailleurs conduit au développement de nombreuses rubriques qui ne figuraient pas, au départ, au programme du site. Ainsi, au bout de quelques années, il nous a paru intéressant de publier également des entretiens avec des commissaires d’exposition. Ces recensions et entretiens ont été réalisés soit par des personnes intéressées par l’exposition, soit par des spécialistes du sujet de l’exposition, les un.e.s n’étant pas nécessairement les mêmes que les autres. Nous avons également lancé plusieurs enquêtes, sur des sujets spécifiques (par exemple l’exposition du livre de photo, l’exposition du livre d’artiste…), et répertorions également <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/membres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les projets en cours des membres des RIMELL</a>. Durant la période du Covid, observant que les institutions muséales multipliaient les initiatives « distancielles », nous avons dressé <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/repertoire-des-expositions-en-ligne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un répertoire des expositions en ligne </a>disponibles, dont le suivi est assuré par Marcela Scibiorska. Enfin, l’un des outils les plus pratiques pour la recherche sur ces questions réside dans la<a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/bibliographie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> « Bibliographie des RIMELL »</a>, que nous avons établie avec Corentin Lahouste et qui est depuis constamment mise à jour par Chiara Zampieri. Cette bibliographie permet de trouver les sources existantes, et de prendre la mesure des tendances et évolutions de la recherche sur ces questions.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Recevant régulièrement des témoignages de collègues qui utilisent cette bibliographie et qui prennent connaissance des publications de <em>L’Exporateur</em> ou y renvoient leurs étudiant.e.s, je pense pouvoir affirmer sans fausse modestie que le site, à travers ces rubriques, répond bel et bien et efficacement à des besoins, pour des collègues et partenaires dont le nombre va croissant. Au fond, dans la création et le développement du site au cours de ces dernières années, nous avons cherché à procurer ce dont nous avions nous-mêmes besoin, ce que nous aurions souhaité trouver lorsque nous avons commencé à travailler sur ces questions. Conjointement, <em>L’Exporateur</em> et la bibliographie m’ont, à titre personnel, conduit à identifier cette tendance marquante de l’histoire récente des relations entre écrivains et musées consistant, pour les seconds, à confier aux premiers des commissariats d’exposition.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Je ne sais donc pas si les RIMELL et le site ont contribué à « structurer » ce domaine de recherche. En revanche, je peux affirmer qu’ils ont permis le développement de recherches effectives, en rassemblant sources et données à analyser sur une même plateforme, et en permettant de faire émerger des tendances récurrentes au sein du champ de l’exposition. Mais, tant que j’y suis, au fond, puisque tu fais partie des membres du réseau depuis ses débuts, et que tu fréquentes le site et y contribues régulièrement, je me propose de te retourner la question : qu’en as-tu tiré au cours des années, notamment pour tes recherches en cours ?</p> <p class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>ACR – </strong>Merci de me proposer de faire à mon tour un bilan. Lorsque j’ai intégré les RIMELL en 2017, j’avais déjà commencé à travailler sur les expositions littéraires. Je donnais des cours sur la médiation du patrimoine littéraire, que je consacrais à l’histoire et à la typologie des expositions littéraires aux XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles. J’avais également participé au <a href="https://alter.univ-pau.fr/fr/activites-scientifiques/programmes-de-recherche/anr/le-livre-espace-de-creation-de-la-fin-du-xixe-siecle-a-nos-jours.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">programme ANR « Le livre, espace de création, de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle à nos jours » (LEC, 2011-2015), piloté par Isabelle Chol (université de Pau)</a>. Dans ce cadre, j’avais travaillé dans les archives de Pierre Lecuire, en particulier sur les maquettes de ses « livres de poète », comme il les appelait, autoédités dans une tradition que l’on pourrait qualifier de bibliophilique, mais aussi sur ses expositions, qu’il concevait comme une véritable extension du livre dans l’espace des institutions qui les accueillaient. Par ailleurs, dans un autre article, j’avais mené une réflexion plus générale sur la spatialisation des textes poétiques. J’y formulais l’hypothèse que la « crise de vers » à l’origine de cette spatialisation avait pour corollaire une crise du livre, et qu’elle induisait une mise en espace du poème selon d’autres modalités, notamment l’exposition. Enfin, dans le cadre d’un colloque consacré aux <a href="https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=7349&amp;menu=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Archives sonores de la poésie</em> en 2016 (Les presses du réel, 2019)</a>, je m’étais intéressée aux effets de sens induits par les scénographies relatives à l’exposition de la poésie sonore. J’avais donc, d’une certaine manière, un pied dans les enjeux patrimoniaux et institutionnels de l’exposition, et un autre dans sa pratique en tant que medium alternatif, ou concomitant, au livre ; double perspective <a>que j’avais explorée dans le numéro d’</a><a href="https://www.interferenceslitteraires.be/index.php/illi/article/view/933" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Interférences</em> <em>littéraires/Literaire interferenties</em></a> dirigé par Marie-Clémence Régnier et qui a été notre premier lieu de rencontre.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Ton invitation aux « états généraux de l’exposition de la littérature et du livre », en 2017, a été l’occasion de présenter ma recherche, d’engager un dialogue fécond et durable avec les autres participants et de prolonger ces deux orientations de travail entre « muséalie » et « expoésie ». Nous envisagions alors de consacrer un colloque à une histoire des expositions littéraires, projet qui a finalement donné lieu à la thèse de Camille Van Vyve et au colloque que tu as organisé avec Isabelle Roussel-Gillet à Cerisy en 2022. C’est par ailleurs avec Camille Van Vyve que j’ai poursuivi cette réflexion dans sa dimension institutionnelle, grâce au partenariat des RIMELL avec le réseau PatrimoniaLitté. En 2023, nous avons organisé <a href="https://respalitt.hypotheses.org/2022-2023-session-3-volet-2-expositions-litteraires-scenographies-dobjets" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un séminaire consacré aux scénographies d’objets dans les expositions littéraires</a>, dont les actes vont paraître dans quelques mois dans <em>Recherches &amp; Travaux.</em> J’ai également contribué aux comptes rendus d’exposition publiés dans <em>L’Exporateur </em>: ils ont constitué pour moi un véritable terrain d’observation. Leur analyse m’a conduite à mettre à l’épreuve et à nuancer l’opposition assez fréquemment admise entre la dimension patrimoniale de l’exposition littéraire et son usage comme forme de création, et ce même si mes travaux se sont poursuivis (<a href="https://www.erudit.org/fr/revues/captures/2021-v6-n2-captures06942/1088408ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dans le dossier que tu as dirigé avec Corentin Lahouste pour la revue <em>Captures</em>, notamment</a>) et se poursuivent actuellement dans cette seconde direction. Les RIMELL ont ainsi constitué pour moi à la fois un espace d’échanges scientifiques, un cadre de collaboration et un terrain d’observation qui ont accompagné l’évolution de mes recherches sur l’exposition de la littérature.<strong></strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Et pour toi, depuis les premiers états généraux de l’exposition de la littérature et du livre en 2017, quelles réalisations du réseau te semblent avoir le plus contribué à la visibilité de ce champ de recherche ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Les états généraux organisés en 2017 ont en premier lieu permis de cartographier les orientations des recherches des un.e.s et des autres telles qu’elles se développaient à l’époque. J’aurais tendance à considérer que, davantage que de structurer le champ, en tous les cas plus fondamentalement à mes yeux, et plus encore que de contribuer à sa reconnaissance, ce réseau et le travail qui y a été conduit ont permis de mesurer la diversité des formes d’exposition de la littérature et du livre et des relations entre le monde des musées et les écrivains (ainsi que les éditeurs). Corollairement, l’attention collective et collaborative à ce qui se faisait au sein des musées et aux relations que le champ littéraire et éditorial a établi avec les institutions muséales a conduit à lancer des initiatives de recherche sur des pratiques qui étaient alors encore complètement passées sous le radar avant que les RIMELL ne permettent de les repérer et lui consacrent des recherches. En d’autres termes, le réseau a servi d’incubateur d’idées et d’initiatives.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Plusieurs jeunes chercheurs et chercheuses ont pris part à l’aventure à la faveur de cet environnement que j’espère (et pense) avoir été stimulant. Je songe en particulier à Camille van Vyve, qui a récemment soutenu sa thèse de doctorat à l’Université Libre de Bruxelles. Cette thèse présentait une approche assez particulière, puisqu’il s’agissait d’observer la programmation d’une série d’institutions, en Belgique (Archives et musée de la littérature…), en France (BnF, IMEC…) et en Suisse (Bibliothèque nationale suisse, Fondation Bodmer, Fondation Michalski), dont l’essentiel de la programmation touche à des expositions patrimoniales dédiées à la littérature. Cette approche permettait de visiter l’ensemble des expositions, ce qui n’est pas systématique chez les chercheuses et chercheurs qui travaillent sur les expositions et leur histoire, et qui en sont assez fréquemment réduit.e.s à travailler sur des documents connexes aux expositions. Il s’agit de la première thèse de doctorat réalisée dans l’environnement des RIMELL. À l’évidence, ce ne sera pas la dernière, puisqu’une nouvelle recherche doctorale a été entamée, entre Prague et Grenoble, par Sára Endrova, qui dirige désormais <em>L’Exporateur</em> en collaboration avec Perrine Decroës.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Je mentionnerais en outre le travail que Corentin Lahouste et moi avons dirigé dans le cadre d’un <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/captures/2021-v6-n2-captures06942/1088409ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">numéro de la revue <em>Captures</em></a> que tu as déjà évoqué. Ce dossier, auquel tu as toi-même pris part, visait à montrer comment certaines œuvres littéraires ou écrivains pouvaient servir de matrice à des expositions relevant d’autres domaines, tout spécialement celui de l’art contemporain, le tout se passant comme si la littérature était une pourvoyeuse commode de références communes (ou supposées telles) et permettait de donner corps et cohésion à certaines expositions collectives réunissant parfois des œuvres et des artistes quelque peu hétéroclites (je pense par exemple à une exposition organisée au MHKA, le musée d’art contemporain d’Anvers, autour d’un roman de Roberto Bolaño intitulé <em>Amberes</em>, autrement dit Anvers : c’est à cette exposition que <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/captures/2021-v6-n2-captures06942/1088409ar/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Corentin Lahouste, Perrine Estienne et moi avions consacré une étude dans le numéro de <em>Captures</em></a>). Le fait est qu’il s’agit, là encore, du fruit des tendances observées grâce à l’agenda et à <em>L’Exporateur</em>.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Dans le même ordre d’idées, je pense également aux travaux conduits sur les commissariats d’exposition confiés à des écrivains, au sujet desquels nous avons organisé en mai 2019 <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/rencontres-a-venir/rencontres-anterieures/lecrivain-commissaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une journée d’études à Bozar, à Bruxelles, dont les captations sont disponibles en intégralité </a>sur notre site. Dans la foulée, j’ai conduit une enquête qui a donné lieu à un livre à paraître ces jours-ci sous la forme d’un livre (<a href="https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=12938&amp;menu=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Écrivains commissaires. La littérature au service des musées</em>, Presses du réel</a>). Il en va de même d’un <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/museo-litterature-les-musees-et-la-commande-aux-ecrivains-contemporains/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet de recherche connexe, qui est mené depuis quelques années par Chiara Zampieri, et qui porte sur les commandes de textes adressées aux écrivains par des institutions muséales ou d’archives</a>. Chiara Zampieri a réalisé <a href="https://journals.openedition.org/ocim/5985" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un petit dossier à ce sujet dans <em>La Lettre de l’OCIM</em> </a>dans lequel son projet est présenté. Il se développe actuellement sous une forme plus collective dans le cadre du <a href="https://respalitt.hypotheses.org/2025-2026-session-5-volet-1-commandes-patrimoniales" target="_blank" rel="noreferrer noopener">séminaire actuellement en cours du réseau PatrimoniaLitté (février – juin 2026)</a>, organisé en partenariat avec les RIMELL par Chiara Zampieri.<em> </em></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><em>Last but not least</em>, <a href="https://cerisy-colloques.fr/litteraturesexposees2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le colloque que les RIMELL ont organisé à Cerisy durant l’été 2022</a>, dont les actes paraissent aux Presses universitaires de Rennes, constitue, à ce jour, la rencontre scientifique ayant réuni le plus de personnes autour de ces questions. Une semaine durant, elle a fait la part belle à des discussions entre professionnels des institutions muséales et de l’exposition et universitaires, à travers en particulier des tables rondes. Le programme du colloque consistait à envisager l’exposition de la littérature à travers différents postes : institutions, curation, médiation, scénographie et catalogues ou publications.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Ces différents projets me paraissent révélateurs de l’impact, je dirais, d’impulsion qu’ont permis l’existence des RIMELL et de cette infrastructure de recherche que constitue le site www.litteraturesmodesdemploi.org. Sans omettre bien sûr les expositions en ligne qu’héberge le site, qu’elles aient été réalisées par des membres des RIMELL ou encore par des tiers (je pense à l’exposition conçue par Anthony Glinoer à propos du monde éditorial québécois).</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Par ailleurs, preuve à mon sens que les partenariats et les rencontres permises par le réseau suscitent de nouvelles approches non seulement en matière de recherche, mais aussi d’enseignement, depuis 2019, j’ai également la joie de donner un cours de Master consistant à organiser une exposition avec des étudiant.e.s. Il s’agit là de l’un des cours que je préfère donner parmi ceux que je dispense à Louvain. Il repose sur une approche complètement différente des formes habituelles d’enseignement de la littérature : nous construisons l’exposition avec les étudiant.e.s, et partageons son commissariat. Du côté des étudiant.e.s, l’enthousiasme est remarquable et fort communicatif, en particulier parce que cela les change de leur ordinaire en mettant de façon concrète leurs compétences à l’épreuve. Nous travaillons cette année sur le fonds Michel de Ghelderode, conservé aux <a href="https://aml-cfwb.be/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Archives et musée de la littérature</a>, institution avec les RIMELL compagnonnent depuis leur création. Je dois dire que je suis fort reconnaissant à l’administration de mon université, la KU Leuven, de m’avoir laissé me lancer dans cette aventure un peu atypique en matière d’enseignement. Il me paraît clair que, sans l’existence des RIMELL, je n’aurais sans doute jamais eu l’idée et l’audace de mettre sur pieds un tel cours.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Au fond, au terme de cet inventaire, si je devais désigner les réalisations les plus importantes du réseau, je dirais qu’il s’agit du réseau lui-même et du site qui lui est associé : l’agenda, et les recensions publiées dans <em>L’Exporateur </em>se sont vraiment révélées utiles, car ils permettent de se faire une idée des tendances en cours, et d’identifier ce qui mériterait des recherches, de même que la « Bibliographie des RIMELL » facilite le travail des chercheurs et chercheuses comme des professionnel.le.s, ainsi que des étudiant.e.s, et même de plus en plus au regard de mes propres pratiques en la matière et des témoignages des collègues.</p> <p class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>ACR – Comment décrirais-tu aujourd’hui le paysage de la recherche sur les expositions littéraires, et quels sont selon toi les principaux chantiers ou directions à développer ou qui se développeront dans les années à venir ?</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Sur la base de la « Bibliographie des RIMELL » ainsi que des projets que nous développons et de ceux que nous voyons des collègues développer, le champ de la recherche présente, aujourd’hui, plusieurs facettes marquantes. L’approche la plus commune consiste, pour des littéraires, à se focaliser sur ce qui constitue traditionnellement la matière première de leur travail : les textes. En l’occurrence, il s’agit d’étudier les textes dans lesquels des écrivains évoquent des musées. Plusieurs ouvrages collectifs ou numéros de revue ont été consacrés à ces questions ces dernières années, en plus de l’anthologie <a href="https://www.mercuredefrance.fr/le-gout-des-musees/9782715254268" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Le Goût des musées</em></a>, conçue par Serge Chaumier et Isabelle Roussel-Gillet en 2020. Il me semble que c’est là l’approche la plus traditionnelle, en ce qu’elle fait dans la plupart des cas l’économie d’une interdisciplinarité effective, que je crois absolument indispensable lorsqu’on se confronte, en tant que littéraire, à l’étude des musées et des expositions.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Ensuite, je serais assez enclin à distinguer entre les approches attentives aux enjeux patrimoniaux et, d’autre part, celles qui s’intéressent plutôt aux formes de création contemporaines, bien que, comme tu l’as souligné, ces formes d’exposition ou de muséalisation du littéraire ou touchant à la littérature se recoupent en réalité assez fréquemment.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Concernant la perspective patrimoniale, il convient de mentionner en premier lieu les travaux conduits sur les maisons d’écrivains, qui s’inscrivent dans les recherches portant, plus largement, sur les maisons des illustres, selon l’appellation administrative désormais en vigueur. Ils s’intéressent davantage aux enjeux proprement muséaux et expographiques de ces institutions, mais ils demeurent liés malgré tout, il me semble, à un réflexe de « littéraires », celui de la perspective monographique, induit par les institutions étudiées, elles-mêmes forcément monographiques (je ne connais pas de « maison d’écrivain » partagée par deux écrivains, à moins qu’il s’agisse d’un couple, bien sûr…). S’agissant des expositions patrimoniales, qui contribuent à la patrimonialisation de la littérature (ou à l’entretien de son caractère patrimonial), le travail de thèse de Camille van Vyve constitue à mon sens une autre réalisation marquante, de même que les recherches novatrices amorcées par Luca di Gregogio sur les parcs littéraires, tout spécialement ceux dédiés à des écrivains – il s’agit de sortes d’expositions en plein air –, souvent dans une perspective touristique.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Une autre inflexion consiste à examiner la manière dont les écrivains investissent le medium de l’exposition, en lien direct ou non avec certains de leurs écrits. On ne peut guère ne pas songer au <em>Musée de l’innocence</em>, roman et musée dus à Orhan Pamuk, mais en la matière la diversité et l’inventivité des pratiques est absolument remarquable. Elle constitue l’un des piliers de l’identité éditoriale d’une maison comme <a href="https://www.leseditionsextensibles.com/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les Éditions extensibles</a>, par exemple. À cet égard, et sans flagornerie, tes propres travaux, que tu évoquais précédemment, me paraissent constituer une référence, de même que ceux de Magali Nachtergael sur ce qu’elle désigne comme « néo-littérature », sans omettre bien sûr les deux dossiers de la revue <em>Littérature</em> dirigés par Olivia Rosenthal et Lionel Ruffel.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Voilà pour l’état de l’art que tu me demandais sans me le désigner comme tel…</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Quant aux chantiers appelés des années à venir, je dirais que je vois deux secteurs principaux susceptibles de se développer : d’une part, l’attention à la littérature contemporaine, et en particulier à ses formes disons extra-livresques, que ce soit sous l’intitulé de la « néo-littérature », des « littératures exposées » ou encore des <a href="https://ex-situ.info/wp-content/uploads/artslitterairespossibles.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« arts littéraires » (je renvoie ici aux travaux conduits, en particulier, par René et Audet et Corentin Lahouste)</a>, devrait je pense continuer à croître, au diapason du développement de ce type de pratiques. Outre le travail conduit par Chiara Zampieri sur les commandes muséales aux écrivains, dans le cadre des RIMELL, nous contribuons en outre à cette attention aux formes contemporaines de la création littéraire incluant l’exposition à travers une recherche entamée, avec René Audet et Corentin Lahouste justement, au sujet d’« œuvres » qui se déclinent à travers plusieurs supports distincts. Nous avons consacré des études au travail d’artistes pluridisciplinaires comme Paul Heintz, de Céline Huyghebaert ou encore Bruno Goosse, qui tous ont combiné arts visuels, exposition et production livresque à propos d’une même matière, au sein d’un seul et même projet.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">D’autre part, le volet historique des relations entre musées, littérature et exposition est souvent assez négligé, en tous les cas n’a pas donné lieu à des recherches de grande ampleur. Il me semble mériter une attention plus prononcée. On peut mentionner <a href="https://shs.cairn.info/exposer-la-litterature--9782765414810-page-41?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un article de Jérôme Glicenstein sur le sujet</a>, ou encore, dans le livre que je consacre aux écrivains commissaires d’exposition, un chapitre qui esquisse la généalogie de cette figure, en partant de Vivant Denon pour remonter jusqu’à la période contemporaine. Mais il ne s’agit que d’une esquisse, qui évoque, entre autres Frédéric Mistral et Paul Valéry, sans réellement proposer une mise en perspective systématique et visant à l’exhaustivité des écrivains qui ont pu endosser un rôle de commissaire d’exposition ou apparenté avant la période contemporaine. Globalement, les recherches font défaut sur ces questions historiques (encore qu’un peu moins pour ce qui concerne les maisons d’écrivains). C’est afin de prêter davantage d’attention à cette histoire que nous avons organisé avec Isabelle Roussel-Gillet le colloque de Cerisy de 2022. Ce fut un premier pas, mais il reste encore énormément à faire sur ce point, ce qui m’a conduit à mettre sur pied un projet de recherche, dont j’ai récemment obtenu le financement auprès du FWO (le Fonds de la recherche scientifique en Flandre, en d’autres termes le CNRS flamand en Belgique). <a href="https://www.litteraturesmodesdemploi.org/quand-les-bibliotheques-nationales-exposent-la-litterature/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ce projet portera sur l’histoire des expositions touchant à la littérature organisées par les bibliothèques nationales des pays francophones, à travers le monde</a>. Cette recherche suppose, entre autres choses, de plonger dans les archives de ces institutions, et je ne doute pas que ces investigations nous réserverons de belles découvertes.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Concernant les autres idées de chantiers de recherche que nous comptons lancer dans le cadre des RIMELL, il y en a, bien entendu, mais je les garderai secrètes jusqu’à ce que nous les mettions effectivement en œuvre… On en reparle d’ici dix ans ?</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><strong>Mars 2026</strong></p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"> <a href="https://shs.cairn.info/exposer-la-litterature--9782765414810-page-41?lang=fr"></a></p> <p> </p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133453_67207abab05f4282d23cc72c5d4ff6f6.png" type="image/png" length="103729"/>
    </item>
    <item>
      <title>Les PUM en ligne</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/129242/pum-en-ligne.html</link>
      <pubDate>Fri, 20 Mar 2026 06:42:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/129242/pum-en-ligne.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Le riche catalogue des Presses Universitaires de Montréal est progressivement mis en ligne sur OpenEdition. C'est l'occasion de (re)découvrir les titres de la "Bibliothèque du Nouveau Monde" dirigée par Jean-Louis Major, qui rassemble les textes fondamentaux de la littérature québécoise en des éditions critiques qui visent à assurer l'authenticité des oeuvres et leur lisibilité. Ou d'arpenter l'ample collection "Espace littéraire", ou de dénicher quelques titres inattendus issus du fonds. Ainsi de L'oubliothèque mémorable de L.-F. Céline signé par Bernabé Wesley en 2018 dans la collection "Cavales", qui nous invite à relire la trilogie du deuxième Céline :  D’un château l’autre, Nord et Rigodon, pour interroger l’amnésie de la société française d’après-guerre. Comment une nation réécrit-elle le passé en fonction des intérêts du présent ? Et comment un "salaud" aurait-il des choses intéressantes à dire sur la mémoire d’un peuple ? L'essai montre comment les derniers romans de Céline véhicule une version ouvertement illégitime de la Seconde Guerre mondiale au prisme de genres désuets, d’intertextes issus du patrimoine littéraire, d’archaïsmes linguistiques et d’allusions historiques. Ces lignées littéraires perdues sont réactualisées par l’écriture afin de révéler les trous de mémoire collectifs.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/129242_d617de3f581e315792ee33d393395fbf.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="129242_d617de3f581e315792ee33d393395fbf.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le riche <a href="https://books.openedition.org/pum/allbooks">catalogue des Presses Universitaires de Montréal est progressivement mis en ligne sur OpenEdition</a>. C'est l'occasion de (re)découvrir les titres de <a href="https://books.openedition.org/pum/93">la "Bibliothèque du Nouveau Monde" dirigée par Jean-Louis Major, qui rassemble les textes fondamentaux de la littérature québécoise</a> en des éditions critiques qui visent à assurer l'authenticité des oeuvres et leur lisibilité. Ou d'arpenter <a href="https://books.openedition.org/pum/1741">l'ample collection "Espace littéraire"</a>, ou de dénicher quelques titres inattendus issus du fonds. Ainsi de <a href="https://www.fabula.org/actualites/87943/bernabe-wesley-l-oubliotheque-memorable-de-l-f-celine.html"><em>L'oubliothèque mémorable de L.-F. Céline</em> signé par Bernabé Wesley en 2018</a> dans la collection "Cavales", qui nous invite à relire la trilogie du deuxième Céline :  <em>D’un château l’autre, Nord</em> et <em>Rigodon</em>, pour interroger l’amnésie de la société française d’après-guerre. Comment une nation réécrit-elle le passé en fonction des intérêts du présent ? Et comment un "salaud" aurait-il des choses intéressantes à dire sur la mémoire d’un peuple ? L'essai montre comment les derniers romans de Céline véhicule une version ouvertement illégitime de la Seconde Guerre mondiale au prisme de genres désuets, d’intertextes issus du patrimoine littéraire, d’archaïsmes linguistiques et d’allusions historiques. Ces lignées littéraires perdues sont réactualisées par l’écriture afin de révéler les trous de mémoire collectifs.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/129242_d617de3f581e315792ee33d393395fbf.png" type="image/png" length="25577"/>
    </item>
    <item>
      <title>L'abécédaire des héroïnes (CNLJ &amp; BnF)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133349/l-abecedaire-des-heroines-cnlj-amp-bnf.html</link>
      <pubDate>Sat, 14 Mar 2026 11:53:55 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133349/l-abecedaire-des-heroines-cnlj-amp-bnf.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>D'Akissi à Zuza en passant par Pamela Cruche et Queen Kong : L'abécédaire des héroïnes recense une cinquantaine de personnages féminins issus de contes, albums, bandes dessinées ou romans pour la jeunesse. Établie par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ), cette liste propose, pour chaque lettre, deux héroïnes à découvrir à travers deux titres - l'un pour les plus petits et l'autre pour les plus grands. On y croise des sorcières comme Brume ou Hazel, des guerrières vikings et des amazones, des judokas et des poétesses, des petites filles qui viennent d'entrer au CP et des adolescentes qui cherchent à fuir le lycée. L'abécédaire fait aussi la part belle à des héroïnes ayant réellement existé, à l'image de la journaliste Nellie Bly, la mathématicienne Katherine Johnson, la biologiste Rachel Carson ou encore la chanteuse et danseuse Joséphine Baker. De l'iconique meneuse de la Revue nègre, il est aussi question dans le cycle de conférences intitulé « L'artiste est son costume » : la séance du 15 avril sera ainsi consacrée à la ceinture de bananes arborée par Joséphine Baker aux Folies Bergère en 1926, tandis que celle du 20 mai évoquera la petite robe noire d'Édith Piaf. Accéder [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133349_f292ef4216991d81a19affdc2c166e76.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133349_f292ef4216991d81a19affdc2c166e76.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><a href="https://cnlj.bnf.fr/sites/default/files/2026-biblio-abecedaire-heroines.pdf">D'Akissi à Zuza en passant par Pamela Cruche et Queen Kong </a></strong>:</p> <p><strong>L'</strong><a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89868/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>abécédaire des héroïnes</strong></a> recense une cinquantaine de personnages féminins issus de contes, albums, bandes dessinées ou romans pour la jeunesse. Établie par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (<a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89869/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CNLJ</a>), cette liste propose, pour chaque lettre, deux héroïnes à découvrir à travers deux titres - l'un pour les plus petits et l'autre pour les plus grands. On y croise des sorcières comme <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89870/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Brume</a> ou <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89871/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hazel</a>, des guerrières vikings et des amazones, des judokas et des poétesses, des petites filles qui viennent d'entrer au CP et des adolescentes qui cherchent à fuir le lycée. L'abécédaire fait aussi la part belle à des héroïnes ayant réellement existé, à l'image de la journaliste <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89872/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nellie Bly</a>, la mathématicienne <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89873/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Katherine Johnson</a>, la biologiste <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89874/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rachel Carson</a> ou encore la chanteuse et danseuse <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89875/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Joséphine Baker</a>. De l'iconique meneuse de la Revue nègre, il est aussi question dans le cycle de conférences intitulé <a href="https://info.bnf.fr/l/6566/500308485/59336/89876/185056/9e9f7edf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« L'artiste est son costume »</a> : la séance du 15 avril sera ainsi consacrée à la ceinture de bananes arborée par Joséphine Baker aux Folies Bergère en 1926, tandis que celle du 20 mai évoquera la petite robe noire d'Édith Piaf.</p> <p><strong><a href="https://cnlj.bnf.fr/sites/default/files/2026-biblio-abecedaire-heroines.pdf">Accéder à l'abécédaire…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133349_f292ef4216991d81a19affdc2c166e76.png" type="image/png" length="1786076"/>
    </item>
    <item>
      <title>Les enjeux du contemporain</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133258/enjeux-actuels-de-la-litterature-contemporaine-francaise-et-francophone.html</link>
      <pubDate>Sat, 14 Mar 2026 08:26:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133258/enjeux-actuels-de-la-litterature-contemporaine-francaise-et-francophone.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Sous la direction de Estelle Mouton-Rovira , Morgane Kieffer, Frédéric Martin-Achard et Elisa Bricco, le numéro 361 de la Revue des Sciences Humaines rassemble des contributions portant sur les enjeux actuels de la littérature contemporaine française et francophone. Il interroge les reconfigurations de la discipline, du côté de la création comme de la réception, dans une perspective interdisciplinaire et souvent intermédiale. Les renouvellements critiques et théoriques des études littéraires sont au cœur du numéro : l’extension des corpus littéraires, y compris hors du livre, suscite de nouvelles pratiques et méthodes critiques, qui modulent en retour les lignes de force de la création littéraire actuelle. Il faudra patienter un peu pour lire en ligne le sommaire de Modernités consacré aux "Discours écologiques francophones des nouvelles subjectivités" à l'initiatieve de Mara Magda Maftéi et Émile Lévesque-Jalbert. En donnant la parole à des chercheurs en sciences humaines et sociales, ainsi qu’à des écrivains et des artistes, hommes et femmes, le volume propose une réflexion sur un humanisme horizontal ou un posthumanisme écocentrique, visant à instaurer une relation équilibrée avec la nature et l’ensemble des formes de vie, selon le modèle d’autres cosmologies. </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133258_8023a244fb8d4f4895866431f615c7dc.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133258_8023a244fb8d4f4895866431f615c7dc.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133255/rsh-n-361-lectures-du-contemporain-objets-theories-methodes-dir-estelle.html">Sous la direction de Estelle Mouton-Rovira , Morgane Kieffer, Frédéric Martin-Achard et Elisa Bricco, le numéro 361 de la <em>Revue des Sciences Humaines </em>rassemble des contributions portant sur les enjeux actuels de la littérature contemporaine française et francophone. Il interroge les reconfigurations de la discipline, du côté de la création comme de la réception, dans une perspective interdisciplinaire et souvent intermédiale</a>. Les renouvellements critiques et théoriques des études littéraires sont au cœur du numéro : l’extension des corpus littéraires, y compris hors du livre, suscite de nouvelles pratiques et méthodes critiques, qui modulent en retour les lignes de force de la création littéraire actuelle.</p> <p>Il faudra patienter un peu pour lire en ligne <a href="https://www.fabula.org/actualites/133247/discours-ecologiques-francophones-des-nouvelles-subjectivites-mara-magda-maftei-emile-levesque-jalbert-collection.html">le sommaire de <em>Modernités</em> consacré aux "Discours écologiques francophones des nouvelles subjectivités" à l'initiatieve de Mara Magda Maftéi et Émile Lévesque-Jalbert. En donnant la parole à des chercheurs en sciences humaines et sociales, ainsi qu’à des écrivains et des artistes, hommes et femmes, le volume propose une réflexion sur un humanisme horizontal ou un posthumanisme écocentrique</a>, visant à instaurer une relation équilibrée avec la nature et l’ensemble des formes de vie, selon le modèle d’autres cosmologies. </p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133258_8023a244fb8d4f4895866431f615c7dc.jpg" type="image/jpeg" length="222511"/>
    </item>
    <item>
      <title>Un printemps de Po&amp;Sie</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133314/le-printemps-de-po-amp-sie.html</link>
      <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:29:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133314/le-printemps-de-po-amp-sie.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La 194e livraison de la revue Po&amp;Sie salue la mémoire de Stéphane Bouquet, avec un hommage signé par Martin Rueff, "Le cœur net" et deux poèmes présentés par Alessio Baldini. Au sommaire également, des pièces venues de Chine ou Hong Kong, traduites du kurde ou de l'anglais, quelques proses critiques également revigorantes, et une nouvelle séance du cinéma de Michel Deguy.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133314_536918c6309035df6f5067b26d9015c8.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133314_536918c6309035df6f5067b26d9015c8.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133313/po-amp-sie-n-194.html">La 194e livraison de la revue <em>Po&amp;Sie</em> salue la mémoire de Stéphane Bouquet, avec un hommage signé par Martin Rueff, "Le cœur net" et deux poèmes présentés par Alessio Baldini. Au sommaire également, des pièces venues de Chine ou Hong Kong, traduites du kurde ou de l'anglais, quelques proses critiques également revigorantes, et une nouvelle séance du cinéma de Michel Deguy</a>.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133314_536918c6309035df6f5067b26d9015c8.png" type="image/png" length="233562"/>
    </item>
    <item>
      <title>Les naturalismes en réseaux</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133276/les-naturalismes-en-reseaux.html</link>
      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:18:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133276/les-naturalismes-en-reseaux.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Marie-Astrid Charlier est à l'iniative d'un nouveau dossier de Médias 19 consacré au Naturalisme en réseaux. Les contributions mettent au jour des connexions et des liens nouveaux entre acteurs de la vie littéraire et culturelle de la fin du XIXe siècle et, ce faisant, ajoutent des nœuds au réseau naturaliste tel qu’il se déploie en France et à l’échelle internationale. Fabula vous invite à découvrir ce riche sommaire, solidement charpenté.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133276_a259a6ed840b0e161d6afc5814cb8257.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133276_a259a6ed840b0e161d6afc5814cb8257.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133263/marie-astrid-charlier-dir-le-naturalisme-en-reseau-dossier-medias-19.html">Marie-Astrid Charlier est à l'iniative d'un nouveau dossier de Médias 19 consacré au <em>Naturalisme en réseaux</em>. Les contributions mettent au jour des connexions et des liens nouveaux entre acteurs de la vie littéraire et culturelle de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et, ce faisant, ajoutent des nœuds au réseau naturaliste tel qu’il se déploie en France et à l’échelle internationale</a>. Fabula vous invite à découvrir ce riche <a href="https://www.medias19.org/publications/le-naturalisme-en-reseaux">sommaire</a>, solidement charpenté.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133276_a259a6ed840b0e161d6afc5814cb8257.jpeg" type="image/jpeg" length="57780"/>
    </item>
    <item>
