13ème édition du Symposium international interdisciplinaire de l'UMA
3-5 décembre 2026
Incertitudes / Certitudes
Argumentaire
INTRODUCTION
Interroger la tension entre incertitudes et certitudes revient à penser au plus près des turbulences à l’œuvre dans le monde contemporain. Objet d’interprétations contrastées, la certitude a été tantôt appréhendée comme la finalité d’une connaissance rationnelle (du cogito cartésien aux promesses universalistes des Lumières, en passant par la confiance positiviste dans le progrès scientifique…) ; tantôt battue en brèche par des courants philosophiques et scientifiques critiques qui ont mis en évidence les limites de toute prétention à une vérité unique et absolue. Il suffit d’évoquer la remise en cause par F. Nietzsche (1913) des valeurs morales établies au profit d’une conception perspectiviste de la vérité ; la découverte par S. Freud (1915) d’une vie psychique inconsciente qui échappe à la maîtrise du sujet ou encore l’introduction par K. Popper (1973) du caractère provisoire de la vérité scientifique. Dans ce contexte, l’incertitude tend à s’imposer comme un paradigme structurant (E. Morin, 1984), ouvrant la voie à des pensées contemporaines de la complexité (E. Morin, J.-L. Le Moigne et H. Atlan…), du risque (U. Beck, M. Callon, B. Latour, P. Lagadec …) ou du chaos (R. Thom, I. Prigogine et I. Stengers…) en rupture avec les logiques déterministes. Cette interrogation traverse également les traditions de pensée non occidentales, où les rapports entre doute et certitude ont été pensés dans des configurations philosophiques et théologiques propres. Elle invite également à souligner qu’une telle dynamique conduit à penser les certitudes non comme des illusions dépassées, mais comme des formes stabilisées de connaissance en tension permanente avec l’incertitude. Cette tension entre certitudes et incertitudes s’inscrit aussi dans les pratiques sociales, les régimes de savoir et les contextes historiques, en se reconfigurant selon les espaces culturels et géopolitiques.
Au-delà de ces ruptures épistémologiques, c’est plus largement le projet moderne de maîtrise du réel qui se trouve interrogé. Les sciences, sous le joug du positivisme, ont longtemps plaidé pour une perspective visant à rendre le monde plus lisible, prévisible et maîtrisable. Les critiques de la modernité (K. Marx, S. Freud, l’École de Francfort) ont mis à nu les illusions qui sous-tendent de telles ambitions. Cette remise en question conduit à reconnaître que l’incertitude n’est pas une simple limite de la connaissance, mais un attribut inhérent à la réalité physique et humaine. Plus on connaît, plus les objets révèlent des zones d’ombre insoupçonnées. Comme l’a montré E. Schatzman (1988), les sciences ne produisent pas seulement des certitudes, mais organisent aussi leurs propres incertitudes.
Dépassant le seul cadre de la pratique scientifique, les certitudes et les incertitudes renvoient aux choix de civilisation, aux modèles de société, y compris aux rapports de genre (J. Butler, 2005), aux valeurs politiques et aux projets de vie. Les premières renvoient au besoin de maintenir l’ordre établi en s’appuyant sur des formes de savoir reconnues comme légitimes : scientifiques, politiques, économiques, médicales ou médiatiques. Quant aux secondes, elles demeurent vigilantes vis-à-vis des prétentions et des promesses de ces mêmes discours. C’est dans cette perspective qu’U. Beck, dans La Société du risque (2001), analyse les transformations de la modernité avancée ; l’expansion des richesses et de la maîtrise s’accompagne d’une hausse des risques sanitaires, écologiques, politiques et financiers. L’incertitude s’avère alors constitutive du système plutôt qu’accidentelle. Quantifiée statistiquement, l’incertitude peut ainsi se convertir en probabilité, offrant aux décideurs une échelle de confiance sur laquelle fonder l’action.
FORMES CONTEMPORAINES DE L’INCERTITUDE
Le contexte contemporain se caractérise par une multiplication des foyers d’incertitude. Les crises sanitaires (Covid-19) et environnementales, les reconfigurations des rapports de force géopolitiques, les incertitudes économiques (crise financière de 2008), les mutations du monde du travail, les bouleversements induits par l’intelligence artificielle ou encore le « réchauffement médiatique » (D. Boullier, 2019) participent à la recomposition des repères sociaux, politiques et culturels. Les sciences juridiques illustrent également ces tensions, notamment à travers la montée d’une incertitude normative et jurisprudentielle liée à la complexification des dynamiques sociales actuelles.
