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Appels à contributions
Assia Djebar, l’œuvre oubliée (revue Expressions maghrébines, vol. 25.2)

Assia Djebar, l’œuvre oubliée (revue Expressions maghrébines, vol. 25.2)

Publié le par Marc Escola (Source : Edwige Tamalet Talbayev)

Expressions Maghrébines. Revue de la Coordination internationale des chercheur.e.s sur les littératures du Maghreb

Vol. 26, no 2, hiver 2027 : Appel à articles

Assia Djebar, l’œuvre oubliée

Dossier coordonné par Maya Boutaghou 

Date limite de soumission des articles : 31 janvier 2027 

Parution : novembre 2027

Qui n’a pas lu L’Amour, la fantasia ? Pourtant quand on regarde de 
près l’œuvre d’Assia Djebar, on constate que les lecteurs critiques 
reprennent toujours certains textes et évitent d’engager une 
discussion sur d’autres aspects de l’œuvre, pour des raisons parfois 
légitimes. Fatma Zohra Imalhayène ou Assia Djebar, de son nom de 
plume, a passé une vie dédiée à l’écriture. L’étendue de son œuvre 
publiée – et pour le moment, connue des chercheurs – comprend 
seize romans, deux récits, un essai critique, une pièce de théâtre, un 
opéra radiophonique, deux films, un volume de poésie, une 
traduction, des écrits journalistiques et critiques, des discours, de 
longues introductions à des œuvres visuelles, photographiques et 
picturales. Enfin, le parcours universitaire d’historienne d’Assia 
Djebar reste très peu connu et mériterait malgré la difficulté qu’on 
s’y attarde à l’occasion de ce volume. Cette œuvre conséquente 
signale à la fois la présence de Djebar tout au long de l’histoire du 
vingtième-siècle et du tournant du vingt-et-unième siècles et la 
consistance de son regard sur l’Algérie. Pour redonner un nouveau 
souffle à cette partie souvent oubliée de la production djebarienne, 
nous proposons ce volume d’Expressions maghrébines qui se veut 
un retour critique sur l’œuvre moins connue de Djebar, celle qu’on 
lit moins pour plusieurs raisons : le déplacement compliqué vers des 
fonds en Algérie ou en France non ouverts aux chercheurs, ou en 
Italie ; enfin certains ouvrages n’existent aujourd’hui que dans des 
archives privées, comme une partie de ses écrits journalistiques. 
Parfois, il s’agit de textes ou de productions non rééditées, et comme 
chacun sait, toute réédition engage les héritiers à des mois de 
discussions avec les éditeurs qui détiennent les droits. À l’initiative 
dynamique de sa fille Jalila Imalhayene Djennane, la réédition 
récente, grâce aux éditions Barzakh à Alger, de plusieurs textes de 
la première partie de sa production littéraire (La Soif, Les Impatients, 
Les Enfants du nouveau monde) encourage les lecteurs à redécouvrir 
des textes oubliés de l’auteure. Dans le même effort, plus 
récemment, La Beauté de Joseph a également été réédité, toujours 
par la maison Barzakh avec un souci à la fois de diffusion en Algérie 
et de traduction en arabe pour certains textes.  D’autres publications 
nécessitent un travail de recherche en profondeur, en raison de la 
diversité des parcours éditoriaux de l’auteure dont la production a 
suivi ses lieux d’ancrage multiples, comme l’exemplifie l’opéra 
radiophonique Filles d’Ismaël dans le vent et la tempête/Figlie di 
Ismaele, nel vento e nella tempesta (2000).

Certains textes ont une histoire éditoriale énigmatique comme l’essai, Women of Islam dont 
la version française Femmes d’Islam est peu connue et dont le récent 
travail de Nicholas Harrison montre l’aventure éditoriale 
(Dictionnaire Assia Djebar, éd. Maya Boutaghou et Anne Donadey, 
à paraître Honoré Champion). Enfin, pour illustrer le parcours 
difficile d’accès à l’œuvre, La Zerda et les chants de l’oubli (1982, 
57 minutes) n’est disponible dans sa version complète restaurée que 
depuis 2017, grâce à l’Arsenal Institute for Film and Video Art de 
Berlin. Avant ce travail monumental, les critiques n’avaient accès 
qu’à 27 minutes d’un film magistral qui a, tout de même, reçu le 
Prix du meilleur film historique au Festival international du film de 
Berlin en janvier 1983. Le fonds Djebar n’existe pas encore, mais il 
reste urgent de faire œuvre critique autour de cette production 
oubliée.

Cet appel invite donc des contributions sur l’œuvre moins 
commentée d’Assia Djebar, pour continuer à la connaître et à saisir 
une vie d’écriture polygraphe.

Dans l’ordre alphabétique et de manière non exhaustive, il s’agit de : 
• La Beauté de Joseph (1998) Arles : Actes Sud. 
• Chronique d’un été algérien : Ici et là-bas (1993) Paris : 
Plume. 
• Les Enfants du nouveau monde (1962) Paris : Seuil, coll. 
« Points ». [Réédition : 2012] 
• Filles d’Ismaël dans le vent et la tempête/Figlie di Ismaele, 
nel vento e nella tempesta (2000) Firenze : Giunti Editoriale. 
• Les Impatients (1958) Paris : Juillard. 
• Poèmes pour l’Algérie heureuseA (1969) Alger : SNED, 
1969. 
• Rouge l’aube. Avec Walid Garn. Alger : SNED, 1969. 
• La Soif (1957) Paris : Juillard.  
• Villes d’Algérie au XIXe siècle (2011), introduction et notes 
de Assia Djebar, traduction de l’arabe de Larbi Yacoub, 
Alger : ANEP. 
• La Zerda et les chants de l'oubli (1982), consulté en mars 
2023, 
YouTube : 

• Women of Islam (1961) Jean MacGibbon (trad.) London : 
André Deutsch / Bruna. 
• Ferdaous, une voix en enfer de Nawal al Saadawi (2022) 
Assia Djebar (trad.), Paris : Femmes-Antoinette Fouque.  
Certains axes doivent permettre de découvrir et saisir de manière 
critique et pertinente son œuvre. Ils sont d’ordre éditorial, 
historique, esthétique, et critique : la vie éditoriale des productions 
moins connues ; la question dramaturgique ou la scénographie ; la 
mise en musique de l’opéra radiophonique ; le rapport des textes aux 
œuvres visuelles (photographies ou peintures) ; la question des 
stratégies de traduction de l’arabe ; sa production historique 
universitaire. Enfin des approches plus structurales pourraient 
inclure les échos ou l’intertextualité interne entre les œuvres; les 
questions esthétiques et génériques autour des formes théâtrales 
(Rouge l’aube et Filles d’Ismaël dans le vent et la tempête) ; une 
approche sonore des films ; le style des écrits journalistiques et 
critiques de Djebar. Pour finir, des approches critiques analytiques 
consacrées à chacune des œuvres oubliées seront également les 
bienvenues. 

Les articles ne devront pas dépasser 40.000 signes, espaces inclus 
(6.000 mots environ). La ponctuation, les notes et les références 
doivent être conformes aux normes appliquées par la revue: 
https://expressions-maghrebines.tulane.edu. Les demandes de 
renseignements complémentaires et les articles complets doivent 
être adressés par courrier électronique à la présidente du comité 
scientifique : expressions.maghrebines@outlook.com. La section 
VARIA de la revue maintient toujours un appel à articles (sans 
date limite de soumission) concernant les cultures maghrébines 
: littérature, cinéma, arts...