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Histoire de l’art × Histoire des sciences : interactions, tensions, transformations / History of Art × History of Science: Disciplinary Encounters, Tensions, and Transformations (Lausanne)

Histoire de l’art × Histoire des sciences : interactions, tensions, transformations / History of Art × History of Science: Disciplinary Encounters, Tensions, and Transformations (Lausanne)

Publié le par Université de Lausanne (Source : Juliette Bessette)

English version below

Colloque international Unil/EPFL/FNS, 27-28 mai 2027

Ce colloque international propose de retracer la manière dont deux champs disciplinaires, l’histoire de l’art et l’histoire des sciences, se sont mutuellement observés et influencés depuis le XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Si, à travers les recherches sur la culture visuelle des sciences, les images épistémiques, la matérialité de la production des savoirs ou encore l’histoire des techniques, les études consacrées aux rapports entre arts et sciences se sont multipliées ces dernières décennies, les interactions historiques et théoriques entre ces disciplines elles-mêmes demeurent encore étonnamment peu interrogées comme objet d’étude en soi.

L’objectif est de comprendre comment deux disciplines qui ne se sont ni constituées au même moment, ni selon les mêmes configurations épistémologiques, ont néanmoins développé des zones de contact durables : emprunts méthodologiques, objets communs d’analyse, transferts institutionnels, mais aussi tensions, résistances et conflits de légitimité. Le colloque accordera une attention particulière à la circulation de concepts structurants et opératoires, qu'ils soient historiques (révolution, évolution, progrès, rupture, tournant, paradigme), épistémologiques (objectivité, preuve, observation, modèle, expérience) ou médiatiques et matériels (visualisation, matérialité, appareil, image, dispositif). Comment le transfert de certains concepts d’un champ à un autre a pu conduire à modifier leur sens et leur fonction ? Comment ces transferts ont-ils servi à légitimer, transformer ou reconfigurer une discipline à travers l’autre ? Quels contextes socio-intellectuels ont favorisé ou freiné ces échanges ? Enfin, ces transferts sont-ils réciproques et équilibrés, ou témoignent-ils de relations asymétriques entre les deux disciplines ? 

Ces questions s’inscrivent dans un contexte contemporain marqué par un fort développement des approches interdisciplinaires, qui soulèvent parfois la question de leur utilité et de leurs limites. Les débats autour du material turn, des études visuelles, de l’épistémologie historique, de l’histoire globale des savoirs et des différentes études critiques ont profondément redéfini les méthodes des deux disciplines autour de questionnements communs sur les conditions de production des connaissances. À travers des études de cas couvrant une large période chronologique, ce colloque entend permettre de mieux comprendre comment chacun de ces domaines a contribué à redéfinir l’autre. Il s’agira aussi de réfléchir aux enjeux contemporains de ces histoires croisées, à l’heure où les modèles de recherche collaborative occupent une place centrale dans les sciences humaines. 

Les thématiques suivantes pourront notamment être abordées : 

·            Le transfert de concepts développés dans une discipline et réemployés dans l’autre (“style”, “paradigme”, etc.)  

·            L’historiographie d’objets spécifiques situés au croisement des deux disciplines (perspective, images scientifiques, etc.)

·            La réception des travaux d’historien·ne·s de l’art en histoire des sciences (A. Riegl, E. Panofsky, S. Alpers, etc.) et inversement (T. Kuhn, M. Foucault, N. Cartwright, D. Haraway, B. Latour, etc.) 

·            L’inscription de l’histoire de l’art et de l’histoire des sciences dans le contexte plus global de la naissance et du développement des sciences humaines

·            La réception de la philosophie de l’histoire en histoire de l’art et en histoire des sciences, par exemple sous l’angle du progrès ou du déclin 

·            Les réponses croisées de l'histoire de l’art et de l’histoire des sciences dans le contexte des études décoloniales, de l’anthropologie symétrique, de la provincialisation des savoirs occidentaux, et d’approches apparentées

·            Les réponses croisées de l'histoire de l’art et de l’histoire des sciences dans le contexte des “turns” (linguistic turn, global turn…) et des études critiques (études féministes, écocritiques…)

·            L’histoire des institutions, projets, programmes, événements et expositions visant à valoriser ou favoriser une historiographie interdisciplinaire (par exemple Warburg Institute, Leonardo/ISAST, Iconoclash) 

·            Le contexte social et intellectuel de production de travaux à la croisée de l'histoire de l'art et de l'histoire des sciences (E. Zilsel, H. Bredekamp, L. Daston, P. Smith, P. Galison)

·            L’impact des “Two Cultures” (C. P. Snow) sur l’historiographie croisée de l’art et des sciences 

·            L'étude et la valorisation de figures historiques situées à la croisée de l’art et des sciences (Léonard de Vinci, Maria Sibylla Merian, Johann Wolfgang von Goethe, Ernst Haeckel, Richard Buckminster Fuller, etc.) et la manière dont ces figures ont pu être mobilisées pour favoriser la recherche interdisciplinaire, ou appropriées par l’une ou l’autre discipline. 

