Essai
Nouvelle parution
H. Uchida, Au-delà / Entrée triomphale dans Port-Arthur

H. Uchida, Au-delà / Entrée triomphale dans Port-Arthur

Publié le par Nicolas Geneix

Hyakken Uchida, Au-delà / Entrée triomphale dans Port-Arthur

Traduit par Patrick Honnoré, préface de Philippe Forest.

280 p.

EAN 9782251446660

24,90 EUR

Présentation de l'éditeur :

« J’ai comme l’impression que je ne mourrai pas de sitôt. » 

En 1922, Uchida Hyakken publie sa première œuvre, Au-delà, un recueil de nouvelles qui révolutionne l’approche du fantastique. L’année suivante, le grand tremblement de terre de Tôkyô détruit la quasi-totalité des exemplaires existants. Hyakken se lance alors dans l’écriture d’une autre série sur le même principe. Onze ans plus tard, il achève Entrée triomphale dans Port-Arthur

Histoires de femmes et histoires d’argent, sentiment de culpabilité et peur de la folie, le tout abordé avec un sens de l’humour et du pathétique qui fait de l’auteur l’égal de Kafka : chaque nouvelle, introduite in medias res, s’achève de même par un léger sursaut qui est rarement une véritable chute. On imagine plutôt le réveil en sueur du narrateur. Prises toutes ensemble, ces nouvelles composent une peinture des enfers. 

À la fois bonhomme et intransigeant, Uchida Hyakken (1889-1971) fut le disciple de Natsume Sôseki et l’ami d’Akutagawa Ryûnosuke. Mishima le plaçait au tout premier rang : « S’il faut nommer un seul véritable stylisticien de la langue japonaise, le nom d’Uchida Hyakken s’impose. »

Né le 29 mai 1889 à Okayama dans une famille de brasseurs de saké qui fera faillite à la mort du père, alors qu’il a seize ans, Uchida Hyakken est l’un des classiques du xxe siècle les plus populaires au Japon, où il est reconnu comme le précurseur de la littérature contemporaine, Murakami Haruki et Kawakami Hiromi en tête. Il est assez incompréhensible qu’il soit resté à peu près inconnu en Europe jusqu’à maintenant. À la fois bonhomme et intransigeant, Hyakken est apprécié de ses lecteurs pour ses récits fantastiques empreints d’humour, ses problèmes permanents de femmes et d’argent, sa façon de les aborder avec une autodérision dévastatrice, et son amour des chats. Pendant ses années d’études à l’université impériale de Tôkyô, il fut un disciple de Natsume Sôseki et un ami d’Akutagawa Ryûnosuke. Après un diplôme de littérature allemande, il devint professeur d’allemand. En 1922, il publie sa première œuvre, Au-delà, un recueil de nouvelles qui révolutionne l’approche du fantastique. L’année suivante, le grand tremblement de terre de Tôkyô détruit la quasi-totalité des exemplaires existants. Hyakken se lance alors dans l’écriture d’une autre série sur le même principe. Onze ans plus tard, il achève Entrée triomphale dans Port-Arthur. Il est devenu coutumier, dès le vivant de l’auteur, de publier les deux recueils ensemble sous leur double titre. La célébrité vient avec le premier Carnet du Hyakkien (1933), des récits à caractère autobiographique. Son œuvre abondante comporte essais « au fil du pinceau », nouvelles, romans, récits pour la jeunesse et haïkus. Il est considéré comme l’un des maîtres d’une langue japonaise écrite portée à son niveau de perfection stylistique. À la lumière de ses textes, Uchida Hyakken apparaît comme un fils de famille élevé dans le goût des plaisirs, mais perdu dans une difficulté chronique à joindre les deux bouts, incapable d’arrêter d’entretenir des maîtresses, fin gourmet et roi des tapeurs, capable de pleurer la disparition de son chat mais incapable d’exprimer sa tendresse pour ses enfants quand il est avec eux, pour se laisser submerger par la culpabilité quand son fils tombe malade, sans pour autant bouger le petit doigt pour se réformer. Une sorte d’antihéros du sentiment humain, et de ce fait terriblement humain. L’homme devait d’ailleurs présenter d’autres facettes, car il est également célèbre pour l’affection que lui prodiguèrent ses étudiants jusqu’à sa mort, lors des rencontres du club « Ça y est-il ? » (Maada-kai, jeu de mot sur la phrase rituelle du jeu de cache-cache, et titre du dernier volet de son œuvre autobiographique, qui sera adapté par Kurosawa Akira dans son tout dernier film Madadayo, c’est-à-dire « Pas encore ! ») Anticonformiste indécrottable, Hyakken refusa sa nomination à l’Académie japonaise des Arts en 1967, pour la raison restée célèbre : « Je ne veux pas parce que je ne veux pas ! » Cinq jours avant sa mort, le 20 avril 1971, sortait son dernier roman Les portes ferment au coucher du soleil.

Patrick Honnoré est traducteur de littérature générale, littérature jeunesse et bande dessinée. Il a reçu le prix de la Fondation Konishi pour la traduction en 2012.

Le préfacier, Philippe Forest, romancier, a consacré de nombreux essais à la littérature japonaise (La Beauté du contresens, 2005).

Au-delà 
Feux d’artifice 
Santô Kyôden Jintôshi 
Les corbeaux 
Kudan
Écho 
Bois flotté 
Les lézards 
Compagnon de route 
Potamot à feuilles de saule
Le Chinois 
Courte nuit d’été 
Dalles de pierre 
Le démon de la variole 
Albinos 
Le brise-lame 
La panthère 
Au-delà 

Entrée triomphale dans Port-Arthur 
Avant-propos 
Ascension 
Chapeau melon 
Le Yûshûkan 
Ombre 
Image 
Le chat 
Jardin étroit 
Entrée triomphale dans Port-Arthur 
Le banquet 
L’assassinat du capitaine 
Ambassadeur près des Tang 
Chrysanthème 
Carpe 
Le bihoreau gris
Gingko biloba 
Homme à femmes 
Le gnome 
Tourbillon 
Pente 
Oiseau d’eau 
La neige 
La crête des vagues
Dernières lueurs du soir
Le prédécesseur 
Esprit du printemps 
Miroitement d’automne 
La danse du Prince de Lanling
Le magnolia 
La glycine

Postface, commentaires et annotations par Patrick Honnoré
Repères biographiques
Bibliographie