Identifier les autres et/ou se faire “Lecteur de soi-même" : Proust et la reconnaissance (Illiers-Combray)
Identifier les autres et/ou se faire "Lecteur de soi-même" :
Proust et la reconnaissance
Journées d’étude organisée
par Luc Fraisse (Université de Strasbourg / IUF) et Olivier Guerrier (Université Toulouse Jean Jaurès / IUF)
Illiers-Combray, 4 et 5 septembre 2026
Reconnaissance. Aristote prise fort, chez les Tragiques, ces scènes de reconnaissance où par exemple Électre s’avise que ce jeune homme devant elle n’est autre que son frère Oreste, avec l’appui duquel elle va enfin pouvoir venger son père. Beaucoup de scènes de reconnaissance peuplent le cycle romanesque de Proust, jusqu’à l’ultime « Matinée » qui les réunit en un feu d’artifice. Mais dans le même temps chemine, pour le héros qui deviendra écrivain, une autre forme d’anagnôrisis, la reconnaissance de soi, en une série de prises de conscience qui tissent la trame d’« une intrigue de la psyché » (Terence Cave). Avant même que le narrateur du Temps retrouvé ne déclare : « La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de ce dernier et vice-versa », les diverses scènes de lecture, réparties dans les volumes précédents, prennent volontiers pour enjeu un certain type de reconnaissance.
On tentera dès lors de revisiter une conception proustienne qui renoue avec l’anamnèse et la réminiscence d’origine platonicienne – mais dont Aristote traitait également dans son De memoria et reminiscentia, sans parler du rapport entre reconnaissance et mémoire qu’évoque la Poétique –, qui voisine avec l’« épiphanie » et implique tant interprétation savante (et même intertextualité) que lecture courante, et qui peut déboucher à ce compte sur une phénoménologie ou encore une pragmatique.
Pour ce faire, on pourra aussi bien proposer une interprétation de scènes de reconnaissance (vis-à-vis des personnages, ou tournée vers l’intérieur de soi-même), que développer une interprétation du concept et du phénomène même de reconnaissance dans À la recherche du temps perdu.
Avec le soutien de l’Institut Universitaire de France.
Découvrir sur Fabula l'affiche de la journée…
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Programme
Vendredi 4 septembre 2026, matinée
Président de séance : Eleonora Sparvoli
9h- Proust et la reconnaissance dans la critique contemporaine (Olivier Guerrier, Université de Toulouse, IUF)
9h30- L’esthétique proustienne de la reconnaissance (Luc Fraisse, Université de Strasbourg, IUF)
10h- Discussion et pause
10h30- “Inquiétante étrangetéˮ et reconnaissance (Eleonora Sparvoli, Université de Milan)
11h15- Reconnaissance et mémoire (Isabelle Serça, Université de Toulouse)
12h- Le regard et la reconnaissance de l’avenir dans Du côté de chez Swann (Clément Girardi, Université de Toulouse)
Vendredi 4 septembre 2026, après-midi
Président de séance : Thomas Klinkert
14h30- Deux régimes de reconnaissance, deux sens de la vie (Miguel de Beistegui, Université de Warwick)
15h15- Pour une lecture jamesienne de la trajectoire de Swann (Aline Wiame, Université de Toulouse)
16h- La reconnaissance et la phénoménologie de l’esprit (Gérard Bensussan, Université de Strasbourg)
Pause
17h- Identifier les autres et/ou se faire “lecteur de soi-mêmeˮ (Luc Sautin, Université de Toulouse)
17h45- De l’illustre inconnu à l’inconnu illustre : le mystère du génie dans À la recherche du temps perdu (Sébastien Baudoin, Paris)
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Samedi 5 septembre 2026, matinée
Président de séance : Miguel de Beistegui
9h- Musique et reconnaissance dans À la recherche du temps perdu (Thomas Klinkert, Université de Zurich)
9h45- « Je me reconnus » : mémoire musicale et révélation de soi dans l’écoute du septuor de Vinteuil (Arthur Morisseau, professeur agrégé)
10h30- Les scènes de reconnaissance dans les adaptations cinématographiques (Thomas Carrier-Lafleur, Université de Montréal)
11h15- Conclusions.
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Contacts :
Olivier Guerrier : olivier.guerrier@wanadoo.fr
Luc Fraisse : fraisseluc@gmail.com