Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la « faim de lecture » propre à la période de l’Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l’orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l’intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s’évader hors d’un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Telles sont les questions affrontées par J. Cantier dans Lire sous l'Occupation (CNRS éd): une plongée dans les archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d’initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l’esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral…