Introduction : La graine, puissance de recommencement
1C’est par cette formule que nous avons choisi d’ouvrir ce recueil, en écho aux mythes des origines, mais aussi en hommage à la puissance de la vie en devenir. La graine, en effet, n’est pas seulement un organe reproductif du végétal : elle est un monde en miniature, une promesse de transformation, un potentiel de différenciation. Elle contient un patrimoine, une mémoire, un code, mais aussi une exposition à l’imprévu : le vent, l’eau, les animaux, les gestes humains. C’est cette tension entre héritage et altération, entre enracinement et dispersion, que nous avons voulu explorer collectivement, dans le cadre d’un dialogue interdisciplinaire entre les arts, les philosophies, les esthétiques environnementales, les pratiques écologiques et les formes sensibles de la recherche.
2Dès l’origine de ce projet, nous avons souhaité accorder une place centrale à la création artistique – non seulement comme objet d’analyse, mais aussi comme mode de pensée, comme manière de composer avec le vivant, avec le monde, avec les autres. Que ce soit en littérature, au cinéma, en arts plastiques, en musique ou au théâtre, la graine apparaît comme une métaphore fondatrice de la création, mais aussi comme un support matériel, une pratique, un geste, un motif, parfois même un matériau1.
3La graine nous relie. Elle traverse les territoires, franchit les frontières, et avec elle voyagent les plantes, les paysages, les usages, les récits. Elle est, comme l’a montré Gilles Clément, au cœur du jardin planétaire2, cette circulation mondialisée des espèces souvent liée à l’histoire coloniale et aux transformations de l’agriculture. C’est pourquoi, dans ces contributions rassemblées, les dimensions politiques, éthiques et économiques ne sont jamais disjointes des perspectives esthétiques.
4Les banques de semences, les semences paysannes, les graines stériles imposées aux agricultures industrielles, les graines de « résistance » ou de « réensauvagement » deviennent autant de points de cristallisation pour repenser nos rapports à la terre, à la reproduction, à la biodiversité. À l’heure du capitalocène, de l’anthropocène ou du plantationocène, pour reprendre les termes de Donna Haraway3, le végétal n’est plus un simple décor ni une ressource, mais un acteur politique et esthétique à part entière. Et la graine, en tant que promesse ou négation de cette vie végétale, en devient l’élément central.
5La graine nous relie, mais elle divise aussi : elle devient enjeu de biopouvoir, de monopole, de conservation, ou au contraire de réappropriation collective. En explorant les graines, ce colloque n’a pas seulement cherché à célébrer la vie, mais aussi à en questionner les conditions, les menaces, les récits dominants. Il s’agit de penser la sympoïèse – cette co-fabrication du vivant – à partir des graines, dans une logique d’interdépendance, de temporalités multiples, d’incertitude aussi.
6Le colloque4 à l’origine de ces actes (18-20 juin 2025, Université Paris Cité) s’est construit avec le souhait de faire dialoguer des chercheur·e·s, des artistes, des théoricien·ne·s, des praticien·ne·s, dans un esprit d’hospitalité interdisciplinaire. Pendant ces trois journées, nous avons entendu des interventions issues de la philosophie, de la littérature, des arts plastiques, de l’architecture, du paysage, de la recherche-création, du théâtre, du cinéma.
7Les contributions ici réunies en rendent compte et envisagent donc la graine non comme une simple métaphore de l’origine ou de la création, mais comme un objet théorique, esthétique et politique à part entière. Discrète, souvent invisible, parfois dormante, la graine oblige à déplacer nos catégories habituelles : elle invite à penser des temporalités non linéaires, des formes de création non téléologiques, des pratiques attentives à l’aléa, à la latence et à la relation au milieu.
8Le recueil s’organise en quatre parties qui ne visent pas tant à cloisonner les approches, qu’à proposer des lignes de force permettant de voyager entre les contributions selon des perspectives complémentaires : des fondements historiques et philosophiques aux pratiques artistiques contemporaines, des gestes situés de création aux formes cinématographiques et littéraires. La graine y apparaît tour à tour comme objet de savoir, modèle théorique, matériau plastique, opérateur politique et principe formel.
