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La reconnaissance des modernes. Poétiques de l'anagnorisis, du XIXe siècle à nos jours (Paris, Sorbonne)

La reconnaissance des modernes. Poétiques de l'anagnorisis, du XIXe siècle à nos jours (Paris, Sorbonne)

Publié le par Alexandre Gefen (Source : Alexandre Gefen)

Colloque international

« La reconnaissance des modernes.

Poétiques de l'anagnorisis, du XIXe siècle à nos jours »

Jeudi 11, vendredi 12 et samedi 13 mars 2027 (matinée)

Sorbonne, salle F007 (accès par le 17, rue de la Sorbonne, escalier C, deuxième étage) — métro Cluny-La Sorbonne, Saint-Michel ou Odéon ; RER B Luxembourg

Entrée libre dans la limite des places disponibles. Contact : alexandre.gefen@cnrs.fr

Organisation :

Alexandre Gefen (CNRS, UMR THALIM) et Olivier Guerrier (Université de Toulouse Jean Jaurès, IUF), avec la collaboration de Maxime Decout

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Définie dès Aristote comme le passage de l'ignorance à la connaissance, la reconnaissance est, dans une œuvre narrative ou dramatique, un moment structurant de l'intrigue. Dispositif poétique central des corpus antiques jusqu'au XVIIe siècle, la scène de reconnaissance est progressivement disqualifiée avec l'émergence du réalisme et du roman moderne : jugée artificielle, mélodramatique ou invraisemblable, elle semble reléguée vers des genres réputés mineurs (mélodrame, roman populaire, roman policier). Comme l'a montré Terence Cave (Poétiques de l'anagnorisis, Classiques Garnier, 2022), elle fait de la littérature un scandale, « une pierre d'achoppement, un obstacle à la crédibilité ».

Ce colloque entend mettre en doute cette disqualification en étudiant la reconnaissance dans la littérature moderne et contemporaine, du XIXe au XXIe siècle, de Balzac à Modiano, du récit d'enquête à la science-fiction, de la chanson au livre illustré et au cinéma. À l'heure des politiques de la reconnaissance, la reconnaissance fictionnelle est un révélateur des mécanismes modernes de légitimation des identités ; dans la littérature restreinte, elle devient fragmentée, intériorisée ou déléguée au lecteur, et la scène de reconnaissance se fait lieu de crise de l'identité, du langage et du rapport au réel. En partant de l'analyse de scènes concrètes, les communications interrogeront la manière dont la reconnaissance advient, échoue, se trouve contestée ou remodèle le savoir, là où se croisent la poétique, l'épistémologie, la politique et l'éthique.

Ce colloque forme le premier volet d'un diptyque dont le second, « Anagnosologie. La lecture littéraire comme reconnaissance », se tiendra à Toulouse les 16 et 17 septembre 2027.

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Programme

Communications de 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion.

Jeudi 11 mars

9h30 : Accueil des participants
10h00 : Ouverture, par Alexandre Gefen

10h15-12h15 — Scènes fondatrices, relectures modernes

Alice Béroud (Université Toulouse-Jean Jaurès), « Trouble dans l'anagnorisis : quand Pénélope ne reconnaît plus Ulysse »
Vesna Elez (Université de Belgrade), « Le traumatisme de la reconnaissance : “À une passante” »
Elena Anastasaki (Université de Thessalie / CIPh), « Reconnaissance(s) par les larmes dans Séraphîta de Balzac »
Rebecca Powers (Académie de Paris), « Reconnaître l'humain aux temps d'esclavage : “La Marque de naissance” de Hawthorne »

14h00-16h00 — Enquêtes : indices, amnésies, genres

Olivier Le Deuff (Université Bordeaux Montaigne, IUF), « Le détective comme machine d'hyperinvestigation : indices, identités et scènes de reconnaissance »
Isabelle-Rachel Casta (Université d'Artois), « “Tu es ma mère !”... Chambre jaune, parfum noir : crime sans mémoire chez Gaston Leroux »
Stéphane Pouyaud (Université Rouen Normandie), « Reconnaissance empêchée ou annulée : amnésie et fin ouverte dans cinq récits d'enquête romanesques et cinématographiques »
Raphaël Taccoen (Sorbonne Nouvelle, THALIM), « De la connaissance à la reconnaissance : enjeux narratifs et fictionnels de la reconnaissance en science-fiction »