      <title>Hommage à Michèle Audin (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133264/hommage-a-michele-audin-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Wed, 11 Mar 2026 08:10:24 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133264/hommage-a-michele-audin-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>En-attendant-nadeau rend hommage à Michèle Audin, disparue en novembre dernier. Michèle Audin : une œuvre généreuse Michèle Audin vient de mourir brutalement ce 14 novembre 2025. Depuis son 2e numéroEn attendant Nadeau, a toujours suivi son travail et lu avec attention une œuvre originale qui entremêle le souci de la forme de la littérature, des liens qui unissent la fiction à l’histoire et la responsabilité de l’écrivain. Composites, inventifs, audacieux, solidaires, ses livres poussent à penser en entendant l’émotion. Nous rendons hommage à cette œuvre profondément généreuse. Accéder au dossier… Voir la colonisation Pour Michèle Audin, la littérature propose un geste de recherche : de soi, de l’histoire, d’une éthique et d’une forme. Son ultime texte, Berbessa. Mes ancêtres colons, explore son histoire familiale et conçoit un geste anticolonial fort.  par Maya Ouabadi |  L’épreuve de la fiction En racontant dans La maison hantée l’histoire méconnue des « malgré-nous », Michèle Audin ne se contente pas de s’interroger sur la place que l’histoire occupe dans la fiction, mais sur le rôle de la fiction dans l’histoire.  par Hugo Pradelle |  La Seine était rouge À partir de la lecture de journaux d’époque, de romans et de témoignages, d’un travail d’archives [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133264_bb86e91cdc8357750e84e286d7669fcc.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133264_bb86e91cdc8357750e84e286d7669fcc.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>En-attendant-nadeau rend hommage à Michèle Audin, disparue en novembre dernier.</p> <p class="col-texte__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/michele-audin-hommage/">Michèle Audin : une œuvre généreuse</a></strong></p> <p>Michèle Audin vient de mourir brutalement ce 14 novembre 2025. Depuis son 2<sup>e</sup> numéro<em>En attendant Nadeau</em>, a toujours suivi son travail et lu avec attention une œuvre originale qui entremêle le souci de la forme de la littérature, des liens qui unissent la fiction à l’histoire et la responsabilité de l’écrivain. Composites, inventifs, audacieux, solidaires, ses livres poussent à penser en entendant l’émotion. Nous rendons hommage à cette œuvre profondément généreuse.</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/michele-audin-hommage/">Accéder au dossier…</a></strong></p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/03/10/voir-la-colonisation-berbessa/">Voir la colonisation</a></p> <p>Pour Michèle Audin, la littérature propose un geste de recherche : de soi, de l’histoire, d’une éthique et d’une forme. Son ultime texte, <em>Berbessa. Mes ancêtres colons</em>, explore son histoire familiale et conçoit un geste anticolonial fort.  par Maya Ouabadi | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/02/25/lepreuve-de-la-fiction-la-maison-hantee/">L’épreuve de la fiction</a></p> <p>En racontant dans <em>La maison hantée</em> l’histoire méconnue des « malgré-nous », Michèle Audin ne se contente pas de s’interroger sur la place que l’histoire occupe dans la fiction, mais sur le rôle de la fiction dans l’histoire.  par Hugo Pradelle | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/10/22/seine-rouge-audin/">La Seine était rouge</a></p> <p>À partir de la lecture de journaux d’époque, de romans et de témoignages, d’un travail d’archives minutieux, Michèle Audin retrace l’histoire de la Commune à Paris, dans une langue forte et poétique. Un magnifique roman solidaire. par Jeanne Bacharach | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/05/22/chronique-apres-commune-michele-audin/">Chronique de l’après-Commune</a></p> <p>Après <em>Comme une rivière bleue</em>, Michèle Audin poursuit son histoire de la Commune de Paris en romancière. Dans <em>Josée Meunier. 19, rue des Juifs</em>, elle s’attache plus particulièrement au quartier du Marais et aux lendemains immédiats de l’insurrection. par Jeanne Bacharach | </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/05/22/semaine-sanglante-michele-audin/">La Semaine sanglante : les comptes d’un massacre</a></p> <p>Dans un livre bref et méthodique, Michèle Audin sollicite les archives pour réexaminer les « comptes » du massacre, mais aussi ses « légendes ». Ce « recompte » donne aux morts le droit de compter un peu plus. par Pierre Benetti | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2023/04/19/paris-ponts-boulevard-audin/">Paris, soulève-toi !</a></p> <p>Michèle Audin raconte quatorze adresses du boulevard Voltaire dans un récit suivi de trente-cinq poèmes consacrés aux ponts qui, du National au Garigliano, permettent de franchir la Seine. par Pierre Tenne | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/01/31/larrondissement-familier-menilmontant/">L’arrondissement familier</a></p> <p>Au cœur du vingtième arrondissement de Paris : Ménilmontant. Plusieurs ouvrages évoquent aujourd’hui ce quartier et montrent que sa légende se confond avec sa familiarité. par Pierre Tenne | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/11/03/audin-concurrence-etat-civil/">Michèle Audin concurrence l’état civil</a></p> <p>À partir des cinq lignes de l’état civil de Clémence Janet, ouvrière en soie lyonnaise morte à vingt-huit ans, Michèle Audin compose un récit de vie dont la minceur n’est qu’apparente. par Jeanne Bacharach | </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/02/02/place-pages/">Une place dans les pages</a></p> <p>Tout semble en suspension dans les récits composites de <em>Mademoiselle Haas</em>. Michèle Audin excelle dans ce livre à entremêler les récits d’instants glanés, retrouvés ici et là dans des archives, et à faire le portrait vivant de femmes prises dans l’Histoire. par Norbert Czarny | </p> <p><em>(Photo. : J.-L. Bertini)</em></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133264_bb86e91cdc8357750e84e286d7669fcc.png" type="image/png" length="448497"/>
    </item>
    <item>
      <title>Surréalisme(s)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133023/surrealisme-s.html</link>
      <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 13:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[max.berges@gmail.com (Maxime Berges)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133023/surrealisme-s.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>On fêtait il y a peu le centenaire du premier Manifeste du surréalisme. Pour célébrer cet anniversaire, Andrea Martinez-Chauvez et Antoine Poisson proposent d’explorer différents visages du surréalisme auxquels la critique s’est intéressée depuis 2022. Ce 92e dossier d’Acta Fabula revient ainsi sur l’histoire du surréalisme, donne un aperçu du surréalisme international, envisage les nouvelles approches critiques et ouvre finalement un dialogue sur l’art surréaliste des femmes. Se dessine finalement, au fil des treize comptes rendus et deux entretiens, un bilan commémoratif, en même temps que de nouvelles pistes de lectures, preuve de l’héritage, de la vitalité et de l’actualité des recherches sur le surréalisme. (Illustr. : André Breton, Alphabet (détail), gravure de pomme de terre, sans date. ©Association André Breton)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133023_7a3daaf0375783fac6dfe753bca6fecb.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133023_7a3daaf0375783fac6dfe753bca6fecb.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="p1">On fêtait il y a peu le centenaire du premier <em>Manifeste du surréalisme</em>. <a href="https://www.fabula.org/revue/sommaire20570.php">Pour célébrer cet anniversaire, Andrea Martinez-Chauvez et Antoine Poisson proposent d’explorer différents visages du surréalisme auxquels la critique s’est intéressée depuis 2022. Ce 92e dossier d’<em>Acta Fabula</em> revient ainsi sur l’histoire du surréalisme, donne un aperçu du surréalisme international, envisage les nouvelles approches critiques et ouvre finalement un dialogue sur l’art surréaliste des femmes. Se dessine finalement, au fil des treize comptes rendus et deux entretiens, un bilan commémoratif, en même temps que de nouvelles pistes de lectures, preuve de l’héritage, de la vitalité et de l’actualité des recherches sur le surréalisme.</a></p> <p class="p1"><em>(Illustr. : André Breton, </em><a href="https://www.andrebreton.fr/fr/work/56600100486250">Alphabet</a><em> (détail), gravure de pomme de terre, sans date. ©Association André Breton)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133023_7a3daaf0375783fac6dfe753bca6fecb.jpg" type="image/jpeg" length="41350"/>
    </item>
    <item>
      <title>Encore Rimbaud ?, par Denis Saint-Amand</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133219/encore-rimbaud-par-denis-saint-amand.html</link>
      <pubDate>Mon, 09 Mar 2026 14:17:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133219/encore-rimbaud-par-denis-saint-amand.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description> Encore Rimbaud ?, par Denis Saint-Amand Extrait de : Denis Saint-Amand, Changer la vie. Poétique et usages de Rimbaud. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2026. (Extrait publié avec l'aimable autorisation de l'éditeur)   « Son silence a suscité tant de commentaires, de considérations et de bavardages que Rimbaud ne put tout bonnement plus en placer une, ceci expliquant cela. » (Éric Chevillard, L’Autofictif)   Pour célébrer l’anniversaire d’Arthur Rimbaud, la page Facebook de France TV Arts poste son célèbre portrait par Étienne Carjat, barré par une citation aux accents nihilistes censée rendre compte de sa révolte : « La seule chose insupportable, c’est que rien n’est supportable. » Problème : ceci n’est pas une citation d’Arthur Rimbaud. En tout cas, pas du vrai Rimbaud. Il s’agit d’une phrase prononcée par un Rimbaud fictionnel, incarné par Leonardo Di Caprio dans Total Eclipse d’Agnieszka Holland (1995). La citation est même doublement inexacte puisque, dans le film, le personnage dit en réalité : « La seule chose insupportable, c’est que rien n’est insupportable » (« The only unbearable thing is that nothing is unbearable ») — ce paradoxe déplorant l’endurance de l’espèce humaine n’apparaît pas dans l’œuvre de l’écrivain, mais il est toutefois plus plausible sur les plans rhétorique et axiologique que la sentence absurde [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133219_759c07c765e866d37fbc9d7360745674.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133219_759c07c765e866d37fbc9d7360745674.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal"> <strong>Encore Rimbaud ?, par Denis Saint-Amand</strong></p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal">Extrait de : Denis Saint-Amand, <em><a href="https://www.fabula.org/actualites/133218/denis-saint-amand-changer-la-vie-poetique-et-usages-de-rimbaud.html">Changer la vie. Poétique et usages de Rimbaud</a>.</em></p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal">Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2026.</p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal"><em>(Extrait publié avec l'aimable autorisation de l'éditeur)</em></p> <p class="MsoNormal"> </p> <p style="text-align:right;margin-left:4cm;" class="MsoNormal">« Son silence a suscité tant de commentaires, de considérations et de bavardages que Rimbaud ne put tout bonnement plus en placer une, ceci expliquant cela. »</p> <p style="text-align:right;margin-left:4cm;" class="MsoNormal">(Éric Chevillard, <em>L’Autofictif</em>)</p> <p class="MsoNormal"> </p> <p class="MsoNormal">Pour célébrer l’anniversaire d’Arthur Rimbaud, la page Facebook de France TV Arts poste son célèbre portrait par Étienne Carjat, barré par une citation aux accents nihilistes censée rendre compte de sa révolte : « La seule chose insupportable, c’est que rien n’est supportable. »<strong></strong></p> <p class="MsoNormal">Problème : ceci n’est pas une citation d’Arthur Rimbaud.</p> <p class="MsoNormal">En tout cas, pas du <em>vrai</em> Rimbaud. Il s’agit d’une phrase prononcée par un Rimbaud fictionnel, incarné par Leonardo Di Caprio dans <em>Total Eclipse</em> d’Agnieszka Holland (1995). La citation est même doublement inexacte puisque, dans le film, le personnage dit en réalité : « La seule chose insupportable, c’est que rien n’est insupportable » (« <em>The only unbearable thing is that nothing is unbearable</em> ») — ce paradoxe déplorant l’endurance de l’espèce humaine n’apparaît pas dans l’œuvre de l’écrivain, mais il est toutefois plus plausible sur les plans rhétorique et axiologique que la sentence absurde et pleurnicharde relayée en ligne. <strong></strong></p> <p class="MsoNormal">Ce n’est pas la seule citation apocryphe de Rimbaud. Entre autres formules-choc, on lui attribue souvent « La vraie vie est ailleurs ». Dans <em>Une saison en enfer</em>, il a écrit une phrase qui s’approche de cette maxime, à un mot près : « La vraie vie est absente. » L’apophtegme originel engage un rapport au monde plus complexe que l’idée selon laquelle l’herbe est plus verte ailleurs, mais sa contrefaçon peut se comprendre. L’erreur de lecture a d’abord été commise, délibérément ou non, par Julien Gracq dans son essai sur <em>André</em> <em>Breton</em> (1948), où elle fait écho à un principe du premier <em>Manifeste du surréalisme</em> (« Rimbaud est surréaliste dans la pratique de la vie et ailleurs »). La reformulation procède, peut-être, d’une projection désirante et de l’image d’un poète en perpétuel déplacement : lire <em>ailleurs</em> plutôt qu’<em>absente</em>, c’est non seulement faire écho à la figure de « l’homme aux semelles de vent » et du « passant considérable », mais c’est aussi se donner la possibilité de croire que tout n’est pas perdu, qu’il suffit d’aller y voir. Ce slogan apocryphe a par la suite été repris par Jean-Luc Godard dans <em>Pierrot</em> <em>le</em> <em>fou</em> (1965), qui a contribué à sa diffusion. Voilà comment naissent et circulent les citations imaginaires, qui finiront peut-être sur un t-shirt, un <em>tote</em>-<em>bag</em>, un coussin ou une tasse à l’effigie du poète.</p> <p class="MsoNormal"> </p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal">*</p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal"> </p> <p class="MsoNormal">La relation des spécialistes de Rimbaud à leur objet est pour le moins particulière : l’auteur n’est pas le seul dont la production est largement dépassée, sur le plan quantitatif, par les commentaires qu’elle a engendrés, mais il est l’une des figures chez qui ce décalage est poussé à l’extrême, tant l’œuvre apparaît concise en regard de la somme d’articles, thèses et essais qui s’y confrontent. Parmi ceux-ci, on trouve des biographies<a href="https://www.fabula.org#_ftn1">[1]</a>, des travaux proposant une traversée de l’œuvre ou s’essayant à l’exégèse d’une de ses parties, des analyses focalisées sur un rôle particulier dévolu à l’écrivain (tour à tour « voyant » « voyou » ou « voleur de feu ») ou définies avant tout par leur démarche (poéticienne, psychanalytique ou comparatiste), et d’autres s’attaquant aux singularités d’un corpus remarquable pour son expérimentation métrique, l’audace de ses saillances rhétoriques ou son acuité politique<a href="https://www.fabula.org#_ftn2">[2]</a>.</p> <p class="MsoNormal">Face à cette masse critique, le chercheur est confronté à un problème épineux : pourquoi <em>encore</em> un livre sur Arthur Rimbaud ? Qu’y a-t-il à dire de lui qui n’ait jamais été formulé ? Qu’ajouter aux lectures virtuoses d’une œuvre tenue pour radicale, exigeante et dont la densité compense la ténuité ? Qu’éclairer dans la trajectoire de ce poète parvenu à brouiller les pistes qu’il ouvrait ? Comment nourrir l’étude des divers effets de réception qui l’ont naturalisé dans des positions parfois antagonistes, sinon contradictoires ? Et, en définitive, faut-il vraiment s’y arrêter ? Lors de discussions informelles, plusieurs collègues et amis ont déjà laissé entendre leurs doutes sur cette dernière question. Est-ce que, après avoir quelque temps tenu Rimbaud pour un trublion éphémère, l’histoire littéraire ne surévalue pas la portée de son œuvre en la tenant pour révolutionnaire ? Est-ce qu’il n’y aurait pas une bonne part d’enfumage dans ces textes qui empêchent quelquefois la représentation ? Doit-on déployer tant de moyens pour commenter ce qui est, incontestablement, une œuvre de jeunesse ? Et que pèse-t-elle, cette œuvre, en regard de celles d’auteurs autrement féconds, qui ont participé de façon décisive à la vie littéraire de leur époque ? Je n’exclus aucune de ces questions : toutes me paraissent légitimes et soulèvent des problèmes liés à la mythologie romantique du génie-créateur, à l’attrait du public pour le scandale ou aux mécanismes sous-tendant des formes de sacralisation.</p> <p class="MsoNormal">Né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort à Marseille, le 10 novembre 1891, à l’âge de trente-sept ans, Arthur Rimbaud n’a fait que traverser le milieu littéraire de son époque, sans parvenir à s’y arrimer. La totalité de son œuvre est composée en quelques années, entre 1868 (si l’on tient compte des vers latins <em>commandés</em> par l’école) et 1875 (où, en février, à Stuttgart, il confie à Paul Verlaine les feuillets manuscrits des <em>Illuminations</em>, dont la plupart paraîtront onze ans plus tard dans <em>La</em> <em>Vogue</em> grâce à Félix Fénéon) : il laisse alors tomber la littérature pour se lancer dans une autre carrière, qui le verra se déplacer en Italie, en Autriche, en Suède, à Chypre, en Égypte, puis en Éthiopie et au Yémen, officiant comme précepteur, marin, conscrit dans l’armée néerlandaise — et, rapidement, déserteur —, chef de chantier, négociant, explorateur, vendeur d’armes, colon.</p> <p class="MsoNormal">On aura beau jeu de rétorquer que Rimbaud n’a jamais cessé d’écrire : Ernest Delahaye, ami carolopolitain, raconte comment l’ex-poète lui avait fait part, en 1882, d’un projet de volume géographique (« Je suis pour composer un ouvrage sur le Harar et les Gallas que j’ai explorés, et le soumettre à la Société de Géographie<a href="https://www.fabula.org#_ftn3">[3]</a> ») ; l’année suivante, il compose une « Notice sur l’Ogadine » qui sera publiée dans les Comptes rendus de la Société de géographie de Paris ; depuis Le Caire, en août 1887, il envoie au directeur du <em>Bosphore égyptien</em> une longue lettre comprenant des notes sur « l’état actuel des choses » en Abyssinie et au Harar, qui paraîtra dans la livraison des 25 et 27 août. Ces écrits sont incontournables pour qui veut suivre la trace de Rimbaud, mais ils ne relèvent pas de son entreprise poétique.</p> <p class="MsoNormal">Sa fréquentation du milieu artistico-littéraire parisien est très brève (quelques mois, tout au plus, de la mi-septembre 1871 à mars 1872), il ne fait paraître qu’un seul recueil (<em>Une</em> <em>saison</em> <em>en</em> <em>enfer</em>, imprimé à compte d’auteur en 1873 par l’Alliance typographique à Bruxelles, mais non diffusé puisque l’imprimeur n’a pas été payé) et son parcours de négociant, plus long, peut sembler plus romanesque que son passage décevant au sein du monde des lettres. Pourtant, il est devenu une figure majeure de la littérature française, ses poèmes, plus ou moins ignorés quand il souhaitait les faire connaître, circulent aujourd’hui à grande échelle (ils sont lus, étudiés, manipulés, cités, tronqués, brandis et exposés), et il fait l’objet d’une mythologie si puissante qu’il n’est pas abusif d’avancer qu’il <em>déchaîne</em> <em>les</em> <em>passions</em>.</p> <p class="MsoNormal">Celles des spécialistes, d’abord, qu’ils soient universitaires ou non. La première fois que j’ai assisté à un séminaire sur Rimbaud, en Sorbonne, j’ai été surpris d’entendre un professeur rétorquer « Arthur n’aurait jamais dit ça ! » à l’un des intervenants. Surpris par l’indignation que pouvait susciter une proposition d’interprétation, par la véhémence de la riposte, par le fait de parler de l’auteur comme s’il s’agissait d’un ami disparu et d’oser une sorte de critique-fiction forcément hypothétique, mais assumée de manière catégorique. (En réalité, je crois bien que Rimbaud, qui ne manquait pas une occasion de railler les professeurs, n’aurait pas été l’ami de la plupart de ceux qui l’étudient — moi le premier, d’ailleurs.) Ayant le privilège de codiriger avec Robert St. Clair la revue d’études rimbaldiennes <em>Parade</em> <em>sauvage</em> depuis une dizaine d’années, je peux témoigner du fait que le petit monde de la Rimbaldie est riche et foisonnant, mais aussi parfois houleux : il est fascinant d’observer le nombre de commentaires que ce poète et ses quelques dizaines de textes continuent à faire naître, le degré de spécialisation de ces analyses, leur finesse, leur densité, et les conflits qu’elles peuvent faire germer — même si, bien entendu, ces querelles participent des rites du milieu et dissimulent des luttes pour différentes formes de pouvoir. C’est l’une des propriétés des espaces consacrés aux grands noms de l’histoire littéraire, mais c’est particulièrement le cas avec l’auteur des <em>Illuminations</em>, qui aurait peut-être été successivement ravi et dépité d’apprendre qu’on se disputerait à son sujet pendant plus d’un siècle après sa mort.</p> <p class="MsoNormal">Au-delà du petit monde des études littéraires, il faut prendre la mesure de la passion des admirateurs et admiratrices de tous bords, qui contribuent avec les moyens qui sont les leurs à entretenir la mémoire de Rimbaud. L’artiste rock Patti Smith, par exemple, est fréquemment invitée à répéter sa fascination pour le poète sur différents supports et plateformes, tout en reconnaissant volontiers ne pas comprendre grand-chose à son œuvre et goûter avant tout la radicalité du personnage. En 2020, le journaliste Frédéric Martel a quant à lui lancé une pétition, soutenue par d’anciens ministres de la Culture et plusieurs célébrités (agnès B., Boris Cyrulnik, les artistes plasticiens Gilbert et Georges, Pierre Lescure, Didier Lestrade, Alain Minc, Edgar Morin, Christine Ockrent, Olivier Py, parmi d’autres), pour réclamer l’entrée conjointe de Rimbaud et de Verlaine au Panthéon ; le projet a vite été abandonné, mais il a provoqué une vive polémique. D’autres rimbaldophiles peuvent se montrer très actifs dans les espaces dédiés au poète sur les réseaux sociaux numériques. Certains continuent même à lui écrire, en adressant leurs lettres au cimetière de Charleville. Il me semble nécessaire de ne pas négliger ces gestes d’amateurs, d’interroger ce qu’ils impliquent et ce qu’ils produisent, parce que ces usages révèlent l’imaginaire social associé au poète et sont significatifs en ce qui concerne les rôles et valeurs qu’on peut attribuer à la littérature.</p> <p class="MsoNormal">Les commentaires de l’œuvre rimbaldienne sont innombrables : donnant à voir sa singularité et ses complexités, ces discours d’escorte sont quelquefois encomiastiques et célèbrent le texte plutôt qu’ils ne l’expliquent, avec l’espoir plus ou moins assumé de le prolonger ; ailleurs, on trouve des gloses techniques, souvent passionnantes, mais supposant un tel degré de maîtrise qu’elles s’adressent avant tout à celles et ceux qui connaissent déjà l’œuvre sur le bout des doigts. Le présent essai poursuit un double objectif : il s’agit d’abord de saisir certains enjeux et logiques de la poésie de Rimbaud, pour ensuite réfléchir à ce qu’on en fait concrètement et à ce qu’on fait de lui. C’est en cela d’une double expérience qu’il est ici question : celle qu’il a lui-même entreprise, sans parvenir à la concrétiser aussi pleinement qu’il ne le souhaitait ; celle que font, aujourd’hui, ses lecteurs et lectrices<a href="https://www.fabula.org#_ftn4">[4]</a>.</p> <p class="MsoNormal">La démarche que j’adopte est située : j’ai reçu une formation en histoire de la littérature nourrie de rhétorique et de sociologie, qui définit ce qu’on a pu appeler « l’école de Liège » — de l’extérieur, en tout cas : les membres qui lui sont associés, tout en reconnaissant une communauté d’intérêts, de méthodes et de pratiques<a href="https://www.fabula.org#_ftn5">[5]</a>, ne revendiquent pas ce label. Ma façon d’étudier la littérature a été modelée par les enseignements, la lecture et les conseils de Jean-Pierre Bertrand, Jacques Dubois et Pascal Durand ; elle a été nourrie par la fréquentation des travaux de Pierre Bourdieu, par les apports d’une poétique historique attentive à l’évolution des formes d’écriture et par la sociocritique, pensée comme une herméneutique sociale des textes. Cette formation a trouvé un prolongement dans les échanges dynamisant les réunions du groupe COnTEXTES, dédié à la sociologie de la littérature et assurant la publication de la revue du même nom : on y étudie les œuvres littéraires en tant que productions impliquant un travail sur le langage, charriant des sédiments idéologiques et pouvant fonctionner comme des prises de position, mais aussi leurs à-côtés, les conditions et médiations qui rendent possible leur émergence et leur circulation (modes de subsistance de l’écrivain, situation du champ littéraire et effets de réfraction qu’il exerce, pratiques, rites et croyances inhérents à ce milieu, oppositions et luttes, sociabilités, groupes et réseaux, chaînes d’acteurs — de l’éditeur au critique —, discours et imaginaires sociaux)<a href="https://www.fabula.org#_ftn6">[6]</a>.</p> <p class="MsoNormal">Tout en privilégiant une approche en contexte et une lecture des textes visant à saisir ce qu’ils disent du social de leur époque, ce livre assume un ancrage contemporain, en ce qu’il tient compte des usages qu’on fait de Rimbaud aujourd’hui. Dès les années 1930, Étiemble, d’abord accompagné par Yassu Gauclère, a étudié la constitution du « mythe » de Rimbaud en se penchant sur les discours tenus à l’endroit du poète et sur les récupérations, souvent perçues comme intéressées, dont ce dernier a fait l’objet<a href="https://www.fabula.org#_ftn7">[7]</a>. Dans le sillage d’Étiemble mais en évacuant la dimension évaluative de son propos, Adrien Cavallaro a mené une thèse sur le « rimbaldisme », pensé comme la continuation de l’œuvre à la faveur de reprises, citations et commentaires, et en saisissant les logiques de la constitution d’une « légende » rimbaldienne faite d’amplifications, de réécritures d’éléments contingents de la trajectoire du poète, d’anecdotes hypertrophiées, de lectures biographiques de certains textes et de développements fictionnels<a href="https://www.fabula.org#_ftn8">[8]</a>. Les essais respectifs d’Étiemble et de Cavallaro se fondent sur des exploitations littéraires, critiques et universitaires de Rimbaud, depuis sa première réception jusqu’aux années 1950 ; il s’agira de se tourner vers des usages plus proches de nous sur le plan chronologique, parfois éloignés des médiations et instances de l’institution littéraire.</p> <p class="MsoNormal">Dans cette optique, je me suis inspiré d’approches développant à l’endroit de productions littéraires et artistiques une réflexion anthropologique d’obédience pragmatiste, héritant notamment des recherches de John Dewey : globalement méfiants à l’égard d’une herméneutique perçue comme une routine académique confortable et entretenant à peu de frais la domination symbolique des <em>lectors</em> (comme dirait Bourdieu), ces travaux nous invitent, entre autres, à adopter une démarche opérationnaliste, qui consisterait à étudier comment nous mobilisons les œuvres littéraires, pour mieux comprendre ce que nous en faisons et ce que nous pouvons leur faire faire<a href="https://www.fabula.org#_ftn9">[9]</a>. Bien sûr, l’explication de textes participe de ces usages, mais la pratique du commentaire est loin d’être la seule façon de <em>faire</em> <em>quelque</em> <em>chose</em> de l’œuvre et de la figure rimbaldiennes. Articuler ces perspectives peut sembler tenir de la gageure, mais elles s’imbriquent et se complètent assez idéalement, offrant des moyens de penser comment l’œuvre est élaborée dans un contexte qui l’infléchit et comment on peut l’utiliser par la suite.</p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal">*</p> <p class="MsoNormal"> « Encore Rimbaud ? », c’est aussi la question qu’un étudiant croit chuchoter à sa voisine, au début de l’un de mes cours, en découvrant que la leçon du jour prolonge celle de la semaine dernière. Deux heures plus tard, l’un de ses condisciples semble partager sa lassitude, qui attend que je termine de ranger mes affaires pour me demander : « — Est-ce qu’on analysera des textes de rap, un jour ? » C’est l’un des plus assidus du groupe : il intervient régulièrement à bon escient, ouvre des pistes, lance des propositions, tente de jouer le jeu analytique auquel j’essaie de les initier à partir d’un corpus de poésie française du XIX<sup>e</sup> siècle, mais il semble avoir envie d’évoluer en terrain plus familier.</p> <p class="MsoNormal">Je lui réponds peut-être, pourquoi pas ?, et précise qu’il est même envisageable que, en master, il prenne part à un séminaire spécifiquement dédié à la question, des chercheurs et chercheuses sont spécialistes du sujet, c’est un domaine qui mérite d’être étudié avec un regard littéraire, mais je tempère en précisant que, si le rap peut en certains points relever de la poésie (en tant que celle-ci désigne la pratique artistique dont le matériau est le langage), l’un des enjeux des deux ou trois premières années à l’université me semble aussi être de constituer un socle de références communes, de ne pas s’en tenir à ce que les étudiants connaissent déjà, mais d’essayer d’élargir leur vision du monde et de les aider à maîtriser un certain nombre d’outils, que ça vaut la peine de mesurer ce que l’<em>ego trip </em>doit à la réinvention romantique du lyrisme, de se confronter à des rythmes et structures différents de ceux qu’ils ont pour habitude d’entendre, d’observer comment la poésie a pu, au fil de l’histoire, s’envisager comme un moyen de résister à une hégémonie discursive (voire, à l’opposé, comment elle peut être un instrument du pouvoir) et je conclus quand même en lui disant que, si ça l’intéresse, je peux lui envoyer des articles sur Kaaris ou sur Odezenne.</p> <p class="MsoNormal">Si cet étudiant me pose cette question, c’est parce que je l’ai rendue possible. Quelques semaines plus tôt, en rappelant des éléments fondamentaux relatifs à l’approche rhétorique de la poésie, j’avais tenté d’actualiser les exemples émaillant les ouvrages du Groupe µ<a href="https://www.fabula.org#_ftn10">[10]</a> : pour définir la paronomase, j’avais cité un extrait d’une chanson de Damso aux côtés d’un passage d’Eluard et, pour rendre compte de la prosopopée, figure de style donnant la parole à une entité qui n’est pas censée s’exprimer (un absent, un mort, un animal, un objet, une abstraction ou une institution, par exemple), j’avais parlé, entre autres, de Rutebeuf, de Villon et du « Bateau ivre », mais aussi du morceau « Urbanisme », dans lequel Vald imagine le soliloque d’un vieillard acariâtre pestant contre la jeunesse contemporaine (« Ah, ces jeunes, il faut les voir, les voir et les entendre / Vu qu’ils braillent tous les soirs et puis qu’ils graillent de la merde… »). C’est un procédé un peu démagogique, un <em>truc</em> de prof qui tente de produire des effets d’accroche et de se convaincre qu’il n’a pas encore perdu le contact avec les références de son public, mais l’astuce permet au moins de ne pas circonscrire d’emblée l’extension du domaine poétique à un corpus classique qui ne suscite pas forcément l’adhésion de celles et ceux qui décident de suivre un cursus en lettres.</p> <p class="MsoNormal">Chaque année, je me retrouve face à des étudiants qui ne connaissent pas Rimbaud. Parfois, ils opinent du bonnet quand je leur demande si « Le Dormeur du Val » leur dit quelque chose : « — ah oui, c’est un poème à chute », et, forts de cette catégorie approximative, ils sont persuadés que la poésie fonctionne comme une énigme ou une charade, qu’il y aurait une sorte de <em>twist</em> à la fin du texte, comme au cinéma, dans <em>Fight</em> <em>Club</em>, <em>Old</em> <em>Boy</em> ou <em>Usual</em> <em>Suspects</em> (la comparaison est mal choisie d’ailleurs, puisque ces films appartiennent à ma génération et qu’ils ne leur disent plus grand chose) ou qu’il y a quelque part un sens caché qu’il faudrait révéler (« — bon, là, il parle d’un lac/buffet/oiseau migrateur/dimanche d’octobre/hérisson naïf et globuleux/brin de bruyère/orgue de barbarie/réveil en voiture, mais en fait il veut parler de sexe, c’est bien ça, m’sieur ? »). Ils connaissent « Le Bateau ivre » de nom (éventuellement, parce que c’est celui d’un café), mais on ne leur a jamais lu et ils ont rarement eu envie de le faire eux-mêmes (vingt-cinq quatrains d’alexandrins, c’est long, et le lexique est déroutant). Quelquefois, ils ont appris à haïr ces « Voyelles » synesthésiques qui embarrassent la critique depuis un siècle et demi et qu’il convient de révérer par principe. La plupart du temps, ce n’est pas simple, ça ne leur <em>parle</em> plus tant que ça et il faut bien admettre que, de façon générale, la poésie a tendance à les désarçonner quand elle refuse l’immédiateté<a href="https://www.fabula.org#_ftn11">[11]</a>. </p> <p class="MsoNormal">Mais, au fond, que la poésie ne participe plus des préférences des étudiants en lettres n’est pas alarmant. « Ce n’est pas en termes d’amour que les choses se posent, mais éventuellement d’intérêt : l’amour ne s’enseigne pas ; l’intérêt en revanche s’acquiert », notait Jean-Pierre Bertrand dans un article lumineux<a href="https://www.fabula.org#_ftn12">[12]</a>. L’objectif des cours d’explication de textes n’est pas de se rassembler autour d’un écrit pour le célébrer, mais de le manipuler pour observer comment il est construit, comment il peut fonctionner et ce qu’on peut en faire, de parvenir à saisir ses rouages et logiques en gardant à l’esprit, dans le cas de la poésie, qu’il s’agit d’une pratique communicationnelle complexe, mobilisée, bien souvent, pour s’affranchir d’autres pratiques communicationnelles (« N’oublie pas qu’un poème, même s’il est composé dans le langage de l’information, n’est pas utilisé dans le jeu de langage consistant à donner des informations », écrivait Wittgenstein dans ses <em>Fiches</em><a href="https://www.fabula.org#_ftn13">[13]</a>). Ce positionnement permet de dépasser l’aura et le mystère dont la poésie reste nimbée en laissant entendre que, comme le signalait Rimbaud, « ça ne veut pas rien dire ». La formule suit une copie du poème « Le Cœur supplicié », dans la lettre du 13 mai 1871 à son professeur, Georges Izambard : elle prend la mesure de la première impression de lecture que pourrait produire le texte pour mieux la réfuter. <em>Grosso</em> <em>modo</em>, le poète dit : « Je sais qu’on pourrait croire que ça ne veut rien dire, mais ce n’est pas le cas, faites un effort ». En cela, cette indication invite à une relecture et à une réévaluation, supposant qu’Izambard (comme le lecteur ou la lectrice qui a aujourd’hui accès à cette lettre) se demande « Qu’est-ce que ça peut vouloir dire alors ? »</p> <p class="MsoNormal">—<em>Vouloir</em> <em>dire</em>.</p> <p class="MsoNormal">Pas forcément « signifier autre chose », mais « signifier ».</p> <p class="MsoNormal">Ça n’implique donc pas qu’il faille recoder le texte pour le rendre intelligible (même si, chez Rimbaud, il y a des clins d’œil, des allusions, du cryptage mutin), mais de le prendre en considération. Et si on accepte, si on relit le texte en se demandant ce qu’il veut dire, cette notule qui n’a l’air de rien a réussi à produire un effet perlocutoire ; elle nous a fait agir sans nous y enjoindre — et c’est là l’une des ruses ourdies par le poète qui me semblent valoir le détour.</p> <p class="MsoNormal">Je suis persuadé que l’œuvre de Rimbaud constitue un corpus poétique de premier ordre pour travailler avec des étudiants. D’abord parce que, depuis les premiers vers jusqu’aux <em>Illuminations</em>, ce qui se donne à lire est un parcours évolutif cohérent et laborieux, permettant de saisir des tentatives d’intégrer le monde littéraire de l’époque et des propositions visant à défier l’espace des possibles, à jouer avec la norme littéraire pour mieux la déjouer. Michel Murat a raison d’écrire que Rimbaud n’est pas un météore fulgurant et inexplicable, mais un jeune homme qui « a une connaissance très précise de la poésie de son temps, des moyens d’expression qu’elle lui offre et de ses limites<a href="https://www.fabula.org#_ftn14">[14]</a> ». L’une des spécificités des écrits de Rimbaud tient à leur densité : plusieurs registres, tons et thèmes peuvent dialoguer au cœur d’un même texte jusqu’à tendre en apparence vers la contradiction, le rire côtoie la déploration, la parodie la revendication d’inouï, l’effervescence cède la place à l’asthénie, le réalisme au merveilleux et la douceur à la violence. Démêler tout cela n’est pas toujours simple et le risque d’un écrasement réducteur ne cesse d’affleurer, mais à manipuler ces objets, on se frotte à des formes complexes qui permettent d’affiner notre rapport aux possibles du langage.   <strong></strong></p> <p class="MsoNormal">Un deuxième argument m’a déjà valu d’être accusé de jeunisme, mais je continue à l’assumer : je crois notamment que ce corpus est porteur parce que les étudiants sont plus proches de Rimbaud que leurs enseignants ne le sont. L’adolescence, dont ils commencent à sortir, constitue une expérience marquée par un processus de subjectivation rendu possible par des stratégies d’intégration et de singularisation, impliquant, entre autres, des expérimentations, des tâtonnements, des oppositions. C’est à ce moment que peut se développer un intérêt pour les cultures émergentes ou <em>underground</em>, le recours à l’<em>inside joke</em> (ou « blague pour initiés », à la fois incluante et excluante), l’ironie (qui de nos jours peut s’appréhender comme un procédé hégémonique, et qui est surtout l’un des leviers d’une culture de la blague saisissable à travers la prolifération de <em>mèmes</em> et détournements sur les réseaux sociaux)<em> </em>et la potacherie — soit autant de réalités à prendre en compte si l’on veut se donner les moyens de comprendre la poésie de Rimbaud.</p> <p class="MsoNormal">Ce dernier, comme l’écrit Kristin Ross, « n’a pas l’intention de créer une culture sauvage, adolescente ou communarde. Il participe, au contraire, de l’articulation d’un rapport sauvage, adolescent ou communard à la culture<a href="https://www.fabula.org#_ftn15">[15]</a>. » Il ne suffit pas de placer l’étudiant face au texte rimbaldien comme s’il s’agissait d’un miroir (« lis et comprends, c’est toi ! ») ; il s’agit plutôt de tirer parti de possibles convergences pour développer des protocoles de lecture outillés et informés afin d’observer comment un texte fonctionne et comment on peut le faire fonctionner. Qu’on le veuille ou non, ce que Rimbaud a réalisé est une œuvre de jeunesse, faite d’enthousiasmes, de haines, de grandes ambitions exposées crânement, de lassitudes, de naïvetés, d’agitation et de bousculades, de paresse, de coups d’éclat, de certitudes éphémères, de pulsions et d’intransigeance, à tel point qu’il semble pertinent d’envisager cette poétique de l’adolescence comme emblématique de sa pratique, et de la prendre au sérieux comme écriture d’affects. Avant de se pencher sur les logiques de cette dernière, il est nécessaire de revenir sur le bref parcours littéraire, souvent mythifié, d’un individu désireux d’apprendre le métier de poète, mais qui ne parviendra pas à trouver place dans un milieu où il sera tenu pour un gamin étrange et toujours en porte-à-faux.</p> <p class="MsoNormal"> </p> <p style="text-align:right;" class="MsoNormal">Denis Saint-Amand</p> <p style="text-align:right;" class="MsoNormal">FNRS – Université de Namur, NaLTT</p> <p><br /></p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref1">[1]</a> Elles sont nombreuses : imposante (plus de 1200 pages pour trente-sept années de vie), celle rédigée par le regretté Jean-Jacques Lefrère est incontournable, tant elle apparaît la plus riche et la mieux documentée (<em>Arthur Rimbaud</em>, Paris, Fayard, 2001).</p> <p class="MsoFootnoteText"><a></a><a href="https://www.fabula.org#_ftnref2">[2]</a> La bibliographie réunie en fin de volume donne un aperçu de ce foisonnement herméneutique, dont le présent volume a essayé de tirer parti. </p> <p class="MsoNormal"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref3">[3]</a> Lettre à Ernest Delahaye, 18 janvier 1882. Les éditions de référence sont celles livrées respectivement par Steve Murphy (<em>Œuvres complètes</em>, Paris, Honoré Champion, 3 tomes, 1999-2007) et par André Guyaux avec la collaboration d’Aurélia Cervoni (<em>Œuvres complètes</em>, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2009). Pour la correspondance, voir aussi les quatre volumes édités par Jean-Jacques Lefrère aux éditions Fayard.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref4">[4]</a> Comme l’écrit Jean-François Hamel, « Un texte n’existe pas sous l’espèce de l’éternité : il se métamorphose dès qu’il est donné à lire été aussi longtemps qu’il est lu. » (<em>Camarade Mallarmé</em>, Paris, Minuit, 2014, p. 20)</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref5">[5]</a> <a>Bertrand Jean-Pierre, « Un demi-siècle de sociologie de la littérature à l’université de Liège », dans <em>Sociopoétiques</em>, n<sup>o</sup> 2, 2017, en ligne, doi :</a> [10.52497/sociopoetiques.432]. </p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref6">[6]</a> <a>Voir notamment Bertrand Jean-Pierre et Durand Pascal, <em>La Modernité romantique. De Lamartine à Nerval</em>, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2006 et <em>Les Poètes de la modernité</em>, Paris, Seuil, « Points essais », 2006 ; Bourdieu Pierre, <em>Les Règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire</em> [1992], Paris, Seuil, « Points essais », 1998 ; Dubois Jacques, <em>L’Institution de la littérature</em> [1978], Bruxelles, Labor, « Espace nord/Références », 2005 ; Durand Pascal, <em>Poésie pure et société au XIX<sup>e</sup> siècle</em>, Paris, CNRS éditions, 2022 ; Macherey Pierre, <em>Pour une théorie de la production littéraire</em> [1966], Paris, ENS éditions, 2014 ; Glinoer Anthony (dir.), <em>Textes</em>, n<sup>o</sup> 45/46, <em>Carrefours de la sociocritique</em>, sous la direction, Toronto, Trintexte, 2009 ; </a>Vaillant Alain, « Pour une histoire de la communication littéraire », <em>Revue d’histoire littéraire de la France</em>, n<sup>o</sup> 3, 2003, p. 549-562 et les numéros de la revue <em>COnTEXTES</em>, disponibles intégralement en ligne.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref7">[7]</a> Étiemble et Gauclère Yassu, <em>Rimbaud</em>, Paris, Gallimard, 1936 ; Étiemble, <em>Le Mythe de Rimbaud</em>, t. 1, <em>Structure du mythe</em>, Paris, Gallimard, 1961 et <em>Le Mythe de Rimbaud</em>, t. 2, <em>Genèse du mythe</em>, Paris, Gallimard, 1968.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref8">[8]</a> Cavallaro Adrien, <em>Rimbaud et le rimbaldisme</em>, Paris, Hermann, 2019 et l’entrée « Rimbaldisme » dans l’indispensable <em>Dictionnaire Rimbaud</em>, dirigé par Adrien Cavallaro, Yann Frémy et Alain Vaillant, Paris, Éditions Classiques Garnier, 2021, p. 643-647. Je renvoie à cet ouvrage de référence pour des synthèses et ressources bibliographiques sur l’œuvre, la trajectoire et la réception de Rimbaud. Parmi les outils précieux, il faut aussi mentionner le site Internet réalisé par Alain Bardel, <em>Arthur Rimbaud le poète</em>, [abardel.free.fr].</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref9">[9]</a> <a>Coste Florent, <em>Explore. Investigations littéraires</em>, Paris, Questions théoriques, « Forbidden beach », 2017 et <em>L’Ordinaire de la littérature. Que peut (encore) la théorie littéraire ?</em>, Paris, La Fabrique, 2024 ; Hanna Christophe, <em>Nos Dispositifs poétiques</em>, Paris, Questions théoriques, 2010 ; Huppe Justine, <em>La Littérature embarquée</em>, Paris, Amsterdam, 2023 ; Quintyn Olivier, <em>Implémentations/Implantations. Pragmatisme et théorie critique. Essais sur l’art et la philosophie de l’art</em>, Paris, Questions théoriques, « Ruby Theory », 2017 ; Shusterman Richard, <em>L’Art à l’état vif. La pensée pragmatiste et l’esthétique populaire</em>, trad. Christine Noille, Paris, Éditions de l’éclat, 2018.  </a></p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref10">[10]</a> Groupe µ, <em>Rhétorique générale</em> [1970], Paris, Seuil, « Points », 1992 et <em>Rhétorique de la poésie</em>, Bruxelles, Complexe, 1977.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref11">[11]</a> Je bascule en note pour raconter une autre anecdote : il y a une vingtaine d’années, quand nous étions étudiants, un ami, qui ne comprenait pas que je puisse m’enthousiasmer pour des textes poétiques, m’a raconté que, quand il était en classe de rhétorique, une partie de son examen de français consistait à écrire un poème (on pourrait s’arrêter là : c’est déjà une aberration) ; et lui, qui n’avait aucun intérêt pour ça, avait vite remarqué que sa prof était satisfaite quand les élèves associaient des mots <em>qui n’allaient pas ensemble</em>, quand ils permettaient une rupture de la cohésion sémantique. Et donc, durant l’épreuve, il avait commencé par faire des listes de noms, d’adjectifs et de verbes, en trois colonnes, avant de puiser dedans pour les associer. Ça donnait des phrases comme « Le vent bleu dort quand dansent les chevaux », il avait eu 18/20 et il ne comprenait toujours pas la poésie, mais maintenant ce n’était plus qu’il n’avait aucun intérêt pour elle, c’est qu’il la méprisait : on s’en était tenu à la célébrer sans essayer de lui expliquer ce qu’on pouvait lui faire faire — pire, on l’avait laissé croire que piocher au pif dans des colonnes de mots pouvait suffire à faire de lui un poète, et il estimait que tout ça n’était qu’une imposture.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref12">[12]</a> <a>Bertrand Jean-Pierre, « “La poésie ne s’enseigne pas” : pistes méthodologiques <em>contre</em> une idée reçue », <em>Études françaises</em>, vol. 41, n° 3, « Poésie, enseignement, société », 2005, p. 31-39. </a></p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref13">[13]</a> Wittgenstein Ludwig, <em>Fiches</em>, traduction et édition de J.-P. Cometti et E. Rigal, Paris, Gallimard, 2008, p. 47.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref14">[14]</a> Murat Michel, <em>L’Art de Rimbaud</em> [2002], Paris, José Corti, 2013, p. 8</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref15">[15]</a> Ross Kristin, <em>Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale</em>, trad. Christine Vivier, Paris, Amsterdam-Les Prairies ordinaires, 2020, p. 70.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133219_759c07c765e866d37fbc9d7360745674.jpeg" type="image/jpeg" length="17341"/>