9La première partie, « Jalons historiques », établit le socle conceptuel de l’ouvrage en posant les fondements scientifiques, esthétiques et philosophiques d’une réflexion sur la graine. Elle retrace d’abord la constitution de la graine comme objet de savoir, avant d’en montrer les déplacements vers le champ de l’esthétique et de la philosophie.
10C’est à l’histoire matérielle et culturelle de cette constitution qu’est consacrée la contribution de Luc Menapace, « La graine et le livre : naissance et développement de la figure de la graine dans l’illustration botanique ». En parcourant les cabinets de curiosités, les planches botaniques, l’essor de la carpologie et l’invention du microscope, l’auteur montre comment la graine s’impose progressivement comme objet d’observation, d’identification et de mise en savoir. De simple curiosité naturelle, elle devient forme analysable, classifiable, reproductible – et le monde de l’édition témoigne de nos jours d’un regain d’attention pour ces figures minuscules mais structurantes du vivant.
11À sa suite, l’écologue Jacques Tassin nous fait découvrir de plus près le monde merveilleux des semences. S’appuyant sur les singularités biologiques des graines – dormance, dispersion, résistance, voyages dans l’espace et le temps –, il met en évidence leur statut paradoxal dans le vivant et souligne combien elles demeurent un impensé philosophique. En invitant à reconsidérer leur place dans l’écologie du monde, il élargit la réflexion à une méditation sur les modes d’être discrets, latents et pourtant décisifs des semences et milite « Pour une philosophie des semences ».
12Ce passage de l’objet à l’ontologie est prolongé par Justine Janvier dans « Au commencement était la graine ». Déplaçant la réflexion vers l’esthétique philosophique, elle mobilise Goethe et Luigi Pareyson pour penser la morphogenèse végétale comme paradigme de la création artistique. La graine y devient figure du commencement véritable : non pas surgissement ex nihilo, mais développement orienté d’une forme en puissance. L’œuvre, comme la plante, procède d’un principe interne de déploiement.
13Cette dynamique formelle trouve un prolongement plastique dans l’analyse de Clélia Nau, « Le grain du visible ». À partir de la peinture, elle montre comment la germination et la poussée végétale deviennent des forces plastiques capables de transformer la surface picturale elle-même. La graine n’y est plus seulement modèle conceptuel, mais principe de texture et de visibilité : elle travaille le regard, modifie le régime perceptif, fait émerger une peinture conçue comme champ de croissance.
14De l’histoire des représentations scientifiques à l’ouverture ontologique, cette première section fait donc apparaître la graine comme une figure de passage : d’objet observé et classifié, elle devient modèle morphologique puis question philosophique, révélant la profondeur théorique d’une forme longtemps tenue pour marginale.
15La deuxième partie, « Arts contemporains », interroge les usages plastiques, politiques et écopoétiques de la graine comme matière, archive vivante et opérateur critique face aux bouleversements écologiques contemporains. Les contributions réunies ici montrent comment la semence quitte le seul registre symbolique pour devenir geste, dispositif, outil d’enquête ou levier de résistance.
16Cette dimension opératoire apparaît d’emblée dans l’analyse proposée par Paul Ardenne, avec « Un art de la plantation : végétaliser, réparer ». L’auteur met en lumière l’émergence d’un artiste-planteur, jardinier ou horticulteur, pour qui la graine devient un matériau d’intervention. D’abord mobilisée à des fins décoratives ou formelles, elle s’inscrit progressivement dans des logiques de care et de réparation. Entre écologie, activisme et réinvention des cadres esthétiques, la plantation se fait geste critique : elle reconfigure le rapport au vivant et engage l’art dans des dynamiques de remédiation.
