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Prendre le large avec Pierre Perrault (Québec)

Prendre le large avec Pierre Perrault (Québec)

Publié le par Marc Escola (Source : Daniel Laforest)

L’année 2027 marque le 100ème anniversaire de naissance du poète, essayiste et cinéaste Pierre Perrault. Le colloque international Prendre le large avec Pierre Perrault, qui se déroulera à l’Université Laval, à Québec, du 20 au 23 juin 2027 se tiendra afin de souligner l’occasion et de prendre la mesure de la richesse de l’héritage de cette œuvre sans équivalents.   

Pierre Perrault est né il y a cent ans. Son œuvre a commencé à la fin des années 1950 et s’est étendue sur quatre décennies, ne s’interrompant qu’à la disparition de l’auteur en 1999. Or à bien des égards, ce pourrait être hier. En effet, quantité des enjeux dont Perrault s’est occupé avec l'opiniâtreté poétique qui fut la sienne sont encore les nôtres. La majorité d’entre eux le sont avec plus d’urgence encore qu’à l’époque où Perrault les mettaient en relief dans son écriture multiforme, ou encore en captant les voix et les gestes de ceux qui d’ordinaire n’ont pas droit au chapitre. La lutte des Nations Autochtones pour exister en toute légitimité, l’expropriation et l’exploitation du territoire, la nordicité, la masculinité, l’avenir de la mémoire culturelle et des modes de vie qui la composent, l’avenir des écosystèmes, l’avenir même du cinéma et de la littérature comme aventures humaines, sont des urgences qui nous sont bien contemporaines. Tout de son vivant, Perrault y a vu les aspects d’un ‘grand poème’ géographique dont l’enregistrement à vif, avec image, son, et écriture devait rendre la vérité. Où en est ce grand poème aujourd’hui? Sommes-nous dans la suite du monde? 

L’influence de Perrault s’étend maintenant sur plusieurs générations. Elle ne se démentit pas. Elle évolue plutôt, et se diversifie. Bien avant que les mots “interdisciplinaire” et “intermédialité” n’aient cours, l'œuvre de Pierre Perrault nous enjoignait à ce qu’on la conçoive ainsi. Désormais, on prend la mesure de son travail radiophonique méconnu; on voit ce que la radicalité esthétique du cinéma direct continue d’inspirer à d’autres arts; on réédite ses textes-clés; enfin, on commence à voir que derrière le mot ‘pays’ chez Pierre Perrault il y a tout le drame de notre rapport au vivant qui se joue. 

Le but de ce colloque est donc de réunir autour de cette œuvre sans précédents plusieurs générations de chercheur·euse·s et de créateur·trice·s qui reconnaissent l’apport du poète/cinéaste dans leur compréhension des enjeux et des réalités qui nourrissent leur propre recherche, leur propre projet. Sans chercher à être exhaustif, le comité organisateur espère couvrir des sujets aussi divers que ceux qui émergent des particularités du cinéma direct, de la question autochtone, de la question nationale propre au Québec, du rapport entre un certain soi et une altérité familière, relative, voire radicale, du souci (care) sous toute ses formes, de la transmission et de l’héritage tant dans une perspective coloniale que décoloniale. Les domaines du cinéma, de la littérature, de la philosophie, de la radio, du théâtre, des sciences politiques sont autant de perspectives qui pourraient servir d’assise aux propositions, mais il  nous semble évident que l'œuvre dépasse ces considérations disciplinaires et croyons qu’il y a très peu de limites à ce qui pourrait émerger d’un tel appel.

Nous vous invitons à soumettre vos propositions de communication portant sur un des aspects de l'œuvre de Pierre Perrault, ou sur un sujet connexe, avant la date butoir du 1er octobre 2026, à l’adresse suivante : colloqueperrault@gmail.com 

Comité organisateur : Johanne Charest (Cégep de Sept-Îles, GRÉNOC, CRILCQ), Daniel Laforest (Université de l’Alberta) et Julie Ravary-Pilon (Université Laval, CRILCQ).