Colloques en ligne

Henriette Levillain

De l’incipit à la clausule

From the incipit to the clausula

Sur trois grandes saisons m’établissant avec honneur, j’augure bien du sol où j’ai fondé ma loi.
Les armes au matin sont belles et la mer. À nos chevaux livrée la terre sans amandes
nous vaut ce ciel incorruptible. Et le soleil n’est point nommé, mais sa puissance est parmi nous
et la mer au matin comme une présomption de l’esprit.

(Saint-John Perse, Anabase, 1982, p. 93)

1À notre époque où la lecture est devenue rare et difficile, l’accroche du début d’un texte, nommée plus savamment l’incipit, n’a jamais été aussi vitale. La preuve. J’espère ne pas être la seule à connaître l’appréhension du début d’un écrit, quel qu’il soit : comment rédiger l’introduction d’une dissertation, d’un mémoire, d’une thèse, l’avant-propos ou la préface d’un essai, pour donner envie au lecteur qu’il continue ? Et, croyez-moi, cette crainte de mal commencer, ne s’améliore pas en vieillissant. J’ai déchiré huit avant-propos d’un ouvrage récent et le neuvième a encore été corrigé par mon éditrice. C’est à ce moment-là que se manifeste le pire marqueur existentiel de l’écriture, celui de la page blanche.

2Qui n’envie pas le génie de celui qui a écrit l’incipit le plus simple et en même temps le plus universel : « Longtemps je me suis couché de bonne heure » ? Ou bien celui d’Anna Karénine : « Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. » Si Paul Valéry a pu confier que « le premier vers était donné », c’est que si cérébral qu’il fût, il croyait encore aux muses.

3D’où mon coup de cœur pour les entrées en poème de Saint-John Perse. Elles sont des portes ouvertes sur un nouvel univers et invitent à entrer. Il en est ainsi de l’incipit d’« Exil ». J’aurais pu choisir celui de Vents : « C’étaient de grands vents sur toutes faces de ce monde, / De très grands vents en liesse par le monde. » (Saint-John Perse, 1982, p. 179). Je vous invite à faire l’expérience de lire ces ouvertures à la suite les unes des autres, comme autant d’appels à l’exploration.

4Entre tous les débuts de poèmes, j’ai choisi cette première strophe d’Anabase parce qu’elle concentre en peu de lignes les thèmes du poème, lesquels vont jouer tantôt les uns avec les autres, tantôt les uns contre les autres : l’annonce de l’entrée dans un pays étranger, la future manière de l’habiter, l’investiture d’un sujet, acteur en même temps que narrateur d’une aventure sans précédent, et la perspective d’un bonheur à laquelle nous sommes invités à participer.

5Procédons à un petit rappel des réussites et des ruptures des dix années précédentes, qui permettent de saisir la radicalité de la nouveauté annoncée.

6Entre le Saintleger Leger d’Éloges publié en 1911 à la NRF et le Saint-John Perse d’Anabase de Gallimard en 1924, plus de dix ans. Toutefois, dès 1910, le projet de composer une « Anabase » est confié aux deux personnes les plus importantes de son entourage à Pau : Jacques Rivière, le compagnon fidèle de ses désarrois et de ses ambitions, et Claudel, le mentor des jeunes talents. Bien qu’excluant toute référence à Xénophon, commandant de guerre et narrateur de l’épopée, par coquetterie ou par orgueil sans doute, le jeune poète gardait en tête le célèbre cri enthousiaste des mille rescapés — « Thalassa ! » — découvrant enfin le Pont-Euxin (la mer Noire) après une défaite contre les Perses et une marche éprouvante sur les hauts plateaux désertiques de la Mésopotamie. Sous la plume de Perse, le titre est donc présenté comme le modèle d’un genre de poésie qu’il compte engager : « Mener une œuvre comme une Anabase sous la conduite de ses chefs (et le mot me semble si beau que j’aimerais bien rencontrer l’œuvre qui pût assumer un tel titre. Il me hante.) » (Saint-John Perse, 1982, p. 722). Et cette promesse dura plus de dix ans. La formule mérite d’être glosée avant d’entrer dans son Anabase.

