Vous n'avez jamais entendu parler de Virgil Haack ? Vous n'avez jamais lu une traître ligne de Sara Zeelen-Levallois ? Les oeuvres complètes de Hartmut Trautmann manquent à votre bibliothèque ? Vous n'avez rien raté. Car ces trois écrivains de génie, ainsi que les 49 autres qui composent l'Encyclopédie des écrivains ratés de C. D. Rose (Seuil) et des plus phénoménaux ratages de toute l'histoire de la littérature, ont été victimes de diverses avanies qui les ont fait passer à l'as de la postérité. Voyez l'infortuné Hans Kafka, que son quasi-homonyme a relégué dans l'ombre pour l'éternité. Songez à Otha Orkkut, dont l'incomparable talent nous demeurera à jamais inconnu puisqu'elle a écrit toute son oeuvre en cimbrien, dialecte finno-ougrien dont elle était hélas la seule locutrice. Et que dire d'Aurelio Quattrochi, cas extrême de perfectionnisme, qui n'est capable d'écrire qu'une phrase par jour et dont le magnum opus, voué sans le moindre doute à renvoyer Proust, Joyce et consorts à leurs études, est annoncé pour 2042 ?