Les propositions de communication de 300 mots maximum, accompagnées d’un court CV, sont à envoyer à antoine.gallay@unil.ch et juliette.bessette@unil.ch pour le 16 novembre 2026. Les langues de communication sont l’anglais (de préférence) et le français.  

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Comité d’organisation 
Jérôme Baudry (EPFL) 
Juliette Bessette (Unil-CRAL) 
Antoine Gallay (FNS-Unil) 
Rémi Mermet (FNRS-UCLouvain)

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English version

The conference aims to trace the ways in which the disciplines of art history and the history of science have observed and influenced one another from the eighteenth century to the present day. While the last decades have seen a proliferation of studies devoted to the relationships between art and science (through research on the visual culture of science, epistemic images, the materiality of knowledge production, or the history of technology), the historical and theoretical interactions between the two fields have received surprisingly little attention as an object of inquiry in their own right.

We seek to understand how two disciplines that emerged at different moments and under distinct epistemological configurations nevertheless developed enduring zones of contact: methodological borrowings, shared objects of analysis, institutional transfers, but also tensions, resistance, and conflicts of legitimacy. Particular attention will be paid to the circulation of structuring and operational concepts, whether historical (e.g. revolution, evolution, progress, rupture, turn, paradigm), epistemological (e.g. objectivity, evidence, observation, model, experiment), or material and media-related (e.g. visualization, materiality, apparatus, image, dispositif). How did transfers of concepts from one field to another alter their meaning and function? How did such transfers serve to legitimize, transform, or reconfigure one discipline through the lens of the other? Which social and intellectual contexts encouraged or hindered these exchanges? Finally, are these transfers reciprocal and balanced, or do they reflect asymmetrical relationships between the two disciplines?

These questions are especially pressing nowadays, when interdisciplinary approaches have become increasingly common, sometimes raising questions about their usefulness and possible limits. Moreover, debates surrounding the material turn, visual studies, historical epistemology, global histories of knowledge, and various forms of critical studies have reshaped both disciplines around shared questions about how knowledge is made. Through case studies spanning a broad chronological range, the conference aims to shed light on how each field has contributed to redefining the other. It also seeks to reflect on the contemporary implications of these intertwined histories at a time when collaborative research models have become central to the humanities.

Possible topics include, but are not limited to:

·             The transfer of concepts developed in one discipline and subsequently adopted in the other (“style,” “paradigm,” etc.)

·             The historiography of specific objects situated at the intersection of the two disciplines (perspective, scientific images, etc.)

·             The reception of art historians’ work within the history of science (Alois Riegl, Erwin Panofsky, Svetlana Alpers, etc.), and vice versa (Thomas Kuhn, Michel Foucault, Nancy Cartwright, Donna Haraway, Bruno Latour, etc.)

·             The place of art history and the history of science within the broader context of the emergence and development of the humanities

·             The reception of philosophies of history in art history and the history of science, for example through concepts of progress or decline

·             The reciprocal responses of art history and the history of science to decolonial studies, symmetrical anthropology, the provincialization of Western knowledge, and related approaches

·             The reciprocal responses of art history and the history of science to various “turns” (linguistic turn, global turn, etc.) and critical studies (feminist studies, ecocriticism, etc.)

·             The history of institutions, projects, programs, events, and exhibitions aimed at promoting or fostering interdisciplinary historiography (e.g. the Warburg Institute, Leonardo/ISAST, Iconoclash)

·             The social and intellectual contexts that encouraged interdisciplinary scholarship at the intersection of art history and the history of science (Edgar Zilsel, Horst Bredekamp, Lorraine Daston, Pamela H. Smith, Peter Galison, etc.)

·             The impact of C. P. Snow’s “Two Cultures” on the intertwined historiography of art and science

·             The study and promotion of historical figures at the intersection of art and science (Leonardo da Vinci, Maria Sibylla Merian, Johann Wolfgang von Goethe, Ernst Haeckel, Richard Buckminster Fuller, etc.) and the ways in which these figures might have been mobilized to foster interdisciplinary research, or appropriated by one discipline or the other. 

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Proposals of max. 300 words should be submitted with a short CV to antoine.gallay@unil.ch and juliette.bessette@unil.ch by 16 November 2026. Papers may be delivered in English (preferred) or French.

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Organizing Committee

Jérôme Baudry (EPFL) 
Juliette Bessette (Unil-CRAL) 
Antoine Gallay (FNS-Unil) 
Rémi Mermet (FNRS-UCLouvain).

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(Illustr. : Amphiroa Orbignyana. Found by Darwin in January 1834 on the coast of Patagonia. London, Natural History Museum, ©DR)