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Nouvelle parution
Europe, n° 1166-1167-1168 – juin/juillet/août 2026 : Blaise Cendrars - Thierry Merz

Europe, n° 1166-1167-1168 – juin/juillet/août 2026 : Blaise Cendrars - Thierry Merz

Publié le par Marc Escola

On n’aura jamais fini de faire le tour de l’œuvre de Blaise Cendrars (1887-1961). Une œuvre riche, foisonnante, pleine de surprises et de paradoxes, à l’image de sa vie – de ses vies, serait-on tenté de dire. Étrange homme de lettres, qui fut un poète novateur et un romancier de l’aventure, un conteur pour la jeunesse et un magicien des signes. Chantre de la modernité assurément, celui qui écrivait : « La poésie date d’aujourd’hui ». Ce qui ne l’empêcha pas d’entretenir avec cette modernité – et ceux qui l’incarnaient au premier chef – des rapports parfois conflictuels. Paradoxal Cendrars, qui accède aux épiphanies de la mystique par une exploration du monde, dans son immanence radicale et sa matérialité essentielle. Il aura pratiqué tous les genres littéraires, se sera intéressé à tous les arts (en particulier la peinture et le cinéma). D’une curiosité sans limite, il voyagea, par le train, le bateau ou la plume, de New York à la Sibérie, de l’Afrique au Brésil. Chez lui, le voyage n’est pas seulement l’occasion qui suscite l’écriture, mais une manière d’être au monde, de vivre et d’écrire tout autant. Car le bourlingueur ne doit pas faire oublier l’alchimiste du verbe, travailleur acharné et expérimentateur à la fois.

Aventurier, combattant de la Grande Guerre, voyageur, compagnon de route de ceux qui incarnèrent la modernité, tout en se tenant à distance de tous les mouvements constitués, Cendrars semble avoir vécu plusieurs vies. C’est sans doute – faisant écho à son pseudonyme – l’image du phénix qui lui correspond le mieux, lui qui affirmait : « écrire c’est brûler vif, mais c’est aussi renaître de ses cendres. »

Contribitions de : Claude Leroy, Maurice Mourier, Daniel de Roulet, Christine Le Quellec Cottier, Marie-Paule Berranger, Olivier Renault, Jehanne Denogent, Carlos Augusto Calil, Jean-Carlo Flückiger, Blaise Cendrars, Philippe Forest, Aude Bonord, Bastien Mouchet, Émilien Sermier, Gérard Cartier, Ron Padgett, Michel Layaz, Éric Sarner, Sophie Loizeau, Gabrielle Althen, Paul Gilson, Raffaele Carrieri, Frédéric Jacques Temple, Rino Cortiana.

« J’ai vécu en maçon dans ma langue », disait Thierry Metz (1956-1997). Comme le rappelle ici même Éric Vuillard, « Thierry Metz est poète. C’est un poète en col bleu, un travailleur manuel, un ouvrier. Mais sa poésie défie doublement ce qu’on s’imagine en attendre. Non seulement elle ne refoule pas sa position dans le monde, jamais la forme pourtant très dense de sa prose ne renie son origine, mais si elle naît de l’existence de l’homme, elle naît aussi de l’expérience du poète. Et si Thierry Metz spécule et extravague en piochant, s’il réfléchit en empilant des parpaings, s’il rêve en remplissant des seaux de ciment, c’est à toute la condition humaine. »

Contributions de : Cédric Le Penven, François Heusbourg, Éric Vuillard, Jean Marc Sourdillon, Marie-Violaine Brincard, Olivier Dury, Isabelle Lévesque, Didier Schillinger, Jacques Brémond, Lionel Mazari, Marc Feld, Mia Lecomte.

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