Professeur émérite de philosophie du langage et d'esthétique à l'Université de Leuven, Herman Parret fait paraître coup sur coup trois ouvrages : dans Structurer. Progrès sémiotiques en épistémologie et en esthétique (Academia/L'Harmattan), il remet ses pas dans ceux de Greimas pour baliser les chemins qui ont conduit le projet sémiotique vers l'épistémologie puis l'ont ouvert à la pensée esthétique, et remettre en évidence l'efficacité méthodologique du concept de structure ; Une sémiotique des traces (Lambert-Lucas) rassemble "trois leçons sur la mémoire et l'oubli" : la première, plutôt philosophique, situe et évalue les pensées paradigmatiques de la mémoire (Aristote, Augustin, Husserl, Bergson) ; la seconde propose des pistes de sémiotisation à partir de la « mémoire archivale » de Foucault et de la « mémoire figurale » de Lyotard ; la troisième se présente comme une pragmatique de l’exercice de la mémoire et de l’oubli. Mais c'est sans doute La main et la matière. Jalons d'une haptologie de l'œuvre d'art (Hermann) qui constitue son maître-livre, en proposant une relecture de la pensée esthétique à partir de questions oblitérées par ses historiens. : comment la main donne-t-elle forme à la matière dans la pratique artistique ? Comment concevoir leur rapport dans la genèse d’une œuvre d’art ? Au revers de l’oculocentrisme dominant s’est développée en effet, dès la naissance de l’esthétique au XVIIIe siècle, comme la face occulte d’un Janus, une haptologie de l’œuvre d’art qui détermine l’expérience esthétique comme essentiellement sensorielle et corporelle, et la pratique artistique comme le cheminement de la main trouvant son chemin au cœur de la matière.