    </item>
    <item>
      <title>Penser depuis la montagne d'ordures</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133112/penser-depuis-la-montagne-d-ordures.html</link>
      <pubDate>Fri, 06 Mar 2026 08:09:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133112/penser-depuis-la-montagne-d-ordures.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Décharges à la périphérie, poubelles invisibles, circuits de collecte : où vont nos restes ? Bénédicte Florin, Lucie Taïeb, Raphaëlle Guidée, Claudia Cirelli et Adeline Pierrat nous invite à Penser depuis la montagne d'ordures et à mettre Littérature et sciences sociales en dialogue (Raison publique). Le livre nous entraîne dans des zones de relégation, à la rencontre de celles et ceux qui travaillent ou vivent au contact des déchets. Longtemps tenus à distance, les rebuts imposent aujourd’hui leur force matérielle : ils s’accumulent, résistent, débordent nos catégories, et disent quelque chose de notre monde au temps de l’anthropocène. Les contributions montrent comment la langue et les formes donnent sens aux paysages incertains des décharges, déplacent nos émotions – du dégoût à la fierté – et interrogent les logiques de la mise au rebut. Car il n’existe pas de déchet pur : ce qui est jeté est toujours relatif à des pratiques, des usages ou des luttes. En ouvrant la possibilité d’un "au-delà du déchet", l’ouvrage invite enfin à regarder autrement les rebuts qui nous entourent… et les mots qui nous enjoignent à leur prêter attention. Il est désormais accessible en ligne via Cairn…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133112_b5e34ba5b7c2a3289c8251893de963cf.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133112_b5e34ba5b7c2a3289c8251893de963cf.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Décharges à la périphérie, poubelles invisibles, circuits de collecte : où vont nos restes ? <a href="https://www.fabula.org/actualites/133111/penser-depuis-la-montagne-d-ordures-litterature-et-sciences-sociales-en-dialogue.html">Bénédicte Florin, Lucie Taïeb, Raphaëlle Guidée, Claudia Cirelli et Adeline Pierrat nous invite à <em>Penser depuis la montagne d'ordures</em> et à mettre <em>Littérature et sciences sociales en dialogue</em> (Raison publique). Le livre nous entraîne dans des zones de relégation, à la rencontre de celles et ceux qui travaillent ou vivent au contact des déchets. Longtemps tenus à distance, les rebuts imposent aujourd’hui leur force matérielle : ils s’accumulent, résistent, débordent nos catégories, et disent quelque chose de notre monde au temps de l’anthropocène</a>. Les contributions montrent comment la langue et les formes donnent sens aux paysages incertains des décharges, déplacent nos émotions – du dégoût à la fierté – et interrogent les logiques de la mise au rebut. Car il n’existe pas de déchet pur : ce qui est jeté est toujours relatif à des pratiques, des usages ou des luttes. En ouvrant la possibilité d’un "au-delà du déchet", l’ouvrage invite enfin à regarder autrement les rebuts qui nous entourent… et les mots qui nous enjoignent à leur prêter attention. Il est désormais accessible <a href="https://shs.cairn.info/penser-depuis-la-montagne-d-ordures--9782900337134?lang=fr">en ligne via Cairn…</a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133112_b5e34ba5b7c2a3289c8251893de963cf.jpg" type="image/jpeg" length="278391"/>
    </item>
    <item>
      <title>Merveilles électriques</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133041/merveilles-electriques.html</link>
      <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 09:52:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133041/merveilles-electriques.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Objet d’expériences spectaculaires dans les salons au XVIIIe siècle, l’électricité bouleverse progressivement tous les domaines de l’existence. À la Belle Époque, elle transforme les villes, les transports et les communications, tout en émerveillant les foules lors des expositions universelles et sur les scènes parisiennes. Omniprésentes dans la presse, la littérature et la culture visuelle, ses  représentations construisent un puissant imaginaire de la modernité, entre fascination, espoirs et terreurs. Au-delà d’une révolution technique, l’électricité incarne dès lors les valeurs d’une société en mutation : vitesse, intensité, nouveau rapport au temps. Des spectacles populaires aux avant-gardes, elle stimule la créativité artistique et suscite l’invention de nouvelles esthétiques. Depuis les Lumières jusqu’à l’entre-deux-guerres, l'ouvrage supervisé par Claire Barel-Moisan et Delphine Gleizes sous le titre Merveilles électriques. Littérature, culture visuelle et vulgarisation (1740-1940) explore ainsi deux siècles où la fée Électricité a profondément métamorphosé la vie en société et la culture. Rappelons que la livraison de la revue Itinéraires consacré au "merveilleux scientifique en spectacle", à l'initiative de Claire Barel-Moisan, est également accessible en ligne.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133041_eac34ed5f01acb9fa34cbbf63c609f5c.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133041_eac34ed5f01acb9fa34cbbf63c609f5c.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Objet d’expériences spectaculaires dans les salons au XVIIIe siècle, l’électricité bouleverse progressivement tous les domaines de l’existence. À la Belle Époque, elle transforme les villes, les transports et les communications, tout en émerveillant les foules lors des expositions universelles et sur les scènes parisiennes. Omniprésentes dans la presse, la littérature et la culture visuelle, ses  représentations construisent un puissant imaginaire de la modernité, entre fascination, espoirs et terreurs. <a href="https://www.fabula.org/actualites/133159/claire-barel-moisan-delphine-gleizes-dir-merveilles-electriques-litterature-culture-visuelle-et-vulgarisation-1740-1940.html">Au-delà d’une révolution technique, l’électricité incarne dès lors les valeurs d’une société en mutation : vitesse, intensité, nouveau rapport au temps. Des spectacles populaires aux avant-gardes, elle stimule la créativité artistique et suscite l’invention de nouvelles esthétiques. Depuis les Lumières jusqu’à l’entre-deux-guerres, l'ouvrage supervisé par Claire Barel-Moisan et Delphine Gleizes sous le titre <em>Merveilles électriques. Littérature, culture visuelle et vulgarisation (1740-1940)</em> explore ainsi deux siècles où la fée Électricité a profondément métamorphosé la vie en société et la culture</a>.</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133159/claire-barel-moisan-delphine-gleizes-dir-merveilles-electriques-litterature-culture-visuelle-et-vulgarisation-1740-1940.html"></a></p> <p>Rappelons que <a href="https://www.fabula.org/actualites/127403/itineraires-2023-3-2025-le-merveilleux-scientifique-en-spectacle-dir-claire-barel-moisan.html">la livraison de la revue <em>Itinéraires</em><em> </em>consacré au "merveilleux scientifique en spectacle", à l'initiative de Claire Barel-Moisan, est également accessible en ligne</a>.<em></em></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133041_eac34ed5f01acb9fa34cbbf63c609f5c.png" type="image/png" length="1030454"/>
    </item>
    <item>
      <title>Raconter l'histoire du théâtre</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133090/raconter-l-histoire-du-theatre.html</link>
      <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 21:07:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133090/raconter-l-histoire-du-theatre.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Que raconte l’histoire du théâtre ? Soumise à l’histoire littéraire qui valorisait le canon, elle s’est longtemps focalisée sur l’histoire des œuvres et des auteurs, sans toutefois méconnaître l’influence des grands interprètes sur leurs rôles, ni celle des institutions, du champ économique et de la sociologie des publics dans la hiérarchie et la poétique des genres. Le renouveau insufflé par l’histoire culturelle à l’étude du théâtre a ouvert celle-ci à de nouveaux objets et à une pluralité croissante des approches, auxquelles contribuent aujourd’hui notamment les gender studies et les post-colonial studies. L’émergence dans le discours savant de nouveaux agents du fait théâtral (métiers de l’ombre ou des coulisses, pratiques amateur, troupes, auteurs et autrices invisibilisés, formes réputées mineures car populaires, etc.) et le crédit croissant porté aux archives du spectacle, en élargissant le champ des connaissances, font aussi s’écrouler nombre de légendes d’une historiographie fondée sur des mythèmes obligés, liés notamment au récit national, à une périodisation par le succès, la chute, le scandale, la rupture et la polarisation parfois forcée entre tradition et nouveauté, à des storytellings de l’affrontement, de l’idéalisation ou de l’héroïsation… Le volume Raconter l’histoire du théâtre. Comment et pourquoi ? réunit des réflexions sur les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133090_40c56d4ec10f96a26fe3b063844e6ff3.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133090_40c56d4ec10f96a26fe3b063844e6ff3.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Que raconte l’histoire du théâtre ? Soumise à l’histoire littéraire qui valorisait le canon, elle s’est longtemps focalisée sur l’histoire des œuvres et des auteurs, sans toutefois méconnaître l’influence des grands interprètes sur leurs rôles, ni celle des institutions, du champ économique et de la sociologie des publics dans la hiérarchie et la poétique des genres. Le renouveau insufflé par l’histoire culturelle à l’étude du théâtre a ouvert celle-ci à de nouveaux objets et à une pluralité croissante des approches, auxquelles contribuent aujourd’hui notamment les gender studies et les post-colonial studies. L’émergence dans le discours savant de nouveaux agents du fait théâtral (métiers de l’ombre ou des coulisses, pratiques amateur, troupes, auteurs et autrices invisibilisés, formes réputées mineures car populaires, etc.) et le crédit croissant porté aux archives du spectacle, en élargissant le champ des connaissances, font aussi s’écrouler nombre de légendes d’une historiographie fondée sur des mythèmes obligés, liés notamment au récit national, à une périodisation par le succès, la chute, le scandale, la rupture et la polarisation parfois forcée entre tradition et nouveauté, à des storytellings de l’affrontement, de l’idéalisation ou de l’héroïsation… <a href="https://www.fabula.org/actualites/133089/raconter-l-histoire-du-theatre-comment-et-pourquoi.html">Le volume <em>Raconter l’histoire du théâtre. Comment et pourquoi ? </em>réunit des réflexions sur les méthodes (comment ?) et les enjeux (pourquoi ?) du récit en histoire du théâtre. En quoi celui-ci varie-t-il selon la position discursive de ses auteurs et autrices, doctes, universitaires, curieux ou artistes ? Quelle incidence le genre et le support (dictionnaire, traité, manuel, revue engagée, bande dessinée, mémoires, pièce métathéâtrale…) ont-ils sur la forme et l’orientation mémorielle du récit ? Comment les périmètres évolutifs du champ des différentes disciplines qui ont le théâtre pour objet, et dont l’intersection forme les études théâtrales, reconfigurent-ils l’histoire du théâtre ?</a> Autant de questions auxquelles répondent ici, chacun à sa manière, les spécialistes réunis dans ce collectif, universitaires et professionnels du théâtre, selon trois modes de discours : études, entretiens et pièce de théâtre… L'<a href="https://sup.sorbonne-universite.fr/catalogue/arts-et-esthetique/theatrum-mundi/raconter-lhistoire-du-theatre">ouvrage en accès ouvert, disponible gratuitement en téléchargement.</a></p> <p><em>(Illustr. : </em>Scènes du Roman Comique<em> de Paul Scarron (1610-60) 1712-16, Jean de Coulom. Musée de Tesse, Le Mans)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133090_40c56d4ec10f96a26fe3b063844e6ff3.jpg" type="image/jpeg" length="257888"/>
    </item>
    <item>
      <title>Voyages incertains</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133043/voyages-incertains.html</link>
      <pubDate>Sun, 01 Mar 2026 09:59:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133043/voyages-incertains.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>A beau mentir qui vient de loin. Si le proverbe n’est attesté pour la première fois qu’à la fin du xviie siècle – on le trouve dans les dictionnaires de Furetière (1690) et de l’Académie (1694) –, il a toutes les chances de remonter au moins à l’époque des premières explorations océaniques, des récits merveilleux qu’en rapportaient, entre autres singularités, les marins au long cours. Sans doute a-t-il perdu aujourd’hui une grande partie de sa pertinence : la circulation instantanée de l’information à l’échelle du globe a considérablement réduit l’avantage du menteur nomade sur le menteur sédentaire, et le paramètre géographique paraît bien secondaire dans la dynamique sans fin des fake news et du fact checking. En conséquence, ce sont surtout les spécialistes de la littérature viatique qui perpétuent l’existence de l’adage, le convoquant volontiers dès lors que se pose la traditionnelle question du déficit de crédibilité dont souffre le voyageur. À l'initiative de Frédéric Tinguly, la revue Viatica consacre un sommaire aux  "Voyages incertains. La littérature viatique à la croisée du fictionnel et du référentiel". (Illustr. : Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900, Corvette in the Mist, 1886).</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133043_400ea83c80b2aadf5db1af799f78e15d.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133043_400ea83c80b2aadf5db1af799f78e15d.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>A beau mentir qui vient de loin</em>. Si le proverbe n’est attesté pour la première fois qu’à la fin du xvii<sup>e</sup> siècle – on le trouve dans les dictionnaires de Furetière (1690) et de l’Académie (1694) –, il a toutes les chances de remonter au moins à l’époque des premières explorations océaniques, des récits merveilleux qu’en rapportaient, entre autres singularités, les marins au long cours. Sans doute a-t-il perdu aujourd’hui une grande partie de sa pertinence : <a href="https://www.fabula.org/actualites/133042/viatica-n-13-2026-voyages-incertains-la-litterature.html">la circulation instantanée de l’information à l’échelle du globe a considérablement réduit l’avantage du menteur nomade sur le menteur sédentaire, et le paramètre géographique paraît bien secondaire dans la dynamique sans fin des <em>fake news</em> et du <em>fact checking</em>. En conséquence, ce sont surtout les spécialistes de la littérature viatique qui perpétuent l’existence de l’adage, le convoquant volontiers dès lors que se pose la traditionnelle question du déficit de crédibilité dont souffre le voyageur. À l'initiative de Frédéric Tinguly, la revue <em>Viatica</em> consacre un sommaire aux  "Voyages incertains. La littérature viatique à la croisée du fictionnel et du référentiel"</a>.</p> <p><em>(Illustr. : Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900, </em>Corvette in the Mist<em>, 1886).</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133043_400ea83c80b2aadf5db1af799f78e15d.jpg" type="image/jpeg" length="16043"/>
    </item>
    <item>
      <title>À tâtons</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132830/a-tatons.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Feb 2026 20:18:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132830/a-tatons.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Trop souvent réduite à un envers négatif de la clarté et du visible, l’obscurité s’avère remarquablement féconde dans les domaines artistique et littéraire. Le volume À tâtons. L’obscurité dans les arts et la littérature (P.U. Rennes), désormais accessible en ligne sur OpenEdition, explore cette fécondité qui est explorée à partir d’œuvres provenant d’époques diverses, du XVIIIe au XXIe siècle, et dans des aires géographiques et culturelles variées, du Congo à la Suède, en passant par l’Espagne, l’Italie et la France. La perspective adoptée est résolument interdisciplinaire, l’obscurité nourrissant à parts égales la littérature, le théâtre, la philosophie, la musique et les arts visuels. L’obscurité, ou plutôt les obscurités, du flou à la tache d’encre, du clair-obscur à la nuit noire. Ainsi se révèlent sa richesse et sa diversité : elle est non seulement une image ou un symbole (celui d’époques troublées, de traumatismes individuels ou collectifs), mais aussi le lieu d’expériences métaphysiques et esthétiques, de révélations paradoxales, d’égarements et de tâtonnements toujours fructueux. (Illustr. Joseph le Charpentier, Georges de la Tour, 1642, Musée du Louvre)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132830_12ecae2a3c9a35f85b27ae6d116262c0.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132830_12ecae2a3c9a35f85b27ae6d116262c0.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Trop souvent réduite à un envers négatif de la clarté et du visible, l’obscurité s’avère remarquablement féconde dans les domaines artistique et littéraire. <a href="https://www.fabula.org/actualites/132616/a-tatons-l-obscurite-dans-les-arts-et-la-litterature.html">Le volume <em>À tâtons. L’obscurité dans les arts et la littérature</em><em> </em>(P.U. Rennes), désormais accessible en ligne sur OpenEdition, explore cette fécondité qui est explorée à partir d’œuvres provenant d’époques diverses, du XVIIIe au XXIe siècle, et dans des aires géographiques et culturelles variées, du Congo à la Suède, en passant par l’Espagne, l’Italie et la France. La perspective adoptée est résolument interdisciplinaire, l’obscurité nourrissant à parts égales la littérature, le théâtre, la philosophie, la musique et les arts visuels</a>. L’obscurité, ou plutôt les obscurités, du flou à la tache d’encre, du clair-obscur à la nuit noire. Ainsi se révèlent sa richesse et sa diversité : elle est non seulement une image ou un symbole (celui d’époques troublées, de traumatismes individuels ou collectifs), mais aussi le lieu d’expériences métaphysiques et esthétiques, de révélations paradoxales, d’égarements et de tâtonnements toujours fructueux.</p> <p><em>(Illustr. </em>Joseph le Charpentier<em>, Georges de la Tour, 1642, Musée du Louvre)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132830_12ecae2a3c9a35f85b27ae6d116262c0.jpg" type="image/jpeg" length="289007"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le manifeste s'éclate</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132837/le-manifeste-s-eclate.html</link>
      <pubDate>Sat, 21 Feb 2026 06:02:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132837/le-manifeste-s-eclate.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>"Le manifeste est mort, vive le manifeste !" Aujourd’hui plus que jamais, cet adage d’inspiration royaliste affirme toute son actualité : en dépit de sa mort, annoncée dans les années 1980, le manifeste est de retour, dans les lettres, dans les arts, et bien au-delà. Si dès le début des années 2000 la critique s’accorde sur le constat de ce retour, le territoire du manifeste contemporain reste encore relativement inexploré. Comment décrire et analyser ces « manifestes après le manifeste », dont le caractère transversal et les formes largement atypiques rendent caduque la plupart des modèles critiques développés pour les étudier, fondés exclusivement, le plus souvent, sur les productions des avant-gardes historiques ? Prenant la suite d'un numéro intitulé "Manifeste à travers les arts : devenirs d’un genre indiscipliné", la nouvelle livraison de la revue Itinéraire(s) initiée par Jean-Marc Baud, Viviana Birolli et Camille Bloomfiel dexplore plus spécifiquement, dans le prolongement du projet Manart et de sa base de données regroupant plus de 750 références, le vaste panorama des manifestes des années 1960 jusqu’à l’extrême contemporain, en littérature, mais aussi en design, en photographie ou au cinéma, pour tenter de saisir ce genre protéiforme en constante évolution. Le sommaire est [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132837_a515e618e8a54816bd8ca68808e7f536.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132837_a515e618e8a54816bd8ca68808e7f536.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>"Le manifeste est mort, vive le manifeste !" Aujourd’hui plus que jamais, cet adage d’inspiration royaliste affirme toute son actualité : en dépit de sa mort, annoncée dans les années 1980, le manifeste est de retour, dans les lettres, dans les arts, et bien au-delà. Si dès le début des années 2000 la critique s’accorde sur le constat de ce retour, le territoire du manifeste contemporain reste encore relativement inexploré. Comment décrire et analyser ces « manifestes après le manifeste », dont le caractère transversal et les formes largement atypiques rendent caduque la plupart des modèles critiques développés pour les étudier, fondés exclusivement, le plus souvent, sur les productions des avant-gardes historiques ? Prenant la suite d'un numéro intitulé "<a href="https://www.fabula.org/actualites/87078/itineraires-litterature-textes-cultures-n-2018-1-le-manifeste-travers-les-arts-devenirs-d-un-genre.html">Manifeste à travers les arts : devenirs d’un genre indiscipliné</a>", <a href="https://www.fabula.org/actualites/132836/itineraires-2024-2-2026-le-manifeste-s-eclate-dir-jean-marc.html">la nouvelle livraison de la revue <em>Itinéraire(s)</em> initiée par Jean-Marc Baud, Viviana Birolli et Camille Bloomfiel dexplore plus spécifiquement, dans le prolongement du projet Manart et de sa base de données regroupant plus de 750 références, le vaste panorama des manifestes des années 1960 jusqu’à l’extrême contemporain, en littérature, mais aussi en design, en photographie ou au cinéma, pour tenter de saisir ce genre protéiforme en constante évolution</a>. Le sommaire est directement <a href="https://journals.openedition.org/itineraires/17527">accessible en ligne sur OpenEdition…</a></p> <p><em>(Illustr. : Gilles Barbier, 2009 ; Collection particulière, galerie Georges-Philippe &amp; Nathalie Vallois, Paris)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132837_a515e618e8a54816bd8ca68808e7f536.jpg" type="image/jpeg" length="39801"/>
    </item>
    <item>
      <title>La littérature française en Europe centrale</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132831/la-litterature-francaise-en-europe-centrale.html</link>
      <pubDate>Fri, 20 Feb 2026 20:24:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132831/la-litterature-francaise-en-europe-centrale.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Quelles sont les destinées de la littérature de langue française au XXe siècle dans quatre espaces linguistiques de l’Europe centrale : hongrois, polonais, slovaque et tchèque ? Un volume publié par Antoine Marès et Clara Royer mobilise historiens, sociologues de la littérature, comparatistes, historiens littéraires et traducteurs afin d’élucider le contexte et les flux de traduction vers ces langues. Les traductions de la littérature de langue française en Europe centrale. Flux, réseaux et circulation au XXe s. présente les trajectoires de passeuses et passeurs centre-européens et il se penche sur des cas emblématiques de transferts littéraires (de Baudelaire à Romain Rolland en passant par Jules Verne).</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132831_3e0fa4614325db1a21c94055ae400a67.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132831_3e0fa4614325db1a21c94055ae400a67.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Quelles sont les destinées de la littérature de langue française au XXe siècle dans quatre espaces linguistiques de l’Europe centrale : hongrois, polonais, slovaque et tchèque ? <a href="https://www.fabula.org/actualites/132715/antoine-mares-clara-royer-dir-les-traductions-de-la-litterature.html">Un volume publié par Antoine Marès et Clara Royer mobilise historiens, sociologues de la littérature, comparatistes, historiens littéraires et traducteurs afin d’élucider le contexte et les flux de traduction vers ces langues. <em>Les traductions de la littérature de langue française en Europe centrale. Flux, réseaux et circulation au XXe s. </em>présente les trajectoires de passeuses et passeurs centre-européens et il se penche sur des cas emblématiques de transferts littéraires (de Baudelaire à Romain Rolland en passant par Jules Verne)</a>.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132831_3e0fa4614325db1a21c94055ae400a67.jpg" type="image/jpeg" length="111486"/>
    </item>
    <item>
      <title>L'autobiographie selon Ricœur</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132806/l-autobiographie-selon-ricoeur.html</link>
      <pubDate>Thu, 19 Feb 2026 13:27:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132806/l-autobiographie-selon-ricoeur.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Le désir de se raconter accompagne la philosophie occidentale depuis son origine. Pourtant celle-ci a longtemps ignoré l’autobiographie – silence que Paul Ricœur est venu rompre. Que révèle le geste de se raconter ? Que signifie donner voix à son passé, à ses doutes, à ses aveux ? Que se joue-t-il, pour la pensée, dans l’acte de confession ? Monica Gorza consacre un essai à la réflexion de Ricœur sur la narration de soi. : L'autobiographie à l'épreuve de la confession. Penser avec Paul Ricœur (Hermann).  Rappelons, au sein des Colloques en ligne de Fabula, le sommaire "L’héritage littéraire de Paul Ricœur" dans lequel Micheline Cambron a réuni les actes du colloque organisé par la Chaire du Québec contemporain de l’Université Sorbonne Nouvelle, en collaboration avec le Centre de recherche sur les arts et le langage (EHESS/CNRS) et avec le concours du Fonds Ricœur. (Illustr : J.-J. Rousseau écrivant, gravure issue d'une édition des Confessions datant de 1934)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132806_884ecdbbffb42ac32e7370f97db04e28.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132806_884ecdbbffb42ac32e7370f97db04e28.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le désir de se raconter accompagne la philosophie occidentale depuis son origine. Pourtant celle-ci a longtemps ignoré l’autobiographie – silence que Paul Ricœur est venu rompre. <a href="https://www.fabula.org/actualites/131579/monica-gorza-l-autobiographie-a-l-epreuve-de-la-confession-penser-avec-paul-ricoeur.html">Que révèle le geste de se raconter ? Que signifie donner voix à son passé, à ses doutes, à ses aveux ? Que se joue-t-il, pour la pensée, dans l’acte de confession ? Monica Gorza consacre un essai à la réflexion de Ricœur sur la narration de soi. : <em>L'autobiographie à l'épreuve de la confession. Penser avec Paul Ricœur</em></a> (Hermann). <a href="https://shs.cairn.info/lautobiographie-a-lepreuve-de-la-confession--9791037046468?lang=fr"></a></p> <p>Rappelons, <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire1852.php">au sein des Colloques en ligne de Fabula, le sommaire "L’héritage littéraire de Paul Ricœur" dans lequel Micheline Cambron a réuni les actes du colloque organisé par la Chaire du Québec contemporain de l’Université Sorbonne Nouvelle</a>, en collaboration avec le Centre de recherche sur les arts et le langage (EHESS/CNRS) et avec le concours du Fonds Ricœur.</p> <p><em>(Illustr : J.-J. Rousseau écrivant, gravure issue d'une édition des Confessions datant de 1934)</em></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132806_884ecdbbffb42ac32e7370f97db04e28.jpg" type="image/jpeg" length="92230"/>
    </item>
    <item>
      <title>Écrivains sociologues</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132835/ecrivains-sociologues.html</link>
      <pubDate>Wed, 18 Feb 2026 20:48:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132835/ecrivains-sociologues.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La littérature contemporaine s'est, dit-on, ressaisie du réel, des questions sociales et problèmes de société. Mais le fait-elle en lien, ou en discussion, avec les travaux de sociologie ? Supervisée par Andrea del Lungo, Martine Van Geertruijden, Dominique Viart et Ilaria Vidotto, la nouvelle livraison de la Revue des Sciences Humaines s'attache sous le titre "Écrivains, écrivaines / sociologue" aux nouvelles manières d'aborder les réalités sociales que les écrivains et metteurs en scène développent. Il montre aussi, à l’inverse, l’intérêt des sociologues pour la littérature et le rapprochement de ces deux disciplines longtemps séparées.  Sur l'histoire récente des liens entre littérature et sociologie, on pourra se référer aux ressources proposées à l'entrée "Sociologie" de l'index de nos deux revues Fabula-LhT et Acta fabula.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132835_b3d0e825fca849100136cf4b4f3ad4e3.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132835_b3d0e825fca849100136cf4b4f3ad4e3.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La littérature contemporaine s'est, dit-on, ressaisie du réel, des questions sociales et problèmes de société. Mais le fait-elle en lien, ou en discussion, avec les travaux de sociologie ? <a href="https://www.fabula.org/actualites/132718/revue-des-sciences-humaines-n-360-ecrivains-ecrivaines.html">Supervisée par Andrea del Lungo, Martine Van Geertruijden, Dominique Viart et Ilaria Vidotto, la nouvelle livraison de la <em>Revue des Sciences Humaines </em>s'attache sous le titre "Écrivains, écrivaines / sociologue" aux nouvelles manières d'aborder les réalités sociales que les écrivains et metteurs en scène développent. Il montre aussi, à l’inverse, l’intérêt des sociologues pour la littérature et le rapprochement de ces deux disciplines longtemps séparées</a>. </p> <p>Sur l'histoire récente des liens entre littérature et sociologie, on pourra se référer aux ressources proposées à <a href="https://www.fabula.org/revue/index/sociologie">l'entrée "Sociologie" de l'index de nos deux revues <em>Fabula-LhT</em> et <em>Acta fabula</em></a>.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132835_b3d0e825fca849100136cf4b4f3ad4e3.jpeg" type="image/jpeg" length="216197"/>
    </item>
    <item>
      <title>Dix versions de Kafka</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130705/dix-versions-de-kafka-18-02.html</link>
      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 11:29:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130705/dix-versions-de-kafka-18-02.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La collection Champs Flammarion réédite l'essai de Maïa Hruska couronné par plusieurs prix lors de sa parution en 2024 : dans Dix versions de Kafka, l'essayiste s'attache aux premiers traducteurs de Kafka, qui ne le sont pas devenus par hasard : tous y projettent quelque chose d’eux-mêmes. Paul Celan et Primo Levi le traduisent à leur retour des camps, en roumain et en italien. Milena Jesenská le traduit amoureusement en tchèque avant d’être déportée et Jorge Luis Borges en espagnol avant de perdre la vue. Son traducteur français, Alexandre Vialatte, décèle en lui une nouvelle forme d’hilarité… Maïa Hruska tire le fil des échevaux littéraires et politiques du xxe siècle, délivre dux versions du romancier pragois qui sont autant de leçons d'Histoire, en dévoilant comment Kafka est devenu Kafka. Au lendemain du Centenaire de la disparition de Franz Kafka (2024) et dans le prolongement d'un séminaire qui se tient ce semestre à l'Université de Lausanne, la revue des parutions Acta fabula se propose de publier un dossier critique sur ceux des essais parus ou réédités durant la dernière décennie qui témoignent d'un renouvellement des interprétations (politiques, éthiques et philosophiques), mais aussi de l'intérêt porté à l'histoire de la réception de [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130705_34839053e158a003d0af270cd9616212.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130705_34839053e158a003d0af270cd9616212.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/132729/maia-hruska-dix-versions-de-kafka-reed.html">La collection Champs Flammarion réédite l'essai de Maïa Hruska couronné par plusieurs prix lors de sa parution en 2024 : dans <em>Dix versions de Kafka</em>, l'essayiste s'attache aux premiers traducteurs de Kafka, qui ne le sont pas devenus par hasard : tous y projettent quelque chose d’eux-mêmes</a>. Paul Celan et Primo Levi le traduisent à leur retour des camps, en roumain et en italien. Milena Jesenská le traduit amoureusement en tchèque avant d’être déportée et Jorge Luis Borges en espagnol avant de perdre la vue. Son traducteur français, Alexandre Vialatte, décèle en lui une nouvelle forme d’hilarité… Maïa Hruska tire le fil des échevaux littéraires et politiques du xxe siècle, délivre dux versions du romancier pragois qui sont autant de leçons d'Histoire, en dévoilant comment Kafka est devenu Kafka.</p> <p class="MsoNormal">Au lendemain du Centenaire de la disparition de Franz Kafka (2024) et <a href="https://www.fabula.org/actualites/129323/kafka-kafka-seminaire-de-m-escola-amp-h-g-von-arburg.html">dans le prolongement d'un séminaire qui se tient ce semestre à l'Université de Lausanne</a>, la revue des parutions <a href="https://www.fabula.org/actualites/132734/heureux-comme-kafka-en-france-un-dossier-critique-d-acta-fabula.html"><em>Acta fabula</em> se propose de publier un dossier critique sur ceux des essais parus ou réédités durant la dernière décennie qui témoignent d'un renouvellement des interprétations (politiques, éthiques et philosophiques), mais aussi de l'intérêt porté à l'histoire de la réception de l'écrivain pragois comme au destin de ses manuscrits</a>. Toute personne intéressée peut se porter librement candidate pour la recension d'un des titres proposés.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130705_34839053e158a003d0af270cd9616212.png" type="image/png" length="301748"/>
    </item>
    <item>
      <title>Dystopies</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132630/dystopies.html</link>
      <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:48:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132630/dystopies.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Portées par l’idée qu’elles étaient particulièrement à même de parler de notre monde, actuel et à venir, les dystopies se sont multipliées depuis une dizaine d'années, en émancipant ce qui est bien un genre de description romancée d’une société totalitaire, à la façon d'Orwell dans 1984 d’Orwell ou de Zamiatine dans Nous autres. Au cours de la décennie écoulée, les dystopies ont eu tendance à muter en utopies post-apocalyptiques, chargées d’un élan propre à enjamber l’effondrement. Le site en-attendant-nadeau.fr leur consacre un riche dossier. Rappelons le dossier "Utopie et dystopie" proposé naguère par Marc Atallah dans l'Atelier de théorie littéraire, qui offre notamment un article inédit de Claire Jaquier : "Utopies et dystopies végétales. Questions contemporains au regard des Lumières". Mais aussi au sein du sommaire "Les écrits sauvages de la contestation" récemment accueilli par les Colloques en ligne de Fabula à l'initiative de Denis Saint-Amand, l'essai signé par Valérie Stiénon "Vivre en dystopie mais lutter contre. La fiction d’anticipation comme expression militante". L'entrée "Dystopie" de l'index d'Acta fabula offre d'autres ressources encore…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132630_232fc8f1f7629c0a917c49606ace3937.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132630_232fc8f1f7629c0a917c49606ace3937.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Portées par l’idée qu’elles étaient particulièrement à même de parler de notre monde, actuel et à venir, les dystopies se sont multipliées depuis une dizaine d'années, en émancipant ce qui est bien un genre de description romancée d’une société totalitaire, à la façon d'Orwell dans <em>1984</em> d’Orwell ou de Zamiatine dans <em>Nous autres</em>. <a href="https://www.fabula.org/actualites/132516/dystopies-utopies-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html">Au cours de la décennie écoulée, les dystopies ont eu tendance à muter en utopies post-apocalyptiques, chargées d’un élan propre à enjamber l’effondrement. Le site en-attendant-nadeau.fr leur consacre un riche dossier</a>.</p> <p>Rappelons le dossier <a href="https://www.fabula.org/ressources/atelier/?Utopie_et_dystopie">"Utopie et dystopie"</a> proposé naguère par Marc Atallah dans l'Atelier de théorie littéraire, qui offre notamment un article inédit de Claire Jaquier : "<a href="http://www.fabula.org/atelier.php?Utopies_et_dystopies_vegetales">Utopies et dystopies végétales. Questions contemporains au regard des Lumières</a>". Mais aussi au sein du sommaire <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire9277.php">"Les écrits sauvages de la contestation" récemment accueilli par les Colloques en ligne de Fabula à l'initiative de Denis Saint-Amand</a>, l'essai signé par <a href="https://www.fabula.org/colloques/document9315.php">Valérie Stiénon "Vivre en dystopie mais lutter contre. La fiction d’anticipation comme expression militante"</a>. L'entrée <a href="https://www.fabula.org/bo/:%20https:/www.fabula.org/revue/index/dystopie">"Dystopie" de l'index d'<em>Acta fabula</em></a> offre d'autres ressources encore…</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132630_232fc8f1f7629c0a917c49606ace3937.jpeg" type="image/jpeg" length="98916"/>
