C'est avec les meilleurs livres que l'on fait la bonne littérature. Les auteurs les plus secrets de cette saison littéraire semblent s'être donnés le mot pour nous inviter à ne pas sortir la bibliothèque : Alexandre Postel nous fait passer l'automne à Concarneau avec Flaubert tentant de terrasser le dragon de la mélancolie (Un automne de Flaubert, Gallimard). Maylis Besserie nous assoit sur ce banc d'une maison de retraite du quatorzième arrondissement de Paris, où Beckett attend la fin (Le tiers temps, Gallimard). Thierry Bouchard tisse la lecture du plus célèbre récit de Melville et la fin d’un fictif "écrivain de la disparition" (La Fin de Bartleby, Fargo). Cécile Ladjali lance une étudiante berlinoise sur les traces d'un père fantôme pour lui offrir de croiser le chemin de Franz Kafka, à Prague, puis bien des années plus tard, de Sadeg Hedayat, à Paris (La fille de personne, Actes Sud). Et Georgina Tacou ramène sur terre Fritz Zorn, écrivain héroïque d’un seul livre culte, Mars, paru en 1976 (Évangile des égarés, L'Arpenteur, Gallimard).