7Celle-ci s’opposera donc en tous points aux poésies du recueil Éloges (1911). Ce dernier était composé de morceaux distincts par leurs titres, leur forme et leurs dates. Néanmoins, la cohérence affichée dans le titre tenait à l’éloge de l’île perdue après l’exil à Pau et au désir d’y revenir, sinon physiquement, du moins par la parole poétique. Insatisfait pour des raisons qui nous échappent en partie, il ne voulut ni y retourner, ni, une fois arrivé en Chine, republier le recueil à la demande des éditeurs de la NRF. Il hésita même à le faire traduire aux États-Unis pendant ses années d’exil.

8En redoublant la nostalgie, sans doute craignait-il le ressassement, le dessèchement de l’inspiration, peut-être même la dépression qu’il avait subie autour de la vingtaine à Pau. Dans Sérotonine, Michel Houellebecq confie à son narrateur, qui est son double, une réflexion qu’aurait pu partager Perse : « Les souvenirs revenaient sans discontinuer, ce n’est pas l’avenir c’est le passé qui vous tue, qui revient, qui vous taraude et vous mine, et finit effectivement par vous tuer. » (Houellebecq, 2019, p. 280).

9Dans les années 1920, Perse comprit donc qu’il devrait se réinventer totalement depuis le nom, l’habitat, la langue, et s’engager dans une aventure dont il ne maîtrisait ni la finalité ni le succès. C’était une question de vie ou de mort. Il fallait donc quitter le sol de la France. Devenu diplomate au début de la guerre, mais soutien de famille en raison de la mort brutale de son père, exempté donc de l’enrôlement, il fit en sorte de quitter Paris, sa famille créole et son île. Alors qu’il s’ennuyait à la Maison de la Presse, il demanda à Philippe Berthelot, secrétaire général au Quai d’Orsay, un poste consulaire en Chine que, grâce à ses appuis, il transforma en poste à la Légation de Pékin. Son protecteur, grand connaisseur lui-même du pays et attentif au talent du jeune diplomate poète, lui accorda toutes les faveurs demandées.

10Changer d’identité poétique. Telle était à ses yeux l’exigence du renouvellement. Saintleger Leger disparut donc de la page de titre et fut remplacé, dans le cas d’Anabase, par Saint-John Perse. Ce nouveau nom déconcerta ses amis de la NRF et alla même jusqu’à lui attirer des reproches, parmi lesquels ceux d’Adrienne Monnier. Faute d’explications de sa part, ce pseudonyme continuera à intriguer ou à agacer.

11Quant au nouveau phrasé de sa langue poétique, il marquera une nette différence avec celui d’Éloges. Il sera plus construit et maîtrisé, plus abstrait et énigmatique. Il demandera plus d’effort et d’attention de lecture que les touchantes confidences de ses premiers poèmes. Cette nouvelle manière eut ses admirateurs, ses grands traducteurs, mais intimida beaucoup de lecteurs. Elle avait toutefois une identité rythmique et euphonique, reconnaissable dès les premiers coups d’archet comme les premières phrases musicales d’un Wagner. Aujourd’hui, devenus plus familiers de l’œuvre, nous reconnaissons par notre oreille interne ce qu’elle a d’unique dès cet incipit proposé : une régularité rythmique (octosyllabes et hexasyllabes), un confort syntaxique avec des affirmatifs convaincants, un vocalisme en o a é qui oblige à lire silencieusement, bouche ouverte, et des accents toniques sur des substantifs longs, denses, enracinés dans l’étymologie latine (honneur, incorruptible, présomption). À partir d’Anabase, la langue poétique de Perse se caractérise par une alliance de sensualité et d’intellect, d’effet physique immédiat et d’opacité du sens. On n’aura pas toujours compris mais on avance tout de même.