Les conflits armés actuels et les incertitudes géopolitiques constituent autant de facteurs incitant à une réflexion profonde sur les notions de souveraineté et, surtout, sur l’ordre international, au cœur des turbulences actuelles. Les enjeux sont multiples et complexes, et appellent des analyses approfondies susceptibles d’éclairer les transformations de l’ordre international ainsi que les débats relatifs à ses fondements éthiques et humanitaires, au-delà des clivages idéologiques, nationalistes et polarisants.
Incertitudes et sciences du vivant et de la matière
Au-delà des sciences humaines et sociales, les tensions entre certitudes et incertitudes traversent également d’autres champs disciplinaires. Les sciences exactes elles-mêmes ont profondément renouvelé notre compréhension des rapports entre certitude et incertitude. Qu’il s’agisse des systèmes complexes, des modèles climatiques ou de la physique quantique, les avancées scientifiques contemporaines montrent que l’incertitude n’est pas toujours le signe d’une ignorance provisoire appelée à disparaître. Dans certains cas, elle apparaît comme une dimension constitutive des phénomènes observés. Le principe d’incertitude formulé par Werner Heisenberg en 1927 marque à cet égard une rupture majeure dans l’histoire des sciences, en remettant en question l’idéal déterministe hérité de la physique classique (M. Kumar, 2011 ; J.-M. Lévy-Leblond, 2022). Les débats qu’il a suscités, notamment entre Einstein et Bohr, illustrent la fécondité intellectuelle des tensions entre différentes conceptions du réel et de la connaissance.
Dans les sciences du vivant, de l’incommensurabilité des faits expérimentaux (L. Fleck, [1934] 2005) aux dernières avancées de l’épigénétique, les recherches contemporaines mettent en évidence des formes d’incertitude liées à la variabilité du vivant, à la pluralité des échelles d’observation et aux limites de la projection (M.-H. Boucand, 2019). Les mutations qui surviennent de manière aléatoire sur les génomes en sont l’illustration la plus fondamentale : moteur de l’évolution, elles peuvent, selon les contextes, générer la diversité et l’adaptation qui fondent la vie, ou déclencher des processus pathologiques aux conséquences irréversibles. Lorsque ces mutations affectent les gènes qui régulent la prolifération et la différenciation cellulaires, la cellule échappe aux signaux de contrôle de l’organisme et entre dans une dynamique anarchique ; c’est le cancer, où l’incertitude biologique se traduit directement en incertitude diagnostique, pronostique, thérapeutique et clinique (E. Hirsch, 2019).
La certitude du déterminisme génétique n’est elle pas elle aussi questionnée aujourd’hui par les avancées en épigénétique, les microsatellites, le rôle des histones et l’éventuelle héritabilité des traumas ? Le microbiote humain illustre la même logique à l’échelle des communautés microbiennes : l’équilibre entre symbiose et dysbiose, entre santé et pathologie, demeure un système dynamique dont les mécanismes causaux résistent encore à toute certitude définitive, malgré des corrélations de plus en plus solides avec des pathologies aussi diverses que les cancers colorectaux, les troubles métaboliques ou les désordres neuropsychiatriques (S. Kouidhi et al., 2023). Pour le vivant, l’incertitude n’est donc pas un défaut de connaissance à combler mais elle constitue le principe même par lequel la vie se transforme, s’adapte et parfois déraille. La biologie contemporaine ne produit pas des certitudes définitives sur le vivant : elle cartographie des probabilités, identifie des régularités, et apprend à naviguer dans la complexité des systèmes biologiques (H. Atlan, 1999).
L’incertitude, une donnée transversale
Les sciences économiques et de gestion sont également traversées par ces incertitudes : fluctuations des marchés, instabilité des chaînes de valeur et limites des modèles fondés sur la rationalité parfaite. La tradition économique elle-même, d’A. Smith à J. M. Keynes et F. Hayek, a progressivement intégré l’incertitude comme élément constitutif de la décision et de la connaissance (M. Biziou, 2022). Toutefois, ces disciplines montrent également que les systèmes de connaissance et d’action reposent sur des régimes de certitudes relatives, indispensables à la prise de décision et à la stabilisation des pratiques.