16h00-16h30 : Pause

16h30-18h30 — Reconnaître en chansons, en images, à l'écran

Stéphane Hirschi (Université Polytechnique Hauts-de-France), « La reconnaissance en chansons »
Camille Page (Université Grenoble Alpes, Litt&Arts), « Voir ou savoir ? Le livre illustré à l'épreuve de la scène de reconnaissance (Le Comte de Monte-Cristo, 1846-1887) »
Sylwia Frach (Université d'Opole / IRCAV), « “I Am Not Here” : anti-anagnorisis et politique de l'irreconnaissabilité, de Gertrude Stein à Nina Menkes »
Massimo Olivero (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Le pathos de la reconnaissance : histoire et poétique de l'anagnorisis dans le cinéma classique américain »

Vendredi 12 mars

9h30-11h00 — De Proust à aujourd'hui : reconnaître l'incertain

Stéphane Chaudier (Université de Lille), « Reconnaître n'est pas connaître : les apories de la reconnaissance chez Proust et Mendelsohn »
Maxime Aillaud (CTELA, Université Côte d'Azur), « Un scintillement d'étoile lointaine : poétiques de la reconnaissance incertaine chez Patrick Modiano »
Zahra Hadjibabaie (Université d'Ispahan), « De l'agnition classique à l'anagnorisis lacunaire : mémoire traumatique et reconnaissance dans Magnus de Sylvie Germain » (en visioconférence)

11h00-11h15 : Pause

11h15-12h45 — Identités, institutions, légitimités

Claire David (Aix-Marseille Université), « La Petite dernière de Fatima Daas : l'autofiction pour la reconnaissance identitaire »
Anne Riippa (Université de Turku), « La reconnaissance à l'épreuve de l'institution : scènes de jugement dans La Décision de Karine Tuil »
Françoise Cahen (Université de Nanterre / CY Cergy), « La Revanche de Cendrillon : poétique de la reconnaissance littéraire chez Éric Reinhardt »

14h00-15h30 — Écrire pour être reconnu : filiations, réparations

Amélie Goutaudier (Université de Picardie Jules Verne), « Poétique de la reconnaissance : Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre »
François Dussart (Université de Lille, ALITHILA), « Identification et opposition au double fraternel dans L'Ascension du Haut Mal de David B. »
Jason Herbeck (Boise State University), « Le parti pris des victimes : la reconnaissance en connaissance de cause dans La Peste d'Albert Camus »

15h30-16h00 : Pause

16h00-17h30 — Reconnaissance et altérité : mondes, traductions

Mattia Bonasia (Sorbonne Université), « Reconnaître, méconnaître : la voix de l'autorité dans Les Versets sataniques de Salman Rushdie »
Azadeh Thiriez-Arjangi (CRAL-EHESS), « Figures de la reconnaissance dans trois chefs-d'œuvre de la littérature persane du XXe siècle »
Alexandru Matei (Université « Transilvania » de Brașov), « Traduire pour faire reconnaître : Camille de Toledo, ou comment traduire Latour en “arts politiques” »

Samedi 13 mars

9h30-11h00 — La reconnaissance comme catastrophe

Gregory Aschenbroich (Sorbonne Université / CIPh), « La reconnaissance comme catastrophe. Mise en abyme de l'anagnorisis dans Le Procès de Kafka »
Guillaume Dreidemie (IRPhiL, Lyon), « La reconnaissance comme catastrophe. Les métamorphoses de l'anagnorisis dans le roman russe, de Dostoïevski à Grossman »
Tamara Valčić Bulić (Université de Novi Sad), « La cruauté de la subversion : l'anagnorisis moderne chez Marguerite Yourcenar et Danilo Kiš »

11h00-11h15 : Pause

11h15-12h15 — Reconnaissances impossibles : trauma, éthique, merveilleux

Galyna Dranenko (Sorbonne Université, Eur'ORBEM), « Dans les eaux sombres d'Amadoca : le travail de la fausse reconnaissance »
Victoria Llort-Llopart (CRIT, Université Marie et Louis Pasteur), « L'anagnorisis dans Die Frau ohne Schatten de Hofmannsthal et Strauss »

12h15 : Conclusions et clôture du colloque

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