    </item>
    <item>
      <title>Commandes patrimoniales - Séminaire en ligne (inscriptions)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132723/commandes-patrimoniales-seminaire-en-ligne-inscriptions.html</link>
      <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 08:27:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[david.martens@kuleuven.be (David Martens)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132723/commandes-patrimoniales-seminaire-en-ligne-inscriptions.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Séminaire PatrimoniaLitté en collaboration avec RIMELL (Recherches Interdisciplinaires sur la Muséographie et l’Exposition de la Littérature et du Livre)  — Commandes patrimoniales Février – Juin 2026 sous la dir. de Chiara Zampieri (KU Leuven &amp; VUB) De la Chapelle Sixtine de Michel-Ange à Cloud Gate d’Anish Kapoor, en passant par L’École d’Athènes de Raphaël ou encore Guernica de Pablo Picasso, la commande traverse l’histoire de l’art et en constitue l’un des moteurs fondamentaux. Ancrée dans une tradition pluriséculaire, la commande artistique connaît un véritable âge d’or durant la Renaissance, époque durant laquelle artistes et mécènes évoluent dans un rapport de symbiose esthétique mais aussi, parfois, politique et intellectuelle. Cette dynamique se prolonge sous l’Ancien Régime, avant de ressurgir au XXe siècle avec une vigueur renouvelée, sous l’effet de ce qui a été qualifié de « tournant mécénal[1] ». Si la commande est historiquement associée aux arts plastiques et visuels, elle concerne également d’autres domaines de la création artistique, parfois de manière moins saillante mais tout aussi significative. Ainsi, comme l’ont montré les recherches de Bernard Lahire[2], ainsi que d’Adrien Chassain, Maud Lecacheur, Fanny Lorent et Hélène Martinelli[3], entre autres, la commande joue un rôle crucial dans le champ littéraire contemporain, notamment [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132723_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132723_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal">Séminaire <strong>PatrimoniaLitté</strong> en collaboration avec</p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"><strong>RIMELL</strong> (Recherches Interdisciplinaires sur la Muséographie et l’Exposition de la Littérature et du Livre)</p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"><strong>Commandes patrimoniales</strong></p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"><strong>Février – Juin 2026</strong></p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal">sous la dir. de Chiara Zampieri (KU Leuven &amp; VUB)</p> <p class="MsoNormal">De la <em>Chapelle Sixtine</em> de Michel-Ange à <em>Cloud Gate </em>d’Anish Kapoor, en passant par <em>L’École d’Athènes </em>de Raphaël ou encore <em>Guernica </em>de Pablo Picasso, la commande traverse l’histoire de l’art et en constitue l’un des moteurs fondamentaux. Ancrée dans une tradition pluriséculaire, la commande artistique connaît un véritable âge d’or durant la Renaissance, époque durant laquelle artistes et mécènes évoluent dans un rapport de symbiose esthétique mais aussi, parfois, politique et intellectuelle. Cette dynamique se prolonge sous l’Ancien Régime, avant de ressurgir au XX<sup>e</sup> siècle avec une vigueur renouvelée, sous l’effet de ce qui a été qualifié de « tournant mécénal<a href="https://www.fabula.org#_ftn1">[1]</a> ».</p> <p class="MsoNormal">Si la commande est historiquement associée aux arts plastiques et visuels, elle concerne également d’autres domaines de la création artistique, parfois de manière moins saillante mais tout aussi significative. Ainsi, comme l’ont montré les recherches de Bernard Lahire<a href="https://www.fabula.org#_ftn2">[2]</a>, ainsi que d’Adrien Chassain, Maud Lecacheur, Fanny Lorent et Hélène Martinelli<a href="https://www.fabula.org#_ftn3">[3]</a>, entre autres, la commande joue un rôle crucial dans le champ littéraire contemporain, notamment dans cette frange de la production littéraire qui échappe aux circuits traditionnellement associés au monde du livre, et que Lionel Ruffel et Olivia Rosenthal ont qualifiée de « littérature hors du livre<a href="https://www.fabula.org#_ftn4">[4]</a> ».</p> <p class="MsoNormal">Parmi les contextes particulièrement investis par la commande littéraire figurent les institutions patrimoniales, et notamment les musées d’art ou d’histoire, mais aussi les maisons d’écrivains, les lieux d’archives, les parcs littéraires ou encore les lieux de mémoire. Depuis les années 2000, ces institutions de types différentes sollicitent de plus en plus fréquemment des écrivains, des poètes ou des auteurs de bande dessinées pour leur confier, dans le cadre de commandes plus ou moins formalisées, des interventions de nature variée. Certains auteurs sont ainsi invités à visiter des expositions ou des collections afin de produire de courts textes littéraires qui sont ensuite publiés en catalogue, diffusés sur le site de l’institution ou lus à voix haute lors de performances. Le Musée des Confluences de Lyon, le Louvre ou encore le Palais des Beaux-Arts de Lille ont notamment mis en œuvre ce type de démarches. Les auteurs peuvent aussi être invités à participer à des projets curatoriaux, à l’instar de Toni Morrison ou d’Umberto Eco, commissaires invités au Louvre en 2006 et 2009, respectivement. À ces formats, désormais relativement bien établis, s’ajoutent des initiatives plus ponctuelles, comme la demande de rédiger des cartels ou des textes de salle ou encore la conception de performances in situ. Pour les sites patrimoniaux, ces démarches revêtent une double valeur : d’une part, elles permettent à l’institution de se positionner en tant que lieu de création contemporaine ; d’autre part, elles brouillent les frontières entre la création, la médiation et la patrimonialisation, offrant ainsi aux institutions la possibilité d’approcher le patrimoine différemment et de faire émerger des histoires ou des points de vue alternatifs par rapport à ceux traditionnellement privilégiés.</p> <p class="MsoNormal">Ce volet du séminaire PatrimoniaLitté propose d’interroger cette nouvelle palette de pratiques culturelles contemporaines à travers une série d’études de cas où la littérature et le patrimoine se croisent par le truchement de la commande. Dans ce contexte, il s’agira de considérer la commande non seulement comme un instrument de production littéraire, mais aussi comme vecteur d’activation patrimoniale. On explorera ainsi dans quelle mesure, et avec quels effets, la commande littéraire vise à faire émerger de nouvelles formes patrimoniales tout en participant aussi à la relecture, à la mise en valeur ou à la reconfiguration symbolique d’un patrimoine déjà constitué. Il s’agira également de réfléchir à la portée esthétique, institutionnelle, communicationnelle et, dans certains cas, politique de ces nouvelles formes de dialogue entre le patrimoine et la création littéraire contemporaine.</p> <p class="MsoNormal">— </p> <p class="MsoNormal">Le séminaire se déroulera entièrement en ligne. Pour participer à une ou plusieurs séances, veuillez remplir le formulaire ci-dessous :</p> <p class="MsoNormal"><a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeqJZ7pMCS8WCfgYpUrjADSgq1k4TXAurr6jysw8zRFfD3XMg/viewform?usp=publish-editor">https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeqJZ7pMCS8WCfgYpUrjADSgq1k4TXAurr6jysw8zRFfD3XMg/viewform?usp=publish-editor</a></p> <p class="MsoNormal">Un lien de connexion vous sera envoyé par e-mail le jour même de la séance concernée. </p> <p class="MsoNormal">Veuillez noter que toutes les séances font l’objet d’un enregistrement vidéo et sont ensuite mises en ligne sur le carnet du réseau PatrimoniaLitté : <a href="https://respalitt.hypotheses.org/le-reseau-patrimonialitte">https://respalitt.hypotheses.org/le-reseau-patrimonialitte</a> </p> <p class="MsoNormal">Pour plus d’informations sur ce cycle de séminaires ou sur les modalités de participation, veuillez contacter Chiara Zampieri : <a href="mailto:">chiara.zampieri@kuleuven.be</a> </p> <p class="MsoNormal"> —</p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"><strong>Agenda</strong></p> <p style="text-align:left;" class="MsoNormal"><strong>Séance 1 : Commandes et musées coloniaux</strong></p> <p class="MsoNormal">24 février 2026, 16h30 – 18h30</p> <p class="MsoNormal">16h30 : <strong>David Martens</strong> (KU Leuven) « In Koli Jean Bofane curateur. Quand l'Africa Museum accueille un écrivain  </p> <p class="MsoNormal">17h30 : <strong>Magali Nachtergael </strong>(Université Bordeaux Montaigne) « Les musées coloniaux face à la littérature : autour de l'Africa Museum et du Palais de la Porte Dorée »</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><strong>Séance 2 : Commandes et récits d’objets muséaux </strong></p> <p class="MsoNormal">25 mars 2026, 16h30 – 18h30</p> <p class="MsoNormal">Entretien avec <strong>Cédric Lesec</strong> (Musée des Confluences de Lyon) et <strong>Natacha Fabbri</strong> (Museo Galileo di Firenze) sur les commandes littéraires mises en œuvre au Musée des Confluences de Lyon et au Museo Galileo de Florence.</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><strong>Séance 3 : Commandes et bandes dessinées</strong></p> <p class="MsoNormal">29 avril 2026, 16h30 – 18h30</p> <p class="MsoNormal">16h30 : <strong>Arianna Bocca-Pignoni</strong> (Sorbonne Université) « Bande dessinée de musée : quelles commandes pour quels musées ?</p> <p class="MsoNormal">17h30 : <strong>Jean-Matthieu Méon </strong>(Crem, Université de Lorraine)<strong> </strong>« La commande de fictions patrimonialisantes chez Marvel : logiques industrielles et tensions auctoriales »</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><strong>Séance 4 : Commandes et institutions nationales</strong></p> <p class="MsoNormal">26 mai 2026, 16h30 – 18h30</p> <p class="MsoNormal">16h30 : <strong>Adrien Chassain</strong> (Paris 8) « Commande patrimoniale et mécénat d’État : autour du programme ‘Mondes nouveaux’ (2020-2023) »</p> <p class="MsoNormal">17h30 : <strong>Reindert </strong><strong>Dhondt</strong> (Universiteit Antwerpen) « Réécrire le Musée du Prado et le British Museum et leur vocation universelle »</p> <p class="MsoNormal">—  </p> <p class="MsoNormal"><strong>Séance 5 : Commandes dans les archives et bibliothèques</strong></p> <p class="MsoNormal">9 juin 2026, 16h30 – 17h30</p> <p class="MsoNormal">16h30 :<strong> Jessica de Bideran</strong> (Université Bordeaux-Montaigne) : « Faire exister l’objet littéraire en contexte patrimonial par la commande vidéoludique : <em>Space Montaigne</em> à la bibliothèque de Bordeaux »</p> <p class="MsoNormal">17h30 : <strong>Chiara Zampieri</strong> (KU Leuven / Vrije Universiteit Brussel) « Commandes camouflées dans la collection Diaporama (IMEC) »</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref1">[1]</a> Nathalie Quintane, « Parler d’art en plein tournant mécénal », dans Jean-Pierre Cometti et Nathalie Quintane (dir.), <em>L’Art et l’argent</em>, Paris, Amsterdam, 2017, pp. 126-140.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref2">[2]</a> Bernard Lahire, <em>La Condition littéraire. La double vie des écrivains</em>, Paris, La Découverte, 2006.</p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref3">[3]</a> Adrien Chassain, Maud Lecacheur, Fanny Lorent et Hélène Martinelli (dir.), <em>COnTEXTES</em>, n° 29, <em>Logiques de la commande (XX<sup>e</sup>-XXI<sup>e</sup> siècles)</em>, 2020. </p> <p class="MsoFootnoteText"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref4">[4]</a> Olivia Rosenthal et Lionel Ruffel (dir.), <em>Littérature</em>, n° 160, vol. 4, <em>La littérature exposée. Les écritures contemporaines hors du livre</em>, 2010.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132723_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" type="image/png" length="96249"/>
    </item>
    <item>
      <title>Droit et création littéraire</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131776/droit-et-creation-litteraire.html</link>
      <pubDate>Fri, 06 Feb 2026 21:27:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131776/droit-et-creation-litteraire.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Le magazine Books est à l'initiative d'une liste de lectures ouverte sur les procès littéraire, hébergée par Cairn : passant en revue différents procès littéraires, elle invite à interroger les lignes de tension entre liberté de création et protection de la vie privée, entre liberté d’expression et respect des valeurs qui sous-tendent l’ordre social. L’écrivain est-il un justiciable comme un autre ? On y trouvera notamment les réflexions du juriste Arnaud Montas sur "Le juge et la liberté de création artistique" ; une mise au point sur les relations entre biographie et fiction : "La création littéraire au risque des droits de la personne", par Nathalie Mallet-Poujol ; une interrogation socio-historique de Gisèle Sapiro sur la "Responsabilité légale et responsabilité morale de l’écrivain", parmi une vingtaine d'articles de référence sur les relations entre droit et littérature, efficacement réunis sur la même page et directement accessibles en ligne.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131776_8f6ebe28a56b197569326a9f39171a30.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131776_8f6ebe28a56b197569326a9f39171a30.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://shs.cairn.info/liste-lecture/pK20tW5?lang=fr">Le magazine <em>Books</em> est à l'initiative d'une liste de lectures ouverte sur les procès littéraire, hébergée par Cairn : passant en revue différents procès littéraires, elle invite à interroger les lignes de tension entre liberté de création et protection de la vie privée, entre liberté d’expression et respect des valeurs qui sous-tendent l’ordre social. L’écrivain est-il un justiciable comme un autre ?</a> On y trouvera notamment les réflexions du juriste Arnaud Montas sur "Le juge et la liberté de création artistique" ; une mise au point sur les relations entre biographie et fiction : "La création littéraire au risque des droits de la personne", par Nathalie Mallet-Poujol ; une interrogation socio-historique de Gisèle Sapiro sur la "Responsabilité légale et responsabilité morale de l’écrivain", parmi une vingtaine d'articles de référence sur les relations entre droit et littérature, efficacement réunis sur la même page et directement accessibles en ligne.</p> <p></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131776_8f6ebe28a56b197569326a9f39171a30.jpg" type="image/jpeg" length="151207"/>
    </item>
    <item>
      <title>Dystopies/Utopies. Un dossier d'en-attendant-nadeau.fr</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132516/dystopies-utopies-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Wed, 04 Feb 2026 07:06:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132516/dystopies-utopies-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Portées par l’idée qu’elles étaient particulièrement à même de parler de notre monde, actuel et à venir, les dystopies se sont multipliées depuis une dizaine d'années. Cette prolifération a diversifié le genre hors de la description romancée d’une société totalitaire, à la façon d'Orwell dans 1984 d’Orwell ou de Zamiatine dans Nous autres. Dans la décennie écoulée, les dystopies ont même eu tendance à muter en utopies post-apocalyptiques, chargées d’un élan propre à enjamber l’effondrement. Le site en-attendant-nadeau.fr leur consacre un riche dossier…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132516_fd436692eba9e22af083f75f056d3734.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132516_fd436692eba9e22af083f75f056d3734.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Portées par l’idée qu’elles étaient particulièrement à même de parler de notre monde, actuel et à venir, les dystopies se sont multipliées depuis une dizaine d'années. Cette prolifération a diversifié le genre hors de la description romancée d’une société totalitaire, à la façon d'Orwell dans <em>1984</em> d’Orwell ou de Zamiatine dans <em>Nous autres</em>. Dans la décennie écoulée, les dystopies ont même eu tendance à muter en utopies post-apocalyptiques, chargées d’un élan propre à enjamber l’effondrement.</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/dystopies-utopies/">Le site en-attendant-nadeau.fr leur consacre un riche dossier…</a></strong></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132516_fd436692eba9e22af083f75f056d3734.png" type="image/png" length="1124267"/>
    </item>
    <item>
      <title>Sociopoétique des migrations</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131523/sociopoetique-des-migrations.html</link>
      <pubDate>Fri, 30 Jan 2026 16:27:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131523/sociopoetique-des-migrations.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La revue Sociopoétiques consacre sa dixième livraison à la "Sociopoétique des migrations", pour rendre compte de l'essor salutaire des études migratoires. Les différentes études réunies s’attachent à examiner, dans une perspective sociopoétique, comment l’écriture travaille les représentations sociales des migrations et comment ces dernières peuvent être appréhendées comme éléments dynamiques de la création littéraire. Croisant des expériences singulières et collectives et intégrant les virtualités des points de vue, elles jaugent la réception subjective, dans les littératures, d’un fait historique, social, culturel, politique saillant. Point de fixation massif des discours politiques, médiatiques et sociaux, les migrations sont également, depuis l’Antiquité, un thème privilégié des littératures de l’exil.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131523_68a736b7056d46374208538bc856ef51.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131523_68a736b7056d46374208538bc856ef51.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/131519/sociopoetique-des-migrations.html">La revue <em>Sociopoétiques</em> consacre sa dixième livraison à la "Sociopoétique des migrations", pour rendre compte de l'essor salutaire des études migratoires. Les différentes études réunies s’attachent à examiner, dans une perspective sociopoétique, comment l’écriture travaille les représentations sociales des migrations et comment ces dernières peuvent être appréhendées comme éléments dynamiques de la création littéraire. Croisant des expériences singulières et collectives et intégrant les virtualités des points de vue, elles jaugent la réception subjective, dans les littératures, d’un fait historique, social, culturel, politique saillant</a>. Point de fixation massif des discours politiques, médiatiques et sociaux, les migrations sont également, depuis l’Antiquité, un thème privilégié des littératures de l’exil.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131523_68a736b7056d46374208538bc856ef51.png" type="image/png" length="375981"/>
    </item>
    <item>
      <title>Un théâtre où la vie est un jeu</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131540/corneille-un-theatre-ou-la-vie-est-un-jeu.html</link>
      <pubDate>Thu, 29 Jan 2026 07:49:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131540/corneille-un-theatre-ou-la-vie-est-un-jeu.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La revue Corneille présent avait publié en 2021 le premier volet d’un triptyque consacré à "Corneille : un théâtre où la vie est un jeu", qui s'intéressait à la prégnance, dans l’œuvre dramatique cornélienne, de la  pensée des jeux réglés, recourant à des supports matériels divers, et reposant sur le hasard, la stratégie, ou l’habileté physique. Après avoir ainsi envisagé, sur la scène cornélienne, l’action indirecte de la pensée des jeux de cartes, de table, de plein air, une seconde livraison supervisée toujours par Liliane Picciola vient mesurer l’importance du jeu dans le théâtre de Corneille en envisageant celui-ci comme amusement fantaisiste, plaisanterie, bon tour. Ce jeu peut être verbal, mais il peut aussi concerner l’action elle-même ; parfois il se révèle pur, gratuit, mais il lui arrive aussi de correspondre au désir de s’assurer un certain ascendant, fût-ce pour un court instant. Les comédies semblent devoir être concernées au premier chef par ces jeux de l’esprit et ces tours, qui les égaient ; en réalité, les tragédies se trouvent bien loin d’en être exemptes car les héros créés par Corneille pratiquent volontiers les pointes de malice, l’ironie, la double entente, déchiffrable immédiatement ou ultérieurement par le spectateur mais que [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131540_a507be308eff609be2e344fb1fc6a531.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131540_a507be308eff609be2e344fb1fc6a531.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La revue <em>Corneille présent</em> avait publié en 2021 <a href="https://publis-shs.univ-rouen.fr/ceredi/1203.html">le premier volet d’un triptyque consacré à "Corneille : un théâtre où la vie est un jeu"</a>, qui s'intéressait à la prégnance, dans l’œuvre dramatique cornélienne, de la  pensée des jeux réglés, recourant à des supports matériels divers, et reposant sur le hasard, la stratégie, ou l’habileté physique. Après avoir ainsi envisagé, sur la scène cornélienne, l’action indirecte de la pensée des jeux de cartes, de table, de plein air, <a href="https://www.fabula.org/actualites/131539/corneille-present-n-4-corneille-un-theatre-ou.html">une seconde livraison supervisée toujours par Liliane Picciola vient mesurer l’importance du jeu dans le théâtre de Corneille en envisageant celui-ci comme amusement fantaisiste, plaisanterie, bon tour. Ce jeu peut être verbal, mais il peut aussi concerner l’action elle-même ; parfois il se révèle pur, gratuit, mais il lui arrive aussi de correspondre au désir de s’assurer un certain ascendant, fût-ce pour un court instant. Les comédies semblent devoir être concernées au premier chef par ces jeux de l’esprit et ces tours, qui les égaient ; en réalité, les tragédies se trouvent bien loin d’en être exemptes car les héros créés par Corneille pratiquent volontiers les pointes de malice, l’ironie, la double entente, déchiffrable immédiatement ou ultérieurement par le spectateur mais que l'interlocuteur saisit ou ne saisit pas</a>.<br /><br />Rappelons la <a href="https://www.fabula.org/actualites/124611/revue-corneille-present-n-3-numero-special-agregation-de.html">précente livraison de la revue consacrée à <em>La Place Royale, </em><em>Le Menteur</em>, <em>La Suite du Menteur</em></a>, à l'initiative de Yohann Deguin &amp; Bénédicte Louvat.</p> <p></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131540_a507be308eff609be2e344fb1fc6a531.png" type="image/png" length="512679"/>
    </item>
    <item>
      <title>L'intimité des publics</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132156/l-intimite-des-publics.html</link>
      <pubDate>Sat, 24 Jan 2026 08:54:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132156/l-intimite-des-publics.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Une livraison de la revue Théorème datant de 2020 est rendue accessible en ligne sur OpenEdition pour nous permettre d'entrer "Dans l'intimité des publics", sous la houlette de Delphine Chedaleux, Myriam Juan et Thomas Pillard. Quoi de plus personnel, et en même temps inséparable de dynamiques collectives et sociales, que le choix de visionner un film en salle, l’envie de partager une expérience audiovisuelle et le fait d’en cultiver le souvenir, ou encore l’acte banal et routinier consistant à jouer chez soi à un jeu vidéo ? À partir de ce constat paradoxal, le volume entend explorer les usages et les appropriations intimes des images animées autour d’une variété d’études de cas, du cinéma muet jusqu’aux médias numériques sans oublier le rapport si particulier tissé avec le petit écran. Rappelons passage les deux sommaires de Fabula-LhT et Acta fabula qui invitaient naguère à "Débattre d'une fiction", à l'initiative de Marc Escola, François Lavocat et Aurélien Maignant, lequel a récemment fait paraître un essai sur L’expérience spectatrice. Penser les effets politiques du théâtre contemporain (P.U. Rennes), également accessible en ligne (Illustr. : Messe de minuit télévisée, Paris, 1948)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132156_383fae1aff24ab2103cd1b9414594e72.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132156_383fae1aff24ab2103cd1b9414594e72.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Une <a href="https://www.fabula.org/actualites/132169/theoreme-n-32-2020-dans-l-intimite-des-publics.html">livraison de la revue <em>Théorème</em> datant de 2020 est rendue accessible en ligne sur OpenEdition pour nous permettre d'entrer "Dans l'intimité des publics", sous la houlette de Delphine Chedaleux, Myriam Juan et Thomas Pillard. Quoi de plus personnel, et en même temps inséparable de dynamiques collectives et sociales, que le choix de visionner un film en salle, l’envie de partager une expérience audiovisuelle et le fait d’en cultiver le souvenir, ou encore l’acte banal et routinier consistant à jouer chez soi à un jeu vidéo ? À partir de ce constat paradoxal, le volume entend explorer les usages et les appropriations intimes des images animées autour d’une variété d’études de cas</a>, du cinéma muet jusqu’aux médias numériques sans oublier le rapport si particulier tissé avec le petit écran.</p> <p>Rappelons passage les <a href="https://www.fabula.org/lht/25/">deux sommaires de <em>Fabula-LhT</em> et <em>Acta fabula</em> qui invitaient naguère à "Débattre d'une fiction"</a>, à l'initiative de Marc Escola, François Lavocat et Aurélien Maignant, lequel a récemment fait paraître un essai sur <a href="https://www.fabula.org/actualites/123254/aurelien-maignant-l-experience-spectatrice-penser-les-effets-politiques-du-theatre-contemporain.html"><em>L’expérience spectatrice. Penser les effets politiques du théâtre contemporain</em></a><em> (</em>P.U. Rennes), également accessible en ligne</p> <p><em>(Illustr. : Messe de minuit télévisée, Paris, 1948)</em></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132156_383fae1aff24ab2103cd1b9414594e72.png" type="image/png" length="675679"/>
    </item>
    <item>
      <title>Montage littéraire</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131930/montage-litteraire.html</link>
      <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 20:20:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131930/montage-litteraire.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>En 1993, Littérature conscrait au "montage littéraire" un sommaire resté fameux. La revue vincennoise renouvelle cette initiative avec une livraison intitulée "Montage littéraire. De Cadiot à Quintane", initiée par Julien Jeusette, Julien Pieron et François Provenzano. Fondé sur le prélèvement, le copier-coller et le réagencement de discours existants, le montage y est envisagé à la fois comme procédé formel et comme geste critique. Héritier de traditions allant de Lautréamont à William Burroughs, il reconfigure les discours d’oppression, provoque des chocs de sens et engage une politique du langage qui ne recourt pas à l’argumentation directe. Les dix contributions qui composent le volume en retracent la généalogie, interrogent les outils théoriques disponibles et analysent les résistances critiques auxquelles ces écritures se heurtent. Il en ressort que le montage affronte des enjeux contemporains décisifs, tout en contribuant à redéfinir les formes, les usages et les frontières du littéraire. Ce sommaire est d'ores-et-déjà accessible en ligne sur Cairn via Fabula…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131930_82bd316d9c1d495b70569646717515c7.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131930_82bd316d9c1d495b70569646717515c7.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.persee.fr/issue/litt_0047-4800_1993_num_92_4">En 1993, <em>Littérature</em> conscrait au "montage littéraire" un sommaire resté fameux</a>. La revue vincennoise renouvelle cette initiative avec <a href="https://www.fabula.org/actualites/131928/montage-litteraire-de-cadiot-a-quintane-julien-jeusette.html">une livraison intitulée "Montage littéraire. De Cadiot à Quintane", initiée par Julien Jeusette, Julien Pieron et François Provenzano. Fondé sur le prélèvement, le copier-coller et le réagencement de discours existants, le montage y est envisagé à la fois comme procédé formel et comme geste critique. Héritier de traditions allant de Lautréamont à William Burroughs, il reconfigure les discours d’oppression, provoque des chocs de sens et engage une politique du langage qui ne recourt pas à l’argumentation directe. Les dix contributions qui composent le volume en retracent la généalogie, interrogent les outils théoriques disponibles et analysent les résistances critiques auxquelles ces écritures se heurtent</a>. Il en ressort que le montage affronte des enjeux contemporains décisifs, tout en contribuant à redéfinir les formes, les usages et les frontières du littéraire. Ce sommaire est d'ores-et-déjà <a href="https://www.fabula.org/actualites/131928/montage-litteraire-de-cadiot-a-quintane-julien-jeusette.html">accessible en ligne sur Cairn via Fabula…</a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131930_82bd316d9c1d495b70569646717515c7.jpg" type="image/jpeg" length="98893"/>
    </item>
    <item>
      <title>Guillaume Marie, Louise Rose, et Samuel Deshayes, nouveaux membres de l'Oulipo (Actualitte.com)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132244/guillaume-marie-louise-rose-et-samuel-deshayes-nouveaux-membres-de-l-oulipo-actualitte-com.html</link>
      <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 08:09:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132244/guillaume-marie-louise-rose-et-samuel-deshayes-nouveaux-membres-de-l-oulipo-actualitte-com.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Dûment signalé par Actualitte.com : Dans un communiqué de son président, Hervé Le Tellier, l'Ouvroir de littérature potentielle, lors de sa réunion n˚783 du 14 janvier 2026, a coopté à l’unanimité trois nouveaux membres : Guillaume Marie, Louise Rose, et Samuel Deshayes. "Au sein de l’Oulipo, on met en pratique, mais en inversant le paradigme de Groucho Marx : lui qui ne voudrait pas faire partie d’un club qui l’accepterait serait — peut-être – à ce titre éligible à l’Oulipo. Un futur membre ne peut pas simplement postuler ou demander à intégrer l’Ouvroir. Il semblerait que toute démarche explicite de demande rendrait la candidature ineligible : demander à devenir oulipien empêche paradoxalement d’être élu. « L’Oulipo compte désormais 44 membres, dont 26 sont excusés pour cause de décès. La qualité d’Oulipien, d’Oulipienne, qu’ils ont acceptée, leur est désormais acquise. Elle ne se perd jamais, ni l’exclusion ni la démission n’étant tolérées », indique Hervé Le Tellier dans un message adressé à la rédaction. […]." Lire la suite…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132244_068d6b97930c3d8925ce5251c1113ae0.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132244_068d6b97930c3d8925ce5251c1113ae0.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Dûment signalé par Actualitte.com :</p> <p><em>Dans un communiqué de son président, Hervé Le Tellier, l'Ouvroir de littérature potentielle, lors de sa réunion n˚783 du 14 janvier 2026, a coopté à l’unanimité trois nouveaux membres : Guillaume Marie, Louise Rose, et Samuel Deshayes.</em></p> <p>"Au sein de l’Oulipo, on met en pratique, mais en inversant le paradigme de Groucho Marx : lui qui ne voudrait pas faire partie d’un club qui l’accepterait serait — peut-être – à ce titre éligible à l’Oulipo. Un futur membre ne peut pas simplement postuler ou demander à intégrer l’Ouvroir. Il semblerait que toute démarche explicite de demande rendrait la candidature ineligible : demander à devenir oulipien empêche paradoxalement d’être élu.</p> <p>«<em> L’Oulipo compte désormais 44 membres, dont 26 sont excusés pour cause de décès. La qualité d’Oulipien, d’Oulipienne, qu’ils ont acceptée, leur est désormais acquise. Elle ne se perd jamais, ni l’exclusion ni la démission n’étant tolérées</em> », indique Hervé Le Tellier dans un message adressé à la rédaction. […]."</p> <p><strong><a href="https://actualitte.com/article/128779/auteurs/guillaume-marie-louise-rose-et-samuel-deshayes-nouveaux-membres-de-l-oulipo">Lire la suite…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132244_068d6b97930c3d8925ce5251c1113ae0.jpeg" type="image/jpeg" length="92742"/>
    </item>
    <item>
      <title>Site de la Société d'Études Robbe-Grilletiennes</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132189/serg-societe-d-etudes-robbe-grilletiennes.html</link>
      <pubDate>Wed, 21 Jan 2026 10:38:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132189/serg-societe-d-etudes-robbe-grilletiennes.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La Société d’études robbe-grillétiennes, créée en décembre 2025 par Roger-Michel Allemand et Laura Brignoli, est une association savante internationale destinée aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants. Elle a pour but de diffuser, promouvoir et soutenir la recherche sur l’œuvre littéraire et cinématographique d’Alain Robbe-Grillet, notamment à travers la mise en ligne de sa bibliographie critique, de documents textuels ou iconographiques, et de publications dans les Cahiers Robbe-Grillet. Elle tient des séminaires et propose son appui scientifique aux manifestations organisées autour de l’écrivain-cinéaste.  On peut visiter le site pour consulter les documents, soumettre des propositions ou suggérer des initiatives, et adhérer à la Société à l'adresse: serg.iulm.it. — Présentation… Actualités… Bibliographies… Documents… Généalogie… Cahiers robbe-grillet… Séminaires de la serg…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132189_4a88ecd389275a37610d1c1bb57d9f87.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132189_4a88ecd389275a37610d1c1bb57d9f87.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La Société d’études robbe-grillétiennes, créée en décembre 2025 par Roger-Michel Allemand et Laura Brignoli, est une association savante internationale destinée aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants. Elle a pour but de diffuser, promouvoir et soutenir la recherche sur l’œuvre littéraire et cinématographique d’Alain Robbe-Grillet, notamment à travers la mise en ligne de sa bibliographie critique, de documents textuels ou iconographiques, et de publications dans les <em>Cahiers Robbe-Grillet</em>. Elle tient des séminaires et propose son appui scientifique aux manifestations organisées autour de l’écrivain-cinéaste. </p> <p>On peut <strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg">visiter le site </a></strong>pour consulter les documents, soumettre des propositions ou suggérer des initiatives, et adhérer à la Société à l'adresse: <a href="https://www.iulm.it/speciali/serg">serg.iulm.it</a>.</p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/presentation/">Présentation…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/actualites/">Actualités…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/Bibliographie/">Bibliographies…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/Documents/">Documents…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/Genealogie/">Généalogie…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/Cahiers+Robbe-Grillet/">Cahiers robbe-grillet…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.iulm.it/speciali/serg/Seminaires+de+la+SERG/">Séminaires de la serg…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132189_4a88ecd389275a37610d1c1bb57d9f87.jpg" type="image/jpeg" length="121741"/>
    </item>
    <item>
      <title>"Quand les algorithmes réveillent la mémoire des manuscrits médiévaux" (Actualitte.com)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132151/quand-les-algorithmes-reveillent-la-memoire-des-manuscrits-medievaux-actualitte-com.html</link>
      <pubDate>Mon, 19 Jan 2026 08:32:42 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132151/quand-les-algorithmes-reveillent-la-memoire-des-manuscrits-medievaux-actualitte-com.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Pendant des siècles, les manuscrits médiévaux ont vécu dans un clair-obscur savant. Consultés par une poignée de spécialistes, protégés par des règles d’accès strictes, ils formaient un continent largement invisible du grand public. La numérisation a commencé à fissurer ce mur. L’intelligence artificielle, désormais, en rebat les cartes. Avec CoMMA, un nouveau cap est franchi. "Présenté comme l’un des corpus les plus vastes jamais constitués à partir de manuscrits médiévaux, CoMMA rassemble environ 3,3 milliards de tokens, extraits de plus de 32 700 manuscrits numérisés, en latin et en ancien français. Un ensemble d’une ampleur inédite, issu non pas d’éditions savantes, mais de textes bruts, non normalisés, produits par reconnaissance automatique de l’écriture manuscrite. Une différence décisive. […] Il serait toutefois réducteur de voir dans CoMMA un simple exploit technique. Le corpus interroge, plus profondément, notre rapport au texte médiéval.Faut-il corriger pour comprendre ? Normaliser pour transmettre ? Ou accepter l’instabilité comme donnée historique fondamentale ? […]." Lire la suite de l'article sur Actualitte.com… — Accéder au catalogue des manuscrits…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132151_a260b0c7d98fcc7eb771e7c609dc5eaa.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132151_a260b0c7d98fcc7eb771e7c609dc5eaa.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Pendant des siècles, les manuscrits médiévaux ont vécu dans un clair-obscur savant. Consultés par une poignée de spécialistes, protégés par des règles d’accès strictes, ils formaient un continent largement invisible du grand public. La numérisation a commencé à fissurer ce mur. L’intelligence artificielle, désormais, en rebat les cartes. Avec CoMMA, un nouveau cap est franchi.</em></p> <p>"Présenté comme l’un des corpus les plus vastes jamais constitués à partir de manuscrits médiévaux, <a href="https://inria.hal.science/hal-05299220v2">CoMMA</a> rassemble environ 3,3 milliards de tokens, extraits de plus de 32 700 manuscrits numérisés, en latin et en ancien français. Un ensemble d’une ampleur inédite, issu non pas d’éditions savantes, mais de textes bruts, non normalisés, produits par reconnaissance automatique de l’écriture manuscrite. Une différence décisive. […]</p> <p>Il serait toutefois réducteur de voir dans CoMMA un simple exploit technique. Le corpus interroge, plus profondément, notre rapport au texte médiéval.<br />Faut-il corriger pour comprendre ? Normaliser pour transmettre ? Ou accepter l’instabilité comme donnée historique fondamentale ? […]."</p> <p><strong><a href="https://actualitte.com/article/128732/numerisation/quand-les-algorithmes-reveillent-la-memoire-des-manuscrits-medievaux">Lire la suite de l'article sur Actualitte.com…</a></strong></p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://comma.inria.fr/catalog">Accéder au catalogue des manuscrits…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132151_a260b0c7d98fcc7eb771e7c609dc5eaa.jpeg" type="image/jpeg" length="100352"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le questionnaire de Bolaño, avec Iuvan, par Emmanuel Bouju (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132125/le-questionnaire-de-bolano-avec-iuvan-par-emmanuel-bouju-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Sat, 17 Jan 2026 10:36:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132125/le-questionnaire-de-bolano-avec-iuvan-par-emmanuel-bouju-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Iuvan : « le monde se sauve et se détruit à chaque instant » par Emmanuel Bouju, à lire sur en-attendant-nadeau.fr Iuvan est une figure majeure des littératures de l’imaginaire. Elle se prête au jeu du Questionnaire de Bolaño. À l’image de son œuvre, ses réponses possèdent une pétillante et un humour remarquables et témoignent de la puissance de nos imaginaires. — Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ?  Mónica. Parce que ce questionnaire pourrait s’appeler le questionnaire de Maristain. Curieuse de ne pas connaître l’origine de ce prénom, j’apprends qu’on en a perdu le sens d’origine. Monnica (deux n) était la berbère mère de saint Augustin. Un nom d’origine punique ou phénicienne. Que signifiait-il ? Peu importait aux Romains, qui lui trouvaient une ressemblance avec le monos grec. Monica la solitaire, mère de saint Augustin, que cette histoire est jolie. Pourtant, Monnica signifiait peut-être « celle qui rassemble les foules » ou « amitié ». Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ? Il n’y en a aucune. Ce sont deux mots qui peuvent tout signifier, sur lesquels on peut tout projeter. Qu’est-ce que la littérature française ? Un ensemble de textes que s’approprient les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132125_5c94ce10857d503e3352b31573d58828.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132125_5c94ce10857d503e3352b31573d58828.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="entry-title"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/01/17/iuvan-le-monde-se-sauve-et-se-detruit-a-chaque-instant/">Iuvan : « le monde se sauve et se détruit à chaque instant »</a></strong></p> <p><strong>par Emmanuel Bouju</strong>, à lire <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/01/17/iuvan-le-monde-se-sauve-et-se-detruit-a-chaque-instant/">sur en-attendant-nadeau.fr</a></p> <p><em>Iuvan est une figure majeure des littératures de l’imaginaire. Elle se prête au jeu du Questionnaire de Bolaño. À l’image de son œuvre, ses réponses possèdent une pétillante et un humour remarquables et témoignent de la puissance de nos imaginaires.</em></p> <p><em>—</em></p> <p><strong><em>Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ? </em></strong></p> <p>Mónica.</p> <p>Parce que ce questionnaire pourrait s’appeler le questionnaire de Maristain. Curieuse de ne pas connaître l’origine de ce prénom, j’apprends qu’on en a perdu le sens d’origine. Monnica (deux <em>n</em>) était la berbère mère de saint Augustin. Un nom d’origine punique ou phénicienne. Que signifiait-il ? Peu importait aux Romains, qui lui trouvaient une ressemblance avec le <em>monos</em> grec. Monica la solitaire, mère de saint Augustin, que cette histoire est jolie. Pourtant, Monnica signifiait peut-être « celle qui rassemble les foules » ou « amitié ».</p> <p><em><strong>Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ?</strong></em></p> <p>Il n’y en a aucune. Ce sont deux mots qui peuvent tout signifier, sur lesquels on peut tout projeter.</p> <p><em><strong>Qu’est-ce que la littérature française ?</strong></em></p> <p>Un ensemble de textes que s’approprient les Français·es ? Écrits en langue française ou non. Je suppose qu’il y en a autant que de personnes se définissant comme françaises, et qu’elle change à chaque seconde. Méfiez-vous des gens qui prétendent l’inverse. Je les soupçonne de ne pas être très bien intentionnés.</p> <p><strong><em>Marcel Proust, Claude Simon ou Annie Ernaux ?</em></strong></p> <p>Annie Ernaux, mais c’est faux. Ou bien injuste. Car c’est la seule que j’ai lue et je n’ai lu d’elle qu’un ouvrage, une entreprise immense qui m’a transformée : <em>Les années</em>. Un ami du lycée écoutait Claude Simon. Il a bien écrit des chansons ? Il m’a prêté une cassette, je crois. Tiens, cet ami s’appelait Simon, justement. Je n’ai aucun souvenir de cette cassette. L’ai-je égarée ? Ah non, je vois ici que c’était Yves. Yves Simon, pas Claude. Bon, pas lu. Marcel Proust m’a chassée hors de sa sphère. Je ne sais pas bien pourquoi. Les groupes, les classes, m’angoissent. Pourtant, <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/12/16/linfini-succes-de-jane-austen-entretien-avec-francois-laroque/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Austen</a>, qui a fait un travail similaire de peinture d’un milieu insulaire – la <em>gentry</em> – me touche éperdument. Elle devrait me perdre. On sent chez elle, comme chez Proust, un déni constant d’intimité. Mais Proust a cette manière de nous projeter constamment dans un regard, nous empêche d’être soi. Cette aliénation – peut-être due au fait que Proust, contrairement à Austen, ne faisait pas partie du milieu qu’il raconte – me glace le sang. Le fait est que je suis mal dans Proust. J’ai l’impression de débarquer, pas tout à fait bienvenue, dans une cousinade. De la même manière, l’humour d’Austen me fait rire aux larmes alors que celui de Proust m’attriste. Ces deux humours reposent pourtant sur les situations, les dialogues taillés sur mesure pour leurs personnages. Peut-être Proust est-il moqueur et Austen juste perspicace et pointue ? Existe-t-il des personnes qui aiment autant Proust qu’Austen ou bien formons-nous deux clans opposés qui ne s’attirent pas ? (C’est une vraie question. Si vous avez la réponse, je la veux bien en commentaire.) Pour reboucler sur l’entreprise autobiographique, j’ajouterai que j’ai lu avec une grande fascination le <em><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2023/09/27/laure-murat-une-histoire-de-distinction/">Proust, roman familial</a></em>, de Laure Murat. […]</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/01/17/iuvan-le-monde-se-sauve-et-se-detruit-a-chaque-instant/">Lire la suite sur en-attendant-nadeau…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132125_5c94ce10857d503e3352b31573d58828.jpg" type="image/jpeg" length="21612"/>
