Vers une nouvelle éducation : le dialogue pédagogique du XVIIIᵉ siècle entre traditions et innovations (Kiel, Allemagne)
(pour la version allemande: voir ci-dessous / dt. Fassung: s. unten)
Appel à communications
Vers une nouvelle éducation : le dialogue pédagogique du XVIIIᵉ siècle entre traditions et innovations
Colloque international, Université de Kiel (Allemagne), 14-15 juin 2027
L’émergence de nouvelles conceptions de l’éducation au XVIIIᵉ siècle confère au dialogue pédagogique une importance particulière : celui-ci semble devenir un espace privilégié d’expérimentation des discours éducatifs. Comme le dialogue – en tant que genre littéraire – a toutefois suscité relativement peu d’études dans ce contexte particulier, le colloque se propose d’examiner de plus près sa place dans la production textuelle et didactique des Lumières. Ce faisant, il associera l’analyse littéraire à des approches relevant de l’histoire des idées et de l’histoire de l’éducation. Ainsi, on s’interrogera non seulement sur le rôle du dialogue éducatif dans l’élaboration, la diffusion et la mise en pratique de nouvelles conceptions de l’éducation, mais aussi sur les présupposés théoriques et caractéristiques poétiques de ce genre depuis longtemps en usage dans la transmission des savoirs.
Lumières et dialogue : représenter l‘éducation nouvelle. Si Jean-Jacques Rousseau, dans son Émile ou de l’éducation(1762), recourt au genre hybride du ‘roman-traité’ pour développer ses idées éducatives, bien d‘autres écrivain(e)s, comme Fénelon (Dialogues des morts, 1712), Madame Leprince de Beaumont (Le Magasin des enfants, ou Dialogues entre une sage gouvernante et plusieurs de ses élèves, 1757) ou Madame d’Épinay (Conversations d’Émilie, 1774/1782), choisissent le dialogue comme forme privilégiée de réflexion pédagogique. Sans perdre de vue la longue tradition dialoguée qui s’étend de l’Antiquité aux Lumières en passant par les dialogues didactiques médiévaux et humanistes et qui constitue l’une des formes majeures de transmission des savoirs philosophiques et pédagogiques, le colloque privilégie le XVIIIᵉ siècle français (et, dans une perspective comparatiste, germanophone), tout en s’intéressant aux époques qui le précèdent.
Les espaces socio-culturels. Les dialogues éducatifs du XVIIIe siècle, comme leurs prédécesseurs, se situent à la croisée de différents espaces culturels et sociaux (cour, bourgeoisie, marché éditorial, académies etc.) et poursuivent également différents objectifs. Ainsi, l’éducation des princes constitue un champ d’application ‘classique’ au sein d’une didactique qui se penche sur des ouvrages de philosophie morale et dialoguée pour former le futur souverain. Les auteurs des Lumières s’inscrivent ici dans la lignée du canon littéraire ad usum delphini tout en l’adaptant à de nouveaux modèles d’« éducation sensible », comme le montrent les dialogues de Marivaux (L’éducation d’un prince, 1754) ou de Mably (Entretiens de Phocion, 1763). De plus, l’éducation des princesses ouvre un nouveau champ de recherche dans l’étude du dialogue parce que les princesses, même si elles ne sont pas les destinataires explicites des dialogues, semblent habituées à les lire. Dans le cadre du transfert culturel de la République des lettres, beaucoup de dialogues français trouvent d’ailleurs leur chemin vers les cours princières allemandes et d’autres cours européennes, où ils contribuent également à la formation des princes et princesses éclairés, comme le montrent les Dialogues socratiques(1746) de Jacob Vernet. Dans l’espace bourgeois, en revanche, une autre image se dessine, avec l’émergence d’un marché éditorial pour des textes qui se situent entre les livres pour enfants d’un côté et la littérature de conseil de l’autre, dont témoignent, outre les œuvres de Madame Leprince de Beaumont, les Entretiens, drames et contes moraux (1778) de Marie-Élisabeth de la Fite. S’y mêlent les utopies pédagogiques des Lumières, les enjeux historiques de genre et les intérêts commerciaux des éditeurs. Au XVIIIᵉ siècle, les concours et remise de prix des académies jouent eux aussi un rôle non négligeable. Dans ce contexte, Madame d'Épinay se voit décerner en 1783 le Prix d’utilité de l’Académie française pour ses Conversations d’Émilie.