Plus largement, des domaines aussi divers que les sciences du sport, les sciences vétérinaires, les sciences de l’information et de la communication, les sciences politiques, les sciences de l’éducation ou encore les arts et les pratiques de design et de conception, où l’incertitude est également envisagée comme un matériau cognitif et une ressource des processus de conception, témoignent, chacun à sa manière, du caractère structurel de cette incertitude. Celle-ci constitue une donnée transversale qui affecte les modes de production des savoirs, les schèmes d’intelligibilité, les pratiques professionnelles et les processus de décision. Chaque jour, de nouvelles incertitudes nuancent les certitudes du jour précédent, alimentant une révision continue des savoirs ; la dialogique certitude/incertitude, entendue comme leur tension constitutive, semble devenir le propre de la production contemporaine de connaissance. Dans ce contexte, l’avènement des technologies informatiques, qui a largement contribué à l’inflation informationnelle et à la multiplication des fausses nouvelles, fait émerger, face à la désinformation, des mécanismes défensifs collectifs et individuels, politiques, professionnels et personnels, qui méritent d’être explorés. Ces dynamiques impliquent également la production et la stabilisation de formes de certitude sociale, institutionnelle et cognitive, sans lesquelles les sociétés contemporaines ne pourraient fonctionner.
CERTITUDES ET INCERTITUDES DANS LA PENSEE ARABO MUSULMANE
Dans le monde arabo-musulman, l’aventure de la certitude et de l’incertitude gravite, entre autres, autour du texte fondateur qu’est le Coran, présenté comme une parole évidente et sans équivoque, socle à partir duquel se sont édifiées les architectures juridiques, théologiques et éthiques de la civilisation. Toutefois, très tôt, cette certitude fondatrice s’est trouvée confrontée aux tensions de l’interprétation et aux exigences de réalités historiques, sociales et politiques en transformation. La pensée arabo-musulmane ne se réduit ainsi pas à une opposition entre certitude dogmatique et doute marginal ; elle constitue au contraire un espace historique de débats internes sur les conditions de la vérité, la validité des savoirs et les formes légitimes de la certitude. Dans ce cadre, la réflexion sur le shakk (الشك doute) et le yaqîn (اليقين certitude), que l’on retrouve aussi bien chez al-Jāḥiẓ (159–255 H / 776–868), al-Fārābī (257–339 H / 870–950), Ibn Sīnā (370–428 H / 980–1037), ou, plus tard, al-Ghazālī (450–505 H / 1058–1111), de même que les tensions entre le ‘aql (العقل raison) et le naql (النقل révélation), témoigne d’une pensée ancienne des rapports complexes entre vérité, doute et certitude. Les approches philosophiques, théologiques et mystiques de la connaissance, ainsi que les réflexions sur les limites du savoir humain, ont ainsi contribué à faire de l’incertitude non pas une faille du système de pensée, mais une dimension constitutive de toute construction du vrai.
Ainsi, la vérité coranique, conçue comme socle épistémique et normatif, n’a cessé d’être travaillée par des tensions internes et des reconfigurations doctrinales, dissidences chiites et kharijites (Ier H / VIIe), d’une part, et rationalisme mu‘tazilite (IIe–Ve H / VIIIe–XIe), d’autre part, qui ont introduit l’incertitude au cœur même des processus d’élaboration de l’orthodoxie. Loin d’un édifice homogène et stable, la tradition apparaît ainsi comme un champ de tensions entre stabilisation des certitudes et ouverture des interprétations. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’aventure intellectuelle de figures majeures telles que le scepticisme existentiel d’at-Tawḥīdī (310–414 H / 922–1023), le doute critique d’al-Maʿarrī (363–449 H / 973–1057), le rationalisme philosophique d’Ibn Rushd (520–595 H / 1126–1198), jusqu’à la synthèse sociologique et historique d’Ibn Khaldūn (732–808 H / 1332–1406) dans la Muqaddima. Ces trajectoires intellectuelles attestent que les certitudes religieuses, théologiques ou politiques ne fonctionnent pas comme des points d’arrêt du savoir, mais comme des pôles de stabilisation provisoire constamment retravaillés par les incertitudes de la pensée critique.
Cette dynamique se prolonge dans les reconfigurations de la modernité arabe, où la tension entre héritage et modernité constitue un schème structurant de la pensée arabe contemporaine, traversée par la persistance du tûrath comme espace de référence et par la montée d’incertitudes liées aux mutations politiques et épistémiques du monde contemporain.
Dans cette continuité, les ruptures historiques majeures que constituent la Nakba (1948) et la Naksa (1967), envisagées non seulement comme événements politiques mais comme fractures épistémiques et culturelles, ont contribué à mettre en crise les certitudes historiques et les récits de souveraineté intellectuelle. La mondialisation contemporaine prolonge et amplifie ce déplacement, en généralisant un régime d’incertitude qui n’abolit pas les certitudes, mais les reconfigure en permanence dans un espace désormais globalisé de circulation des savoirs, des crises et des formes de légitimation.