    </item>
    <item>
      <title>Toujours Médée</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132100/medee.html</link>
      <pubDate>Sat, 17 Jan 2026 07:07:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132100/medee.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Le mythe de Médée est de tous les usages. Il a pu servir de caution à des discours essentialistes sur les ruses d’une figure de magicienne maléfique définie comme l’étrangère venue d’Orient. Dans le volume supervisé par Maxime Pierre et Marie Saint Martin sous le titre Corinthe et ses ailleurs. Voyages de Médée au théâtre, d'Euripide au contemporain (P.U. de Franche-Comté) directement accessible en ligne via OpenEdition, le mythe  fait l’objet de relectures multiples où l’imaginaire de l’altérité se trouve déployé sous de nouvelles catégories : c’est la permanence politique de cette figure, perméable aux reconfigurations successives, qui se trouve mise en question depuis l’âge classique jusqu’à nos jours où elle est interrogée à nouveau à la lumière du féminisme et des approches postcoloniales (Dea Loher, Christa Wolf, Werewere-Linking, Miyagi Satoshi, Ninagawa Yukio, etc.). Saluons aussi l'essai de Magdalena Bournot, Étrangère chez soi. Un tournant latino-américain dans les réécritures de Médée (Classiques Garnier). Signalons la parution aux Belles Lettres d'une nouvelle traduction de la Médée d'Euripide par Christine Mauduit, puissamment illustrée par Scott Pennor’s. Fabula vous invite à feuilleter cet album… Mais aussi, plus inattendue : l'édition par Tristan Alonge de la Médée d'Etienne Azéma (1849). La première tragédie réunionnaise (P.U. Indianocéaniques), longtemps restée dans les tiroirs [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132100_d1703518cca13aab9eadd96ecf44f746.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132100_d1703518cca13aab9eadd96ecf44f746.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le mythe de Médée est de tous les usages. Il a pu servir de caution à des discours essentialistes sur les ruses d’une figure de magicienne maléfique définie comme l’étrangère venue d’Orient. <a href="https://www.fabula.org/actualites/132107/corinthe-et-ses-ailleurs-voyages-de-medee-au-theatre-d-euripide.html">Dans le volume supervisé par Maxime Pierre et Marie Saint Martin sous le titre <em>Corinthe et ses ailleurs. Voyages de Médée au théâtre, d'Euripide au contemporain</em> (P.U. de Franche-Comté) directement accessible en ligne via OpenEdition, le mythe  fait l’objet de relectures multiples où l’imaginaire de l’altérité se trouve déployé sous de nouvelles catégories</a> : c’est la permanence politique de cette figure, perméable aux reconfigurations successives, qui se trouve mise en question depuis l’âge classique jusqu’à nos jours où elle est interrogée à nouveau à la lumière du féminisme et des approches postcoloniales (Dea Loher, Christa Wolf, Werewere-Linking, Miyagi Satoshi, Ninagawa Yukio, etc.). Saluons aussi <a href="https://www.fabula.org/actualites/132993/magdalena-bournot-etrangere-chez-soi-un-tournant-latino-americain-dans-les-reecritures-de-medee.html">l'essai de Magdalena Bournot, <em>Étrangère chez soi. Un tournant latino-américain dans les réécritures de Médée</em></a> (Classiques Garnier).</p> <p>Signalons la parution aux Belles Lettres d'une <a href="https://www.fabula.org/actualites/131996/euripide-medee-trad-christine-mauduit-illustrations-de-scott-pennor-s.html">nouvelle traduction de la <em>Médée</em> d'Euripide par Christine Mauduit, puissamment illustrée par Scott Pennor’s</a>. Fabula vous invite à <a href="https://www.calameo.com/read/00529596239f124476afc?page=1">feuilleter cet album…</a> Mais aussi, plus inattendue : <a href="https://www.fabula.org/actualites/117455/tristan-alonge-ed-medee-d-etienne-azema-la-premiere-tragedie-reunionnaise.html">l'édition par Tristan Alonge de la <em>Médée</em> <em>d'Etienne Azéma (1849)</em>. <em>La première tragédie réunionnaise</em></a> (P.U. Indianocéaniques), longtemps restée dans les tiroirs d’un petit-fils de gouverneur passionné d’Antiquité. Loin de constituer une simple synthèse des sources d’Euripide à Corneille, la pièce renouvelle de fond en comble les éléments traditionnels de la légende en accordant une place prépondérante à la figure de Créuse, et en révélant un étonnant jeu intertextuel avec l’œuvre racinienne.</p> <p>Et rappelons, au sein du sommaire <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire12363.php">"Droit et littérature : la fiction en pouvoir ?", supervisé par Charlotte Dufour</a> pour le Laboratoire Droit et Littérature (Université de Lausanne), de <a href="https://www.fabula.org/colloques/document12413.php">l'essai signé par Peggy Larrieu : "Le mythe de Médée et la criminalité des femmes"</a>.</p> <p><em>(Illustr. : </em>Médée<em> par Gustav Klimt, Leopold Museum, Vienne.)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132100_d1703518cca13aab9eadd96ecf44f746.png" type="image/png" length="1674014"/>
    </item>
    <item>
      <title>L'année Critique</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132108/2025-l-annee-critique-13-12.html</link>
      <pubDate>Fri, 16 Jan 2026 05:24:02 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132108/2025-l-annee-critique-13-12.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Fidèle à sa vocation de "revue générale des publications françaises et étrangères", la dernière livraison de Critique propose une "revue" de l’année éditoriale 2025. Donnant un aperçu de la couleur du temps, ce numéro offre un portrait nécessairement partiel et partial – mais également intempestif – de ce que furent les grands moments de la vie des idées pendant les mois écoulés. Fabula vous invite à en découvrir le sommaire, d'ores et déjà accessible en ligne via Cairn…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132108_a2fe0e527915d7986ffa27e57327d760.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132108_a2fe0e527915d7986ffa27e57327d760.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Fidèle à sa vocation de "revue générale des publications françaises et étrangères", la dernière livraison de <a href="https://www.fabula.org/actualites/131575/critique-n-943-2025-l-annee-critique.html"><em>Critique </em>propose une "revue" de l’année éditoriale 2025. Donnant un aperçu de la couleur du temps, ce numéro offre un portrait nécessairement partiel et partial – mais également intempestif – de ce que furent les grands moments de la vie des idées pendant les mois écoulés. Fabula vous invite à en découvrir le sommaire</a>, d'ores et déjà accessible en ligne via Cairn…</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132108_a2fe0e527915d7986ffa27e57327d760.png" type="image/png" length="280628"/>
    </item>
    <item>
      <title>Usages contemporains de Roland Barthes</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132079/usages-contemporains-de-roland-barthes.html</link>
      <pubDate>Thu, 15 Jan 2026 16:30:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132079/usages-contemporains-de-roland-barthes.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Après un sommaire consacré à "Barthes et la question homosexuelle", la huitième livraison de la revue Roland Barthes s'intéresse aux "Usages contemporains de Roland Barthes", à l'initiative d'Alexandru Matei qui a réuni les interventions prononcées au colloque de Tours en 2021. Les deux numéros sont au menu de la séance de l’équipe Barthes qui se tient à l’École normale supérieure (45 rue d’Ulm) ce samedi 17 janvier. Rappelons au sein des Colloques en ligne de Fabula le volume "Roland Barthes, contemporanéités intempestives", qui donne à lire les actes de la journée d'étude tenu en novembre 2016 à l'Université de Lausanne, réunis par Antonin Wiser. Mais aussi, au sommaire de la quinzième livraison de Fabula-LhT consacré aux "Vertus passives. Une anthropologie à contretemps", l'essai d'Adrien Chassain : "Roland Barthes, les pratiques et les valeurs de l’amateur". (Photo : Roland Barthes en 1943, au sanatorium de Leysin en Suisse, ©Bnf)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132079_3068baa24cd8657f80892ef8513a160b.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132079_3068baa24cd8657f80892ef8513a160b.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Après un sommaire consacré à <a href="https://www.fabula.org/actualites/128235/revue-roland-barthes.html">"Barthes et la question homosexuelle"</a>, la huitième livraison de la revue <em>Roland Barthes</em> s'intéresse aux <a href="https://www.fabula.org/actualites/132076/revue-roland-barthes.html">"Usages contemporains de Roland Barthes", à l'initiative d'Alexandru Matei</a> qui a réuni les interventions prononcées au colloque de Tours en 2021. Les deux numéros sont au menu de la <a href="https://www.fabula.org/actualites/132077/seminaire-de-l-equipe-barthes-item-lamo.html">séance de l’équipe Barthes qui se tient à l’École normale supérieure (45 rue d’Ulm) ce samedi 17 janvier.</a></p> <p>Rappelons <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire5665.php">au sein des Colloques en ligne de Fabula le volume "Roland Barthes, contemporanéités intempestives"</a>, qui donne à lire les actes de la journée d'étude tenu en novembre 2016 à l'Université de Lausanne, réunis par Antonin Wiser. Mais aussi, au sommaire de la quinzième livraison de <em>Fabula-LhT</em> consacré aux <a href="https://www.fabula.org/lht/15/">"Vertus passives. Une anthropologie à contretemps"</a>, l'essai d'Adrien Chassain : <a href="https://www.fabula.org/lht/15/chassain.html">"Roland Barthes, les pratiques et les valeurs de l’amateur"</a>.</p> <p class="mb-0"><em>(Photo : Roland Barthes en 1943, au sanatorium de Leysin en Suisse, ©Bnf)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132079_3068baa24cd8657f80892ef8513a160b.png" type="image/png" length="382869"/>
    </item>
    <item>
      <title>Penser queer en français</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131350/queer.html</link>
      <pubDate>Sun, 11 Jan 2026 06:25:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[romain.bionda@fabula.org (Romain Bionda)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131350/queer.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Largement détourné, instrumentalisé, voire "pinkwashé", le mot queer recouvre désormais en France un ensemble de pratiques pour le moins hétérogènes. La 34e livraison de la revue Fabula-LhT, supervisée par Nicolas Aude et Danielle Perrot-Corpet, tente de réaffirmer la promesse épistémique transversale d’une pensée du littéraire qui semble vouloir s’affranchir de toutes les assignations identitaires. Le sommaire s'adosse comme à l'accoutumée à un dossier de la revue Acta fabula qui se propose de cartographier le champ des publications récentes qui ont tâché de traduire, d’investir ou de réorienter cette catégorie et l’élan théorique qui lui demeure associé. (Illustr. : Gral, Sans titre, issu de la série des Objets magiques, 2021. © Gral.)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131350_3773b63164da38c3887b1845fcc07334.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131350_3773b63164da38c3887b1845fcc07334.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal">Largement détourné, instrumentalisé, voire "pinkwashé", le mot <em>queer</em> recouvre désormais en France un ensemble de pratiques pour le moins hétérogènes. <a href="https://www.fabula.org/lht/34/">La 34e livraison de la revue <em>Fabula-LhT</em>, supervisée par Nicolas Aude et Danielle Perrot-Corpet, tente de réaffirmer la promesse épistémique transversale d’une pensée du littéraire qui semble vouloir s’affranchir de toutes les assignations identitaires</a>. Le sommaire s'adosse comme à l'accoutumée à un dossier de <a href="https://www.fabula.org/revue/sommaire20231.php">la revue <em>Acta fabula</em> qui se propose de cartographier le champ des publications récentes qui ont tâché de traduire, d’investir ou de réorienter cette catégorie et l’élan théorique qui lui demeure associé</a>.</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><em>(Illustr. : </em><em>Gral, </em>Sans titre<em>, issu de la série des </em>Objets magiques<em>, 2021. © Gral.)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131350_3773b63164da38c3887b1845fcc07334.jpg" type="image/jpeg" length="151270"/>
    </item>
    <item>
      <title>Un bon imprimé vaut-il mieux qu’un comprimé?</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131992/un-bon-imprime-vaut-il-mieux-qu-un-comprime.html</link>
      <pubDate>Sat, 10 Jan 2026 11:07:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[max.berges@gmail.com (Maxime Berges)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131992/un-bon-imprime-vaut-il-mieux-qu-un-comprime.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Les livres prennent-ils soin de nous ? Adrien Berger s’était posé la question dans le dossier d’Acta Fabula : « Nouveaux regards sur la lecture », en rendant compte de Lire pour relier, dernier titre de la trilogie de Régine Detambel, consacrée à la bibliothérapie créative. Le dialogue se poursuit cette semaine dans Acta Fabula grâce à Jean-François Vernay qui s’est entretenu avec l’autrice pour discuter des bienfaits, parfois contestés, de la bibliothérapie et plus largement de la littérature. L’occasion donc de se demander si un bon imprimé vaut mieux qu’un comprimé.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131992_73419093cad55c21de024db84abfef26.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131992_73419093cad55c21de024db84abfef26.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="MsoNormal"><a href="https://www.fabula.org/revue/document19434.php">Les livres prennent-ils soin de nous ?</a> Adrien Berger s’était posé la question dans le dossier d’<em>Acta Fabula</em> :<em> </em><a href="https://www.fabula.org/revue/sommaire19326.php">« Nouveaux regards sur la lecture »</a>, en rendant compte de <em><a href="https://www.fabula.org/actualites/115816/regine-detambel-lire-pour-relier.html">Lire pour relier</a></em>, dernier titre de la trilogie de Régine Detambel, consacrée à la bibliothérapie créative. Le dialogue se poursuit cette semaine dans <em>Acta Fabula</em> grâce à Jean-François Vernay qui s’est entretenu avec l’autrice pour discuter des bienfaits, parfois contestés, de la bibliothérapie et plus largement de la littérature. L’occasion donc de se demander si <a href="https://www.fabula.org/revue/document20481.php">un bon imprimé vaut mieux qu’un comprimé</a>.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131992_73419093cad55c21de024db84abfef26.jpg" type="image/jpeg" length="211261"/>
    </item>
    <item>
      <title>Scènes d'incivilité</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131797/scenes-d-incivilite.html</link>
      <pubDate>Sat, 10 Jan 2026 06:41:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131797/scenes-d-incivilite.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La scène française de la première modernité n’a pas échappé au processus de civilisation des mœurs décrit par Norbert Elias. Elle a dû composer, quand elle ne s’y est pas pleinement soumise, avec le développement de la pudeur, la régulation de l’agressivité, le contrôle des émotions et de leur expression, ce que l’histoire littéraire a retenu sous le terme de « bienséances ». Ne fallut-il pas attendre le XIXe siècle pour que Shakespeare ne paraisse plus aux Français "grossier" ou "barbare" ? Ainsi le jugeait Voltaire dans sa Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne. À partir des années 1630, la brutalité, l’obscène et le malséant tendent à s’effacer au théâtre, qui se plie à un idéal de civilité et s’efforce de faire oublier la production des décennies précédentes. Les querelles du théâtre, querelle du Cid ou querelle de L’École des femmes par exemple, tournent en partie autour de la définition de la civilité, et la comédie devient à partir du XVIIe siècle une école de politesse, soit en moquant des incivils comme Arnolphe ou Alceste, soit en représentant la conversation des honnêtes gens, ainsi que le prétendent Corneille, ou Marivaux dans Les Serments indiscrets. Il reste que ce processus, et la place qu’il occupe dans l’histoire [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131797_cb29d9483ac485dabad54d39571c1d13.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131797_cb29d9483ac485dabad54d39571c1d13.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La scène française de la première modernité n’a pas échappé au processus de civilisation des mœurs décrit par Norbert Elias. Elle a dû composer, quand elle ne s’y est pas pleinement soumise, avec le développement de la pudeur, la régulation de l’agressivité, le contrôle des émotions et de leur expression, ce que l’histoire littéraire a retenu sous le terme de « bienséances ». Ne fallut-il pas attendre le XIXe siècle pour que Shakespeare ne paraisse plus aux Français "grossier" ou "barbare" ? Ainsi le jugeait Voltaire dans sa <em>Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne. </em>À partir des années 1630, la brutalité, l’obscène et le malséant tendent à s’effacer au théâtre, qui se plie à un idéal de civilité et s’efforce de faire oublier la production des décennies précédentes. Les querelles du théâtre, querelle du <em>Cid</em> ou querelle de <em>L’École des femmes</em> par exemple, tournent en partie autour de la définition de la civilité, et la comédie devient à partir du XVIIe siècle une école de politesse, soit en moquant des incivils comme Arnolphe ou Alceste, soit en représentant la conversation des honnêtes gens, ainsi que le prétendent Corneille, ou Marivaux dans <em>Les Serments indiscrets. </em>Il reste que <a href="https://www.fabula.org/actualites/131796/arret-sur-scene-scene-focus-n-14-2025.html">ce processus, et la place qu’il occupe dans l’histoire littéraire, relèvent en partie, en France, du grand récit national et ne rendent qu’imparfaitement compte non seulement de l’existence de lieux et de formes de résistance, mais surtout de la permanence de l’incivilité sur les scènes françaises et plus largement européennes. C'est ce que s’emploie à montrer la nouvelle livraison de la revue <em>Arrêt sur scène / Scene focus</em><em> </em>supervisé par Fabrice Chassot et Bénédicte Louvat, à partir de huit contributions qui couvrent un empan chronologique de trois siècles, trois aires géographiques et culturelles (France, Italie et Angleterre) et quatre langues (français, italien, anglais et occitan)</a>.</p> <p>Ce volume fait suite à un précédent <a href="https://www.fabula.org/actualites/117630/litteratures-classiques-2023-2-n-111-l-incivilite-et-ses-recits-xviie-xviiie-s.html">sommaire de <em>Littératures classiques</em> : "L’incivilité et ses récits (XVIIe-XVIIIe s.)", à l'initiative de Fabrice Chassot</a>.</p> <p></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131797_cb29d9483ac485dabad54d39571c1d13.png" type="image/png" length="1627612"/>
    </item>
    <item>
      <title>Inscriptions Séminaire PatrimoniaLitté - 28 janvier - Entretien autour des dictionnaires d’écrivains</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131976/inscriptions-seminaire-patrimonialitte-28-janvier-entretien-autour-des-dictionnaires-d-ecrivains.html</link>
      <pubDate>Fri, 09 Jan 2026 14:37:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[david.martens@kuleuven.be (David Martens)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131976/inscriptions-seminaire-patrimonialitte-28-janvier-entretien-autour-des-dictionnaires-d-ecrivains.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Pour la reprise de son séminaire, le réseau PatrimoniaLitté a le plaisir, avant le lancement d’une série de séances consacrées aux Commandes patrimoniales et organisée par Chiara Zampieri, à une séance exceptionnelle consacrée à l’élaboration des Dictionnaires d’écrivains. Cette séance aura lieu le mardi 28 janvier de 16h30 à 18h30. Elle sera animée par David Martens &amp; Marcela Scibiorska et consistera en un entretien avec Claude Coste, directeur de la collection « Dictionnaires XXe et XXIe siècles » chez Champion, et du Dictionnaire Roland Barthes (2024), ainsi que Catherine Mayaux (directrice, dans la même collection, et avec Henriette Levillain, du Dictionnaire Saint-John Perse, 2025), David Gullentops &amp; Pierre-Marie Héron, qui préparent actuellement le Dictionnaire Jean Cocteau. Il s’agira à cette occasion de nous interroger sur les enjeux patrimoniaux de ce type de publications : quelles en sont les formes et les finalités ? quelles sont les difficultés particulières de l’élaboration de tels ouvrages ? comment les écrivains auxquels un dictionnaire est consacré sont-ils choisis ? quelle place de tels ouvrages prennent-ils dans les évolutions récentes des études et de la recherche littéraires ? Comme toutes les séances du séminaire PatrimoniaLitté, cette séance aura lieu en ligne et sera ouverte à toute personne désireuse d’y assister et de prendre part aux échanges. [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131976_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131976_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Pour la reprise de son séminaire, le réseau PatrimoniaLitté a le plaisir, avant le lancement d’une série de séances consacrées aux <em>Commandes patrimoniales</em> et organisée par Chiara Zampieri, à une séance exceptionnelle consacrée à l’élaboration des <em>Dictionnaires d’écrivains</em>.</p> <p>Cette séance aura lieu le mardi 28 janvier de 16h30 à 18h30. Elle sera animée par David Martens &amp; Marcela Scibiorska et consistera en un entretien avec Claude Coste, directeur de la collection « Dictionnaires XXe et XXIe siècles » chez Champion, et du <a href="https://www.fabula.org/actualites/122930/claude-coste-dir-dictionnaire-roland-barthes.html"><em>Dictionnaire Roland Barthes</em></a> (2024), ainsi que Catherine Mayaux (directrice, dans la même collection, et avec Henriette Levillain, du <a href="https://www.fabula.org/actualites/126826/henriette-levillain-catherine-mayaux-dir-dictionnaire-saint-john-perse.html"><em>Dictionnaire Saint-John Perse</em></a>, 2025), David Gullentops &amp; Pierre-Marie Héron, qui préparent actuellement le <em>Dictionnaire Jean Cocteau</em>. Il s’agira à cette occasion de nous interroger sur les enjeux patrimoniaux de ce type de publications : quelles en sont les formes et les finalités ? quelles sont les difficultés particulières de l’élaboration de tels ouvrages ? comment les écrivains auxquels un dictionnaire est consacré sont-ils choisis ? quelle place de tels ouvrages prennent-ils dans les évolutions récentes des études et de la recherche littéraires ?</p> <p>Comme toutes les séances du séminaire PatrimoniaLitté, cette séance aura lieu en ligne et sera ouverte à toute personne désireuse d’y assister et de prendre part aux échanges.</p> <p>Le lien sera envoyé le 28 janvier à la liste de diffusion du réseau.</p> <p>Pour intégrer cette liste de diffusion (ou simplement vous inscrire à cette séance du séminaire), veuillez contacter Dorian Barbieur (<a href="mailto:dorian.barbieur@kuleuven.be">dorian.barbieur@kuleuven.be</a>) ou Martin Michel (<a href="mailto:martin.michel@kuleuven.be">martin.michel@kuleuven.be</a>).</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131976_671ecd1a636d9a24e83177a6441f77a8.png" type="image/png" length="96249"/>
    </item>
    <item>
      <title>La Troisième République des Lettres au féminin</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131578/la-troisieme-republique-des-lettres-au-feminin.html</link>
      <pubDate>Mon, 05 Jan 2026 15:39:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131578/la-troisieme-republique-des-lettres-au-feminin.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Depuis 2021, la collection L'Imaginaire des éditions Gallimard s’est engagée dans la réédition d’autrices parfois méconnues, à l’instar de la série "Les œuvres du matrimoine" dans la collection Librio chez Flammarion, qui propose des rééditions d’œuvres d’autrices de l’Ancien Régime jusqu’au XIXe siècle. Mais bien d'autres maisons, dont les plus précaires maisons indépendantes comme La Variation, et beaucoup d'autres mains, œuvrent à la revalorisation d'un canon féminisé. À l'initiative de Valentine Bovey, le 91e dossier critique d'Acta fabula se demande ce que signifie "Rééditer la Troisième République des lettres au féminin". Le dernier tiers du XIXe s. et les premières décennies du XXe s. ont vu en effet s'accroître le nombres de titres signés par des femmes, sur fond des premières luttes féministes, et concurremment à l’émergence d’un nouveau discours sur les sexualités — en particulier sur l’homosexualité qui, si elle est toujours très stigmatisée, devient un sujet littéraire à part entière. Le dossier s'intéresse à la réception de certaines de ces œuvres et au discours qui les accompagne, dans un péritexte repensé souvent à partir des clés d’analyse offertes par les études genre et queer. Valorisation parfois ambigüe, qui peut confiner ces œuvres dans un contre-canon, au sein de collections [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131578_220e451b65a9a377b47e026f3c1210ca.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131578_220e451b65a9a377b47e026f3c1210ca.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="MsoNormal">Depuis 2021, la collection L'Imaginaire des éditions Gallimard s’est engagée dans la réédition d’autrices parfois méconnues, à l’instar de la série "Les œuvres du matrimoine" dans la collection Librio chez Flammarion, qui propose des rééditions d’œuvres d’autrices de l’Ancien Régime jusqu’au XIX<sup>e </sup>siècle. Mais bien d'autres maisons, dont les plus précaires maisons indépendantes comme La Variation, et beaucoup d'autres mains, œuvrent à la revalorisation d'un canon féminisé. <a href="https://www.fabula.org/revue/sommaire20329.php">À l'initiative de Valentine Bovey, le 91e dossier critique d'<em>Acta fabula</em> se demande ce que signifie "Rééditer la Troisième République des lettres au féminin". Le dernier tiers du XIXe s. et les premières décennies du XXe s. ont vu en effet s'accroître le nombres de titres signés par des femmes, sur fond des premières luttes féministes, et concurremment à l’émergence d’un nouveau discours sur les sexualités — en particulier sur l’homosexualité qui, si elle est toujours très stigmatisée, devient un sujet littéraire à part entière. Le dossier s'intéresse à la réception de certaines de ces œuvres et au discours qui les accompagne, dans un péritexte repensé souvent à partir des clés d’analyse offertes par les études genre et <em>queer.</em></a> Valorisation parfois ambigüe, qui peut confiner ces œuvres dans un contre-canon, au sein de collections qui visent un public militant, en leur refusant le passage du particulier à l’universel que souhaitait Monique Wittig pour la littérature minoritaire.</p> <p class="MsoNormal"><em>(Illustr. : Caroline Dufau, vignette du journal féministe </em>La Fronde<em> (1897-1905), ©Gallica / Bibliothèque nationale de France)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131578_220e451b65a9a377b47e026f3c1210ca.jpeg" type="image/jpeg" length="206501"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une Odyssée signée Christopher Nolan (actualitte.com)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131817/une-odyssee-signee-christopher-nolan-actualitte-com.html</link>
      <pubDate>Mon, 29 Dec 2025 21:07:13 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131817/une-odyssee-signee-christopher-nolan-actualitte-com.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>C'est Actualitte.com qui nous apprend la nouvelle : "La première bande-annonce du prochain film du réalisateur britannique vient d’être dévoilée, confirmant l’ambition hors normes de cette adaptation très attendue du poème fondateur attribué à Homère." Lire l'article… Visionner la bande-annonce…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131817_64e38bd6f81fa442fc1a71e7b1692862.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131817_64e38bd6f81fa442fc1a71e7b1692862.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>C'est Actualitte.com qui nous apprend la nouvelle :</p> <p>"La première bande-annonce du prochain film du réalisateur britannique vient d’être dévoilée, confirmant l’ambition hors normes de cette adaptation très attendue du poème fondateur attribué à Homère."</p> <p><strong><a href="https://actualitte.com/article/128337/bande-annonce/une-odyssee-signee-nolan-la-bande-annonce-enfin-revelee">Lire l'article…</a></strong></p> <p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Mzw2ttJD2qQ"><strong>Visionner la bande-annonce…</strong></a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131817_64e38bd6f81fa442fc1a71e7b1692862.jpeg" type="image/jpeg" length="28832"/>
    </item>
    <item>
      <title>L’infini succès de Jane Austen : entretien avec François Laroque, par Hugo Pradelle (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131649/l-infini-succes-de-jane-austen-entretien-avec-francois-laroque-par-hugo-pradelle-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:48:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131649/l-infini-succes-de-jane-austen-entretien-avec-francois-laroque-par-hugo-pradelle-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Alors que le monde entier célèbre les 250 ans de Jane Austen en grande pompe, il semble utile de mieux connaître le parcours d’une romancière aussi adulée, de comprendre les raisons de son succès absolu et d’une popularité qui pourrait surprendre. Quelques éléments de réponses avec François Laroque qui traduit ses romans et qui, après un formidable Dictionnaire amoureux de Shakespeare, lui consacre un volume à paraître au printemps. "Jane Austen aurait, en ce mois de décembre 2025, 250 ans. Si le temps présent apprécie un peu démesurément les anniversaires, celui-ci prend une ampleur assez étonnante. C’est une sorte de folie éditoriale et commerciale.  Première femme après la reine à figurer sur un billet de banque – au dos des coupure de dix livres sterling –, Jane Austen a publié ses six grands romans dans l’anonymat en les signant de la simple mention de « by a lady ». Son identité ne sera révélée qu’après sa mort, en 1817, dans le texte que son frère Henry écrivit en guise de préface aux quatre volumes réunis dans un même coffret, ceux de son premier et de son dernier roman, L’abbaye de Northanger et Persuasion. Après une période de relatif oubli, plusieurs écrivains, et non des moindres, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131649_30cd850c2bce4dab08864df9adac6cbb.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131649_30cd850c2bce4dab08864df9adac6cbb.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Alors que le monde entier célèbre les 250 ans de Jane Austen en grande pompe, il semble utile de mieux connaître le parcours d’une romancière aussi adulée, de comprendre les raisons de son succès absolu et d’une popularité qui pourrait surprendre. Quelques éléments de réponses avec François Laroque qui traduit ses romans et qui, après un formidable <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/05/17/connaitre-apprecier-shakespeare/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dictionnaire amoureux de Shakespeare</a>, lui consacre un volume à paraître au printemps.</em></p> <p>"Jane <em><strong>Austen aurait, en ce mois de décembre 2025, 250 ans. Si le temps présent apprécie un peu démesurément les anniversaires, celui-ci prend une ampleur assez étonnante. C’est une sorte de folie éditoriale et commerciale. </strong></em></p> <p>Première femme après la reine à figurer sur un billet de banque – au dos des coupure de dix livres sterling –, Jane Austen a publié ses six grands romans dans l’anonymat en les signant de la simple mention de « <em>by a lady</em> ». Son identité ne sera révélée qu’après sa mort, en 1817, dans le texte que son frère Henry écrivit en guise de préface aux quatre volumes réunis dans un même coffret, ceux de son premier et de son dernier roman, <em>L’abbaye de Northanger</em> et <em>Persuasion</em>. Après une période de relatif oubli, plusieurs écrivains, et non des moindres, ont tenu à la qualifier de « Shakespeare de la prose ». Malgré tout, les malentendus n’ont pas manqué. Car les moins clairvoyants ont pu voir en elle une simple pourvoyeuse d’intrigues sentimentales et désuètes dans des romans où le mariage est le principal enjeu, où les invitations à dîner obéissent à une étiquette bien précise et à des règles de préséance et où, dans les bals, les jeunes filles qui font leurs débuts dans le monde se voient dûment chaperonnées et doivent cultiver l’art de la conversation et faire preuve de toutes sortes d’autres talents comme le point d’aiguille, le dessin, le chant et la musique. On ne pourrait être plus loin de la vérité. </p> <p>Le battage commercial fait autour de son nom à l’occasion des 250 ans de sa naissance est enfin l’occasion de rendre justice en France à celle que Virginia Woolf porte aux nues <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/04/05/plus-dune-piece-a-soi-woolf/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dans <em>Une chambre à soi</em></a>. D’une grande liberté de ton par rapport aux codes littéraires de son temps, Jane Austen n’hésite pas, en effet, dans <em>L’abbaye de Northanger</em>, à se moquer des romans gothiques qui faisaient alors fureur. Toute classique qu’elle est, Jane Austen est en réalité une moderne, la seule qui sorte véritablement du lot parmi toutes ces «<em> ladies of the pen </em>», les Fanny Burney, Maria Edgeworth, Charlotte Lennox ou autres Ann Radcliffe, ces romancières à succès, à la fois concurrentes et inspirantes, qui gagnaient de l’argent là où la native de Steventon tirait désespérément le diable par la queue. </p> <p><strong><em>A-t-elle toujours connu cette fortune ? </em></strong></p> <p>Si vous le permettez, je prendrai ici le mot <em>fortune</em> dans son sens premier. Jane Austen a en effet toute sa vie lutté contre l’impécuniosité, au point que la question de l’argent revient de manière quasi obsessionnelle dans son œuvre. En ce sens, ses romans, que l’on présente parfois comme des contes de fées, sont aussi en partie des contes de fric. </p> <p>Après une période de traversée du désert, ses romans ont peu à peu conquis le public anglophone, de sorte qu’on ne compte plus désormais les ouvrages qui lui sont consacrés, sans parler des adaptations à l’écran ou des nombreux produits dérivés de l’important tourisme culturel auquel elle a donné naissance. […]"</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/12/16/linfini-succes-de-jane-austen-entretien-avec-francois-laroque/">Lire la suite…</a></strong></p> <p><strong>—</strong></p> <p><strong>Sur le même sujet, <a href="https://larepubliquedeslivres.com/jane-austen-forever/">lire aussi le billet de P. Assouline sur son blog larepubliquedeslivres.com…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131649_30cd850c2bce4dab08864df9adac6cbb.jpg" type="image/jpeg" length="86586"/>
    </item>
    <item>
      <title>"Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost". Une chronique des Ensablés, par F. Ouellet (Actualitte.com)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131478/il-y-a-cinquante-ans-decedait-pierre-bost-une-chronique.html</link>