12Ainsi, depuis l’auteur sur la page de titre, l’intitulé du poème et les premières phrases, tout affiche le résolument nouveau et appelle le lecteur à la curiosité. Et pourtant que d’énigmes, d’incomplétudes, de lignes de fuite.

13Qui est ce sujet acteur et narrateur ? Un homme de guerre d’aujourd’hui dans la cavalerie (« chevaux », « armes ») ou plutôt un noble chevalier de l’ancien temps (chevaux et armoiries, mot dérivé d’« armes ») ? Car sur les terrains de la récente guerre, à laquelle Leger n’a pas participé étant soutien de famille, on ne combattait plus avec des chevaux, mais avec des tanks. Et tandis que dans l’Iliade et la Chanson de Roland les armoiries sont décoratives — « belles » — les armes de la guerre de 1914 ne peuvent pas l’être, ni de près ni de loin.

14Quel est ce pays anonyme, approuvé (« bien ») et non décrit ? Un sol nu et inculte — le mot « sel » aura concurrencé « sol » dans les premières épreuves — un désert donc où s’installer et « fonder sa loi », celui qu’il voulut connaître en organisant une expédition en Mongolie. Dans l’autorité de la formule « j’ai fondé ma loi », y aurait-il une référence à la marche dans le désert et aux commandements inspirés par Dieu à Moïse ? Le fondateur serait-il le nouvel envoyé de Dieu ? Le célèbre poète et traducteur d’Anabase, T.S. Eliot, lecteur assidu de la Bible King James, a cédé à la tentation d’expliciter la source biblique du poème : « … the soil whereon I have established my Law » (Saint-John Perse, 1949, p. 25). Surtraduction violemment écartée par Perse : son Dieu à lui n’est pas celui de la parole du Livre, il est cosmique. C’est ce qu’il aura tenté en vain d’expliquer à Claudel un jour d’orage à Orthez chez Jammes.

15Vers quelle aventure nous entraîne-t-il ? Précisément vers un émerveillement de la beauté du cosmos : ciel absolument pur de nuages, « incorruptible » (qualité spécifique du désert qu’il note dans une des lettres à sa mère), vastitude du désert et puissance du soleil. Vers un encouragement des hommes qui l’accompagnent et sont appelés à le suivre dans l’éloge de l’aventure virile, des « lendemains épiques » dont rêvent dans leur sommeil « les Conquérants » d’Hérédia1. Ces hommes du désert auront leurs frères d’aventure dans Vents, III : « les grands Itinérants du songe et de l’action » (Saint-John Perse, 1982, p. 217), soit les premiers grands navigateurs de l’exploration américaine.

16Mais encore. Ne serait-il pas l’augure qui lit les signes d’un langage hermétique ? N’exhorte-t- il pas ceux qui connaissent la soif de l’accompagner dans la quête de la vie intérieure, silencieuse et solitaire, dont seule la mer pourrait constituer à ses yeux le relais ? Un indice, ce bloc de trois syllabes (le seul chiffre impair) « et la mer ». Il est facile de sous-entendre qu’elle est « belle » et que ne voulant pas le répéter, il a préféré une ellipse. C’est la version de T.S. Eliot : « Beautiful are bright weapons in the morning and behind us the sea is fair. » (Saint-John Perse, 1949, p. 25). En réalité, la correction sur la première épreuve prouve tout autre chose. Au-dessus de l’embryon de phrase « et la mer », était écrit dans l’interligne supérieur : « encore tout occupée d’une haute pensée », le tout barré et précédé du signe deleatur. Serait-ce une hypallage ? La haute pensée aurait alors été la sienne plutôt que celle de la mer et, en ce cas, il s’agirait encore de sa mer, de sa mer tropicale. Si on se fie à cette intuition, il aurait barré la suite parce qu’elle le renvoyait dès l’entrée en matière à la nostalgie de l’enfance. Mieux encore : dans un des états précédents du poème, le mot « palmes » a tout à coup surgi et a disparu ensuite, lui aussi très connoté et, par surcroît, mal approprié à la végétation du désert.

