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Appels à contributions
Le contresens: appel à contribution pour le site de Transitions

Le contresens: appel à contribution pour le site de Transitions

Publié le par Alexandre Gefen (Source : Sarah Nancy)

Le contresens : argument

Il n’est pas rare qu’un ouvrage critique se présente comme la correction d’un contresens pesant sur l’oeuvre d’un auteur, et il est banal qu’un enseignant appose, dans la marge d’un devoir d’élève ou d’étudiant, l’appréciation : « contresens ».

Pourtant, mal distingué de l’erreur, moins noble que le « sens » ou la « signification » dont il présuppose l’existence, rarement interrogé pour lui-même sauf peut-être dans les domaines de la philologie et de la traduction, le contresens occupe dans nos pratiques un statut infra-conceptuel. C’est qu’il règle à petit bruit le problème de la délicate articulation de la langue et de l’écriture, de la grammaire et du style, de la parole et du discours, de la production et de la réception, du texte et du contexte, etc. Personnage parfois discret, parfois emphatique de notre théâtre critique, le contresens nous est utile parce qu’il nous fournit un point d’accroche, un ennemi, un drame.

Mais jusqu’à quel point le texte littéraire se prête-t-il à l’hypothèse du contresens ? Suffit-il, pour régler cette question, de le réputer contre le sens, ou ironique, comme certaines théories de la modernité l’ont envisagé ? Entre les lectures de premier, de second voire de troisième degré, où se loge alors le contresens ? Ne faut-il pas plutôt admettre, ce qui expliquerait les conflits d’interprétation, qu’il n’y a de vie du sens que dans une approximation perpétuelle, voire dans le jeu des malentendus ? Peut-on du reste parler de contresens esthétique ?

Et pourtant, sans l’hypothèse du contresens, comment s’entendre, comment enseigner ?

Nous aimerions que, concernant la question du contresens, les contributeurs commencent par s’interroger sur l’usage qu’ils font, qu’ils ont pu faire, dans leur recherche et/ou dans leur enseignement, de la catégorie elle-même : cet usage est-il conditionné par la démarche critique qu’ils mobilisent, ou est-il involontaire, infra-théorique en quelque sorte ? Pourraient-ils s’en passer ? La recherche, l’enseignement gagneraient-ils à mobiliser cette catégorie avec prudence ?

Dans la rubrique "Intensités" du site Transitions sont abordés des thèmes difficiles ou inhabituels, qui pourtant nous tiennent intensément à coeur.

Que les auteurs, en nouant un dialogue avec Transitions, acceptent cette légère accélération du pouls, ce risque d’une confrontation à l’urgence, à l’espoir, sans rien céder de leur rigueur. Nous espérons que des dialogues, des débats se noueront – que nous nous exposerons tous à des questions.

Nous accompagnerons les contributions d’un commentaire destiné à tisser un réseau d’échos et d’interrogations ; et donnerons la parole aux auteurs qui souhaiteront y répondre.

Les propositions sont à envoyer avant le 30 avril 2012 via la rubrique "contact" du site