Dans Violence de la propriété, Frédéric Gros rappelle qu'il existe une part maudite de la propriété privée: "elle qui affirme que ce que je possède est à moi seul ; que devenir propriétaire prive un autre de ce que j’ai ; que ce qui fonde mon droit de propriété, c’est d’être autorisé à en user et à en abuser. Les grandes crises climatiques, sanitaires, sociales, relationnelles, géopolitiques peuvent se lire comme une conséquence du déchaînement de cette appropriation prédatrice. Mais l’appropriation n’est pas par essence du côté de cette dernière. Son sens premier – celui d’une appropriation réciproque, mutuelle, régulatrice, écologique – se retrouve dans trois activités fondamentales qui permettent de construire un rapport harmonieux de l’homme au monde : habiter, apprendre, accueillir. Ainsi, habiter ne signifie plus occuper tout l’espace ; apprendre, consommer à outrance ; accueillir, assimiler coûte que coûte". Le livre propose ainsi de "retrouver le sens perdu de l’appropriation", avec une nouvelle définition de la propriété : "plus juste, redistributive, consentie. En un mot : heureuse" (pour autant que la chose soit possible).