17Cette attention à la graine comme pratique située se double, dans plusieurs contributions, d’une réflexion sur les régimes de visibilité et d’archive. Danièle Méaux, dans « Photographie et accaparement des semences au Capitalocène », montre ainsi comment l’image contemporaine documente et interroge l’appropriation industrielle des semences. La photographie ne se contente pas d’enregistrer : elle révèle des temporalités lentes, des micro-processus invisibles, et rend perceptibles les enjeux politiques liés au contrôle du vivant.
18Dans un registre différent mais complémentaire, Fiona Delahaie, avec « Pousser avec l’invisible », adopte une approche écosémiotique des Leçons de chausses de Gérard Hauray. Les graines transportées sous les semelles des visiteurs deviennent le lieu d’une « coénonciation » entre humains et végétal : le déplacement quotidien se transforme en dispositif d’attention, et l’invisible en événement sensible.
19À partir de cette mise en visibilité, plusieurs contributions déplacent encore l’analyse vers les dimensions explicitement politiques de la semence. Julie Noirot, dans « Graines de résistance à l’ère du Plantationocène dans l’œuvre d’Isadora Romero », montre comment la graine devient à la fois matériau plastique et support de mémoire active. Inscrite dans des contextes marqués par l’extractivisme et l’héritage colonial, elle incarne des formes de résistance écoféministe et décoloniale, portées par des communautés de « gardiennes de semences ».
20Dans une perspective proche mais centrée sur les circulations et les migrations, Thaïva Ouaki, dans « Graines déterritorialisées : un enchevêtrement de possibles », analyse des pratiques artistiques qui mettent en scène le déplacement des graines. Elle fait apparaître les tensions entre conservation et mobilité, enracinement et dissémination, et montre comment la graine devient le vecteur d’une reconfiguration des appartenances à l’ère du Capitalocène.
21Enfin, cette articulation entre matérialité végétale et relecture critique de l’histoire trouve un prolongement dans la contribution de Géraldine Sfez, « Dormance des graines et réécriture de l’histoire ». En étudiant les œuvres d’Otobong Nkanga, Uriel Orlow et Kapwani Kiwanga, elle montre comment la dormance devient modèle de latence et de résurgence : la graine agit comme archive vivante, capable de rouvrir des récits enfouis et de reconfigurer la mémoire coloniale et postcoloniale.
22Au fil des œuvres et des dispositifs analysés, la semence se déploie ainsi comme un opérateur critique du présent : archive vivante, matière plastique, vecteur de résistance ou de réparation, elle configure des pratiques artistiques qui interrogent la mémoire, les territoires et les conditions mêmes du vivant à l’ère des crises écologiques.
23La troisième partie, « Témoignages de créatrices », réunit deux contributions issues de pratiques situées, où la graine n’est pas seulement objet de réflexion, mais partenaire concret de l’action. Toutes deux mettent en lumière une même éthique du « faire avec » : accepter la temporalité propre du vivant, composer avec l’incertitude, inscrire la création dans un milieu.
24Dans « Maîtrise et hasards, la magie de concevoir avec des graines », Laure Planchais propose un retour d’expérience de paysagiste conceptrice. La graine y est pensée comme alliée de projets à temps long : elle constitue à la fois un levier de transformation et un facteur d’aléa, de surprise et d’apprentissage. À travers plusieurs cas concrets – semis d’arbres, dynamiques de reconquête végétale, gestes qualifiés de « bienveillants » – se dessine une conception du projet fondée sur l’attention au site, l’acceptation de l’imprévu et la confiance dans les puissances d’installation du vivant. Le geste paysager apparaît ainsi comme un accompagnement plus que comme une imposition.
25Si cette première contribution insiste sur l’ancrage dans le sol et la durée, celle de Karine Bonneval, « Portés par le vent », déplace la réflexion vers les circulations et les portages. À la croisée de l’art et des sciences, la graine y est appréhendée depuis ses modes de dispersion et d’inscription dans des phénomènes, notamment atmosphériques. Là où le semis paysager engage une relation au territoire, la dispersion aérienne ouvre à une pensée des trajectoires, des flux et des translations. L’article met en lumière les formes d’observation, d’expérimentation et de traduction sensible que ces circulations rendent possibles, et souligne combien la graine, loin d’être immobile, configure des réseaux dynamiques entre éléments, milieux et disciplines.
