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La construction des récits dans les séries françaises (Montpellier)

La construction des récits dans les séries françaises (Montpellier)

AAC – Journée d’études – 

La construction des récits dans les séries françaises

Vendredi 12 mars 2027 - Université de Montpellier - Paul Valéry

Organisée par Clémence Allamand, Isabelle Tournier et Polina Ukhova

 

Coorganisée par des chercheur·euse.s de plusieurs disciplines (études cinématographiques et audiovisuelles, sciences de l’information et de la communication, linguistique et psychologie) issus des laboratoires RIRRA21, Praxiling et Epsylon de l’université Paul-Valéry, cette journée s’inscrit dans le cadre du projet MIRANDA Sérial’Générations (2025–2028). Ce projet s’intéresse notamment aux publics des séries quotidiennes françaises produites en Occitanie (Demain nous appartient, Un si grand soleil, Ici tout commence), visant à comprendre comment ces séries sont perçues, appropriées et intégrées dans le quotidien des publics. ​

Les séries télévisées, au-delà des séries quotidiennes, constituent un objet de recherche protéiforme particulièrement riche, appelant un dialogue interdisciplinaire. Leur richesse tient à la diversité de leurs écritures scénaristiques, des dispositifs audiovisuels qu'elles mettent en œuvre, des discours qu'elles véhiculent, des pratiques professionnelles dont elles sont issues, ainsi que des usages sociaux et psychosociaux qu'elles suscitent auprès des publics. Cette journée d'étude entend réunir des chercheur·euse·s de différents horizons (sciences du langage, sciences de l'information et de la communication, études cinématographiques et audiovisuelles,  media studies, sémiologie,  narratologie, sociologie,  psychologie sociale, …) afin d'interroger les enjeux de la mise en récit des séries télévisées à travers l'exploration des conditions et des contraintes de leur élaboration, des représentations qu'elles construisent et véhiculent, ainsi que des modes d'appropriation dont elle font l'objet de la part des publics. 

En proposant plus spécifiquement d’analyser les enjeux relatifs au processus d’écriture scénaristique et à la construction des récits dans les séries françaises, cette journée d'études invite à interroger les thématiques abordées dans les séries, les modalités de leur traitement, ainsi que les choix narratifs et discursifs qui les sous-tendent. Ainsi, pourquoi certains récits, certaines figures ou certaines intrigues sont-ils privilégiés ? Comment le lien avec le public est-il pensé et construit dans le processus d’écriture ? Quels modes d’identification, d’adhésion ou d’appropriation se développent à travers les récits sériels ? Dans une perspective de dialogue entre disciplines, il s'agira notamment de s'intéresser aux modalités discursives liées aux thématiques investies par les séries, au fonctionnement des écosystèmes de production et aux conditions concrètes du travail des scénaristes. Il conviendra également d’interroger les contraintes éditoriales, les dynamiques de collaboration et les logiques professionnelles qui structurent l’écriture des séries, afin d’éclairer les imaginaires mobilisés dans la fabrique des récits. Si la journée portera une attention particulière aux séries quotidiennes, dont le processus d’écriture présente des spécificités fortes, elle s’inscrit plus largement dans une réflexion sur les pratiques d’écriture scénaristique des séries en France, quels que soient leurs formats ou leurs modes de production.

Les propositions de communication pourront s’articuler autour des axes d’études suivants :

Axe 1 – Écriture sérielle, narration et construction discursive des enjeux sociaux 

Le premier axe s'intéresse à la manière dont les séries françaises construisent, configurent et mettent en circulation les enjeux sociaux contemporains à travers leurs dispositifs narratifs et discursifs. Les intrigues consacrées à la santé, à l'écologie, aux relations familiales, au travail, aux violences, aux discriminations ou encore aux rapports intergénérationnels proposent des interprétations du monde social qui se déploient progressivement au fil des arcs narratifs. Les dialogues, les interactions entre les personnages et les choix scénaristiques contribuent ainsi à produire des représentations, à conforter ou à s'inscrire en opposition face à certaines normes et certains comportements, tout en mettant en débat différents modèles de conduite. Ce travail de mise en discours participe au cadrage des enjeux sociaux en façonnant des imaginaires, en légitimant ou en interrogeant les systèmes de valeurs et en proposant des modèles relationnels. Dans cette perspective, les propositions pourront notamment porter sur la structuration des intrigues, les trajectoires narratives associées à une problématique sociale, les positionnements discursifs des personnages, les formes de conflictualité, les processus de légitimation, les mécanismes d'évaluation ou encore les valeurs véhiculées par les dénouements. 

