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Représentation(s). Journée d’étude doctorale de l'IRIEC (Montpellier)

Représentation(s). Journée d’étude doctorale de l'IRIEC (Montpellier)

Publié le par Léo Mesguich (Source : Lalla Hamzaoui)

Cet appel existe dans le cadre d’un cycle de trois journées doctorales de l’IRIEC, correspondant aux années universitaires 2026-2027, 2027-2028 et 2028-2029. Chaque année sera consacrée à l’approfondissement d’une dimension spécifique de cet axe, permettant ainsi aux doctorants de développer leurs recherches dans la durée, de confronter leurs travaux à des perspectives évolutives.

AXE 1 - Constructions et déconstructions (12 février 2026)

Pour l’année 2026, l’axe « Constructions et déconstructions » interroge la représentation à la fois comme outil de construction du monde et comme objet d’analyse. Il serait pertinent d’y explorer l’histoire du concept et ses débats épistémologiques, mais aussi la façon dont les représentations construisent ou reconstruisent les réalités sociales - représentations du genre, de l’ethnie, de la classe, du pouvoir -.

Il convient d’abord de retracer l’histoire du concept de « représentation », depuis ses fondements philosophiques jusqu’à ses interprétations contemporaines en sciences humaines. Comme le montre Patrick Flandrin dans son article « Construire une représentation », la représentation ne saurait être réduite à une unicité ; elle est « une construction basée à la fois sur des connaissances et sur des objectifs », ouvrant la voie à une multiplicité de points de vue « complémentaires, conditionnels et conditionnés ». Cet axe invite donc à explorer les débats qui ont traversé l’histoire des idées : de la représentation comme miroir de la nature à la représentation comme construction sociale, en passant par les ruptures épistémologiques qui ont remis en cause sa neutralité.

Au-delà de la genèse théorique, nous proposons d’analyser comment les représentations construisent, maintiennent ou transforment les réalités sociales. Comment les représentations du genre, de l’ethnie, de la classe sociale ou du pouvoir s’installent-elles dans l’imaginaire collectif ? Comment, par la répétition, la ritualisation ou la diffusion médiatique, deviennentelles des « vérités » socialement acceptées ? L’objectif est de décrypter les processus de naturalisation qui permettent à certaines visions du monde de s’imposer comme allant de soi, occultant ainsi d’autres perspectives.

L’inverse de ce processus, la déconstruction, constitue le second pilier de cet axe. Il s’agit d’étudier comment des groupes ou des individus se saisissent d’un concept ou d’un objet jugé acquis pour lui attribuer une nouvelle charge symbolique, le munir d’un contexte inédit ou inverser la signification. La déconstruction devient alors une opération de réécriture qui expose les fondements précaires des représentations dominantes. Elle révèle les tensions, les conflits et les hybridations entre différentes visions du monde, montrant que la réalité sociale est le lieu d’une lutte constante pour la définition des normes et des valeurs.

Dans ces conditions, plusieurs interrogations traversent cet axe :
- Comment les textes littéraires, les œuvres artistiques ou les discours scientifiques véhiculent-ils, reflètent-ils, contestent-ils ou transforment-ils les représentations de leur époque ?
- Comment des représentations différentes, portées par des groupes et des communautés, cherchent-elles à s'imposer pour devenir hégémoniques?
- Comment ces dynamiques de construction et de déconstruction s’articulent-elles dans un contexte transculturel, où les mémoires, les traditions et les modernités se rencontrent et se heurtent ?

Cet axe résonne également avec les questionnements autour des représentations dans leur dynamique de création, de transmission et de mémoire dans un contexte transculturel.

Bibliographie

Barthes, Roland. Mythologies. Éditions du Seuil, 1996.
Castoriadis, Cornelius. L’institution imaginaire de la société. [Édition revue et Corrigée], Éditions du Seuil, 1999.
Flandrin Patrick. Construire une représentation. 2020. ⟨ hal-02918739⟩
Foucault, Michel. Les mots et les choses : Une archéologie des sciences humaines. Paris, Gallimard. « Tel », (2014)
Moscovici, Serge, et al. Le scandale de la pensée sociale : textes inédits sur les représentations sociales. Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2015,
https://books.openedition.org/editionsehess/1883.

Modalités de soumission

La date de la première journée d’étude est fixée au 12 février 2026. La date limite de soumission des propositions est fixée au 12 décembre inclus.
Les propositions de communication sont à envoyer aux adresses ci-dessous. Elles comprendront : un titre et résumé de 300 mots et une courte notice biographique.
Les communications auront une durée de 20 minutes, suivies d’un temps d’échanges. Les langues acceptées sont le français et l’anglais. Une publication des actes est envisagée.

Comité organisateur

Laure Alexandre, doctorante en littérature comparée : laure.alexandre1@umpv.fr
Lalla Hamzaoui, doctorante en études culturelles parcours chinois : lalla.hamzaoui@umpv.fr

Comité scientifique

Laure Alexandre, Université de Montpellier Paul-Valéry
Solange Cruveillé, Université de Montpellier Paul-Valéry
Lalla Hamzaoui, Université de Montpellier Paul-Valéry
Haoues Senigue, Université de Montpellier Paul-Valéry
Florence Thérond, Université de Montpellier Paul-Valéry