Dans La vie brute (Flammarion), Joy Sorman fait le récit de la relation qu'elle a établie avec la peintre Irène Gérard, au sein d'un centre d’art brut et contemporain qui accueille, dans les Ardennes, ceux qu’on désigne comme "handicapés mentaux". L'autrice a passé toute une année aux côtés d’Irène Gérard, à regarder cette femme peindre des toiles sans titre ni signature, réalisées à partir de modèles trouvés dans des beaux livres ou des magazines : une madone de Botticelli, Tintin et Milou, un portrait de Vélasquez. Irène Gérard qui pense copier sans interpréter, et pourtant crée des tableaux neufs, inédits, saisissants ; des œuvres exposées dans les musées mais que ne saurait commenter cette femme "neuroatypique". En tentant d’approcher Irène Gérard, Joy Sorman se rapproche d’elle-même, de l’enfant amoureuse du kitsch qu’elle était, de la femme au goût pour la marge qu’elle est devenue. Chemin faisant, elle nous montre que l’art ne vient pas se coucher dans les lits qu’on a faits pour lui, comme le disait Jean Dubuffet, inventeur de l’art brut. Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…