La comédie demande un dénouement des intrigues, la tragédie une "catastrophe", la nouvelle une "chute" qui surprend et donne pourtant le sens de l’histoire, l’essai une conclusion ; le roman adopte chacun de ces modèles et même les combine; il peut en outre les déplacer et en faire des fins intermédiaires. En prenant pour terrain de prédilection les fictions narratives des XVIIe et XVIIIe siècles (romans mais aussi bien contes, fables, compositions hybrides…), et le cas échéant des narrations non fictionnelles (mémoires), un prochain colloque dont la première partie se tiendra à la Sorbonne nouvelle les 28 & 29 juin et la seconde à l'Université de Lausanne les 8 & 9 novembre prochains rendra hommage à Jean-Paul Sermain en se donnant pour objet "Les fins intermédiaires" : interruptions, continuations et redéploiements, conclusion anticipée et écartée, suspendue, convenue, ironique, alternative, plurielle, en considérant leurs modes de figuration et les effets ainsi produits, dans la perception de l’histoire, des intrigues, des personnages, dans leur interprétation, dans l’articulation du projet didactique et des phénomènes narratifs, des incitations à l’émotion ou à la distance, des valeurs réflexives et poétiques…