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Perec mode d'emploi

Perec mode d'emploi

Publié le par Marc Escola

Les éditions du Seuil nous invitent à découvrir un continent graphique et pictural inconnu de l’œuvre de Georges Perec. Car Perec s’est rêvé peintre, avant de devenir écrivain. Ses brouillons ou le Cahier des charges de La Vie mode d’emploi en témoignent. Mais l’ampleur de cette partie de son œuvre nous demeurait inconnue. Un volume de Dessins, encres et gouaches l'expose pour la première fois, grâce aux archives ouvertes par les ayants droit de l’auteur. Accompagné d'un texte signé par Matthieu Rémy, il paraît au sein de "La Librairie du XXIe siècle", qui a déjà accueilli une quinzaine de titres de Georges Perec, dans la continuité du travail d’édition de textes posthumes et d’inédits initié par Maurice Olender. Paraît dans le même temps et dans cette même collection un volume de Dialogue avec les peintres, édité et préfacé par Cécile De Bary, qui nous offre un ensemble de textes inaccessibles ou inédits, accompagnés d’archives et documents rares.

Après les Archives de Paris qui avait accueilli en février dernier les "archives d'une enfance" de Perec, la Bibliothèque nationale de France ouvre ses portes du 13 octobre au 14 janvier à une exposition intitulée "Georges Perec. Modes d’emploi", qui réunit près de 300 pièces pour découvrir ou mieux connaître l’œuvre polymorphe de l’écrivain oulipien. Le catalogue en est donné par Claire Lesage et Jean-Luc Joly sous ce même titre Georges Perec, mode d'emploi. Parmi les événements, conférences, projections, etc., qui accompagnent l'exposition, signalons la rédécouverte de Jupiter, un film inédit réalisé par Jean-Pierre Prévost en 1970, où Georges Perec apparaît aux côtés de plusieurs personnalités du monde des lettres et des arts. Ou une rencontre entre Marcel Bénabou et Jacques Jouet, animée par Maxime Decout, qui reviendra sur l’énigme imaginée par Perec Le Voyage d'Hiver et sur la postérité exceptionnelle de ce texte bref mais fondateur, lequel a inspiré de nombreuses variations aux membres de l’Oulipo. Ou encore une journée d'études sur W ou le souvenir d'enfance, un titre inscrit au programme du concours des E.N.S. pour la session 2027.

Maxime Decout fait paraître de son côté aux éditions Corti un essai longuement mûri, intitulé Lire les fantômes et sous-titré Perec contre-enquête. Il y fait l'hypothèse que Georges Perec aurait laissé un ultime "grand œuvre", dissimulé par fragments dans ses textes, et composé d’œuvres fantômes imaginaires, autrement dit de textes qui n’existent que par leur mention à l’intérieur d’autres textes. Un mode d'emploi de tous les textes fantômes qui hantent l'œuvre de Perec.

(Illustr. : Sam Szafran, Hommage à Georges Perec, 2003)