17Si l’on va dans le sens de cette interprétation, la reprise de la mer dans la clausule s’éclaire. « … la mer comme une présomption de l’esprit » (souligné par moi). Soit, pour décoder en accordant au mot ses deux significations selon son étymologie latine : la mer sera tout au long du poème à la fois anticipation et prétention. Anticipation (elle va dans le sens de l’audace de l’entreprise) ou prétention (elle trahit la crainte de l’échec). Et si l’on se rappelle l’autre bout du poème — « Et ma pensée n’est point distraite du navigateur. » (Saint-John Perse, 1982, p. 114) —, on aura compris qu’il y aura un jour, si les conditions le permettent, un autre poème consacré entièrement à la mer. Il commencera à prendre forme vingt ans plus tard et ne trouvera son titre, Amers, et sa version intégrale qu’en 1962 : « … Or il y avait un si long temps que j’avais goût de ce poème. » (Saint-John Perse, 1982, p. 263).

18Pour moi, l’incomplétude est donc plus complexe qu’une simple ellipse, elle ressemble à un coup de frein, au moment où Saint-John Perse risquait de se trahir ou de retomber dans la pente de l’incurable nostalgie de Saintleger Leger, le signataire d’Éloges. Or, je ne sais pourquoi, cette ligne de fuite m’a fait penser aux fils électriques sur lesquels se perchent les hirondelles aux premiers froids de l’automne et que nous regardons avec tristesse se préparer à s’envoler vers les pays chauds.

*

NOCTURNE

Les voici mûrs, ces fruits d’un ombrageux destin.
[…]
Les voici teints de notre sang, ces fruits d’un orageux destin.
À son pas de lieuse de gerbes s’en va la vie sans haine ni rançon.
1972.

(Saint-John Perse, 1982, p. 1395)

19Presque un demi-siècle plus tard, le grand âge. Mais sans le ton de défi de Chronique, paru douze années plus tôt : « Grand âge, nous voici. » (Saint-John Perse, 1982, p. 389). C’était alors l’année du Nobel (1960), ardemment voulu et obtenu à la force du poignet et des relations américaines. Durant les dix années suivantes, le poète connut enfin la reconnaissance de son œuvre dans le volumineux hommage de Honneur à Perse (1965). Puis il conduisit le laborieux chantier du volume de la Pléiade, travaillé en concertation avec Jean Paulhan, volume évoqué dans Nocturne, terminé en 1972 et absent de la première Pléiade. Dans ces gestes d’autocélébration et dans sa parole publique, on lui trouve à raison de la solennité et de la raideur. Et on lui fait grief d’une biographie maquillée et embellie. Cependant, selon le beau titre de l’hommage rendu au poète par Emmanuel Godo dans Priorité à la Poésie, il y a chez Perse « une noblesse qui ne triche pas » (Levillain & Mayaux, 2025, p. 233).

20Le titre, Nocturne, appartient au domaine musical romantique (romantisme qu’il a pourtant renié). Il évoque aussitôt Chopin et la belle forme simple de ses sonates, le chuchotement, bouche presque fermée, de la mélancolie et de l’insomnie, le retour sur soi-même et l’approche de la mort. Les mots sont simples, la forme rythmique régulière, les refrains et les reprises modulées, les demi-tons et la clarté de l’expression tranchent avec l’ardeur contagieuse des grands poèmes précédents. Ce n’est plus ni l’heure, ni le moment de la harangue vigoureuse : « S’en aller, s’en aller ! Parole de vivant ! » (Saint-John Perse, 1982, p. 187).