Cet axe accueille des travaux relevant notamment de la narratologie, de la (socio)linguistique, de l'analyse du discours, de l'analyse des interactions, de la pragmatique, des études sur les représentations sociales, des sciences de la communication ou encore des études cinématographiques, dès lors qu'ils permettent de mieux comprendre comment l'écriture sérielle construit des imaginaires sociaux et participe à la circulation de savoirs, de normes et de modèles relationnels. Dans cette optique, les dialogues de fiction seront envisagés comme des discours écrits répondant à des contraintes scénaristiques et interactionnelles spécifiques, constituant des objets d'analyse à part entière.

Axe 2 : La fabrique des récits 

L'écriture des séries télévisées ne relève pas du seul travail des scénaristes. Elle s'inscrit dans un processus collectif où interviennent de nombreux acteur·ice.s (auteur·ice.s, directeur·ice.s de collection, producteur·ice.s, diffuseur·euse·s, consultant·e·s, expert·e·s, etc.) et où se croisent des contraintes éditoriales, économiques, institutionnelles et organisationnelles qui participent à la construction des récits.

Cet axe propose d'interroger les conditions concrètes de production des séries françaises et les logiques qui orientent les choix narratifs. Il s'agira notamment d'analyser les modalités de collaboration entre les différent·e·s professionnel·le·s impliqué·e·s dans l'écriture, les formes de négociation qui accompagnent la fabrication des intrigues, ainsi que le rôle joué par les consultant·e·s ou expert·e·s mobilisé·e·s pour documenter certaines thématiques et garantir la crédibilité des univers fictionnels.

Une attention particulière est portée à la manière dont les publics sont anticipés au cours du processus d'écriture. Comment les attentes des spectateur·ice.s sont-elles prises en compte ? Quels rôles jouent les chaînes, les plateformes ou les producteur·ice.s dans la définition des publics visés ? Dans quelle mesure les audiences, les études de réception, les retours des téléspectateur·ice·s ou les échanges sur les réseaux sociaux influencent-ils les orientations narratives ? Les communications pourront également interroger la manière dont les séries s'inscrivent dans l'actualité et cherchent à faire écho aux évolutions de la société, ainsi que les stratégies de promotion et de circulation des contenus qui accompagnent leur diffusion. Les propositions pourront également porter sur les dispositifs de promotion, de médiatisation et de circulation des contenus, en analysant la manière dont ils participent à la mise en visibilité des récits, à leur appropriation et à la construction du lien avec les publics.

Enfin, cet axe invite à réfléchir aux spécificités des séries quotidiennes, dont les rythmes de production et de diffusion conduisent à renouveler les pratiques d'écriture. Leur inscription dans une programmation régulière, tout en étant largement accessibles à la demande, invite notamment à questionner leur positionnement entre logique de flux et logique de stock, ainsi que les conséquences de cette hybridation sur les processus de création.

Axe 3 : Les séries au prisme des publics : expériences, représentations et appropriations

Qu'advient-il de ces récits une fois qu'ils sont mis en circulation ? Les séries ne sont pas seulement des objets de divertissement, elles accompagnent les expériences des spectateur·ices, nourrissent leurs réflexions, et participent à la construction des représentations du monde social.  Les récits et les personnages peuvent devenir ainsi des ressources à partir desquelles les publics interprètent des situations, discutent de questions de société ou élaborent leurs propres expériences. Cet axe propose d'interroger les différentes formes d'engagement et d'identification des publics avec les récits sériels. Les communications pourront notamment s'intéresser aux modalités d'attachement aux univers fictionnels et aux personnages, ainsi qu'aux appropriations individuelles et collectives des récits, ainsi qu'à leur rôle dans la construction des représentations sociales, des normes et des interprétations issues des lectures de ces séries.

Cet axe s’intéresse également à l'approche psychologique des publics. Comment les connaissances issues de la psychologie éclairent-elles la conception des personnages, la compréhension des récits ou les choix d'écriture ? Comment le fonctionnement psychologique des publics (cognition, émotion, motivation) est-il anticipé et pris en compte dans la construction des personnages, des intrigues, des dialogues ou du rythme narratif ? Les communications pourront ainsi interroger les enjeux d'accessibilité des récits, qu'il s'agisse de publics en apprentissage, de personnes âgées ou plus largement de la manière dont les séries cherchent à rendre leurs univers compréhensibles et accessibles au plus grand nombre.

Au-delà de leur réception par les publics, les séries télévisées peuvent également constituer des ressources mobilisées dans des contextes pédagogiques, professionnels ou scientifiques. Les propositions pourront ainsi interroger les usages des récits sériels dans la médiation, la recherche ou l’enseignement. Bien que les dialogues de séries relèvent de discours fictionnels, soient élaborés et répondent à des contraintes scénaristiques, le corpus sériel peut-il néanmoins constituer une alternative ou du moins un complément aux corpus écologiques pour l'étude du français parlé ? Si tel est le cas, quels phénomènes linguistiques se prêtent le mieux à une analyse fondée sur ce type de corpus ? Quels en sont les apports, mais aussi les contraintes méthodologiques et les limites ?

