Le séminaire Avant/Après Derrida prolonge ses activités à l'ENS pour l'année 2026–2027, à destination des jeunes chercheuses et chercheurs.
L'objectif est de multiplier les lieux de discussion et d'élaboration de la jeune recherche derridienne, sur un thème volontairement large.
La deuxième édition du séminaire Avant/Après Derrida (2026-2027) sera consacrée à l’exploration du thème « Derrida, débats politiques ».
Derrida a toujours été en débat, aussi bien avec la tradition philosophique qu'avec ses contemporains. Ses textes, ses idées et ses enseignements ont été discutés, critiqués, augmentés ; autant de prolongements qui ont fait l’objet de commentaires et de ré-élaborations par Derrida.
Nous pensons ici à la teneur politique de ces débats. Le premier débat politique autour de Derrida est peut-être celui de savoir s’il existe un ou plusieurs Derrida, s’il y a « un » Derrida « politique » en particulier, et un « tournant politique » à un moment de son oeuvre. Mais nous aimerions aussi étudier en détail la diversité des thèmes politiques que Derrida a pu traiter, tels que la souveraineté, le pouvoir et le gouvernement. Nous pensons également aux « affaires » qui ont pu faire irruption dans le monde intellectuel, académique et médiatique , en particulier l’ « affaire Paul de Man », ou encore l’ « affaire Heidegger » (à propos de laquelle Derrida disait avoir toujours déjà su pour son nazisme, et surtout déconstruit les implications politiques de sa philosophie). C'est également Derrida tout entier qui a pu être discuté politiquement, pour l’ensemble de son œuvre. Nous souhaitons ainsi rouvrir le débat de l’efficacité politique de la déconstruction, amorcé par Derrida et Rorty, Spivak ou encore Nancy et Lacoue-Labarthe. Nous voulons questionner en outre la figure d’autorité de Derrida : dans ses réceptions, ses poursuites, les courants se revendiquant explicitement de sa pensée, mais aussi dans ses critiques et ses polémiques, à l'instar de la catégorie de « pensée 68 » à laquelle on l’a rattaché.
Le caractère politique du travail de Derrida pose question : dans quelle mesure son travail relève-t-il d'une interrogation plutôt théorique et conceptuelle autour de la politique — en tant qu'objet philosophique ou branche de la philosophie — ou plutôt d'un travail de politisation d'un sujet (réinscrit au sein de dynamiques de pouvoirs réelles). Par exemple, la souveraineté est réinscrite au sein d'une interrogation conceptuelle et terminologique autour de l'animalité et son rapport à la figure du souverain, tandis que celle du pardon se trouve plutôt politisé, au sens où une notion morale se trouve réinscrite dans la réalité politique. Il s'agira alors tout autant d'appréhender les débats dans lesquels Derrida fait entrer la politique que de remarquer comment il fait entrer certains problèmes en politique.
Ce séminaire est ouvert à des perspectives et des domaines de recherches divers. Il est destiné aux jeunes chercheurs et chercheuses qui voudraient présenter l'avancement de leurs travaux et leurs lectures actuelles de Derrida.
Il est organisé par Tristan Barberousse, Zoé Grange-Marczak, Paul Langeron, Romane Mrejen, Lihi Paul et Léane Van den Driessch, à l'ENS de la rue d'Ulm, et se tiendra une fois par mois, avec deux invités par séance de deux heures.
Les propositions de communication, de 350 mots maximum, accompagnées d'un titre et d'une brève biographie de l'intervenante ou intervenant, sont à envoyer avant le 15 septembre à l'adresse seminaire.avant.apres.derrida@gmail.com. Les réponses seront communiquées peu de temps après la date limite de soumission.
Nous vous invitons à manifester votre intérêt, ou à nous contacter pour toute question ou proposition supplémentaire à seminaire.avant.apres.derrida@gmail.com