26À travers ces deux démarches situées, la graine apparaît comme partenaire de création : elle engage une pratique attentive aux milieux, aux temporalités longues et aux forces invisibles qui traversent le monde, invitant à concevoir l’art non comme maîtrise mais comme co-évolution avec le vivant.
27Enfin, la quatrième et dernière partie, « Arts du spectacle & lettres », examine les formes littéraires, théâtrales et cinématographiques où la graine devient principe formel, dramaturgique ou poétique. D’un médium à l’autre, elle ne se réduit pas à un motif thématique : elle agit comme opérateur de structure, de circulation et de transformation.
28Ainsi, Benjamin Criqui, dans « Disséminer les graines, ensemencer les images : poétique du semis dans le cinéma des années 1930 », propose une lecture biopoétique de plusieurs films de cette période. Le semis et la graine n’y sont pas seulement des éléments narratifs liés au monde agricole : ils deviennent principes formels. Les graines « ensemencent » littéralement les images, structurent des rythmes, organisent des circulations visuelles et sonores, et invitent à penser l’image cinématographique comme forme de vie prise dans un réseau d’interdépendances.
29Dans un autre régime spectaculaire, mais selon une logique comparable de dissémination et d’activation, Flore Garcin-Marrou, dans « Le théâtre comme graine. Germinations politiques et poétiques », analyse le théâtre-forum et les dispositifs d’intervention sociale inspirés du Théâtre de l’Opprimé. Il ne s’agit plus ici d’ensemencer des images, mais des consciences : la graine devient modèle d’une efficacité différée, située, non dogmatique, fondée sur l’expérimentation collective, l’appropriation par les participant·es et la propagation par adaptations locales. La scène devient sol d’expériences où peuvent germer des décisions et des engagements.
30Ce déplacement vers les conditions de transmission et d’activation trouve un écho théorique dans la contribution de Benjamin Thomas, « Le grenier des figures ». En interrogeant la logique de la réserve, du stockage et de la mise à disposition – le « grenier » – appliquée aux formes et aux figures, l’article réfléchit à ce qui se conserve, se transforme et se réactive dans le temps. La graine y est implicitement associée à une mémoire formelle : ce qui dort, se conserve, puis redevient fécond lorsque les conditions sont réunies.
31C’est précisément cette dynamique de germination formelle que développe Gabriel Meshkinfam dans « La fable de la graine et du sillon : penser botaniquement la fabrique du poème ». Transposant le modèle botanique au champ de la poïesis, il envisage le poème comme espace de dépôt, de sillon et de reprise : une forme ne surgit pas d’un seul jet, mais se développe selon des temporalités, des gestes et des milieux spécifiques (langue, rythme, mémoire). La graine devient ici matrice d’une pensée du poème comme croissance.
32Enfin, dans « “La fin du monde qu’anticipe le jardinier est entièrement germinative” – une poétique de la germination dans Ruines-de-Rome de Pierre Senges », Cécile Narjoux analyse la manière dont le roman substitue à l’imaginaire de l’effondrement une dynamique de prolifération végétale. Chaque fragment, intitulé d’un nom de plante réel ou fictif, fonctionne comme un foyer d’expansion poétique à partir duquel se développent images, récits, glissements lexicaux et ramifications syntaxiques. Le végétal devient non seulement un motif, mais un véritable principe formel, selon une logique de dissémination, de greffe et de circulation rhizomatique qui transforme le livre en herbier spéculatif et en laboratoire stylistique. L’apocalypse s’y reconfigure en puissance germinative, révélant une forme d’écriture écologique fondée moins sur la représentation de la nature que sur l’imitation de ses modalités de croissance.