Les spécificités, fonctions et limites du genre. Le choix du genre n’étant pas sans conséquence pour la mise en scène des savoirs et des modèles éducatifs véhiculés, le colloque entend surtout explorer la relation entre le dialogue comme genre et l’élaboration de nouveaux modèles éducatifs. Il accorde néanmoins une certaine attention aux frontières du dialogue pédagogique avec d’autres genres – tels que la poésie didactique dialoguée, le proverbe dramatique ou encore le dialogue d’idées. Ce dernier se retrouve également dans L’Entretien d’un père avec ses enfants ou Du danger de se mettre au-dessus des lois de Denis Diderot. Publiée en 1773 dans la Correspondance littéraire dirigée par Grimm, l’œuvre de Diderot nous invite à nous interroger non seulement sur les frontières entre dialogue pédagogique et dialogue philosophique, mais aussi sur les transformations du genre dans le contexte de l’étude des journaux et des médias.
Les propositions pourront notamment s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes suivants :
le dialogue pédagogique comme vecteur de nouvelles conceptions de l’éducation, notamment dans le contexte de l’éducation des princes, de l’éducation bourgeoise, de l’éducation féminine ou d’autres projets pédagogiques ;
la poétique du dialogue et ses transformations dans l’histoire : traditions philosophiques, frontières avec d’autres genres littéraires, évolutions génériques entre le Moyen Âge et le XVIIIᵉ siècle, stratégies rhétoriques et littéraires (argumentation, ambiguïté factuelle-fictionnelle, scénographie) ;
la mise en scène des processus de connaissance, des rôles conversationnels et des hiérarchies du savoir entre l’autorité pédagogique (père/mère, maître, précepteur/préceptrice, instituteur/institutrice, gouverneur/gouvernante…) et ses interlocuteurs (enfants, élèves…) ; la production, la circulation et la réception des dialogues pédagogiques : auteurs et autrices, lectorats, pratiques de lecture, contextes de diffusion (famille, cour, institutions éducatives, réseaux intellectuels, etc.), rapports entre les textes et les expériences pratiques auxquelles ils se réfèrent.
Veuillez envoyer votre proposition (titre et résumé de 500 mots max.) à christina.schaefer@romanistik.uni-kiel.de et franknagel@romanistik.uni-kiel.de jusqu’au 15 octobre 2026.
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Call for Papers
Wege zu einer neuen Erziehung: Der pädagogische Dialog des 18. Jahrhunderts zwischen Tradition und Innovation
Internationale Tagung, Christian-Albrechts-Universität zu Kiel, 14.-15. Juni 2027
Das Aufkommen neuer Erziehungskonzepte im 18. Jahrhundert verleiht dem pädagogischen Dialog eine besondere Bedeutung und macht ihn zu einem privilegierten Ort der Diskussion und Erprobung erziehungstheoretischer Diskurse. Gleichwohl hat der Dialog als literarische Gattung in diesem Zusammenhang bisher vergleichsweise wenig wissenschaftliche Aufmerksamkeit erfahren. Aus diesem Grund widmet sich die Tagung der Position des Genres im didaktischen und literarischen Feld der Aufklärung und berücksichtigt dabei gleichermaßen Ansätze aus der Kultur-, Wissens- und Bildungsgeschichte. So wird nicht nur die Rolle des pädagogischen Dialogs bei der Entwicklung, Verbreitung und Umsetzung neuer Bildungskonzepte untersucht, sondern zugleich die theoretischen Voraussetzungen und poetischen Merkmale dieser traditionell bei der Wissensvermittlung zum Einsatz kommenden Gattung.
Aufklärung und Dialog: Formate für eine neue Erziehung. Während Jean-Jacques Rousseau seine pädagogischen Ideen in Émile ou de l‘éducation (1762) im hybriden Genre des ‚Roman-Traktats‘ entwickelt, entscheiden sich zahlreiche andere Schriftsteller*innen wie Fénelon (Dialogues des morts, 1712), Madame Leprince de Beaumont (Le Magasin des enfants, ou Dialogues entre une sage gouvernante et plusieurs de ses élèves, 1757) oder Madame d’Épinay (Conversations d’Émilie, 1774/1782) für den Dialog als Format der pädagogischen Reflexion. Ohne dessen lange Tradition zu vernachlässigen, die sich von der Antike über die didaktischen Dialoge des Mittelalters und des Humanismus bis hin zur Aufklärung erstreckt und generell einen zentralen Vermittlungsmodus philosophischen und pädagogischen Wissens darstellt, konzentriert sich die Tagung auf das Frankreich des 18. Jahrhunderts, wobei sie komparatistische Öffnungen auf den deutschsprachigen Kontext ebenfalls berücksichtigt.
