Peut-être parce qu'elle s'est résolument tenue aux bords des disciplines (la philosophie d’abord, l’histoire culturelle ensuite, les études littéraires enfin), Judith Schlanger nous a donné une œuvre importante, et même décisive pour de nombreux lecteurs, comme en témoigne, année après année, la parole d’étudiants pour qui la découverte de La Vocation ou de La Mémoire des œuvres aura fait événement. Ses livres sont ainsi passés de mains en mains comme autant de témoins (avant d’aller pour certains d’un éditeur à un autre ), et son œuvre s’est désormais agrégée plusieurs générations de lecteurs, qui forment cercle autour de ses titres les plus marquants. Les articles réunis par Marc Escola, et Christophe Pradeau sous le titre "Judith Schlanger, une vie dans les livres" pour une nouvelle livraison de la revue Littérature font le pari que l’œuvre entier est aujourd’hui à même de fédérer ses différents publics.
Rappelons que Judith Schlanger avait donné à l'un des premiers numéros de la revue Fabula-LhT voué aux visages de "L'écrivain préféré" un essai sensible sur "La pauvreté enchantée", et qu'on peut lire dans Acta fabula l'entretien qu'elle avait accordé à Christophe Pradeau lors de la parution d'Une histoire de l'intense (Hermann, 2021).