      <pubDate>Mon, 08 Dec 2025 07:21:15 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131478/il-y-a-cinquante-ans-decedait-pierre-bost-une-chronique.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>"De son vivant Pierre Bost (1901-1975) avait déjà été tué deux fois. Par Jean-Paul Sartre en 1947, lorsque l’écrivain existentialiste, dans un article des Temps modernes, a congédié une poignée d’écrivains qui, pour cause de littérature « radicale-socialiste », avaient fait leur temps.  Par François Truffaut en 1954, quand le jeune critique des Cahiers du cinéma décide de se faire les dents en attaquant sauvagement le cinéma de Bost et Jean Aurenche, la paire de scénaristes la plus célèbre de l’après-guerre. Et puis il y a une autre mort, plus douce et pourtant plus impitoyable : celle imposée par le passage du temps, ensuite par l’histoire littéraire, dont la mémoire, comme celle des hommes, est sélective, et par conséquent incomplète et parfois scandaleusement trouée. Si l’écrivain n’a pas subsisté dans les ouvrages d’histoire de la littérature, les férus de cinéma se souviennent toutefois du scénariste. Des films comme Douce (1943), L’Auberge rouge (1951), La Traversée de Paris (1956) ou En cas de malheur (1957), c’est la signature de l’équipe Aurenche et Bost et du réalisateur Claude Autant-Lara.  Et puis L’Horloger de Saint-Paul (1973), le premier film de Bertrand Tavernier, c’est aussi avec Bost et Aurenche à la scénarisation. À l’époque, alors qu’il était [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131478_c8d0980a0a148abd406e2eab32a136ca.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131478_c8d0980a0a148abd406e2eab32a136ca.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>"De son vivant Pierre Bost (1901-1975) avait déjà été tué deux fois. <br /><br />Par Jean-Paul Sartre en 1947, lorsque l’écrivain existentialiste, dans un article des <em>Temps modernes</em>, a congédié une poignée d’écrivains qui, pour cause de littérature « radicale-socialiste », avaient fait leur temps. </p> <p>Par François Truffaut en 1954, quand le jeune critique des <em>Cahiers du cinéma</em> décide de se faire les dents en attaquant sauvagement le cinéma de Bost et Jean Aurenche, la paire de scénaristes la plus célèbre de l’après-guerre.</p> <p>Et puis il y a une autre mort, plus douce et pourtant plus impitoyable : celle imposée par le passage du temps, ensuite par l’histoire littéraire, dont la mémoire, comme celle des hommes, est sélective, et par conséquent incomplète et parfois scandaleusement trouée.</p> <p>Si l’écrivain n’a pas subsisté dans les ouvrages d’histoire de la littérature, les férus de cinéma se souviennent toutefois du scénariste. Des films comme <em>Douce</em> (1943), <em>L’Auberge rouge</em> (1951), <em>La Traversée de Paris </em>(1956) ou <em>En cas de malheur</em> (1957), c’est la signature de l’équipe Aurenche et Bost et du réalisateur Claude Autant-Lara. </p> <p>Et puis<em> L’Horloger de Saint-Paul</em> (1973), le premier film de Bertrand Tavernier, c’est aussi avec Bost et Aurenche à la scénarisation. À l’époque, alors qu’il était à la recherche d’un scénariste, Tavernier avait visionné des quantités de films. « <em>Je tombe en arrêt devant l’admirable écriture d’Aurenche et Bost. Je suis frappé par la qualité des adaptations, des dialogues, de la peinture sociale. Leur goût pour une langue haute en couleur, inventive, ne se faisait pas aux dépens des personnages, n’en contrariait pas la justesse émotionnelle ou sociale. J’aimais aussi la morale qu’ils faisaient passer dans leurs films, l’abondance d’idées insolites, incongrues, cocasses ou aiguës</em> », racontera le cinéaste.<br /><br />Plus tard Tavernier rendra hommage à Bost en adaptant le dernier roman de l’écrivain, <em>Monsieur Ladmiral va bientôt mourir</em> (1945), devenu <em>Un dimanche à la campagne</em> (1984) sous le regard du réalisateur, film aussi réussi que le roman lui-même (chose assez rare). Allez lire ce roman admirable, qui vient clore, pour Bost, vingt-deux ans de vie littéraire (1923-1945), et qui se lit inévitablement comme un adieu à la littérature (la mort annoncée du titre, c’est la sortie littéraire de Bost, qui passera les trente années suivantes à faire du cinéma) […]."</p> <p><strong><a href="https://actualitte.com/article/127885/ensables/les-ensables-il-y-a-cinquante-ans-decedait-pierre-bost">Lire la suite sur Actualitte.com…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131478_c8d0980a0a148abd406e2eab32a136ca.png" type="image/png" length="510830"/>
    </item>
    <item>
      <title>Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard (1879-1922). Édition numérique comparative par G. Philippe</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131283/le-crime-de-sylvestre-bonnard-1879-1922-edition-numerique-comparative-par-g-philippe.html</link>
      <pubDate>Sun, 30 Nov 2025 12:41:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131283/le-crime-de-sylvestre-bonnard-1879-1922-edition-numerique-comparative-par-g-philippe.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Quand un futur prix Nobel retravaille l’un de ses premiers textes. Dans cette édition numérique comparative du Crime de Sylvestre Bonnard, Gilles Philippe retrace la genèse post-éditoriale de l’œuvre d’Anatole France. D’abord paru en revue entre 1879 et 1881, puis en volume chez Calmann-Lévy en 1881, Le Crime de Sylvestre Bonnard a offert à son auteur sa première notoriété. Souffrant toutefois de graves défauts de composition narrative et de cohérence chronologique, le roman a été retravaillé une première fois par Anatole France en vue de l’édition de 1903. Cette publication ne donnera toujours pas satisfaction, si bien qu’une nouvelle révision donnera lieu à la quatrième et ultime édition, parue en 1922, soit quelques mois après que l’écrivain a reçu le prix Nobel de littérature. Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard (1879-1922), édité par Gilles Philippe, Lausanne, Variance, 2025. Cette édition numérique comparative est disponible sur la plateforme Variance, un comparateur de textes dont la direction scientifique est assurée par Rudolf Mahrer et Joël Zufferey. Son objectif est d’offrir un support qui permette de réunir toutes les versions d’une même œuvre, moderne ou ancienne, et d’assister l’interprétation des transformations, d’une édition à l’autre.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131283_dc8a697f33c992a0643140ffa53f04ba.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131283_dc8a697f33c992a0643140ffa53f04ba.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Quand un futur prix Nobel retravaille l’un de ses premiers textes.</em></p> <p>Dans cette édition numérique comparative du <em>Crime de Sylvestre Bonnard</em>, Gilles Philippe retrace la genèse post-éditoriale de l’œuvre d’Anatole France. D’abord paru en revue entre 1879 et 1881, puis en volume chez Calmann-Lévy en 1881, <em>Le Crime de Sylvestre Bonnard</em> a offert à son auteur sa première notoriété.</p> <p>Souffrant toutefois de graves défauts de composition narrative et de cohérence chronologique, le roman a été retravaillé une première fois par Anatole France en vue de l’édition de 1903. Cette publication ne donnera toujours pas satisfaction, si bien qu’une nouvelle révision donnera lieu à la quatrième et ultime édition, parue en 1922, soit quelques mois après que l’écrivain a reçu le prix Nobel de littérature.</p> <p><strong>Anatole France, <em><a href="https://variance.unil.ch/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Crime de Sylvestre Bonnard (1879-1922)</a></em>, édité par Gilles Philippe, Lausanne, Variance, 2025.</strong></p> <p>Cette édition numérique comparative est disponible sur la plateforme <a href="https://variance.unil.ch/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Variance</a>, un comparateur de textes dont la direction scientifique est assurée par Rudolf Mahrer et Joël Zufferey. Son objectif est d’offrir un support qui permette de réunir toutes les versions d’une même œuvre, moderne ou ancienne, et d’assister l’interprétation des transformations, d’une édition à l’autre.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131283_dc8a697f33c992a0643140ffa53f04ba.jpg" type="image/jpeg" length="73181"/>
    </item>
    <item>
      <title>Annie Ernaux en d’autres mots. Documentaire de Claire Simon (France5.tv)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131282/annie-ernaux-en-d-autres-mots-documentaire-de-claire-simon-france5.html</link>
      <pubDate>Sun, 30 Nov 2025 12:34:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131282/annie-ernaux-en-d-autres-mots-documentaire-de-claire-simon-france5.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>En filmant patiemment les réactions de lycéens, d’ici ou d’ailleurs, découvrant l’œuvre d’Annie Ernaux, la cinéaste Claire Simon ravive, au présent, l’impact et la force des mots de la prix Nobel de littérature. Mercredi 3 décembre à 21.05 sur France 5. On ne compte plus, depuis qu’Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature en 2022, le nombre de documentaires dédiés à l’écrivaine (à l’instar du passionnant Je suis née quelque part diffusé sur France 5). Dans Écrire la vie, la cinéaste Claire Simon (Apprendre, Gare du Nord, Notre corps) renouvelle l’exercice en optant pour un choix original, pour le moins radical : raconter Annie Ernaux à travers les mots de celles et ceux qui la découvrent et l’enseignent.Fidèle à son esthétique documentaire, toute d’observations patientes et de longs plans saisis sur le vif, la réalisatrice s’immisce dans les couloirs des lycées, de Franconville à Villefranche-sur-Saône en passant par Sarcelles ou même Cayenne, pour capter lectures, conversations, interrogations, révélations, digressions. Comment les adolescents d’aujourd’hui s’emparent-ils des écrits d’Annie Ernaux ? Comment sa fameuse « écriture plate » est-elle reçue par cette génération ? Comment ses récits intimes, radiographie sans fard de la condition féminine de la seconde moitié du XXe siècle, résonnent-ils avec les incertitudes, les indignations, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131282_114d2c96baaef0981ef014d24eb1174b.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131282_114d2c96baaef0981ef014d24eb1174b.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>En filmant patiemment les réactions de lycéens, d’ici ou d’ailleurs, découvrant l’œuvre d’Annie Ernaux, la cinéaste Claire Simon ravive, au présent, l’impact et la force des mots de la prix Nobel de littérature.</p> <p><strong>Mercredi 3 décembre à 21.05 sur France 5.</strong></p> <p>On ne compte plus, depuis qu’Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature en 2022, le nombre de documentaires dédiés à l’écrivaine (à l’instar du passionnant <a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/les-programmes-a-ne-pas-rater/annie-ernaux-je-suis-nee-quelque-part-35751"><em>Je suis née quelque part</em></a><em> </em>diffusé sur France 5). Dans <em>Écrire la vie,</em> la cinéaste Claire Simon (<em><a href="https://www.france.tv/films/rencontre-s/6906907-claire-simon-presente-apprendre.html">Apprendre</a>, Gare du Nord, Notre corps</em>) renouvelle l’exercice en optant pour un choix original, pour le moins radical : raconter Annie Ernaux à travers les mots de celles et ceux qui la découvrent et l’enseignent.<br />Fidèle à son esthétique documentaire, toute d’observations patientes et de longs plans saisis sur le vif, la réalisatrice s’immisce dans les couloirs des lycées, de Franconville à Villefranche-sur-Saône en passant par Sarcelles ou même Cayenne, pour capter lectures, conversations, interrogations, révélations, digressions. <br />Comment les adolescents d’aujourd’hui s’emparent-ils des écrits d’Annie Ernaux ? Comment sa fameuse « écriture plate » est-elle reçue par cette génération ? Comment ses récits intimes, radiographie sans fard de la condition féminine de la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle, résonnent-ils avec les incertitudes, les indignations, les espoirs de la jeunesse actuelle ? <a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/les-programmes-a-ne-pas-rater/ecrire-la-vie-49013">Lire la suite…</a></p> <p><a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/les-programmes-a-ne-pas-rater/ecrire-la-vie-49013">Disponible en <em>replay</em> sur le site de francetelevisions.fr…</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131282_114d2c96baaef0981ef014d24eb1174b.jpg" type="image/jpeg" length="31944"/>
    </item>
    <item>
      <title>Lire Quelque chose noir de Jacques Roubaud à l'aune des théories linguistiques sous-jacentes, par Marta Krol (inédit)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131275/lire-quelque-chose-noir-de-jacques-roubaud-a-l-aune-des.html</link>
      <pubDate>Sun, 30 Nov 2025 10:05:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131275/lire-quelque-chose-noir-de-jacques-roubaud-a-l-aune-des.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Lire Quelque chose noir à l'aune des théories linguistiques sous-jacentes Par Marta Krol (Université de Strasbourg) — I. Introduction Il n'est plus utile d'insister auprès des lecteurs de Jacques Roubaud sur l'importance dans son œuvre de la doctrine des troubadours, et sur le double rôle de l'amour et de la mémoire, essentiels dans Quelque chose noir (Gallimard, 1986, désormais : QCN). Les agrégatifs sauront aussi bien situer ce poète mathématicien et joueur de go parmi les membres de l'Oulipo, en observant dans le recueil le maniement de la catégorie du nombre. On a par ailleurs déjà souligné l'intérêt de l'écrivain pour la poésie médiévale japonaise. La présente étude met au jour une influence moins manifeste et pourtant constitutive du recueil : celle des théories philosophiques et linguistiques qui dominent le paysage des sciences humaines dans la deuxième moitié du XXe siècle. Considéré à juste titre comme un savant, Jacques Roubaud est aussi un esprit de son temps, vivement intéressé par les modèles du langage en vogue, d'autant que ceux-ci adoptent une démarche mathématico-logique qui lui est familière. Tout au long du recueil se trouvent disséminés des marqueurs peu apparents qu'il faut savoir interpréter, en tant qu'outils conceptuels du poète et objets de [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131275_c5b8eb1b654ac65a1a7e8100953a9f2d.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131275_c5b8eb1b654ac65a1a7e8100953a9f2d.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpFirst"><strong>Lire <em>Quelque chose noir</em> à l'aune des théories linguistiques sous-jacentes</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle"><strong>Par </strong><a href="mailto:marta.krol@u-paris.fr"><strong>Marta Krol</strong></a><strong> (Université de Strasbourg)</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">—</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle"><strong>I. Introduction</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Il n'est plus utile d'insister auprès des lecteurs de Jacques Roubaud sur l'importance dans son œuvre de la doctrine des troubadours, et sur le double rôle de l'amour et de la mémoire, essentiels dans <em>Quelque chose noir</em> (Gallimard, 1986, désormais : <em>QCN</em>)<em>.</em> Les agrégatifs sauront aussi bien situer ce poète mathématicien et joueur de go parmi les membres de l'Oulipo, en observant dans le recueil le maniement de la catégorie du nombre. On a par ailleurs déjà souligné l'intérêt de l'écrivain pour la poésie médiévale japonaise. La présente étude met au jour une influence moins manifeste et pourtant constitutive du recueil : celle des théories philosophiques et linguistiques qui dominent le paysage des sciences humaines dans la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle. Considéré à juste titre comme un savant, Jacques Roubaud est aussi un esprit de son temps, vivement intéressé par les modèles du langage en vogue, d'autant que ceux-ci adoptent une démarche mathématico-logique qui lui est familière. Tout au long du recueil se trouvent disséminés des marqueurs peu apparents qu'il faut savoir interpréter, en tant qu'outils conceptuels du poète et objets de méditation.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle"><strong>II. Pour mieux lire <em>Quelque chose noir</em></strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">À partir du courant de la philosophie analytique anglo-saxone, née avec la logique des propositions et le calcul des prédicats du mathématicien allemand Frege (1848-1925), un mode d’analyse et une symbolique issus de la logique formelle ont renouvelé la linguistique à partir du milieu du siècle. Ainsi, une sémantique vériconditionnelle appréhende-t-elle le <strong>sens</strong> linguistique à travers ses <strong>conditions de vérité</strong>, et déjoue la disjonction classique <strong>vrai</strong> / <strong>faux</strong> appliquée aux langues naturelles en adoptant les concepts, propres à la logique modale, de <strong>vérité floue</strong>, de <strong>mondes possibles</strong> et d'<strong>univers de croyance</strong>. L'idée centrale est que la vérité en langage naturel n'est pas bijective, mais relative à des espaces dits contrefactuels et à des situations discursives. Avant les linguistes (Robert Martin, Jean-Claude Milner et bien d'autres), ce sont les philosophes, les logiciens et les philosophes du langage qui ont posé les prolégomènes de ce courant de pensée, en s'emparant d'objets primitivement linguistiques tels que « sens », « proposition », « phrase » ou « négation ». Trois d’entre eux sont nommés dans l'œuvre : Ludwig Wittgenstein (p. 45), Jean-Claude Milner (p. 75) et Alexius Meinong (p. 87) ; d'autres (Gottlieb Frege, Bertrand Russell, Willard Orman Quine, Saoul Kripke, Noam Chomsky, David K. Lewis...) y sont convoqués d'une manière implicite mais non moins lisible, à travers certains de leurs concepts. </p> <p class="MsoNormal"><strong>1. Ce que « montre » la proposition : de Frege à Wittgenstein</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">L’œuvre de Frege a fait entrer dans le vocabulaire philosophique le terme de « proposition », pour le rendre à la linguistique dans une acception spécifique qu'actualisent plusieurs occurrences de <em>QCN</em> (p. 14, 75, 101, 128-9) : la proposition bien construite se définit désormais en linguistique comme un énoncé doté de sens. Ce sens consiste en sa <em>valeur de vérité</em> (p. 101) qui peut être : « vrai » ou « faux » (<em>cf.</em> p. 14 : <em>je comprenais très clair le sens de cette proposition. parceque je contemplais sa confirmation négative</em>). Les deux valeurs obéissent à la loi du tiers exclu, ou au <em>principe de non-contradiction</em> (p. 87) : non-vrai implique faux, et non-faux implique vrai ; la négation se superpose ici à un type d’antonymie (l’antonymie contradictoire). Dès lors, on peut situer l'intérêt patent du poète pour la négation, qui consiste à inverser la valeur de vérité d'un énoncé. Le <em>je</em> du recueil tente notamment d'examiner ce que pourrait être la négation ou le contraire de <em>« Elle est vivante »</em> (p. 128), <em>cette proposition,</em> <em>fausse dans [s]on univers</em>, et de s'en emparer par le biais de dénominations (rien-toi<em> avec exactitude, ce bipôle impossible</em> p. 85) et de prédications (<em>La négation de toi</em>, p. 87). C'est pourquoi la négation se présente sous toutes ses formes et se voit fréquemment thématisée (<em>Je ne peux pas écrire de toi</em>, p. 121 ; <em>L'irressemblance</em>, p. 17 ; <em>Théologie de l'inexistence</em>, p. 84 ; <em>Il n'y a pas de négation possible de ton nom</em>,<em> </em>p. 88 ; <em>Maintenant sans ressemblance</em>, p. 107 ; <em>Nonvie</em>, p. 140 et <em>passim</em>, jusqu'à <em>Rien</em>, p. 146).</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">D'autre part, on doit à Frege<a href="https://www.fabula.org#_ftn1">[1]</a> le terme <em>description définie</em> (expression employée p. 109), soit un SN déterminé par un article défini, et dont le nom-tête un nom commun qui désigne un individu unique à la faveur de son sens lexical (parmi ses exemples : <em>le vainqueur d'Austerlitz </em>vs. <em>le vaincu de Waterloo</em>). Le poème « Cette région » p. 109 fait partie de ceux qui montrent combien la sémantique logique fregéenne fournit au <em>je</em> de <em>QCN</em> un prisme (mais non pas un cadre strict) à la méditation poétique. La description définie <em>le Ministère de la Marine</em> évoquant un souvenir <em>dessiné avec une précision maniaque </em>forme dans l'esprit du scripteur une dérisoire <em>région, par manière de dire</em>, ou encore un <em>paysage moralisé</em> mais en réalité <em>totalement éparpillé[s]</em>.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Élève puis contradicteur de Frege, le philosophe du langage autrichien Ludwig Wittgenstein (1889-1951) est une référence récurrente dans le journal intime d’Alix ; on comprend grâce au poème éponyme (p. 45), figurant dans la section III dédiée aux souvenirs de moments partagés, que le couple s'était rendu sur la tombe du philosophe. Se consacrant à la photographie d’art, Alix projetait une thèse sur la théorie de l’image dans Wittgenstein (dite par les spécialistes la <em>picture theory</em>). Le motif de l’image ou de la monstration est envisagé par le philosophe soit de manière abstraite, comme la forme même de la proposition (<em>elle</em> <em>montre, </em>dit-il), soit concrètement, comme une représentation plastique (par exemple un tableau de peintre). Ce motif est central dans le <em>Tractatus philosophicus</em><a href="https://www.fabula.org#_ftn2">[2]</a> (1921) qui fait système, mais présent également dans l’œuvre postérieure, notamment dans <em>Investigations philosophiques</em> (publiés à titre posthume en 1953), qui assouplit largement le <em>Tractatus</em> en consacrant les concepts de <em>langage </em><em>naturel</em> et de <em>jeux de langage</em>. Aussi l'image est-elle un leitmotive du recueil : la section VI (pp. 91-103) y est dédiée, sans pour autant l'épuiser (cf. <em>Images de toi, ces mots</em>,<em> </em>p. 34 ; <em>L'encre et l'image se retrouvent solidaires et alliées</em>,<em> </em>p. 47 ; la réflexion sur la couleur inspirée de Wittgenstein, p. 57 ; <em>Ce qui est complète ce qui se montre mais maintenant le nie</em>, p. 65 ; <em>car si cette image, à jamais devait me taire </em>p. 111 ; <em>cf.</em> aussi les occurrences toutes wittgensteiniennes, p. 15, 21, pp. 31-32, 117, 123, 128). Dans la même perspective, le retour du motif <em>le golfe de toits</em> (p. 20, 31, 37, 56, 91-2, 103) dit la volonté de rendre compte d'une configuration perçue (par la fenêtre), en sa valence plastique de l'image.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Autre référence nette à Wittgenstein, le poème « L'irressemblance » (p. 17) emploie le concept d'<em>air de famille</em> et exploite avec une ironie amère le critère afférent de <em>ressemblance,</em> critère d'attribution du référent à une catégorie nominale proposé par Wittgenstein à la place du modèle dit CNS<a href="https://www.fabula.org#_ftn3">[3]</a> ; le nom <em>l'investigation</em> au premier paragraphe reprend le titre même de Wittgenstein. Dans « Morte » (p. 68), appartiennent au champ conceptuel du <em>Tractatus</em> l'expression <em>un état-des-choses</em>, la réflexion sur la couleur (pour le philosophe, attribut nécessaire de l'objet perçu) que traduit <em>incolore</em>, ainsi que la dialectique intérieur-extérieur. Également, « La certitude et la couleur » (p. 57) met en question la thèse wittgensteinienne sur la nature indissociable de la perception d'un objet et d'une couleur, en évoquant des incertitudes et flottements catégoriels dans l'application des adjectifs <em>rouge</em>, <em>vert, blanche </em>et <em>noire</em> relativement aux <em>images</em> mémorielles ou matérielles de la défunte.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">D'autre part, le poète nourrit sans doute un intérêt particulier et personnel pour le philosophe autrichien à cause de la préoccupation centrale du <em>Tractatus</em> : que peut-on <em>exprimer</em> ? Dans la préface de celui-ci, le philosophe formulait cette célèbre réponse : <em>Ce qui peut être dit peut-être dit clairement ; et ce dont on ne peut parler, il faut le passer sous silence </em>; c’est aussi la dernière proposition du traité. Il est à noter que le silence n'est pas exactement un renoncement aux yeux du philosophe ; il peut au contraire être un versant du dire : « Il ne faut pas chercher à exprimer l’inexprimable, dit Wittgenstein dans sa correspondance. L’inexprimable se tient, inexprimablement, dans ce qui est exprimé ». J. Bouveresse (1973 : 14) signale que selon Wittgenstein le « [<em>Tractatus</em>] se composait de deux parties : celle que nous possédons et une autre, non écrite, qui est en fait la plus importante ». En effet, ce qui est tu peut <em>se montrer</em> : l'alternative <em>dire / montrer</em> correspond — dans le meilleur des cas, non pas dans celui d'un silence informe — à celle entre <em>exprimer </em>et<em> taire.</em> Le poème « Mort » (p. 66) médite cette question, familière à Alix même dans son journal. La mort est éprouvée comme une monstration vide, caduque : <em>Ta mort, de ton propre aveu, ne dit rien ? elle montre. quoi ? qu'elle ne dit rien [...] </em>(p. 66).<em> </em></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Le point essentiel est que sur le plan macrostructural, la lutte entre la tentation du silence (<em>Entre les mois de silence où je ne me prolongeais que muet. / Et le futur proche où je me tairai de ces poèmes</em>, p. 85 ; <em>je vais me mettre à verser dans le second silence</em>, p. 86, etc.) et la tentative inchoative de dire (<em>te dire, encore</em>), malgré l’extrême difficulté de l’entreprise qu’atteste partout le vacillement de l’attelage sujet-prédicat<a href="https://www.fabula.org#_ftn4">[4]</a>, est la tension constitutive du recueil : <em>entre ces limites étroites je dois essayer de me tendre</em> (p. 86). « Méditation du 21/7/85 » (p. 25) culmine sur <em>On ne peut pas me dire : </em>« <em>il faut le taire</em> » ; car <em>Quelque chose va sortir   du silence, de la ponctuation, du blanc   remonter jusqu'à moi</em> (p. 124). En somme, on peut lire <em>QCN</em> comme une exploration de l'alternative wittgensteinienne entre le silence et l'expression claire : <em>Devant ta mort je suis resté entièrement silencieux. [...] Avant cette autre mort je ne savais comment dire. j'étais comme silencieux</em> (p. 131-2). </p> <p class="MsoNormal"><strong>2. Où es-tu ? Exister, subsister, être parlé avec Meinong</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Le philosophe autrichien Alexius von Meinong (1853 - 1920) mentionné dans « Apatride »<em> </em>p. 87<em>,</em> énonce entre autres que la totalité des objets accessibles à l'esprit sont des types et des modes d'être divers. Il en distingue trois grandes classes : les objets qui existent (tel un arbre) ; ceux qui subsistent, c'est-à-dire qui sont réels, qui ont un univers, sans pour autant exister (par exemple les nombres, la différence entre rouge et vert) ; les <em>heimatlos</em>, objets <em>apatrides</em> ou sans lieu parce qui n'existent ni ne subsistent, n'ont pas d'univers, telles les fictions. Les <em>heimatlos</em> sont dits paradoxaux parce qu'ils <em>échappent au principe de non-contradiction</em>: d'une manière logiquement impensable, à la fois ils n'ont pas d'univers et ils sont des objets, c'est pourquoi ils <em>ne sont plus quelque part (je veux dire en quelque construction) possibles </em>(p. 87). Ne pouvant être affirmés, ils ne sont pas sujets à la négation : <em>objets incolores, apatrides, noyau dur  sur lequel la négation n'avait prise [...] </em>(p. 78).  Le <em>je</em> méditant assimile à ce dernier type les êtres <em>passés et révolus, parlés présents </em>(p. 87) ; on voit que le paradoxe tient ici en un tiers qui défie non plus l'alternative entre être (dans un univers) et ne pas être, mais celle entre être passé et être présent. Ce tiers est suspendu à l'acte de nommer largement thématisé (<em>Te nommer </em>p. 87 etc.) : les êtres paradoxaux roubaudiens, en particulier Alix, sont<em> affirmés présents par l'adresse</em> (p. 87). Il n'en reste pas moins que, conformément à la typologie de Meinong, ils n'ont pas d'univers (<em>cf</em>. aussi « Où es-tu ? », p. 19). Le poème « Dans cette lumière, IV » (p. 117), par le contre-rejet inaugural <em>Située / dans l'entre-monde,   insistant</em> puis par le verbe <em>subsiste, </em>fait nettement écho à cette thèse. Si grâce à la théorie des êtres apatrides le poète peut se soutenir de l'idée qu'un tiers n'est pas exclu entre le passé et le présent, point de consolation facile. Il ne cède pas pour autant à la facilité d'une fiction, de <em>quelque construction</em>, ce que souligne l'adverbe <em>pourtant</em> : <em>Et pourtant il ne m'est pas envisageable..</em>. tout comme, dans « Méditation de la comparaison », l'assertion programmatique <em>je pourrais mais je ne m'y résigne pas</em> (p. 85).</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">La seconde thèse de Meinong pourrait également être un vecteur de l'écriture du deuil. Elle affirme que tout objet, qu'il existe ou non, a nécessairement une nature ou une essence qui lui permet de devenir le sujet d'un jugement correct de prédication. La montagne d'or (exemple de Meinong, utilisé p. 130 <em>montagnes d'or</em>) est d'or et elle est une montagne, bien qu'elle n'existe ni ne subsiste ; il en irait de même de l'épouse morte, une fois la dénomination adéquate trouvée : <em>En te nommant je voudrais te donner une stabilité</em> [...], <em>Te nommer c'est faire briller la présence d'un êetre antérieur à sa disparition </em>[...], <em>Ton nom est trace irréductible </em>(p. 87-8).  Pour Meinong, l'« être-ainsi » de tout objet est bien indépendant de son être. D'autre part, le poème « Maintenant sans ressemblance » (p. 107), et la section VII qu'il ouvre, se mesurent au défi de rendre compte de la situation d'énonciation, déictiquement convoquée — d'un <em>maintenant</em> (p. 107), de <em>cette lumière</em> (p. 108, 111, 114, 117), de <em>cette région</em> (p. 109), etc. — dans laquelle le <em>je</em> lyrique fait l'expérience de la présence d'un <em>tu</em>, et tente de le décrire, alors que ce <em>tu</em> est sans référent. Le poème cité enchaîne, en exacerbant la perspective meinongienne, des prédicats sans support exprimé et sous le coup de négativité (mettons ici de côté leur grammaire propre) : <em>Sans même temps   sans infini / Sans tain noir </em>[...] <em>/ Maintenant sourde ayant cessé d'être nue   ayant cessé d'être femme</em>   <em>ayant cessé</em> [...].</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Par ailleurs, le vers <em>Sans couleur   dors   furieusement</em> (p. 117) est une citation libre de Noam Chomsky (père de la grammaire générative transformationnelle né en 1928) dont la thèse sous-jacente n'est pas sans lien avec le propos de Meinong. Elle stipule que la forme de l'énoncé, sa syntaxe, est à elle seule un véhicule du sens linguistique. Ainsi la séquence « incolores idées vertes dorment furieusement », parce que grammaticale, formellement correcte, est recevable et interprétable (par exemple par métaphore) malgré les incompatibilités lexicales qu'elle exhibe. On voit comment l'écrivain peut associer cette thèse à la fois à celle du jugement correct impliquant un objet ne serait-ce que paradoxal (Meinong), et à celle de la monstration de la phrase (Wittgenstein). </p> <p class="MsoNormalCxSpFirst"><strong>3. Le secours des mondes possibles et de la rigidité du nom : théorie sémantico-logique du langage</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpFirst">La référence à Meinong conduit tout droit à la théorie des <strong>mondes possibles</strong>, domaine philosophico-logique majeur du XX<sup>e</sup> siècle que le recueil mobilise largement. Roubaud, en mathématicien formé à la logique modale, s'y intéresse : il publie en 1991 le recueil <em>La Pluralité des mondes de Lewis</em> (le philosophe David K. Lewis, 1941-2001, est l'auteur de <em>On the Plurality of Words</em>), et se réfère fréquemment à des contributeurs de cette théorie, par exemple Jaako Hintikka<a href="https://www.fabula.org#_ftn5">[5]</a> (1929-2015). Cette théorie (en dépit d'appropriations interdisciplinaires réductrices dont elle est souvent l'objet) repose sur un formalisme serré et requiert des compétences précises en logique, dont le lecteur de Roubaud est exempt. Elle manipule des entités linguistiques, à savoir les <strong>propositions</strong>, auxquelles elle applique les différentes valeurs de <strong>modalité</strong> à l'aide d'opérateurs et selon des lois rigoureuses. Les modalités dites classiques ou « aléthiques » qu'elle manipule sont le nécessaire, le possible et le contingent<a href="https://www.fabula.org#_ftn6">[6]</a>. Parmi elles, la modalité du possible ouvre à la notion de mondes possibles, construction abstraite qui ne se superpose pas à la banale éventualité (comme dans l'expression « C'est possible »). Un monde possible est un domaine contrefactuel dans lequel les énoncés ne sont pas déclarés vrais, mais comme pouvant être vrais. Contemporain de Roubaud, Robert Martin, principal linguiste français à l'avoir mis au travail (1983) dans sa discipline, analyse ainsi les morphèmes du futur, du conditionnel et du subjonctif comme principaux opérateurs des mondes possibles (à côté d'opérateurs modaux comme <em>peut-être</em>) en langage naturel.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Trois poèmes au moins sont élaborés à partir de ce concept, significativement se faisant suite dans l'ordre du recueil : « Roman-photo » (p. 51) et « Roman II » (p. 53) sont précédés de « Une logique » (p. 49). Les deux premiers, qui le convoquent explicitement, concourent sans surprise à la série de « romans ». Cette référence générique intéresse le poète en ce que le roman est le genre par excellence de la fiction, c'est-à-dire de la fabrique des mondes que l'on pourrait qualifier de possibles. La modélisation de la fiction langagière par ce concept de la logique, proposée par plusieurs auteurs de la mouvance logicienne, demeure une question largement débattue de la théorie du récit<a href="https://www.fabula.org#_ftn7">[7]</a>. Le lecteur comprend la fonction, au sein de l'écriture du deuil, de l'hypothèse formulée p. 51 : <em>Le roman se passe dans plusieurs mondes possibles. Dans certains, la jeune femme n'est pas morte</em>, tout comme il entend l'audace consistant à poser, à l'encontre de Robert Martin, que <em>Le temps est présent. le temps de chaque monde possible est présent</em>. Seulement, cette exacerbation locale de la fiction des mondes possibles se voit ironiquement annulée par son titre : l'impitoyable syntagme <em>roman-photo</em> renvoie à un genre populaire grossièrement naïf, tout en maintenant par syllepse l'allusion aux photographies (d'Alix) qui relancent la pulsion fictiogène de dénégation. Le texte suivant « Roman, II » (p. 53) recourt à des marqueurs stylistiques du genre romanesque (une prose de facture canonique vouée à la <em>mimesis</em>, découpage en épisodes, narrateur omniscient, discours représentés...) pour faire surgir une scène toute fictionnelle d'un <em>coup de téléphone</em> reçu par <em>un homme abandonné</em>,<em> à cause d'une autre mort.</em> Le ressort fictionnel réside en ce que la correspondante<em> appelle d’un monde possible [...] avec cette seule différence que, dans ce monde, elle n’est pas morte. </em>La suite du poème consiste en une méditation sur l'espace ainsi ouvert du monde possible (l'énallage au singulier atténue subtilement la référence logicienne) et sur les conditions de possibilité de celui-ci : <em>Tant qu'il </em>[le téléphone] <em>ne sonne pas le nouveau monde, le monde possible est encore possible.</em> Le domaine logique du contrefactuel devient pour le poète un espace d'appropriation intime qu'il voudrait presque être le lieu d'une hallucination (<em>Un monde auquel il continuera de penser tout le temps </em>; <em>Imaginant, dans son imagination</em>). Mais, au futur qui vient balayer d'un revers du morphème le subjonctif du possible précédent (<em>que sonne, que vienne</em>), sa lucidité s'y oppose (<em>se sera une autre voix, une voix quelconque. il l'entendra</em>) en même temps qu'elle l'exile du monde (<em>Cela ne prouvera pas qu'il </em>[l'homme] <em>est vivant</em>).</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Le titre « Une logique » (p. 49), certes polysémique, renvoie à l'évidence à la discipline à laquelle le poète doit le concept des mondes possibles, ici encore central bien que non nommé. Le premier vers <em>Une sorte de logique pour laquelle tu aurais construit un sens   moi une syntaxe </em>[...]<em> </em>fait allusion à la fois au titre de Robert Martin et à celui de Jean-Claude Milner, hypotexte savant vers deux ouvrages de référence en sémantique formelle. Le texte précède et annonce la série de « romans » en évoquant fictivement, en vertu d'<em>une sorte de logique</em> entre <em>syntaxe</em> et <em>sens</em> (ou « interprétation » de Milner), <em>le monde d'un seul, mais qui aurait été deux</em>. L'important est ici que ce monde est décrit, conformément à la théorie de R. Martin, dans la modalité grammaticale contrefactuelle par excellence, à savoir non seulement au conditionnel mais au conditionnel passé (<em>tu aurais construit </em>;<em> le monde aurait été</em> ;<em> une </em>[...] <em>distance qui n'aurait pas pu </em>;<em> la pensée </em>[...] <em>aurait été</em> ;<em> seules auraient existé </em>[...]). Le monde « biispiste », concept roubauldien, est décrit comme monde possible du point de vue purement logique, l'éventualité étant exprimée comme révolue. Mais sa description comme hallucinée, à la fois minutieuse et onirique, n'en révèle pas moins la réserve de l'élaboration poétique qu'offre à Roubaud la notion formelle des mondes possibles.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Le poème « Univers » (p. 128) mobilise quant à lui, sans le citer, un concept connexe : celui des <strong>univers de croyance</strong>, soit l'ensemble des propositions, explicites ou implicites, que le locuteur tient pour vraies au moment où il s'exprime<a href="https://www.fabula.org#_ftn8">[8]</a>. Ce concept implique la notion d'<strong>anti-univers</strong>, c'est-à-dire un ensemble des propositions qui, quoique fausses au moment de l'énonciation, auraient pu être vraies dans un univers contrefactuel. Le vocabulaire du poème engage fortement ce cadre : <em>proposition</em>, <em>un / autre univers, vraie</em>, <em>fausse</em>, <em>vérité, univers fictif, univers de discours</em>... ainsi qu'à ses procédures : la démarche hypothético-déductive <em>si... alors il faut que...</em>, la loi du tiers exclu (<em>toute proposition étant soit vraie soit fausse</em>), le maniement du mode conditionnel au § 6.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Dans le recueil, d'autres expressions sont issues de la théorie sémantico-logique, comme le syntagme <em>sens contingents </em>(p. 123) qui met en cause le dogme saussurien de la stabilité lexicale des unités linguistiques en évoquant la modalité philosophique de la contingence. De même, le SN <em>cette désignation rigide</em> (p. 62) reprend le terme <em>désignateur rigide</em> de Saoul Kripke (1940-2022). Ce descripteur est désormais de rigueur en linguistique pour caractériser le nom propre : Kripke a pu décrire le nom propre comme un désignateur rigide en démontrant que, contrairement à la description définie, il n'a pas de sens, mais seulement désigne<a href="https://www.fabula.org#_ftn9">[9]</a> (toujours le même individu). C'est pourquoi Roubaud peut affirmer : <em>Il n'y a pas de négation possible de ton nom </em>(p. 88), puisque seules les unités dotées de sens peuvent être niées. L'appariement référentiel d'un nom propre ne passe pas par l'interprétation (soit la compréhension, l'intension) du mot mais repose sur la seule connaissance d'une convention, d'un "acte de baptême", qui veut et qui suffit que X renvoie toujours à tel individu. Ainsi Kripke refuse-t-il la thèse selon laquelle une description définie (comme <em>l'assassin de Henri IV, </em>exemple de Russell)<em> </em>nous livre le <em>sens </em>d'un nom propre comme <em>Ravaillac</em>. Il soutient qu'une description défnie n'est qu'un moyen de <em>fixer la référence </em>du nom propre, mais en aucun cas une expression <em>synonyme </em>du nom propre.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Roubaud n'ignore pas que le modèle des mondes possibles intègre la notion du nom propre. Il y fait allusion dans « Je vais me détourner » : <em>Quand il n'était pas pour moi cette désignation rigide   se répétait dans un monde possible </em>(p. 62). Le modèle admet en réalité que des termes correctement quantifiés, et non seulement des noms propres, soient des désignateurs rigides, <em>i.e.</em> qu'ils désignent les mêmes objets dans tous les mondes possibles. D'une manière plus précise, le poète explorera la conception kripkéenne (et milneréenne) dans <em>Poétique</em> en posant que « Un nom commun est le nom propre d'une chose »<a href="https://www.fabula.org#_ftn10">[10]</a>.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">« Monde naïf » (p. 130) se rattache également à cette théorie en ce qu'il évoque — et critique — la construction fictionnelle. Les SN <em>montagnes d'or</em>, <em>chevaux ailés</em> renvoient (outre l'allusion à Meinong) à des entités du conte merveilleux, soit d'un monde qui n'est pas nécessaire (réel, le  nôtre) mais possible et auquel nous avons accès, puisque nous pouvons comprendre ces expressions. L'absence de déterminant associée au pluriel, le manque de prédicat verbal et la nature stéréotypée des syntagmes produit néanmoins une référence vague, sorte d'ersatz référentiel dévidé de sens. Le SN <em>monde naïf</em> disqualifie sans ambiguïté cet univers. L'expression <em>suspension du refus incrédule </em>reprend un des éléments-clés de la théorie de la fiction afférente, à savoir que l'univers fictionnel repose sur la règle de « faire-semblant de croire » (<em>make-believe</em> ou <em>feintise ludique</em><a href="https://www.fabula.org#_ftn11">[11]</a>) propre au jeu, compris aussi bien comme <em>play</em> que comme <em>game</em>, ou encore qu'il se soutient d'une suspension volontaire par le lecteur du critère vériconditionnel<a href="https://www.fabula.org#_ftn12">[12]</a>. Les quatre derniers vers du poème affirment l'empire inexorable du <em>rien</em> sur des tentatives naïves de construction fictionnelle.</p> <p class="MsoNormalCxSpFirst"><strong>4. Non, la mort est idiote : un dialogue avec Milner</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpFirst">Jean-Claude Milner, dédicataire de <em>Méditation de l'indistinction, de l'hérésie</em> (p. 75), est un important continuateur français de la sémantique des mondes possibles. Le §. 817 de la <em>Poétique</em> le cite en ces termes (la parenthèse appartient à Roubaud) : </p> <p style="margin-left:14.2pt;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">« “L’activité grammaticale est supposée par le moindre système de poésie. Car enfin, toute poésie repose sur un retour du même dans la langue [...]