Soziale und kulturelle Räume. Die pädagogischen Dialoge des 18. Jahrhunderts stehen, wie ihre Vorgänger, an der Schnittstelle verschiedener kultureller und sozialer Räume (Hof, Bürgertum, Verlagswesen, Akademien usw.) und verfolgen jeweils unterschiedliche Ziele. So bietet die Erziehung der Fürsten ein ‚klassisches‘ Anwendungsgebiet innerhalb einer Didaktik, die sich mit moralphilosophischen Dialogen ausrüstet, um den zukünftigen Herrscher auszubilden. Die Autor*innen der Aufklärung reihen sich hier in die Tradition des klassischen Kanons ad usum delphini ein, passen ihn jedoch an neue Modelle der éducation sensible an, wie die entsprechenden Schriften eines Marivaux (L’éducation d’un prince, 1754) oder Mably (Entretiens de Phocion, 1763) zeigen. Darüber hinaus öffnet die Erziehung der Prinzessinnen ein weiteres Gebiet in der Dialogforschung, da die Leserinnen, auch wenn sie meist nicht die expliziten Adressatinnen der fiktiven Gespräche sind, diese Texte ebenfalls rezipieren. Im Rahmen des Kulturtransfers innerhalb der République des lettres fanden viele französische Dialoge zudem ihren Weg an deutsche und weitere europäische Fürstenhöfe: Dort trugen sie ebenfalls zur Bildung aufgeklärter Prinzen und Prinzessinnen bei, wie die Dialogues socratiques (1746) von Jacob Vernet belegen. Im bürgerlichen Raum bietet sich hingegen ein anderes Bild, mit Blick auf den entstehenden kommerziellen Buchmarkt für Texte, die zwischen Kinderbüchern und Ratgeberliteratur angesiedelt sind. Hierfür können neben den Werken von Madame Leprince de Beaumont auch die Entretiens, drames et conte moraux (1778) der Marie Elisabeth de la Fite einstehen. Die pädagogischen Utopien der Aufklärung, historische Genderaspekte und die kommerziellen Interessen der Verlage greifen in diesem Bereich vielfach ineinander. Eine nicht zu vernachlässigende Rolle spielen zugleich die Preisausschreibungen und -verleihungen der Akademien. In diesem Kontext wurde Madame d’Épinay 1783 für ihre Conversations d’Émilie mit dem Prix d’utilité der Académie française ausgezeichnet.
Spezifika, Funktionen und Grenzen der Gattung. Da die Wahl der Gattung nicht ohne Folgen für die Inszenierung der vermittelten Wissensbestände und Erziehungsmodelle bleibt, fokussiert die Tagung nicht nur das Verhältnis zwischen dem Dialog als Genre und der Entwicklung neuer Erziehungsmodelle, sondern legt zudem besonderes Augenmerk auf die Schnittstellen des pädagogischen Dialogs zu verwandten genres mineurs – etwa zum entretien didactique und zur conversation didactique, zur dialogischen Lehrdichtung, zum proverbe dramatique oder zum dialogue d’idées. Hierfür könnte ein Werk wie Denis Diderots L’Entretien d’un père avec ses enfants ou Du danger de se mettre au-dessus des lois einstehen. Dieser Dialog erschien 1773 in der von Grimm herausgegebenen Correspondance littéraire und lädt nicht nur dazu ein, die Grenzen zwischen pädagogischem und philosophischem Dialog neu zu vermessen, sondern wirft auch die Frage auf, wie das Genre im Kontext der historischen Zeitschriften- und Journalforschung, also der Mediengeschichte des 18. Jahrhunderts, zu verorten wäre.
Die Vortragsvorschläge können sich beispielsweise an einem oder mehreren der folgenden Themenfelder orientieren:
der pädagogische Dialog als Träger neuer Erziehungskonzepte, insbesondere im Zusammenhang mit der Erziehung von Prinzen, der bürgerlichen Erziehung, der Mädchenbildung oder anderen pädagogischen Projekten;
Poetik des Dialogs und seine diachronen Transformationen: philosophische Traditionen, Grenzen zu anderen literarischen Gattungen, Gattungsentwicklungen vom Mittelalter bis zum 18. Jahrhundert, rhetorische und literarische Strategien (Argumentation, Schwelle faktual/fiktional, Szenographie);
Inszenierung von Erkenntnisprozessen, Gesprächsrollen und Wissenshierarchien zwischen pädagogischer Autorität (Vater/Mutter, Lehrer*innen, Erzieher*innen …) und ihren Gesprächspartnern (Kinder, Schüler*innen …);
Produktion, Zirkulation und Rezeption pädagogischer Dialoge: Autor*innen, Adressat*innen, Publika, Lektürepraktiken, Verbreitungskontexte (Familie, Hof, Bildungseinrichtungen, intellektuelle Netzwerke usw.) sowie das Verhältnis zwischen den Texten und den Praktiken, auf die sie Bezug nehmen.
Bitte schicken Sie Ihren Vortragsvorschlag (Titel und Resümee von max. 500 Wörtern) bis zum 15. Oktober 2026 an christina.schaefer@romanistik.uni-kiel.de und franknagel@romanistik.uni-kiel.de.