21On peut imaginer le volume de la Pléiade posé sur sa table de travail. Âgé de quatre-vingt-cinq ans, le poète le célèbre avec l’emphase de jadis, mais découvre avec mélancolie qu’il sonne faux : « Les voici mûrs et sous la pourpre, ces fruits d’un impérieux destin […] — Nous n’y trouvons point notre gré. » (Saint-John Perse, 1982, p. 1395, souligné par moi). Le cuir marron de la reliure ne prétend pas à la pourpre impériale. Pire, la vision de l’intégralité de l’œuvre, dans sa quantité et sa qualité l’attristent. Le disparate de la présentation le déçoit : on sait qu’il a été contraint par Gaston Gallimard d’ajouter toutes sortes de documents, lettres, discours, hommages, son œuvre étant trop mince pour faire l’objet d’une Pléiade, dont il aurait voulu que le titre soit Œuvre poétique et non pas Œuvres complètes. Sous cette forme imprimée, en caractères romains et non en italiques, comment retrouverait-il toute la vie antérieure de l’œuvre, les insomnies et les rêves, le surgissement de l’inspiration, les tourments et les enthousiasmes, la vitalité de la langue poétique ? En dépit du « nous » de majesté qui cherche à éluder l’aveu, les trois clausules des strophes insistent sur la profonde désillusion du poète au regard de son ambition. L’écrit a en quelque sorte garroté le désir du Grand Œuvre.

22Aussi le dernier vers, séparé des précédents, par ses mots simples, courts, mime l’amenuisement du souffle, la perspective du détachement final. Certes le drame est volontairement neutralisé ; « la lieuse de gerbes » a remplacé la cruelle faucheuse. Tout est effectivement encore lié dans le phrasé musical, et peut se lire d’une respiration tranquille. La simplicité, sur le mode de la chanson populaire « s’en va la vie », donne l’image d’un déclin continu, sans brutalité, sans souffrance.

23Reste cependant l’énigme du dernier syntagme qui me taraude depuis longtemps, comme une fausse note dans un nocturne de Chopin : « … sans haine ni rançon ». Est-ce un simulacre de confession ? La crainte d’un jugement ? Ou la volonté de régler ses comptes pour la dernière fois avec ses ennemis ? Dans sa double carrière de poète et de diplomate, le contraste a été en effet violent entre les débuts prometteurs, avec la reconnaissance de ses aînés en poésie comme dans la carrière, et les années postérieures à son renvoi en 1940, celles de son exil et de son retour tardif en France. Jusqu’à ses derniers jours, ses compatriotes ne lui pardonneront pas son choix de ne pas avoir rejoint à Londres le général de Gaulle. Inversement, il n’aura rien fait pour se réconcilier avec eux.

24Partir « sans haine », soit ! Ce serait une saine thérapie. Pour autant, aller jusqu’à oblitérer la rancune (sans haine et sans rancune, n’est-elle pas une expression figée ?), effacer la mémoire des coups bas et des calomnies, serait inhumain. L’oubli ne se décide pas, surtout chez un hypermnésique.

25Après avoir buté en vain contre le terme « rançon » dont le sens reste, à mon avis, indéchiffrable, je proposerais donc l’hypothèse suivante. Comme si sa plume avait été empêchée, le poète aurait remplacé rancune par son presque homonyme, rancune/rançon. Sur ses manuscrits, où les colonnes de mots sont disposées au-dessus de la ligne, ce genre d’hésitations est fréquent : l’homonymie l’emporte sur la synonymie, le poids et le son des vocables sur leur sens.

26Pour rester sur la sensation de douceur, propre au mode du nocturne musical et de ce Nocturne, je vous livre l’encouragement limpide et souriant lancé à ses proches par Jean Cocteau : « Faites semblant de pleurer, mes amis, parce que les poètes font semblant d’être morts. » (Pillaudin, 1960, p. 104-105).