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Les propositions de communication sont à envoyer, sous forme de résumés de 500 mots environ et accompagnées d’une courte bio-bibliographie, aux adresses ci-dessous avant le 02 novembre 2026 : 

Clémence Allamand (clemence.allamand@umpv.fr)

Isabelle Tournier (isabelle.tournier@umpv.fr)

Polina Ukhova (polina.ukhova@umpv.fr)

 

Afin de favoriser les échanges scientifiques, cette journée d'études se déroulera exclusivement en présentiel.

Calendrier :

~ Juillet 2026 : Appel à communications

~ 02 novembre 2026 : Date limite d’envoi des propositions de communication

~ 14 décembre 2026 : Retour des décisions du comité d’évaluation

~ 12 mars 2027 : Journée d'études

 

Lieu : Université Paul-Valéry

           Site Saint-Charles 2 - Auditorium

           71 rue du Professeur Henri Serre

           34090 Montpellier

    

Transport : Depuis la gare Saint-Roch et la gare Montpellier Sud de France - Tram 1 direction Mosson. Arrêt : Albert 1er – Saint-Charles.

 

Bibliographie indicative : 

Bednarek, M. (2010). The Language of Fictional Television: Drama and Identity. London: Continuum.

Bednarek, M. (2018). Language and Television Series: A Linguistic Approach to TV Dialogue. Cambridge: Cambridge University Press.

Boudon, H., & Sonet, V. (2017). La créativité dans la production de fictions télévisées en France : une notion en trompe-l’œil ?. Communiquer. Revue de communication sociale et publique, (21), 99-117.

Boudon, H. (2017). Vies privées, problèmes publics : la nouvelle dramaturgie des séries télévisées françaises (Thèse de doctorat, Paris 2 Panthéon-Assas).

Breithaupt, F. (2025). The Narrative Brain: The Stories Our Neurons Tell. New Haven and London: Yale University Press. 

Chalvon-Demersay, S. (1999). « La confusion des conditions. Une enquête sur la série télévisée Urgences ». Réseaux, 17(95), 235-283.

Chalvon-Demersay, S. (2011). « Enquête sur l'étrange nature du héros de série télévisée ». Réseaux, 165, 181-214.

Chalvon-Demersay, S. (2021). Le troisième souffle. Parentés et sexualités dans les adaptations télévisées. Paris : Presses des Mines.

Esquenazi, J.-P. (2014). Séries télévisées : l'avenir du cinéma ? Paris : Armand Colin.

Farmer, K. (2015). Sociopragmatic variation in yes/no and wh-interrogatives in hexagonal French: a real-time study of French Films from 1930-2009. Thèse de doctorat. Indiana University.

Forchini, P. (2012). Movie language revisited. Evidence from multi-dimensional analysis and corpora. Oxford : Peter Lang.

Glevarec, H., Combes, C. & de Saint Maurice, T. (2026). Des séries qui comptent. Sociologie d'un goût contemporain. La Tour-d'Aigues : Éditions de l'Aube.

Green, M. C. & Dill, K.E. (2013). «Engaging with Stories and Characters: Learning, Persuasion, and Transportation into Narrative Worlds», in Karen E. Dill (ed.), The Oxford Handbook of Media Psychology, Oxford Library of Psychology. 

Green, M. C. & Appel, M. (2024). « Narrative Transportation: How Stories Shape How We See Ourselves and the World». Advances in Experimental Social Psychology, 70, 1-82.

Jost, F. (2001). La télévision du quotidien. Entre réalité et fiction. Bruxelles : De Boeck Université.

Jost, F. (2011). De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? Paris : CNRS Éditions.

Livingstone, S. (1998). Making sense of television: the psychology of audience interpretation (2nd edition). London: Routledge.

Maigret, É. (2022). Sociologie de la communication et des médias (4e éd.). Paris : Armand Colin.

Maingueneau, D. (2021). Analyser les textes de communication (4e éd.). Malakoff : Armand Colin. 

Mittell, J. (2015). Complex TV: The Poetics of Contemporary Television Storytelling. New York: New York University Press.

Pasquier, D. (1999). La culture des sentiments. L'expérience télévisuelle des adolescents. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l'homme.

Quaglio, P. (2009). Television dialogue: the sitcom Friends vs. natural conversation. Philadelphia: John Benjamins.

Sepulchre, S. (dir.). (2011). Décoder les séries télévisées. Bruxelles : De Boeck.

Soulez, G. (2015). Quand le film nous parle : rhétorique, cinéma, télévision. PUF.

Soulez, G. (2011). La double répétition. Structure et matrice des séries télévisées. Mise au point. Cahiers de l’association française des enseignants et chercheurs en cinéma et audiovisuel, (3).