33Ce dernier faisceau de contributions met en lumière une même logique : qu’il s’agisse d’images, de scènes ou de textes, la création se pense ici comme dissémination, latence et développement organique, selon une dynamique végétale qui innerve les formes et leurs devenirs.
34Si l’organisation des actes en quatre parties offre une cartographie nécessaire, elle ne saurait toutefois épuiser les circulations internes qui traversent le volume. D’un article à l’autre se dessinent des échos, des déplacements, des convergences parfois inattendues : la graine y fonctionne moins comme simple objet d’étude que comme opérateur critique commun, capable de reconfigurer des problématiques esthétiques, philosophiques et politiques.
35Une première ligne de force concerne les temporalités du vivant. De la dormance biologique aux dynamiques de germination formelle, la graine introduit une pensée du temps qui déjoue la continuité linéaire et la causalité progressive. Latence, reprise différée, survivance, maturation lente : ces modalités traversent aussi bien les analyses philosophiques que les pratiques artistiques. La création n’y apparaît plus comme un acte ponctuel, mais comme un processus stratifié, parfois souterrain, dont les effets ne se donnent qu’à retardement. Le temps s’y pense comme réserve, comme potentiel, comme possibilité de réactivation.
36À cette reconfiguration temporelle répond une interrogation sur les régimes de visibilité. Minuscule, enfouie, souvent invisible, la graine met à l’épreuve les dispositifs du regard. La rendre visible suppose de la cadrer, de l’agrandir, de la nommer – au risque de l’extraire de son milieu et de ses relations. Plusieurs contributions soulignent ainsi que toute mise en image est déjà une opération de sélection et d’interprétation. Mais elles valorisent en retour des formes d’attention plus lentes, plus obliques, capables d’accueillir l’inapparent, le discret, l’infra-visible. La graine devient alors le lieu d’une réflexion sur ce qui échappe aux régimes spectaculaires du visible.
37Parallèlement, se dessine une véritable poïétique germinative. La graine y fonctionne comme modèle d’un faire non volontariste : elle n’impose pas une forme, elle en prépare les conditions. Créer avec la graine, écrire depuis elle, planter, filmer ou mettre en scène le semis revient à déplacer l’idée de maîtrise. L’œuvre ne se conçoit plus comme projection d’une volonté souveraine, mais comme accompagnement de processus, préparation d’un sol, ajustement à un milieu. Cette dynamique implique une éthique du renoncement à l’immédiateté et au contrôle absolu, au profit d’une attention aux interactions et aux devenirs.
38Enfin, la dimension politique traverse l’ensemble du volume, parfois frontalement, parfois de manière plus diffuse. Parce qu’elle se situe au cœur des systèmes agricoles et économiques, la semence cristallise des enjeux d’appropriation, de dépossession et de pouvoir. Mais elle est aussi porteuse de gestes de résistance : conserver, transmettre, replanter, disséminer deviennent autant d’actes critiques. Cette politique de la graine ne s’exprime pas toujours dans le registre spectaculaire ; elle s’incarne souvent dans des pratiques locales, patientes, attentives au soin et à la durée.
39Ce faisceau de temporalités, de visibilités, de pratiques et d’engagements fait émerger une figure paradoxale : la graine, minuscule et discrète, agit comme point de condensation théorique. Elle met en relation des questions de temps, de forme, de pouvoir et de milieu, et ouvre un espace de pensée où création et vivant cessent d’être dissociés. Prendre la graine au sérieux, dans ce contexte, ne revient ni à l’ériger en concept totalisant ni à en faire un simple symbole. Il s’agit plutôt de reconnaître en elle une puissance critique modeste mais décisive, capable d’orienter autrement nos manières de penser, de créer et d’habiter un monde fragilisé.
40Au commencement était la graine ; et c’est peut-être dans sa capacité à recommencer, à survivre et à se transformer que réside aujourd’hui sa véritable portée critique.