. Pourtant, jamais la perception sensible ne suffit à déterminer ce qui comptera ici comme même et comme différent. Il y faut une doctrine autonome, laquelle se fonde nécessairement sur un jugement que le sujet porte sur sa propre langue. Implicite ou explicite, ce jugement, dans son essence, est grammatical. Or, <em>toute langue est capable de poésie ; il s’ensuit que toute langue est capable de grammaire</em>.“ (c’est moi qui souligne) »</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpLast">Plus loin on peut lire :</p> <p style="margin-left:14.2pt;text-align:justify;" class="MsoNormalCxSpMiddle">« 834. Hypothèse – Tout possible matériel de langue est un possible de poésie.</p> <p style="margin-left:14.2pt;text-align:justify;" class="MsoNormalCxSpLast">835. Il y a là une distance à la langue si on admet, avec Milner, que le possible de langue et le possible matériel peuvent ne pas coïncider. Cette distance de la poésie à la langue est fondamentale. »</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Le poème en question ouvre la section V qui thématise la difficulté de nommer l'expérience actuelle du deuil. Par ses traits stylistiques qui imitent un raisonnement formel (ex. <em>On conclura à l'impropriété</em>), il se donne dans la perspective de Milner pour un <em>jugement</em> analytique sur la langue, et pour une tentative de <em>grammaire</em> de la poésie. En imitant la méthode d'un problème de logique, il débute par trois <em>suppositions</em> pour enchaîner sur leurs conséquents (<em>se déduisent, sans pertinence, des propositions comme chaîne</em>). Ceux-ci conduisent à la conclusion sur la disparition de tout <em>rapport </em>: [...] <em>on conclura qu'il n'y a que du dissemblable et de là, qu'il n'y a aucun rapport </em>(ce dont une manifestation éloquente est la défection du rapport nodal sujet-prédicat dans le recueil). La progression du poème tend à montrer que les positions de Milner conduisent à s'annuler d'elles-mêmes, puisqu'il peut arriver que <em>le possible matériel</em> de la langue fasse défaut (<em>rien ne saurait se dire</em>), que la non-coïncidence entre la langue et le monde voulue par Milner soit radicale (<em>rien désormais ne lui est semblable </em>souligné par le poète) au point de <em>destitue[r] tout ce qui fait lien. </em>Partant, <em>aucun rapport n'est définissable</em>, à l'encontre de ce qu'affirme la thèse du « jugement grammatical » du linguiste. Il ne peut donc y avoir pour le poète de <em>grammaire</em> entendue comme formalisation du <em>même</em>,<em> </em>comme actualisation calculée d'une règle, sous la forme d'un vers répondant à un autre vers. La mort qu'il s'agit de dire est en effet <em>idiote</em><a href="https://www.fabula.org#_ftn13">[13]</a> (p. 35), i.e. radicalement <em>singulière</em> (p. 79) ; si bien qu'on ne peut rien en prédiquer, la rapprocher de rien : <em>la mort même même</em>. <em>identique à elle-même même</em> (p. 16). Faute de <em>même </em>autre que la mort il n'y a que du <em>dissemblable</em> ; faute de répétition, constitutive de la poésie<a href="https://www.fabula.org#_ftn14">[14]</a>, il ne peut y avoir que la mécanique <em>réitération</em> ; les structures linguistiques, <em>les touts</em>, se défont à même le <em>tissu abominable : la réalité.</em> Cette réalité, le lecteur l'a compris dès le premier poème (<em>Je me trouvai devant ce silence</em>), est le moment du constat de la mort d'Alix, l'expérience inassimilable et inénarrable, <em>quelque chose noir qui se referme. et se boucle.</em> sans cesse, <em>déposition pure, inaccomplie </em>(p. 76). Reste que le poème a pu prendre forme, mobiliser un <em>possible matériel</em>, pour dire l'impossibilité du dire dans <em>la langue</em> ; en cela, l'héritage de Milner reste sauf.</p> <p class="MsoNormal"><strong>5. Comment la destruction fait son œuvre : être lucide avec Jakobson</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Principal courant linguistique et intellectuel du XX<sup>e</sup> devenu le paradigme explicatif transversal en sciences humaines et sociales, le structuralisme ne se manifeste que ponctuellement dans QCN. Le poème « Aphasie » (p. 131) commence par le nom de Jakobson, éminent linguiste russe appartenant au courant structuraliste du cercle de Prague : <em>Jakobson dit que l'aphasie mange la langue à l'envers de son acquisition. Les articulations les plus récentes partent les premières</em>. Ce §. renvoie à l'essai <em>Deux aspects du langage et deux types d'aphasie</em><a href="https://www.fabula.org#_ftn15">[15]</a><em>,</em> texte décisif pour le domaine des sciences du langage. Le passage est le suivant (p. 60) : </p> <p style="margin-left:21.3pt;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">« La régression graduelle du système phonologique chez les aphasiques montre régulièrement, sous forme inversée, l'ordre des acquisitions phonologiques chez l'enfant [...] le malade retombe dans les phases initiales du développement linguistique du petit enfant ou même au stade pré-linguistique. »</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Parmi bien d'autres questions soulevées, pour aborder l'aphasie comme un problème linguistique Jakobson identifie au préalable les « deux modes d'arrangement » de tout signe, distinction désormais célèbre : l'axe de combinaison, paradigmatique (sélection, substitution), et l'axe de sélection, syntagmatique (combinaison, contexture). Sur cette base, le texte du linguiste associe la métaphore à l'axe de substitution, et la métonymie à l'axe de combinaison ; partant, la dichotomie entre les deux <em>procès</em> ou <em>pôles</em> régit pour Jakobson tout développement d'un thème (<em>topic</em>) dans « le comportement verbal et le comportement humain en général » (p. 64, <em>ibidem</em>). Or, le <em>je</em> lyrique de <em>QCN</em> refuse explicitement et obstinément le procès de la substitution ou de la comparaison, perçu comme une facilité : <em>Il pourrait me venir à l'esprit de te comparer à un corps noir, rayonnant </em>[...] <em>qui n'arrête pas de me parvenir</em> [...] <em>Je le pourrais me je ne m'y résigne pas</em> (« Méditation de la comparaison », p. 85), ou <em>Je ne m'exerce à aucune comparaison </em>[...] <em>je m'enfonce par les ongles </em>(« Méditation du 12/5/85 », p. 11). Le refus de substituts fictionnels (<em>cf.</em> <em>supra</em>) participe de ce mouvement. Avec acharnement (<em>Je m'acharne </em>p. 85), le poète choisit le procès métonymique, celui de la contiguïté : <em>à circonscrire</em> [...] <em>avec l'exactitude</em> (p. 85) ;<em> je m'enfonce par les ongles </em>(p. 11). La théorie jakobsonienne est le lieu d'une élaboration puissante bien que ponctuelle.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle"><strong>III.</strong> <strong>Conclusion</strong></p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">L'œuvre est ainsi irriguée de théories philosophiques et linguistiques centrales de la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle. Plus que de « références », il s'agit des véritables composantes, d'ingrédients souvent implicites du processus d'écriture. La coïncidence entre la problématique personnelle de l'écrivain et les catégories philosophico-linguistiques du nom, du sens, de la vérité ou des modes d'existence au cœur de ces travaux, se présente sans doute comme une promesse de réponse ou de consolation. Il n'est pas étonnant que la problématique même du recueil soit de nature métalinguistique, et qu'elle soit thématisée comme telle. La poésie dans <em>QCN</em> se soutient de ces objets spéculatifs, manière de tenir à distance un lyrisme bon marché.</p> <p style="text-align:center;margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">—</p> <p style="text-align:center;" class="MsoNormal"><strong>Bibliographie</strong> </p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Jacques Bouveresse, 2003, <em>Wittgenstein &amp; les sortilèges du langage</em>, Marseille, Agone.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Gottlieb Frege, 1971, <em>Écrits logiques et philosophiques</em>, Paris, Seuil.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Roman Jakobson, 1963, <em>Essais de linguistique générale</em>, Paris, Minuit</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Saul Kripke 1972, <em>Naming and Necessity</em>, in D. Davidson &amp; G. Harman (éds), <em>Semantics of Natural Language</em>, Dodrecht, Reidedl : 253-355.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Georges Kleiber, 1999 (1990), <em>La sémantique du prototype</em>, Paris, PUF.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Marta Krol, 2025, « Couple sujet-prédicat dans <em>Quelque chose noir</em>, un “biipsisme” impossible ? », <em>L'Information Grammaticale </em>n° 187, pp. 26-31.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Robert Martin, 1983, <em>Pour une logique du sens</em>, Paris, PUF.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Alexius Meinong, 1999 (1904), <em>Théorie de l'objet</em>, Paris, Vrin.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Jean Claude Milner, 1978, <em>De la syntaxe à l'interprétation, </em>Paris, Seuil.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Jacques Roubaud, 2016, <em>Poétique. Remarques</em>,<em> </em>Paris, Seuil.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Jean-Marie Schaeffer, 1999, <em>Pourquoi la fiction ?</em>, Paris, Seuil.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Ludwig Wittgenstein, 1993 (1922), <em>Tractatus logico-philosophicus</em>, trad. G.-G. Granger, Paris, Gallimard.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpMiddle">Ludwig Wittgenstein, 1969 (1961), <em>Tractatus logico-philosophicus</em> suivi de <em>Investigations philosophiques</em>, trad. P. Klossowski, introduction de Bernard Russell, Paris, Gallimard.</p> <p style="margin-left:0cm;" class="MsoNoSpacingCxSpLast"> </p> <p>—</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpFirst"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref1">[1]</a> Bertrand Russell, disciple de Frege, critique la théorie du maître entre autres à l'endroit des descriptions définies. Le <em>Journal</em> d'Alix Cléo Roubaud mentionne son nom : <em>je suppose une sorte de théorie de la description, à la Russell</em>… (p. 158).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref2">[2]</a> La forme stylistique singulière de cet ouvrage, épuré et d’aphoristique, a fait école ; elle est souvent imitée par Alix.</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref3">[3]</a> Le modèle sémantique des CNS, « conditions nécessaires et suffisantes », veut que les catégories lexicales soient discrètes, qu'elles se différencient nettement. Le sens du mot, c'est son <em>intension</em>, le faisceau des traits lexicaux nécessaires et suffisants (ex. [quadrupède], [domestique], [miauler], [+pelage]. Il détermine strictement l'<em>extension</em>, ou la référence (tous les chats). Le concept wittgensteinien de <em>l'air de famille</em> donne lieu en linguistique à la sémantique du prototype. Il propose que les membres d'une même catégorie soient unis non pas le partage de tous les traits, mais par une <em>ressemblance famille</em>, une « structuration qui [leur] permet d'être reliés les uns aux autres sans qu'ils aient une propriété en commun qui définisse la catégorie » (Kleiber 1999 : 54). La forme est donc AB, BC, CD, DE.</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref4">[4]</a> Cf. Krol (2025).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref5">[5]</a> Cf. <em>Poétique</em> : « S’il est vrai que les propriétés du langage supposent des mondes possibles — s’il est vrai que le langage participe de l’ordre du monde —, chaque état de langue (qu’il soit approprié par la poésie, le roman, ou autres arts du langage) suppose qu’un parmi ces mondes est spécifié, à l’intérieur duquel s’établir — suppose de s’y établir dans la singularité. »</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref6">[6]</a> La logique modale a conduit à affiner la notion en linguistique : les modalités aléthiques se rangent parmi les modalités d'énoncé (à côté de la déontique, boulique, épistémique et axiologique), lesquelles se distinguent des modalités d'énonciation (les quatre types de phrase) et de message (mises en relief, passivation, négation, mode impersonnel, phrase à présentatif).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref7">[7]</a> Cf. J.- M. Schaeffer, 1999, <em>Pourquoi la fiction ? </em>; F. Lavocat, 2010, <em>La théorie littéraire des mondes possibles </em>; M. Krol, 2017, <em>Pour un modèle linguistique de la fiction</em>.</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref8">[8]</a> <em>Cf.</em> Martin (1983 : 36-44)</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref9">[9]</a> La théorie des NP a connu d'importants apports ultérieurs qui nuancent la thèse que les NP n'ont pas de sens ; <em>cf.</em> notamment F. Récanati, « La sémantique des noms propres : remarques sur la notion de “désignateur rigide” », <em>Langue française</em>, n° 57, 1983 : « Grammaire et référence », pp. 106-118.</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref10">[10]</a> Cf. Krol (2025 : 26).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpMiddle"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref11">[11]</a> Schaeffer (1999).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpLast"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref12">[12]</a> Cf. Krol (2017 : 211-218).</p> <p style="text-align:justify;" class="MsoNormal"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref13">[13]</a> Il s'agit d'un emploi savant de l'adjectif, à distance du sens courant reçu du latin classique <em>idiota</em> « homme ignorant » dont il est l'emprunt. Dans <em>la mort est idiote</em>, l'adjectif renvoie plutôt à l'origine grecque du mot latin, <em>idiôtês</em> « simple particulier ». Surtout, il rejoint en cela le sens du terme linguistique <em>idiotisme</em> qui « désigne une forme, une locution propre à une langue, impossible à traduire dans une autre langue même de structure analogue ; par extension, le mot se dit (XIX<sup>e</sup> s.) d'une tournure propre à quelqu'un » (<em>Dictionnaire Historique de la Langue Française</em> d'Alain Rey). Autrement dit, la mort est <em>simple</em> au sens d'<em>irréductible</em> ; elle n'est analogue à rien, n'elle est semblable qu'à elle-même ; la langue ne lui connaît donc pas de paraphrase, de définition ou d'autre équivalent, elle échoue à la nommer.</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpFirst"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref14">[14]</a> Ce point est nodal dans la conception roubaldienne de la poésie comme art de la mémoire et comme amour de la langue, <em>cf</em>. Puff (2009).</p> <p class="MsoFootnoteTextCxSpLast"><a href="https://www.fabula.org#_ftnref15">[15]</a> Jakobson (1963 : 43-67).</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131275_c5b8eb1b654ac65a1a7e8100953a9f2d.jpeg" type="image/jpeg" length="196005"/>
    </item>
    <item>
      <title>Nouveau site de la revue Atlantide</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131249/nouveau-site-de-la-revue-atlantide.html</link>
      <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 09:55:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131249/nouveau-site-de-la-revue-atlantide.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’Atlantide, revue rattachée au laboratoire LAMO (Littératures antiques et modernes, UR 4276), vient d’intégrer la plateforme d’édition Pergola : https://atlantide.pergola-publications.fr/ Grâce à cette pépinière de revues du Grand Ouest en libre accès, vous pouvez découvrir sa nouvelle interface, l’ensemble des parutions depuis 2014  ainsi que les prochains numéros à paraître. Dernier sommaire en date :  Atlantide, 16 | 2025 Échanges intellectuels, dynamiques transnationales. France/Italie, 1945-1980 Sous la direction de Vittoriano Gallico et Jessy Simonini</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131249_7650f24b1b7cc7cc144894b09f78cdeb.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131249_7650f24b1b7cc7cc144894b09f78cdeb.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’Atlantide, revue rattachée au laboratoire LAMO (Littératures antiques et modernes, UR 4276), vient d’intégrer la plateforme d’édition Pergola : <a href="https://atlantide.pergola-publications.fr/">https://atlantide.pergola-publications.fr/</a></p> <p>Grâce à cette pépinière de revues du Grand Ouest en libre accès, vous pouvez découvrir sa nouvelle interface, l’ensemble des parutions depuis 2014  ainsi que les prochains numéros à paraître.</p> <p>Dernier sommaire en date : </p> <p class="main-title publi__title"><strong><a href="https://atlantide.pergola-publications.fr/index.php?id=1629"><em>Atlantide,</em> 16 | 2025 Échanges intellectuels, dynamiques transnationales. France/Italie, 1945-1980</a></strong></p> <p class="publi__director"><strong>Sous la direction de Vittoriano Gallico et Jessy Simonini</strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131249_7650f24b1b7cc7cc144894b09f78cdeb.jpg" type="image/jpeg" length="65576"/>
    </item>
    <item>
      <title>"Lewis Carroll : Alice forever", un dossier coordonné par Pierre Senges (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131243/lewis-carroll-alice-forever-un-dossier-coordonne-par-pierre-senges-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 07:25:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131243/lewis-carroll-alice-forever-un-dossier-coordonne-par-pierre-senges-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>À l'occasion de la parution dans la Bibliothèque de La Pléiade d'une nouvelle traduction des différentes Alice de Lewis Carroll, suivies de La chasse au snark, dans une édition entièrement bilingue, qui fait la part belle aux images, le site en-attendant-nadeau.fr nous invite à sauter à pieds joints dans le terrier du lapin pour vérifier combien Alice reste intemporelle, joueuse et subversive, et comment ses illustrateurs ont redessiné nos imaginaires. Un dossier coordonné par Pierre Senges. Des merveilles au pays d’Alice La nouvelle édition de la Pléiade consacrée aux immortelles Alice de Lewis Carroll fait une large place aux illustrations. Libre et inventive, la traduction de Philippe Jaworski permet de vérifier que la polysémie, entre sens et non-sens, est le terrain de jeu idéal de la littérature. par Pierre Senges | Littérature étrangère  À propos du travail de John Tenniel sur Alice Sergio Aquindo, dessinateur, graveur et écrivain, examine la part essentielle prise par les images de John Tenniel dans l’œuvre de Lewis Carroll. par Sergio Aquindo  Les deux rêves d’Alice Et si la traversée d’Alice était celle des âges successifs de l’enfance ? Telle est l’hypothèse proposée par Stéphane Michaka, qui a signé une adaptation radiophonique du livre de [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131243_b5b0ff3efeed53810a80620aad6be1ea.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131243_b5b0ff3efeed53810a80620aad6be1ea.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>À l'occasion de la parution dans la Bibliothèque de La Pléiade d'une nouvelle traduction des différentes <em>Alice</em> de Lewis Carroll, suivies de <em>La chasse au snark</em>, dans une édition entièrement bilingue, qui fait la part belle aux images, le site en-attendant-nadeau.fr nous invite à sauter à pieds joints dans le terrier du lapin pour vérifier combien <em>Alice</em> reste intemporelle, joueuse et subversive, et comment ses illustrateurs ont redessiné nos imaginaires. <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/lewis-carroll/">Un dossier coordonné par Pierre Senges</a>.</p> <p class="article__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/25/des-merveilles-au-pays-dalice/">Des merveilles au pays d’Alice</a></strong></p> <p>La nouvelle édition de la Pléiade consacrée aux immortelles <em>Alice</em> de Lewis Carroll fait une large place aux illustrations. Libre et inventive, la traduction de Philippe Jaworski permet de vérifier que la polysémie, entre sens et non-sens, est le terrain de jeu idéal de la littérature. par Pierre Senges | Littérature étrangère </p> <p class="article__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/25/a-propos-du-travail-de-john-tenniel-dans-alice/">À propos du travail de John Tenniel sur Alice</a></strong></p> <p>Sergio Aquindo, dessinateur, graveur et écrivain, examine la part essentielle prise par les images de John Tenniel dans l’œuvre de Lewis Carroll. par Sergio Aquindo </p> <p class="article__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/25/les-deux-reves-dalice/">Les deux rêves d’Alice</a></strong></p> <p>Et si la traversée d’Alice était celle des âges successifs de l’enfance ? Telle est l’hypothèse proposée par Stéphane Michaka, qui a signé une adaptation radiophonique du livre de Lewis Carroll. par Stéphane Michaka</p> <p class="article__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/25/illustrer-alice-entretien-avec-pat-andrea/">Illustrer Alice : entretien avec Pat Andrea</a></strong></p> <p>Le peintre et sculpteur néerlandais Pat Andrea a illustré, dans les années 2000, une édition d’<em>Alice au pays des merveilles</em>. Les images qu’il a réalisées sont à la fois un condensé de l’esprit de Lewis Carroll et de son univers artistique propre. par Sergio Aquindo </p> <p class="article__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/25/un-deuxieme-the-chez-les-fous/">Un deuxième thé chez les fous</a></strong></p> <p>Familière de l’œuvre de Lewis Carroll, Justine Arnal nous propose ce qui est à la fois une reprise, une variation et un « à la manière de » d’<em>Alice au pays des merveilles</em>. par Justine Arnal</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131243_b5b0ff3efeed53810a80620aad6be1ea.png" type="image/png" length="1579804"/>
    </item>
    <item>
      <title>Base de français médiéval : éditions numériques de Gossuin de Metz, Laurent de Premierfait et des Quinze joies de mariage</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131229/publication-de-trois-editions-numeriques-de-textes-francais-du-moyen-age.html</link>
      <pubDate>Thu, 27 Nov 2025 04:34:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131229/publication-de-trois-editions-numeriques-de-textes-francais-du-moyen-age.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Publication sur le Portail de la Base de français médiéval de trois nouvelles éditions numériques originales : - Gossuin de Metz, Image du monde, texte édité par Naomi Kanaoka en collaboration avec Céline Guillot-Barbance et Alexei Lavrentiev, Lyon, ENS de Lyon, 2025 : http://catalog.bfm-corpus.org/ImMondePrK. - Laurent de Premierfait, Des cas des nobles hommes et femmes, livre 6, édité par Céline Guillot-Barbance en collaboration avec Alexei Lavrentiev, Lyon, ENS de Lyon, 2025 : http://catalog.bfm-corpus.org/LaurPremCas2Gu. - Quinze joies de mariage, texte édité par Naomi Kanaoka en collaboration avec Céline Guillot-Barbance et Alexei Lavrentiev, Lyon, ENS de Lyon, 2025, sur la base de l'édition imprimée établie par Michèle Guéret-Laferté, Sylvain Louis et Camille Mira, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2009 : http://catalog.bfm-corpus.org/QJoyesKa. Ces trois nouvelles éditions numériques suivent les mêmes principes que l’édition de la Queste del saint Graal et de la Vie de saint Alexis. Elles comportent une version normalisée du texte, une version diplomatique, les images des manuscrits et un apparat critique. Les versions normalisées de l’Image du monde et des Quinze joies de mariage déjà intégrées au corpus BFM2022 seront mises à jour dans la prochaine version du corpus BFM (2026) et le Des cas des nobles [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131229_d0e5015cb4bb4fa5a1228342244b0c0c.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131229_d0e5015cb4bb4fa5a1228342244b0c0c.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Publication sur le Portail de la Base de français médiéval de trois nouvelles éditions numériques originales :</p> <p>- <strong>Gossuin de Metz, <em>Image du monde</em>, texte édité par Naomi Kanaoka en collaboration avec Céline Guillot-Barbance et Alexei Lavrentiev</strong>, Lyon, ENS de Lyon, 2025 : <a href="http://catalog.bfm-corpus.org/ImMondePrK">http://catalog.bfm-corpus.org/ImMondePrK</a>.</p> <p>- <strong>Laurent de Premierfait, <em>Des cas des nobles hommes et femmes</em>, livre 6, édité par Céline Guillot-Barbance en collaboration avec Alexei Lavrentiev</strong>, Lyon, ENS de Lyon, 2025 : <a href="http://catalog.bfm-corpus.org/LaurPremCas2Gu">http://catalog.bfm-corpus.org/LaurPremCas2Gu</a>.</p> <p>- <strong><em>Quinze joies de mariage</em>, texte édité par Naomi Kanaoka en collaboration avec Céline Guillot-Barbance et Alexei Lavrentiev</strong>, Lyon, ENS de Lyon, 2025, sur la base de l'édition imprimée établie par Michèle Guéret-Laferté, Sylvain Louis et Camille Mira, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2009 : <a href="http://catalog.bfm-corpus.org/QJoyesKa">http://catalog.bfm-corpus.org/QJoyesKa</a>.</p> <p>Ces trois nouvelles éditions numériques suivent les mêmes principes que l’édition de la Queste del saint Graal et de la Vie de saint Alexis. Elles comportent une version normalisée du texte, une version diplomatique, les images des manuscrits et un apparat critique. Les versions normalisées de l’Image du monde et des Quinze joies de mariage déjà intégrées au corpus BFM2022 seront mises à jour dans la prochaine version du corpus BFM (2026) et le Des cas des nobles hommes et femmes sera également ajouté.</p> <p>Contact : bfm [at] ens-lyon [point] fr</p> <p> </p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131229_d0e5015cb4bb4fa5a1228342244b0c0c.png" type="image/png" length="206803"/>
    </item>
    <item>
      <title>Face au "monde littéraire machiste". Le Questionnaire de Bolaño avec Krisztina Tóth, par Emmanuel Bouju (laviedesidees.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/131128/face-au-monde-litteraire-machiste-le-questionnaire-de-bolano-avec.html</link>
      <pubDate>Sun, 23 Nov 2025 15:27:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/131128/face-au-monde-litteraire-machiste-le-questionnaire-de-bolano-avec.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Face au "monde littéraire machiste". Le Questionnaire de Bolaño avec Krisztina Tóth par Emmanuel Bouju Réponses radicales de la célèbre romancière Krisztina Tóth à notre « Questionnaire de Bolaño ». Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ? Le temps. Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ? Un écrivain n’en a jamais assez. Qu’est-ce que la littérature hongroise ? Un beau cristal resplendissant. Si vous le trouvez, il vous saisit d’éblouissement. Krasznahorkai, Esterházy ou Kertész ? Si la question n’était pas aussi éhontément machiste, je serais heureuse d’y répondre. Que pensez-vous de la « littérature mondiale » ? Il est bon de s’y baigner, elle est large et bienfaisante, comme la mer. Emily Dickinson, Kafka ou Kae Tempest ? Kafka, sans aucun doute. Bowie, les Rolling Stones ou Tom Waits ? Allez vous faire foutre : Patti Smith. Quel est le meilleur roman de Péter Esterházy ? Et de László Krasznahorkai ? Vous pourriez au moins écrire « à votre avis » ! De Péter Esterházy : Les verbes auxiliaires du cœur (A szív segédigéi). Et de László Krasznahorkai : Tango de Satan (Sátántangó). Si vous l’aviez connu, qu’auriez-vous dit à Borges ? Que j’aimerais pouvoir dessiner quelque chose qui [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/131128_b63c38b296f1df7e483921ee3291fc3d.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="131128_b63c38b296f1df7e483921ee3291fc3d.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="entry-title"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/22/le-questionnaire-de-bolano-de-krisztina-toth/"><strong>Face au "monde littéraire machiste". Le Questionnaire de Bolaño avec Krisztina Tóth</strong></a></p> <p><strong>par Emmanuel Bouju</strong></p> <p>Réponses radicales de la célèbre romancière Krisztina Tóth à notre « Questionnaire de Bolaño ».</p> <p><em><strong>Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ?</strong></em></p> <p>Le temps.</p> <p><em><strong>Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ?</strong></em></p> <p>Un écrivain n’en a jamais assez.</p> <p><em><strong>Qu’est-ce que la littérature hongroise ?</strong></em></p> <p>Un beau cristal resplendissant. Si vous le trouvez, il vous saisit d’éblouissement.</p> <p><em><strong>Krasznahorkai, Esterházy ou Kertész ?</strong></em></p> <p>Si la question n’était pas aussi éhontément machiste, je serais heureuse d’y répondre.</p> <p><em><strong>Que pensez-vous de la « littérature mondiale » ?</strong></em></p> <p>Il est bon de s’y baigner, elle est large et bienfaisante, comme la mer.</p> <p><em><strong>Emily Dickinson, Kafka ou Kae Tempest ?</strong></em></p> <p>Kafka, sans aucun doute.</p> <p><em><strong>Bowie, les Rolling Stones ou Tom Waits ?</strong></em></p> <p>Allez vous faire foutre : Patti Smith.</p> <p><em><strong>Quel est le meilleur roman de Péter Esterházy ? Et de László Krasznahorkai ?</strong></em></p> <p>Vous pourriez au moins écrire « à votre avis » ! De Péter Esterházy : <em>Les verbes auxiliaires du cœur </em>(<em>A szív segédigéi</em>). Et de László Krasznahorkai : <em>Tango de Satan</em> (<em>Sátántangó</em>).</p> <p><em><strong>Si vous l’aviez connu, qu’auriez-vous dit à Borges ?</strong></em></p> <p>Que j’aimerais pouvoir dessiner quelque chose qui soit comme ses textes. […]</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/22/le-questionnaire-de-bolano-de-krisztina-toth/">Lire la suite…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/131128_b63c38b296f1df7e483921ee3291fc3d.jpg" type="image/jpeg" length="61245"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le "Questionnaire de Bolaño", avec Anne F. Garreta, par Emmanuel Boujou (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130977/le-questionnaire-de-bolano-avec-anne-f-garreta-par-emmanuel-boujou-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Sat, 15 Nov 2025 18:17:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130977/le-questionnaire-de-bolano-avec-anne-f-garreta-par-emmanuel-boujou-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>À lire sur en-attendant-nadeau.fr : Anne F. Garréta : « exercer le muscle syntaxique et le nerf sémantique » par Emmanuel Bouju, le 15 novembre 2025. Régulièrement, EaN interroge un écrivain d’une manière originale, suivant son désormais bien connu « Questionnaire de Bolaño ». Alors que Sphinx, roman interlope, vient d’être réédité cet été, l’écrivaine Anne F. Garréta, qui dans ses romans déconstruit et diffracte avec génie les identités, se prête à l’exercice. — Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ? Oy. Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ? Rien en commun (aucune lettre, aucun phonème). Oy est évidemment plus utile qu’écrivain. C’est sans comparaison. On peut l’appliquer à toute situation, ordinaire ou extraordinaire, et il est toujours pertinent, et même aigu. Par exemple : Écrivain ? Oy ! – Le foot ? Oy ! – Le dérèglement climatique ? Oy ! – Ce Corton Bressandes 2001… Oy ! Qu’est-ce que la littérature française ? Un monument étatique que tout écrivain digne de ce nom se doit de faire sauter à l’explosif à la première occasion pour en libérer les fragments encore vifs avant leur momification terminale. Marcel Proust, Claude Simon ou Annie Ernaux ? Marcel Proust, sans hésiter, quel que soit mon respect pour [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130977_e2cbfc79d6e15c16003616a340d89415.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130977_e2cbfc79d6e15c16003616a340d89415.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>À lire sur en-attendant-nadeau.fr :</p> <p class="entry-title"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/15/anne-francoise-garreta-bolano/">Anne F. Garréta : « exercer le muscle syntaxique et le nerf sémantique »</a></strong></p> <p>par Emmanuel Bouju, le 15 novembre 2025.</p> <p>Régulièrement, <em>EaN</em> interroge un écrivain d’une manière originale, suivant son désormais bien connu <strong>« </strong>Questionnaire de Bolaño <strong>»</strong>. Alors que <em>Sphinx, </em>roman interlope, vient d’être réédité cet été, l’écrivaine Anne F. Garréta, qui dans ses romans déconstruit et diffracte avec génie les identités, se prête à l’exercice.</p> <p>—</p> <p><strong><em>Quel est le premier mot qui vous vient à l’esprit ?</em></strong></p> <p><em>Oy</em>.</p> <p><strong><em>Quelle est la différence entre ce mot et le mot « écrivain » ?</em></strong></p> <p>Rien en commun (aucune lettre, aucun phonème). <em>Oy</em> est évidemment plus utile qu’<em>écrivain</em>. C’est sans comparaison. On peut l’appliquer à toute situation, ordinaire ou extraordinaire, et il est toujours pertinent, et même aigu. Par exemple : Écrivain ? <em>Oy</em> ! – Le foot ? <em>Oy</em> ! – Le dérèglement climatique ? <em>Oy</em> ! – Ce Corton Bressandes 2001… <em>Oy</em> !</p> <p><strong><em>Qu’est-ce que la littérature française ?</em></strong></p> <p>Un monument étatique que tout écrivain digne de ce nom se doit de faire sauter à l’explosif à la première occasion pour en libérer les fragments encore vifs avant leur momification terminale.</p> <p><em><strong>Marcel Proust, Claude Simon ou Annie Ernaux ?</strong></em></p> <p>Marcel Proust, sans hésiter, quel que soit mon respect pour Simon et Ernaux. Proust me procure les sensations les plus rares : des joies sauvages. […]</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/15/anne-francoise-garreta-bolano/">Lire la suite…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130977_e2cbfc79d6e15c16003616a340d89415.png" type="image/png" length="658070"/>
    </item>
    <item>
      <title>Podcast Thalim s'anime ! Épisode IV - L'imaginaire du Sahara en littérature, avec Adrien Bodiot</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130960/podcast-thalim-s-anime-episode-iv-l-imaginaire-du-sahara.html</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 04:52:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130960/podcast-thalim-s-anime-episode-iv-l-imaginaire-du-sahara.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Dans ce quatrième épisode, Peggy Cardon reçoit Adrien Bodiot dont la thèse explore la manière dont la littérature en français, de 1845 à 1937, a façonné l’imaginaire du Sahara à l’époque coloniale. En un siècle, le désert passe d’un territoire méconnu à un espace parcouru, cartographié et occupé. Peggy et Adrien interrogent les grandes lignes de force de cet imaginaire saharien, entre récits de voyage et fictions qui construisent - et parfois contestent - la vision coloniale du désert.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130960_6fb996dbbf102632659aae0fa85e164e.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130960_6fb996dbbf102632659aae0fa85e164e.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Dans ce quatrième épisode, <strong><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/thalim/episode-iv-l-imaginaire-du-sahara-dans-la-litterature-avec-adrien-bodiot">Peggy Cardon reçoit Adrien Bodiot dont la thèse explore la manière dont la littérature en français, de 1845 à 1937, a façonné l’imaginaire du Sahara à l’époque coloniale</a></strong>. En un siècle, le désert passe d’un territoire méconnu à un espace parcouru, cartographié et occupé. Peggy et Adrien interrogent les grandes lignes de force de cet imaginaire saharien, entre récits de voyage et fictions qui construisent - et parfois contestent - la vision coloniale du désert.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130960_6fb996dbbf102632659aae0fa85e164e.png" type="image/png" length="799583"/>
    </item>
    <item>
      <title>Soirée spéciale Joseph Kessel sur France.tv le 28 nov. 2025</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130803/soiree-speciale-joseph-kessel-sur-france-tv.html</link>
      <pubDate>Sat, 08 Nov 2025 21:04:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130803/soiree-speciale-joseph-kessel-sur-france-tv.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Vendredi 28 novembre à 21.10 sur France 5 et sur france.tv France 5 propose une soirée exceptionnelle dédiée à Joseph Kessel, écrivain, grand reporter et témoin de son siècle. À travers le film L’Armée des ombres et le documentaire La Mallette de l’ogre, (re)découvrez la force d’un regard et la plume d’un homme qui a su raconter la liberté, le courage et la mémoire. — 21.05 : Le film : L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville1942. La France occupée. Dénoncé par un traître, un résistant est interné dans un camp. Il s'évade et rejoint les membres de son réseau. De victime, il doit devenir bourreau et tuer le mouchard. Mais la lutte continue : une résistante tombe aux mains de la Gestapo. Craignant qu'elle ne parle pour sauver sa fille, ses compagnons décident de l'exécuter. Avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, Claude Mann, Paul Crauchet, Christian Barbier, Serge Reggiani...Réalisation Jean-Pierre Melville - Scénario Jean-Pierre Melville - 140 min - 1969 - Disponible pendant 7 jours sur france.tv —23.20 : Joseph Kessel, la mallette de l'ogreÀ travers les mots et les images, ce film retrace le parcours d’un homme qui a fait du reportage une épopée et du [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130803_67d93b5ccafb9a433588835a2cf5e2b0.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130803_67d93b5ccafb9a433588835a2cf5e2b0.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Vendredi 28 novembre à 21.10 sur France 5 et sur france.tv</strong></p> <p>France 5 propose une soirée exceptionnelle dédiée à Joseph Kessel, écrivain, grand reporter et témoin de son siècle. À travers le film <em>L’Armée des ombres</em> et le documentaire <em>La Mallette de l’ogre</em>, (re)découvrez la force d’un regard et la plume d’un homme qui a su raconter la liberté, le courage et la mémoire.</p> <p>—</p> <p class="text-align-justify"><strong>21.05 : Le film : </strong><strong><em>L'Armée des ombres</em> de Jean-Pierre Melville</strong><br /><br />1942. La France occupée. Dénoncé par un traître, un résistant est interné dans un camp. Il s'évade et rejoint les membres de son réseau. De victime, il doit devenir bourreau et tuer le mouchard. Mais la lutte continue : une résistante tombe aux mains de la Gestapo. Craignant qu'elle ne parle pour sauver sa fille, ses compagnons décident de l'exécuter.</p> <p class="text-align-justify">Avec <strong>Lino Ventura, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret, Claude Mann, Paul Crauchet, Christian Barbier, Serge Reggiani...</strong><br /><br />Réalisation <strong>Jean-Pierre Melville - </strong>Scénario <strong>Jean-Pierre Melville - 140 min - 1969 - Disponible pendant 7 jours sur france.tv</strong></p> <p class="text-align-justify">—<br /><br /><strong>23.20 : <em>Joseph Kessel, la mallette de l'ogre</em></strong><br /><br />À travers les mots et les images, ce film retrace le parcours d’un homme qui a fait du reportage une épopée et du réel une matière de roman.</p> <p>Si le XX<sup>e</sup> siècle était un homme,<strong> Joseph Kessel</strong> aurait été son nom. Lui, conteur de toutes ses aventures, témoin de tous ses maux. Jef le Russe juif, Jef « le roi des princes du reportage », Jef le combattant, Jef le romancier, Jef de l’Académie française. </p> <p>« On dit maître, Monsieur, ou Joseph Kessel ? »<br />— Je vous en supplie, pas de maître. Même avant l’Académie… J’ai toujours essayé qu’on ne m’appelle pas ainsi parce que je trouve que ça vieillit beaucoup. »</p> <p>Pas « maître » donc. Juste Jef… mais un destin fabuleux.</p> <p>Mille vies en une. Reporter, romancier, exilé, résistant, scénariste, aventurier, joueur, poète, alcoolique, amateur de cabarets, séducteur, bourlingueur invétéré. Un ogre, tout en tendresse et en empathie. Qui embrasse son époque et s’en fait le scribe.</p> <p>Un document rare, entièrement composé d’archives venues des quatre coins du monde. Une matière vivante, précieuse, portée par la langue savoureuse de l’écrivain-reporter <strong>Patrick de Saint-Exupéry</strong> et par les pages incandescentes de Kessel lui-même. Le reporter s’y dévoile dans un film exceptionnel, bien au-delà de la biographie : un hommage vibrant à l’aventure, au terrain, à l’engagement.<br /><br />Réalisation <strong>Patrick de Saint-Exupéry, </strong>Production <strong>13PRODS, </strong>62 min</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130803_67d93b5ccafb9a433588835a2cf5e2b0.jpg" type="image/jpeg" length="95598"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le Chant du bonheur. Introduction à la poésie d'Antoinette Deshoulières</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130733/le-chant-du-bonheur-introduction-a-la-poesie-d-antoinette-deshoulieres.html</link>
