"Mì parli nò !". Représentations de la criminalité, entre esthétique et éthique (revue Balthazar)
« “Mì parli nò!” ». Représentations de la criminalité, entre esthétique et éthique
La représentation de la criminalité — dans les médias, la littérature, le cinéma, la musique et les arts visuels — constitue un point nodal pour comprendre la relation complexe entre imaginaire collectif, pouvoir et transgression. Depuis des siècles, les figures du bandit, du mafieux, du délinquant urbain peuplent les récits artistiques, oscillant entre l’emblème de l’anti-héros romantique et l’icône pop charismatique, entre la dénonciation sociale et la fascination esthétique.
Ce dualisme — entre condamnation et séduction, critique et idéalisation — soulève des questions profondes sur le rôle de l’art dans la construction du sens et dans la gestion de l’ambiguïté morale. Que se passe-t-il lorsque la violence devient belle ? Lorsque l’illégalité devient style ? Lorsque le récit criminel devient spectacle ?
Au cœur de cette réflexion se trouve le nœud éthique de la représentation : comment distinguer entre compréhension et complicité, entre narration critique et célébration ? Quelles responsabilités incombent à ceux qui produisent des contenus impliquant des réalités criminelles, et à ceux qui les consomment ?
La représentation de la criminalité n’est jamais neutre : elle est traversée par des tensions idéologiques, esthétiques et éthiques qu’il convient de déconstruire. Dans une perspective pluridisciplinaire, ce numéro de Balthazar entend explorer les multiples formes d’esthétisation du crime et leurs répercussions symboliques, sociales et politiques. L’objectif est d’ouvrir un espace de dialogue entre chercheurs en littérature, philosophie, études médiatiques, arts visuels, sociologie, criminologie et anthropologie culturelle, afin d’analyser les structures narratives et formelles qui transforment l’illégalité en récit, et donc en expérience esthétique. Cette invitation à la réflexion s’adresse également à celles et ceux qui souhaitent interroger le pouvoir de l’imagination, la fonction du récit et la responsabilité culturelle dans la contemporanéité des séries globalisées, de la nostalgie cinématographique, du true crime et du culte du villain.
Thèmes possibles (non exhaustifs) :
Narrations littéraires, cinématographiques et télévisuelles de la criminalité organisée
Mythe du « méchant fascinant » : construction et déconstruction du héros criminel
Langages visuels et sonores du crime dans les différents médias
Esthétisation de la violence et des codes criminels dans la culture populaire
Implications éthiques de la représentation de la souffrance et des victimes
Esthétique de la dégradation urbaine et criminalisation de la marginalité
Ambiguïtés morales dans les productions culturelles : consommation, empathie, identification
· Langues acceptées : italien, anglais, français et espagnol.
· Date limite de soumission des contributions : 30 septembre 2026.
· Publication du numéro : décembre 2026.