On sait que Gérard Genette pratiquait l'humour volontiers noir, et n'hésitait pas dans ses derniers livres à envisager, avec une lucidité teinte d'alacrité, sa prochaine disparition. On ne s'étonnera donc pas de découvrir que le nouveau volume de la collection "Poétique" qu'il dirigea jusqu'à sa disparition en mai dernier, dû à la plume d'un auteur prénommé Frédéric, s'intitule de manière aussi émouvante que narquoise "Je suis mort". Dans cette étude de la narration "autothanatographique", Fr. Weinmann nous invite à parcourir ces fictions qui, de Sixième Sens à Desperate Housewives, du Superbe Squelette d’Alice Sebold à L’Attentat de Yasmina Khadra, de La Douane de mer de Jean d’Ormesson aux Damnés de Chuck Palahniuk, de La Voyageuse de Dominique Rolin à Barzakh de Juan Goytisolo, "participent d’un courant important de l’écriture du moi à l’époque de l’autofiction, et d’un changement capital dans la représentation du sujet et dans l’art narratif".