      <pubDate>Wed, 05 Nov 2025 11:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130733/le-chant-du-bonheur-introduction-a-la-poesie-d-antoinette-deshoulieres.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>La poésie de Deshoulières paraît perméable à toutes les influences : celle des ruelles, d’abord, et particulièrement de la Chambre bleue dès longtemps disparue ; celle des moralistes, ensuite, tout imprégnée d’accents augustiniens ; celle de la pastorale, surtout, avec ses moutons et ses bergères, qui firent les beaux jours du roman d’Honoré d’Urfé, trois quarts de siècle plus tôt. Peut-on s’aventurer au-delà de cette image finalement assez frivole que donnent peut-être, à la première lecture, les vers de Deshoulières ? Et si, loin d’être un creuset d’influences, ou un simple témoin, fût-il particulièrement virtuose, de pratiques d’écriture salonnières, Deshoulières était une poétesse originale et littérairement ambitieuse, comme le pensaient ses contemporains unanimes ? Si la simplicité et le naturel parfois prosaïque de ses vers étaient non le signe d’une impuissance à s’élever, mais un choix et une ascèse ? Tel est le pari du carnet https://deshoulieres.univ-rouen.fr : montrer que la conversation mondaine, la pastorale, l’éloge (même royal) et les paraphrases chrétiennes sont pour Deshoulières des masques, ou mieux des matrices d’énonciation qui lui permettent de refonder un lyrisme « moderne ». Pleinement engagée dans la Querelle, résolument hostile au sublime clinquant et tapageur des Anciens dont Boileau se pose [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130733_ab1964594c9aa187fa88bf4b30625f36.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130733_ab1964594c9aa187fa88bf4b30625f36.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La poésie de Deshoulières paraît perméable à toutes les influences : celle des ruelles, d’abord, et particulièrement de la Chambre bleue dès longtemps disparue ; celle des moralistes, ensuite, tout imprégnée d’accents augustiniens ; celle de la pastorale, surtout, avec ses moutons et ses bergères, qui firent les beaux jours du roman d’Honoré d’Urfé, trois quarts de siècle plus tôt.</p> <p>Peut-on s’aventurer au-delà de cette image finalement assez frivole que donnent peut-être, à la première lecture, les vers de Deshoulières ?</p> <p>Et si, loin d’être un creuset d’influences, ou un simple témoin, fût-il particulièrement virtuose, de pratiques d’écriture salonnières, Deshoulières était une poétesse originale et littérairement ambitieuse, comme le pensaient ses contemporains unanimes ? Si la simplicité et le naturel parfois prosaïque de ses vers étaient non le signe d’une impuissance à s’élever, mais un choix et une ascèse ?</p> <p><strong>Tel est le pari du carnet </strong><a href="https://deshoulieres.univ-rouen.fr"><strong>https://deshoulieres.univ-rouen.f</strong>r</a> : montrer que la conversation mondaine, la pastorale, l’éloge (même royal) et les paraphrases chrétiennes sont pour Deshoulières des masques, ou mieux des matrices d’énonciation qui lui permettent de refonder un lyrisme « moderne ». Pleinement engagée dans la Querelle, résolument hostile au sublime clinquant et tapageur des Anciens dont Boileau se pose en champion, l’habituée du Mercure galant choisit la haute exigence d’un style moyen, non par tiédeur, mais comme manifestation d’une éthique difficile sous ses dehors d’aisance et de sprezzatura.</p> <p>Moderne, Deshoulières l’est moins à la manière de Descartes ou Perrault qu’à la façon de Gassendi, qui « taschait à faire voir par de favorables interprétations que les Anciens avaient pensé les mesmes choses qu’on regardoit comme nouvelles. » Elle est trop férue d’Antiquité, et trop amoureuse des Latins pour procéder à une table rase littéraire et culturelle. Elle préfère relire Lucrèce, Virgile et surtout Horace, afin d’y déceler les valeurs à la fois épicuriennes et galantes qui soutiennent son art et sa morale. En Horace moderne, plus fidèle que Boileau au principe de l’aurea mediocritas, Deshoulières désublime la lyrique pétrarquiste, recadre l’éloge et déplace le sacré vers une sagesse terrestre. La véritable galanterie moderne n’est pas ennemie de l’Antiquité : elle doit au contraire en retrouver le secret, et en refuser la confiscation par ceux qui se sont indûment auto-proclamés ses héritiers et ses défenseurs.</p> <p>En manifestant une prédilection pour les genres dans lesquels s’est illustré Horace (odes, épîtres, « épîtres chagrines » à défaut de satires), Deshoulières élabore une philosophie pratique d’inspiration épicurienne dissimulée sous les dehors d’une mondanité inoffensive et pastorale. En effet, loin d’être seulement la représentante exceptionnellement habile de l’esthétique galante, Deshoulières leste les valeurs salonnières (douceur, tendresse, plaisirs modérés, refus des passions et de la gloire, souci de la mesure et de la simplicité) sur un socle conceptuel solide, inspiré par les leçons qu’elle a reçues de son maître Dehénault, mais pas nécessairement incompatible avec un christianisme lui aussi tempéré et humain.</p> <p>En posant le primat du présent sur la gloire posthume, en désamorçant par le badinage les passions tristes et l’esprit de sérieux, en dégonflant les  vieilles baudruches du lyrisme, dernier repaire du Ciel, la lyrique de Deshoulières constitue une pédagogie visant à l’eudémonisme : elle est la composante essentielle d’un art de vivre fondé sur le plaisir réglé et la lucidité. Pour le dire autrement :  Deshoulières offre à lire une poésie du bonheur, ici et maintenant.</p> <p><em>Le site sera complété jusqu'au printemps 2026</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130733_ab1964594c9aa187fa88bf4b30625f36.png" type="image/png" length="366925"/>
    </item>
    <item>
      <title>"Les combats de Fiction &amp; Cie : entretien avec Bernard Comment", par Pierre Benetti (en-attendant-nadeau.fr)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130690/les-combats-de-fiction-amp-cie-entretien-avec-bernard.html</link>
      <pubDate>Wed, 05 Nov 2025 07:57:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130690/les-combats-de-fiction-amp-cie-entretien-avec-bernard.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Les combats de Fiction &amp; Cie : entretien avec Bernard Comment par Pierre Benetti, en ligne le 4 novembre 2025 sur en-attendant-nadeau.fr L’année 2024-2025 a marqué le cinquantenaire d’une magnifique aventure éditoriale mêlant les genres littéraires : la collection « Fiction &amp; Cie », fondée au sein des éditions du Seuil par le poète et photographe Denis Roche, décédé en 2015 et pour lequel paraît un volume d’hommages. L’écrivain Bernard Comment, qui la dirige depuis l’automne 2004, revient sur l’histoire et l’actualité de la collection, en lui donnant de l’avenir. Il est impossible de résumer le catalogue de « Fiction &amp; Cie » : il est vaste et par définition indéfinissable, il unit des livres fort différents qui ensemble composent l’unité de la collection. Peut-être la seule voie pour cela est-elle subjective, car chaque lecteur y a son entrée personnelle. Alors, de votre point de vue, quelles ont été les grandes étapes de « Fiction &amp; Cie », de 1974 à 2004 ? À titre personnel, je me souviens pour commencer du choc du Nouveau désordre amoureux de Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut (1977), mais aussi de la lecture de Cours, Hölderlin ! de Jacques Teboul (1979), Cabinet-portrait de Jean-Luc Benoziglio et Dépôts de savoir &amp; [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130690_f00dd65c901c55589f25e0a7209417ca.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130690_f00dd65c901c55589f25e0a7209417ca.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="entry-title"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/04/les-combats-de-fiction-cie-entretien-avec-bernard-comment/">Les combats de Fiction &amp; Cie : entretien avec Bernard Comment</a></strong></p> <p><em>par Pierre Benetti, en ligne le 4 novembre 2025 sur en-attendant-nadeau.fr</em></p> <p>L’année 2024-2025 a marqué le cinquantenaire d’une magnifique aventure éditoriale mêlant les genres littéraires : la collection « Fiction &amp; Cie », fondée au sein des éditions du Seuil par le poète et photographe Denis Roche, décédé en 2015 et pour lequel paraît <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/04/images-de-denis-roche/">un volume d’hommages</a>. L’écrivain Bernard Comment, qui la dirige depuis l’automne 2004, revient sur l’histoire et l’actualité de la collection, en lui donnant de l’avenir.</p> <p><strong><em>Il est impossible de résumer le catalogue de « Fiction &amp; Cie » : il est vaste et par définition indéfinissable, il unit des livres fort différents qui ensemble composent l’unité de la collection. Peut-être la seule voie pour cela est-elle subjective, car chaque lecteur y a son entrée personnelle. Alors, de votre point de vue, quelles ont été les grandes étapes de « Fiction &amp; Cie », de 1974 à 2004 ?</em></strong></p> <p>À titre personnel, je me souviens pour commencer du choc du <em>Nouveau désordre amoureux </em>de Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut (1977), mais aussi de la lecture de <em>Cours, Hölderlin !</em> de Jacques Teboul (1979), <em>Cabinet-portrait</em> de Jean-Luc Benoziglio et <em>Dépôts de savoir &amp; de technique </em>de Denis Roche (1980), des <em>Variations Goldberg</em> de Nancy Huston (1982). Et côté littérature étrangère, des livres de Kurt Vonnegut, Susan Sontag et du <em>Bûcher de Times Square</em> de <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/03/11/robert-coover-le-genie-radical-mascarade/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Robert Coover</a> (qu’il faut relire aujourd’hui pour comprendre les États-Unis !).</p> <p>Beaucoup de livres ont été de vraies révolutions, que Denis Roche a imposées. Le <em>Dante écrivain </em>de <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/11/10/dante-deuxieme-pleiade/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jacqueline Risset </a>(1982), dont on ne mesure pas aujourd’hui ce qu’il a pu être. À l’époque, Dante était illisible, dans des traductions amphigouriques qui empêchaient d’y entrer, c’était un auteur confisqué. Et tout à coup, Dante devenait vivant. Même chose avec <em>Rimbaud en Abyssinie</em> d’<a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/07/04/entretien-alain-borer/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alain Borer</a> (1984) et cette idée renversante qu’il n’y a pas de rupture dans la vie de Rimbaud, mais une quête continue de l’absolu. On peut citer encore les <em>Photos de famille</em> d’Anne-Marie Garat (1994) : à l’époque, on écrit peu sur la photographie, et ce livre la déplace. De même, en 2002, les grands livres novateurs que sont <em>L’invention de Paris</em> d’<a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/04/22/balzac-invente-paris-hazan/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Éric Hazan</a>, qui renouvelle l’approche de la ville, et <em>Les adieux à la reine</em> de <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2020/11/11/cafe-miniature-thomas/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Chantal Thomas</a>, qui convoque le roman historique, mais dans une forme subtilement renouvelée. Et puis le grand événement de <em>La vie sexuelle de Catherine M.</em>, dont l’immense succès a sans doute masqué l’inventivité formelle. Tous ces livres chamboulent complètement notre perception des choses. […]</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/11/04/les-combats-de-fiction-cie-entretien-avec-bernard-comment/">Lire la suite sur en-attendant-nadeau.fr…</a></strong></p> <p><em>(Photo : Leo Aupetit)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130690_f00dd65c901c55589f25e0a7209417ca.png" type="image/png" length="671811"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le récit-page, un concept littéraire et un espace web</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130688/le-recit-page.html</link>
      <pubDate>Wed, 05 Nov 2025 05:49:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130688/le-recit-page.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Le Récit-page, un concept littéraire et un espace Web http://www.recit-page.fr Comme son nom l’indique, le récit-page est le récit qui se déploie dans l’espace de la page unique.  Entre l’écriture ultra-minimaliste, qui veut faire tenir le littéraire dans la brièveté de quelques mots, et la nouvelle brève, qu’il serait illusoire de vouloir délimiter strictement, la contrainte  de la page crée un terrain  singulier d’exploration tout comme une voix  littéraire aux accents propres.   Moins soucieux de séquence que de fulgurance, et devant composer avec l’absence de trame, d’intrigue, voire d’anecdote, le récit-page tire ses ressources moins de la narration que des puissances du langage : la suggestion, l’évocation, le détournement, l’inversion, le paradoxe, l’imagé, le décalé.... Sans pour autant se confondre avec les curiosités logiques ni avec les pirouettes purement verbales. L’ingénieux ne suffit pas au littéraire et seul un sens profond du langage rend possible une esthétique de la brièveté  On trouve dans la tradition littéraire des textes qui précèdent et illustrent la notion de récit-page, sous la plume par exemple de Virginia Woolf, Kafka, Ponge et plus près de nous, Borges, Chevillard, Sternberg… Mais c’est à partir de 2018, par la biais d’un espace web consacré, que le [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130688_d7fbef060a64f3389c90bda497a11ead.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130688_d7fbef060a64f3389c90bda497a11ead.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Le Récit-page, un concept littéraire et un espace Web</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong><a href="http://www.recit-page.fr">http://www.recit-page.fr</a></strong></p> <p>Comme son nom l’indique, le récit-page est le récit qui se déploie dans l’espace de la page unique. </p> <p>Entre l’écriture ultra-minimaliste, qui veut faire tenir le littéraire dans la brièveté de quelques mots, et la nouvelle brève, qu’il serait illusoire de vouloir délimiter strictement, la contrainte  de la page crée un terrain  singulier d’exploration tout comme une voix  littéraire aux accents propres.  </p> <p>Moins soucieux de séquence que de fulgurance, et devant composer avec l’absence de trame, d’intrigue, voire d’anecdote, le récit-page tire ses ressources moins de la narration que des puissances du langage : la suggestion, l’évocation, le détournement, l’inversion, le paradoxe, l’imagé, le décalé.... Sans pour autant se confondre avec les curiosités logiques ni avec les pirouettes purement verbales. L’ingénieux ne suffit pas au littéraire et seul un sens profond du langage rend possible une esthétique de la brièveté </p> <p>On trouve dans la tradition littéraire des textes qui précèdent et illustrent la notion de récit-page, sous la plume par exemple de Virginia Woolf, Kafka, Ponge et plus près de nous, Borges, Chevillard, Sternberg…</p> <p>Mais c’est à partir de 2018, par la biais d’un espace web consacré, que le récit-page devient un concept éditorial spécifique, un genre à part entière, démultipliant les efforts créatifs et faisant naître des vocations y compris de la part d’auteurs confirmés. </p> <p>Un comité de lecture veille à la qualité des publications composé de : Ada Teller, éditrice et auteure, Marie-Françoise Berthu-Courtivron enseignante en Littérature française à l’Université de Rennes, et Eduardo Berti, écrivain, membre de l’Oulipo. </p> <p>Dans le flot des propositions, seule une soixantaine d’auteurs ont été retenus et figurent à l’heure actuelle sur le site. La quantité et la fréquence des publications restant volontairement limitée, en fonction de la réception de textes répondant pleinement aux exigences littéraires attendues. </p> <p>Une rubrique <em>Documentation </em>rassemble des ressources théoriques autour de l’écrit bref. </p> <p>Des éditoriaux viennent désormais interroger la place — admise ou non — de l’intelligence artificielle dans la création du récit-page, ouvrant un nouveau champ de réflexion sur les conditions contemporaines de l’écriture littéraire.</p> <p>Enfin, le récit-page bénéficie d’un accueil régulier dans le champ académique et éditorial : présentation lors de rencontres à l’ENS, à l’Université Sorbonne Nouvelle et à l’Université d’Angers. Des publications sont à signaler aux éditions Nathan, First et aux Presses universitaires François-Rabelais. On signalera encore la participation au 36ᵉ Congrès international d’Histoire de l’Art (Lyon, session juin 2024).</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130688_d7fbef060a64f3389c90bda497a11ead.png" type="image/png" length="17983"/>
    </item>
    <item>
      <title>Pour une anthologie de la poésie douanière</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130633/pour-une-anthologie-de-la-poesie-douaniere.html</link>
      <pubDate>Sun, 02 Nov 2025 10:05:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130633/pour-une-anthologie-de-la-poesie-douaniere.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>Pour célébrer son demi-siècle d'existence, l'Association pour l'Histoire de l'Administration des Douanes (AHAD) publie sur son site internet une anthologie de 50 poèmes douaniers en guise de bougies.  Le 1er janvier 2022, le site internet de l’AHAD inaugurait un nouvel espace dédié à la « douane littéraire ». Il ne s’agissait pas à proprement parler d’un champ de recherche inédit du patrimoine douanier ; dès 1955, les publications de l’institution douanière, notamment le « Journal de la formation professionnelle », avaient déjà initié le mouvement. L’AHAD avait poursuivi cette approche au sein de ses Bulletins d’information (1981) et ses Cahiers d’Histoire des Douanes et Droits indirects (1989). En offrant un nom et un cadre d’accueil aux productions littéraires ayant un lien avec les activités de la douane, ce site internet avait pour ambition de rassembler, au sein d’une rubrique dédiée, les échanges entre lecteurs et auteurs, issus du monde professionnel, associatif et universitaire. « Douaniers poètes » et poètes inspirés par la douane « Il y a eu de tout temps (et il y a encore) des douaniers poètes. Ont-ils été talentueux ? Si la réponse à cette question doit obligatoirement être cherchée dans les anthologies de la poésie française, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130633_d15f0419601f0c641139aeee721b38a7.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130633_d15f0419601f0c641139aeee721b38a7.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:left;"><strong>Pour célébrer son demi-siècle d'existence, l'Association pour l'Histoire de l'Administration des Douanes (AHAD) publie sur son site internet </strong></p> <p style="text-align:left;"><strong>une anthologie de 50 poèmes douaniers en guise de bougies. </strong></p> <p>Le 1er janvier 2022, le site internet de l’AHAD inaugurait un nouvel espace dédié à la « <a href="https://histoire-de-la-douane.org/category/la-douane-et-son-patrimoine/la-douane-litteraire/">douane littéraire</a> ». Il ne s’agissait pas à proprement parler d’un champ de recherche inédit du patrimoine douanier ; dès 1955, les publications de l’institution douanière, notamment le « Journal de la formation professionnelle », avaient déjà initié le mouvement. L’AHAD avait poursuivi cette approche au sein de ses Bulletins d’information (1981) et ses Cahiers d’Histoire des Douanes et Droits indirects (1989).</p> <p>En offrant un nom et un cadre d’accueil aux productions littéraires ayant un lien avec les activités de la douane, ce site internet avait pour ambition de rassembler, au sein d’une rubrique dédiée, les échanges entre lecteurs et auteurs, issus du monde professionnel, associatif et universitaire.</p> <p><strong>« Douaniers poètes » et poètes inspirés par la douane</strong></p> <p>« Il y a eu de tout temps (et il y a encore) des douaniers poètes. Ont-ils été talentueux ? Si la réponse à cette question doit obligatoirement être cherchée dans les anthologies de la poésie française, il est difficile de faire preuve d’optimisme ! Mais on doit être indulgent à l’égard des poètes : il est rare qu’ils n’aient pas été, une fois au moins touchés par l’inspiration ! ». (1)</p> <p>Cette réflexion de Jean Clinquart en 1990 invite à dresser un bilan de 50 ans de recherches sur le patrimoine poétique de la douane ; un premier constat s’impose, on aurait tort de « faire preuve » de pessimisme à ce sujet. Non seulement les écrivains inspirés par la douane ne manquent pas dans les anthologies poétiques (Guillaume Apollinaire, Nicolas Bouvier, Paul Claudel, Tristan Corbière, Julien Gracq, Arthur Rimbaud, etc.), mais les « douaniers poètes » y figurent en bonne place.</p> <p>Comme le rappelle Vida Azimi (2), « la généalogie littéraire douanière est glorieuse. Elle peut monter jusqu’à Geoffrey Chaucer (1343-1400) ». En effet, le « père de la poésie anglaise » fut nommé, le 8 juin 1374, « contrôleur des douanes et taxes sur les laines, peaux et cuirs tannés du port de Londres », fonctions qu’il exerça pendant 11 années avant d’être nommé « juge de paix » pour le Kent en octobre 1385. Derek S. Brewer (3) précise que « le contrôleur devait tenir les comptes, les inscrire de sa propre main […] Chaucer, dans son Palais de Renommée, se plaint de cette tâche, il exprime son soulagement quand, le soir venu, il se retrouve seul chez lui, entouré de ses chers livres. » :</p> <p>« Car quand ton travail est fini,<br />Et tes comptes bien arrêtés,<br />Fuyant repos et nouveauté,<br />Tu rentres chez toi sans retard,<br />Et puis, muet comme une tombe,<br />Tu te mets à un autre livre<br />Jusqu’à en avoir le tournis ;<br />Tu vis ainsi comme un ermite,<br />Moins l’abstinence toutefois. » (4)</p> <p>À l’instar de Chaucer, l’ensemble des douaniers poètes auraient pu prendre à leur compte cette déclaration de Charles de Massas aux électeurs dont il sollicitait le suffrage en 1848 : « Placé à vingt ans dans les douanes, je leur donnai mes jours ; mes loisirs, je les consacrai aux lettres. ». C’est notamment le cas d’Herman Melville qui, « placé » pendant dix-neuf ans aux douanes de New-York écrivit des milliers de vers entre 1866 et 1885, tout en étant unanimement reconnu comme un inspecteur honnête et travailleur. La majeure partie de ses poèmes furent publiés un demi siècle après sa mort, à compter de 1947, et les lecteurs francophones durent attendre 2022 pour découvrir la première traduction intégrale de ses recueils poétiques. </p> <p><strong>Anthologies poétiques et quête de poésie douanière</strong></p> <p>Comme l’illustre la reconnaissance tardive de la poésie d’Herman Melville, ou le destin des vers d’Arthur Rimbaud et Tristan Corbière, sauvés de l’oubli par Paul Verlaine, on ne saurait faire des seules anthologies poétiques la source exclusive de ces recherches sur le patrimoine poétique de la douane. Les publications corporatives (le Journal de la formation professionnelle et la Vie de la douane), ainsi que le fond du centre de documentation historique du Musée National des Douanes ont permis de dénicher les œuvres de douaniers poètes moins connus que leurs illustres prédécesseurs (Jean Condou, Manzon, Vincent Mazzacane, Alain Lamothe, Jacques Thuault,). En outre, l’identification de nombreux poèmes douaniers dans les ressources de la bibliothèque numérique de la BNF, Gallica, témoigne de l’intérêt patrimonial de conservation des écrits de ceux qui ont inscrit leur nom dans l’histoire, à défaut d’avoir révolutionné les lettres (Antoine Bartro, Jacques Boucher de Perthes, René Crayssac, E. Lepine, Louis Pierquin, Edmond Roche). </p> <p><strong>Douaniers investis et poètes inspirés</strong></p> <p>Ces témoignages versifiés restituent les conditions d’exercice du métier de douanier à travers les âges, voire constituent d’authentiques déclarations d’amour à la profession. « Quel est donc le secret de cette institution pour s’attacher aussi vite et aussi durablement le dévouement de ces hommes qui n’avaient au départ d’autre préoccupation que de gagner leur vie ? » s’interrogeait René Rémond dans son avant-propos aux mémoires de René Drelon intitulées « Par le Cor et la Grenade », lauréat du premier prix du concours autobiographique « Pour la mémoire des douanes » (5). L’AHAD a identifié, à ce jour, pas moins de trois recueils poétiques exclusivement dédiés à la douane : « Douanilaria » (1900) de Charles Alfred Barthélémy, « Les debout » (1902) de Jules François Agostini et « Douanes » (2018) de Francis Carpentier. Quelle autre profession pourrait se targuer d’avoir autant mobilisé les muses ?</p> <p>Dans le silence des anthologies poétiques sur l’appartenance à la Gabelle de ces auteurs, l’AHAD et ses lecteurs ont patiemment collecté, vers après vers, année après année, un florilège de 50 poèmes douaniers, œuvre éminemment collective que nous avons la joie de vous présenter en cette année de célébration du cinquantenaire de l’association, par ordre chronologique. Nous tenons à remercier les auteurs, leurs ayants-droit et maisons d’édition de nous avoir aimablement soutenu dans ce projet.</p> <p>S’il y a eu « de tout temps » des douaniers poètes, nous avons fait le choix, par souci de cohérence dans le corpus des textes, d’ouvrir ce florilège au XIXe siècle avec le procès-verbal de Jean-Antoine Trimolet en 1820 et de le clore, provisoirement, en cette année 2025… preuve s’il en était besoin, qu’« il y a encore » et toujours, non seulement des douaniers poètes, mais également des douanières poétesses.</p> <p>Mais cette cohérence ne se limite pas, loin s’en faut, à la chronologie, puisque les thèmes, les mots choisis par les douaniers poètes et les écrivains inspirés par la douane se répondent, se croisent, à l’instar des procès-verbaux versifiés de Jean-Antoine Trimolet et Jules-François Agostini, dont les douaniers « debouts » épousent la silhouette du Henri Rousseau portraituré par Guillaume Apollinaire ; ou les gabelous « retraités » d’Arthur Rimbaud et Tristan Corbière, « taillad[ant] l’azur frontière » chez l’un, « gratt[ant] l’horizon » chez l’autre, aspirant aux galons de « brigadier » à l’instar de ceux de Charles Alfred Barthélémy… Ces entrelacs dessinent une constante, un « lien ancien et mystérieux entre l’emploi dernier et l’activité littéraire » selon la juste formule de Vida Azimi (6). Si tout a été dit ou presque sur les écrivains diplomates, l’un de leurs plus éminents représentants, Paul Claudel, reconnaissait que « C’est Matthieu le publicain qui eut cette idée le premier, / Sachant la force d’un écrit, de coucher en noir sur le papier ». </p> <p>Invité à commenter sa bibliographie lors de <a href="https://histoire-de-la-douane.org/douane-litteraire-linterview-de-francis-carpentier/">l’interview</a> qu’il a accordée à l’AHAD, le douanier poète Francis Carpentier ne disait pas autre chose en déclarant le 6 mai 2022 sur un banc lillois :</p> <p> « Vous auriez pu mettre dans ce palmarès quantité de procès verbaux, de comptes rendus, de rapports d’audit, etc. Rédiger un sonnet, rédiger un haïku sur les bords d’un lac ou d’un parc oriental, ou rédiger un procès verbal circonstancié sur le capot d’une 4L comme ça m’est arrivé assez souvent, finalement c’est toujours le même exercice. Sauf que dans un cas on essaie de faire passer une émotion qu’on ressent, faire passer l’idée d’une ambiance, alors que dans le second cas on s’attache a être au plus près des faits. […] c’est simplement un choix d’outil. ».</p> <p>—</p> <p><strong>Notes :</strong></p> <p>1) Jean Clinquart, <em>La douane et les douaniers</em>, Editions Tallandier, 1990, p. 271.<br />2) Vida Azimi, « Un douanier décapité : Nathaniel Hawthorne. Suivi d’un florilège littéraire sur la douane et les douaniers », Historia et ius – ISSN 2279-7416, www.historiaetius.eu – 10/2016 – paper 16, p. 3.<br />3) Derek S. Brewer, “Vie et œuvre de Geoffrey Chaucer”, in <em>Geoffrey Chaucer, Les contes de Canterbury et autres œuvres</em>, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, p. XXXII.<br />4) Geoffrey Chaucer, <em>Le palais de renommée</em>, Livre II. Le rêve, in <em>Geoffrey Chaucer, Les contes de Canterbury et autres œuvres</em>, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, v. 652-660.<br />5) René Rémond, Avant-propos, in René Drelon, <em>Par le Cor et la Grenade</em>, Comité pour l’histoire économique et financière de la France / IGPDE, « Mémoires », Paris, 2003, p. VIII.<br />6) Vida Azimi, « Un douanier décapité : Nathaniel Hawthorne. Suivi d’un florilège littéraire sur la douane et les douaniers », Historia et ius – ISSN 2279-7416, www.historiaetius.eu – 10/2016 – paper 16, p. 2-3.</p> <p>—</p> <p style="text-align:left;"><a href="https://histoire-de-la-douane.org/pour-une-anthologie-de-la-poesie-douaniere-50-poemes-en-guise-de-bougies/"><strong>50 poèmes douaniers classés par ordre chronologique</strong></a><br /><a href="https://histoire-de-la-douane.org/pour-une-anthologie-de-la-poesie-douaniere-50-poemes-en-guise-de-bougies/"><strong>(1820-2025)</strong></a><br /> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27242&amp;preview=true">1. 1820, Jean-Antoine Trimolet (douanier), Rapport à l’importation, du 1er juillet 1820, contre des inconnus fugitifs (Loi du 28 avril de l’an 1816, art. 41)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27244&amp;preview=true">2. 1829, Charles De Massas (douanier), Le Commis poète ou mes adieux aux douanes</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27246&amp;preview=true">3. 1834, Edmond Roche (douanier), La dune (Les algues)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27250&amp;preview=true">4. 1859, Antoine Bartro (douanier), Le douanier</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27252&amp;preview=true">5. 1862, Jacques Boucher de Perthes (douanier), Le trafic (Les maussades : complaintes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27254&amp;preview=true">6. 1871, Arthur Rimbaud (écrivain), Les douaniers</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27256&amp;preview=true">7. 1872, E. Lepine (douanier), Les Douaniers héroïques (Recueil des noms des Douaniers mobilisés pendant la guerre 1870-1871)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27258&amp;preview=true">8. 1873, Tristan Corbière (écrivain), Le douanier (Les Amours jaunes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27260&amp;preview=true">9. 1894, Louis Pierquin (douanier), Le soir (Vieilles lunes et défroques)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27262&amp;preview=true">10. 1900, Charles Alfred Barthélémy (douanier), Sur la falaise (Douanilaria)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27265&amp;preview=true">11. 1900, Charles Alfred Barthélémy (douanier), L’ecoreur (Douanilaria)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27267&amp;preview=true">12. 1900, Charles Alfred Barthélémy (douanier), Marche des douaniers (Douanilaria)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27269&amp;preview=true">13. 1900, Charles Alfred Barthélémy (douanier), Gloire et devoir (Douanilaria)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27271&amp;preview=true">14. 1900, Charles Alfred Barthélémy (douanier), Le douanier (Douanilaria)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27273&amp;preview=true">15. 1902, Jules-François Agostini (douanier), Prologue et Épilogue (Les debout)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27275&amp;preview=true">16. 1902, Jules-François Agostini (douanier), Chanson douanière (Les debout)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27277&amp;preview=true">17. 1902, Jules-François Agostini (douanier), Rapport de service (nuit de Noël) (Les debout)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27285&amp;preview=true">18. 1902, Jules-François Agostini (douanier), Le douanier (Les debout)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27288&amp;preview=true">19. 1907, Guillaume Apollinaire, poème sans titre (incipit : « Trente ans debout à la frontière »)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27290&amp;preview=true">20. 1913, René Crayssac, Le douanier (Sous les flamboyants)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27292&amp;preview=true">21. 1913, Guillaume Apollinaire (écrivain), Inscription pour le tombeau du peintre Henri Rousseau</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27294&amp;preview=true">22. 1914, Guillaume Apollinaire (écrivain), poème sans titre (incipit : « Tu te souviens, Rousseau, du paysage astèque »)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27296&amp;preview=true">23. 1914, Guillaume Apollinaire (écrivain), Souvenir du douanier</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27298&amp;preview=true">24. 1915, Paul Claudel (écrivain), Saint Matthieu (Corona benignitatis anni Dei)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27300&amp;preview=true">25. 1935, Olivier Moreau-Neret (écrivain), La balance commerciale (La balance des comptes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27302&amp;preview=true">26. 1940, Jean Condou (douanier), Le douanier (Fleurs de la Neste)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27304&amp;preview=true">27. 1947, Herman Melville (douanier), Ma vieille vareuse</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27307&amp;preview=true">28. 1951, Julien Gracq (écrivain), La sieste en Flandre hollandaise (Liberté grande)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27309&amp;preview=true">29. 1952, Manzon (douanier), La halte</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27311&amp;preview=true">30. 1952, Manzon (douanier), Nocturne</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27313&amp;preview=true">31. 1953, G. F., Le chemin des douaniers</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27317&amp;preview=true">32. 1954, Manzon (douanier), Winter</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27319&amp;preview=true">33. 1955, Vincent Mazzacane (douanier), Un amour de douanier</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27321&amp;preview=true">34. 1960, André Larroudé (douanier), Le froid</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27323&amp;preview=true">35. 1970, Jacques Thuault (douanier), L’aubette (Poèmes à trois temps)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27325&amp;preview=true">36. 1975, Alain Lamothe (douanier), Le grenier</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27327&amp;preview=true">37. 1983, Nicolas Bouvier (écrivain), La dernière douane (Le dehors et le dedans)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27331&amp;preview=true">38. 2000, Jacques Premel-Cabic (douanier), Gabelou</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27333&amp;preview=true">39. 2014, Claude Huyghe (douanier), La dune et la lune (La commode oblique)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27437&amp;preview=true">40. 2018, Francis Carpentier (douanier), poème sans titre (incipit : « Je n’avais des douaniers comme des Alsaciens ») (Douanes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27439&amp;preview=true">41. 2018, Francis Carpentier (douanier), poème sans titre (incipit : « Henri Rousseau, dit Le Douanier ») (Douanes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27442&amp;preview=true">42. 2018, Francis Carpentier (douanier), poème sans titre (incipit : « Il est des douaniers historiens ») (Douanes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27444&amp;preview=true">43. 2018, Francis Carpentier (douanier), poème sans titre (incipit : « Est-il encore des anciens ») (Douanes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27446&amp;preview=true">44. 2018, Francis Carpentier (douanier), poème sans titre (incipit : « Eh, vous, les coureurs de frontières ») (Douanes)</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27448&amp;preview=true">45. 2020, Kevin Mills (douanier), La complainte du douanier</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27450&amp;preview=true">46. 2021, Cécile Masquelet (douanière), Vallard</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27454&amp;preview=true">47. 2024, Kevin Mills (douanier), L’écor du jour</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27496&amp;preview=true">48. 2025, Jacques Premel-Cabic (douanier), Comines</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27500&amp;preview=true">49. 2025, Cécile Masquelet (douanière), Embruns douaniers</a></p> <p> </p> <p><a href="https://histoire-de-la-douane.org/?p=27502&amp;preview=true">50. 2025, Jean-Claude Tardif (douanier), poème sans titre (incipit : « Chose insignifiante »)</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130633_d15f0419601f0c641139aeee721b38a7.png" type="image/png" length="23566"/>
    </item>
    <item>
      <title>"Ursula K. Le Guin : une écrivaine pour le XXIᵉ s." Un dossier d'en-attendant-nadeau.fr</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/130513/ursula-k-le-guin-une-ecrivaine-pour-le-xxi-s-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Wed, 29 Oct 2025 09:45:35 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/130513/ursula-k-le-guin-une-ecrivaine-pour-le-xxi-s-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>À lire sur en-attendant-nadeau.fr : Ursula K. Le Guin : une écrivaine pour le XXIᵉ siècle Au sein de la science-fiction et de la fantasy, comme dans la littérature générale, nombre d’écrivain(e)s revendiquent aujourd’hui son influence. La parution de Searoad, dernier de ses romans non traduit en français, est l’occasion de faire le point sur une œuvre aux multiples facettes, terriblement actuelles. En métamorphose continuelle, par Céline Minard | Littérature étrangère   Céline Minard livre sa lecture d’Ursula K. Le Guin. Elle souligne que son œuvre est « un haut fait de littérature exploratoire », manifestant « une vision mouvante, délicate, éthique, politique et surtout poétique de la bonne façon d’aborder les mondes ». Topoï, par luvan | Littérature étrangère luvan fait la critique, fulgurante, poétique, de Lavinia, ultime roman d’Ursula K. Le Guin, où la femme d’Énée a le premier rôle. Dans ce « récit de métamorphose et de confiance », « nous sommes les lieux =&gt; topoï. Où tout peut advenir. Où tout, déjà, est mille fois advenu ».  Un pas de côté, par Sophie Ehrsam | Littérature étrangère   Dans Searoad, Ursula K. Le Guin entrecroise des récits dans une veine réaliste qui peut surprendre, mais qui fait écho à ses autres livres [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/130513_fd4ad074b3898601ea2a7018313d6bfe.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="130513_fd4ad074b3898601ea2a7018313d6bfe.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="col-texte__titre">À lire sur en-attendant-nadeau.fr :</p> <p class="col-texte__titre"><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/ursula-k-le-guin-une-ecrivaine-pour-le-xxi%E1%B5%89-siecle/">Ursula K. Le Guin : une écrivaine pour le XXIᵉ siècle</a></strong></p> <p>Au sein de la science-fiction et de la fantasy, comme dans la littérature générale, nombre d’écrivain(e)s revendiquent aujourd’hui son influence. La parution de <em>Searoad</em>, dernier de ses romans non traduit en français, est l’occasion de faire le point sur une œuvre aux multiples facettes, terriblement actuelles.</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/en-metamorphose-continuelle-ursula-le-guin/">En métamorphose continuelle</a>, par Céline Minard | Littérature étrangère  </p> <p>Céline Minard livre sa lecture d’Ursula K. Le Guin. Elle souligne que son œuvre est « <em>un haut fait de littérature exploratoire</em> », manifestant « <em>une vision mouvante, délicate, éthique, politique et surtout poétique de la bonne façon d’aborder les mondes</em> ».</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/topoi/">Topoï</a>, par luvan | Littérature étrangère</p> <p>luvan fait la critique, fulgurante, poétique, de <em>Lavinia</em>, ultime roman d’Ursula K. Le Guin, où la femme d’Énée a le premier rôle. Dans ce « <em>récit de métamorphose et de confiance</em> », « <em>nous sommes les lieux</em> =&gt; topoï. <em>Où tout peut advenir. Où tout, déjà, est mille fois advenu</em> ». </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/dautres-facettes-dursula-k-le-guin-searoad/">Un pas de côté</a>, par Sophie Ehrsam | Littérature étrangère  </p> <p>Dans <em>Searoad</em>, Ursula K. Le Guin entrecroise des récits dans une veine réaliste qui peut surprendre, mais qui fait écho à ses autres livres tout en manifestant des facettes différentes de son talent. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/la-musique-des-textes-ursula-k-le-guin/">La musique des textes</a>, par Hélène Collon | Littérature étrangère  </p> <p>Traductrice de <em>Searoad</em>, Hélène Collon explique comment elle est arrivée à ce livre, et que les traducteurs doivent avoir l’« oreille » capable de capter la tonalité propre à chaque texte. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/dautres-petites-lunes-depossedes/">D’autres petites lunes</a>, par Elio Possoz | Littérature étrangère  </p> <p>Elio Possoz, auteur des <em>Mains vides</em>, raconte combien sa lecture des <em>Dépossédés</em> de Le Guin a été libératrice, lui permettant de laisser le héros « <em>dans le sac-à-patates où il doit être habituellement rangé</em> ». </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/10/28/la-verite-est-affaire-dimagination/">« La Vérité est affaire d’imagination »</a>, par Sébastien Omont | Littérature étrangère</p> <p>Pourquoi Ursula K. Le Guin inspire-t-elle autant d’écrivain(e)s ? Tentative de réponse à travers ses deux romans les plus célèbres, <em>La main gauche de la nuit</em> et <em>Les dépossédés</em>.</p> <p><em>(Photo. : Ursula K. Le Guin, vers 1970) © Wes Guderian)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/130513_fd4ad074b3898601ea2a7018313d6bfe.png" type="image/png" length="606945"/>
    </item>
  </channel>
</rss>
