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Appels à contributions
Prévert et l’animal. Pour une éthique du vivant

Prévert et l’animal. Pour une éthique du vivant

Publié le par Marc Escola (Source : Catherine Songoulashvili)

Appel à contribution pour le n°4 de la série « Ecolittératures » de la Revue des Lettres modernes (RLM)

dirigée par Pascale Auraix-Jonchière et Yvan Daniel.

PRÉVERT ET L’ANIMAL - POUR UNE ÉTHIQUE DU VIVANT

Pourquoi consacrer un numéro spécial à Jacques Prévert et aux animaux aujourd’hui ? Si l’animal est très présent dans l’œuvre prévertienne — de la page écrite au collage, de l’écran de cinéma aux textes sur ses amis peintres — sa présence dépasse la simple figure de style pour devenir une véritable défense de l’animal et de l’animalité, voire du vivant. 

L’animal en soi : au-delà de la métaphore

Contrairement à une longue tradition littéraire, l’animal chez Prévert n’est que rarement une allégorie. Quand il met en scène un âne, un lion ou un chien, l’auteur s’attache à l’animal dans sa singularité biologique et sensible. S’il arrive que le comportement animal rejoigne celui des humains, c’est moins pour humaniser la bête que pour souligner une communauté d’existence et la nécessité d’une solidarité.  Cette approche marque une rupture radicale avec l’héritage de La Fontaine : là où le fabuliste utilisait l’animal comme un « prétexte » au service d’une morale humaine, Prévert fait de l’animal un sujet de plein droit.

Une fraternité des opprimés

L’animal prévertien occupe une place politique. Figure de l’exploité, il partage le sort des exclus, des femmes et des enfants. Cette « fraternité des humbles » se traduit souvent par la révolte. Le mépris que la société bourgeoise porte aux animaux est, pour Prévert, de même nature que celui qu’elle porte au prolétariat ou aux femmes et même, parfois, aux enfants. Un axe de recherche majeur de ce numéro pourra ainsi porter sur la dimension sociopolitique de cette solidarité entre les espèces. 

La violence du langage et du regard

Le rapport de force se joue également sur le terrain du verbe. Dans le poème « Cataire », Prévert dénonce la langue des humains comme un outil de stigmatisation de l’animal. Cette réflexion sur le langage comme outil d’oppression se retrouve au cœur de ses dialogues de films et de sa critique sociale. Par ailleurs, l’intérêt de Prévert pour la peinture et la photographie permet d’analyser le regard plastique porté sur l’animal : l’image rend-elle justice à la présence animale là où le mot l’avait trahie ?

Un écho contemporain

À l’heure où les humanités environnementales redéfinissent la place du vivant dans nos sociétés, l’œuvre de Prévert offre une résonance d’une modernité saisissante. Ce numéro pourrait être un carrefour interdisciplinaire où se croiseront des approches :

·       linguistiques (le lexique de l’insulte et de la réhabilitation),

·       esthétiques (le bestiaire dans les collages, les scénarios, chez les peintres et les photographes avec lesquels Prévert écrit des livres). 

·       politiques et sociologiques (l’animal comme figure de l’exploité, de la révolte et de la résistance). 

Les propositions d’article seront envoyées par mail au format Word avant le 30 octobre 2026 à :

Danièle Gasiglia-Laster (dgasiglialaster5@gmail.com) et Catherine Kouyoumdjian (catherine.kouyoumdjian45@gmail.com).

L’envoi comprendra un texte de 3000 signes maximum accompagné d’une biobibliographie de l’auteur(e).