L'encre coulerait-elle avec le sang? Sans doute portée par le vent qui souffle depuis le Musée d'Orsay où se tient l'exposition "Crime et châtiment", une salve d'ouvrages justiciers s'est abattue dans les librairies : B. Oudin dresse les annales du Crime. Entre horreur et fascination, de Jack l'Eventreur à Al Capone, du Dr. Petiot à Landru ou Marie Besnard, du brigand Cartouche au gangster Dillinger. On peut préférer un autre portrait de groupe avec Figures de femmes criminelles, contemporaines (Jeanne Weber, l'ogresse de la Goutte d'or, Violette Nozière, l'empoisonneuse, les soeurs Papin) ou figures archétypales "intemporelles" (Eve, Pandoraâ¦). F. Richter nous entraîne pour sa part dans la galerie de ces Fabuleux voyous que sont François Villon, Donatien Alphonse François marquis de Sade, Paul Verlaine et Jean Genet. E. Pierrat brosse le portrait d'un homme de (dé)goût: Ernest Pinard, procureur des procès Flaubert, Baudelaire, E. Suë. M. Porret nous emmène Sur la scène du crime. Pratique pénale, enquête et expertises judiciaires à Genève (XVIIIe-XIXe siècle), dont Acta fabula vient de rendre compte ("Naissance de la figure de l'expert", par L. Castex). On tentera de se rassurer en lisant Les mémoires du chef de la Sûreté de Paris à la Belle Epoque, Marie-François Goron.