Les formes du possible : la philosophie à la rencontre du possible technique (Nice & en ligne)
Avec le soutien de la Society for Philosophy and Technology et de l'EUR CREATES, le Centre de Recherches en Histoire des Idées (CRHI) organise à l'Université Côte d'Azur la Journée d'étude "Les formes du possible : la philosophie à la rencontre du possible technique".
Cet événement se tiendra les jeudi 5 novembre (après-midi) et vendredi 6 novembre (journée complète), en présentiel au campus Carlone et sera accessible au public via Zoom : https://univ-cotedazur.zoom.us/j/81264369085?pwd=dDk6LsDB7p673NtYaQybiHPM9I60w5.1
ID de réunion : 812 6436 9085 — Code secret : 664147.
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Dans son rapport à la technique, l’idée de possibilité est aujourd'hui abondamment traitée dans ses démonstrations et dispositions empiriques. Néanmoins, cette journée d’étude fait l’hypothèse que cette première approche recouvre ou dissimule une thématique philosophique d’égale importance et qui mérite d'être abordée dans sa spécificité, à savoir celle du Possible technique. Il s’agit moins de questionner la façon dont la technique rend (ou ne rend pas) certaines choses possibles, mais dont elle configure un certain régime ontologique, le mode selon lequel quelque chose peut ou ne peut pas apparaître comme possible.
Telle qu’envisagée ici, la question du possible technique est d’ordre philosophique, et peut-être anthropologique, car il s’agit d’interroger la technique non plus seulement comme un agent d’actualisation d’un certain nombre de réalités techniques, mais comme un horizon d’ouverture ou de fermeture du possible lui-même. La question que nous cherchons à aborder au sein de cette journée d’étude n’est donc pas « Qu’est-ce que la technique rend possible ? », mais plutôt « Que fait la technique au possible ? ». Il s’agit donc d’interroger le statut du possible et la façon dont il est configuré, impacté, distribué ou refermé par la technique.
L’hypothèse centrale posée ici est que le « possible technique » n’est pas la somme des possibilités offertes par la technique, mais un certain mode d’apparaître du possible, continument configuré ou élaboré à partir de notre manière d’articuler la technique, le monde et l’humain. Cette réflexion induit par conséquent la rencontre de plusieurs approches et traditions de pensée, notamment philosophiques, mais également esthétiques et anthropologiques.
PROGRAMME
Jeudi 5 novembre, 14-18h (jour 1)
14h-18h : Session 1 : Penser le possible : conditions techniques et modes d’existence
Cette première partie interroge le statut du possible à partir de la participation de la technique à sa constitution : celle-ci actualise des possibilités, mais contribue également à faire émerger les conditions sous lesquelles quelque chose peut être pensé ou éprouvé comme possible. La réflexion métaphysique rencontre ici les approches phénoménologiques et anthropologiques, dès lors que ces conditions s’élaborent au sein de relations entre les êtres, leurs milieux et les dispositifs techniques. Des rapports au vivant à la constitution d’un monde commun, il s’agit dans cette première demi-journée d’examiner comment la technique configure des modes d’existence et distribue les possibilités d’agir et d’être ensemble.
14h : Accueil des participants et du public
14h15-15h : Bruno Bachimont (Université de Technologie de Compiègne) La technique et la possibilité du répétable.
15h05-15h50 : Michael Crevoisier (Université Marie et Louis Pasteur) Les conditions techniques a priori de possibilité. Potentialité, virtualité et causalité récursive chez Simondon.
15h50-16h10 : Pause
16h10-16h55 : Sandra Ranchon (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) Affordances éthologiques, affordances économiques : régimes du possible dans les domestications préhistoriques.
17h-17h45 : Charles Corval (Centre de recherches politiques de Sciences Po) Transformer le « on » en « nous » : phénoménologie politique du possible technique.
18h : Fin de la première demi-journée et dîner
Vendredi 6 novembre, 9h-16h (jour 2)
9h-13h : Session 2 : Habiter un monde technique : dépendances, subjectivations et interactions.
Cette deuxième partie examine la manière dont les transformations du possible technique engagent notre place et notre expérience au sein d’un monde équipé de dispositifs spécifiques. Elle vise à interroger les interactions introduites par la technique, par le possible ouvrant la technique, en présentant certaines dépendances techniques et leurs ambivalences. L’exploration de ces ambivalences conduit à interroger la figure de l’utilisateur et les enjeux qui lui sont associés, et à envisager les soubassements de nos formes d’interaction avec les systèmes techniques. Il s’agit ici de penser le possible de notre milieu technique non plus seulement à travers ce que la technique permet de faire, mais d’après ce que le milieu technique et nos temporalités rendent possible d’être.
9h : Accueil des participants et du public
9h15-10h : Philippe Huneman (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) Le complément du supplément : la logique de l’inversion propre à la dépendance technologique.
10h05-10h50 : Vincent Beaubois (Université Paris Nanterre) Le possible technique : compossibilité problématique et subjectivation tragique.
10h50-11h10 : Pause
11h10-11h55 : Tyler Reigeluth (Institut Catholique de Lille) De la marge d'indétermination au rapport ludique avec les systèmes « intelligents » : vers de nouvelles figures de l'interaction humain-machine.
12h-13h : Pause déjeuner
13h-16h : Session 3 : Imaginer le possible technique : genèse du sens, fiction et narration.
Cette troisième partie explore la manière dont les techniques et les imaginaires participent conjointement à la formation de nos horizons de sens. Ce dernier axe invite donc à interroger la manière dont nos imaginaires conditionnent la conceptualisation même du possible, par exemple à travers la façon dont nous construisons la technique comme vectrice (ou non) de possible. Ces échanges invitent à considérer l’impossible lui-même comme un ressort de l’invention et à examiner, en retour, les représentations qui orientent notre rapport aux objets techniques. L’imaginaire de modalités qui tendrait à rendre leur fonctionnement imperceptible soulève alors une dernière tension : l’ouverture de nouvelles possibilités peut s’accompagner d’un effacement du rapport technique aux dispositifs qui les rendent accessibles.
13h10-13h55 : Emilien Dereclenne Topologie du désir, topologie du récit : le schématisme technique à l'épreuve de l'IA.
14h-14h45 : Ondine Bréaud-Holland (Université Côte d’Azur) L’impossible machine à peindre de Raymond Roussel (Impressions d’Afrique) et ses avatars contemporains.
14h45-15h05 : Pause
15h05-15h50 : Charles-André Mangeney (Université Côte d’Azur) « Toute technologie discernable de la magie est encore insuffisamment avancée ». Imaginaire de l’aliénation technique et aliénation de la technique par l’imaginaire.
16h : Fin de la journée d’étude
En cas de besoin, merci de contacter Jessica Lombard et Grégori Jean :
jessica.lombard@univcotedazur.fr ; gregori.jean@univcotedazur.fr