CERTITUDES / INCERTITUDES ET RECOMPOSITION DES FRONTIERES
Certaines réflexions contemporaines, à l’instar de celles de B. Latour (1999) sur les recompositions du rapport entre science, nature et politique, des travaux de D. Fassin (2012, 2014) sur les vulnérabilités, les inégalités et les économies morales ou encore des analyses d’I. Stengers (1997) invitant à repenser les rapports entre savoirs, incertitude et complexité, montrent jusqu’à quel point les limites entre savoirs, croyances, légitimités et expériences vécues deviennent plus difficiles à tracer. Les frontières entre le vrai, le plausible et le faux s’avèrent de plus en plus poreuses, accentuant ainsi le sentiment d’un monde où les repères se déplacent plus rapidement que les cadres analytiques permettant de les appréhender.
La construction sociale des certitudes mérite aussi une attention particulière. Comment une connaissance devient-elle « certaine » aux yeux d’une société ? Par quels mécanismes institutionnels, rhétoriques et politiques les certitudes s’imposent-elles et se légitiment-elles ? C’est au cœur des travaux de Latour sur les faits scientifiques comme constructions collectives et de Fleck (2005) sur les styles de pensée des collectifs scientifiques ; une dimension que ce symposium entend explorer dans toute sa complexité.
Enfin, les sociétés du Sud global vivent et gèrent l’incertitude dans des conditions spécifiques qui méritent d’être interrogées en tant que telles : fragilité institutionnelle, données statistiques lacunaires, oralité prédominante, imprévisibilité climatique locale, instabilité des systèmes de santé... Ceci rejoint la critique épistémologique développée par des penseurs africains tels que Paulin Hountondji (1994) sur la dépendance théorique du Sud, ou Felwine Sarr (2016) sur la nécessité de construire des cadres d’intelligibilité propres à des sociétés dont l’avenir se construit structurellement dans l’incertitude. Cette perspective, cohérente avec le positionnement africain et méditerranéen de l’UMA, permet d’élargir le débat au-delà des cadres analytiques construits depuis les sociétés du Nord, et d’ouvrir des espaces de dialogue entre des expériences de l’incertitude radicalement différentes.
QUESTIONS DIRECTRICES
Le symposium invite à interroger les conditions dans lesquelles les sociétés contemporaines peuvent encore produire des formes de légitimité alors que les certitudes collectives s’effritent et que les modes traditionnels d’intelligibilité du réel sont traversés, de manière croissante, par l’incertain ? Comment préserver la liberté de jugement et d’action dans un monde où l’incertitude devient structurelle, voire instrumentalisée ? Dans quelle mesure l’incertitude affecte-t-elle les fondements mêmes de l’éthique, entre relativisation des normes et recherche de principes communs ? Comment les dynamiques d’incertitude reconfigurent-elles les rapports sociaux, notamment les rapports de genre, dans les sphères publiques et privées ? A l’échelle des décisions publiques, de quelles manières l’incertitude liée aux crises climatiques, sanitaires, médiatiques et économiques reconfigure-t-elle les choix collectifs et les politiques de décision ? C’est à cette exigence collective : penser autrement un monde qui résiste aux cadres établis, que ce symposium entend répondre.
Cette invitation à (re)penser ensemble le binôme Incertitudes / Certitudes lancée par l’UMA propose au débat quatre axes thématiques interdisciplinaires :
1- Penser l’incertain : épistémologie, sciences et complexité.
Comment les disciplines construisent-elles leurs certitudes ? Par quels mécanismes une connaissance devient-elle légitime et stable ? Cet axe couvre les fondements philosophiques et scientifiques de l’incertitude, les approches disciplinaires (mathématique, physique, biologie, médecine, histoire, géographie, sciences informatiques, économie, droit), la pensée de la complexité, et les pédagogies de l’incertitude.
2- Gouverner et agir dans l’incertain : risques, crises, éthique de la décision et responsabilité politique.
Comment décide-t-on, gouverne-t-on lorsque les certitudes manquent ? Cet axe couvre la gestion des guerres, des crises sanitaires, climatiques et financières, ainsi que la communication de crise, l’éthique de la décision publique sous incertitude, le management organisationnel face à l’imprévisible, les reconfigurations géopolitiques et l’incertitude de l’ordre international, et les enjeux spécifiques des sociétés du Sud confrontées à une incertitude institutionnelle et environnementale structurelle.
3- Dire et représenter l’incertitude : discours, récits et imaginaires.
Comment l’incertitude est-elle mise en forme, racontée, instrumentalisée ? Cet axe couvre les expressions littéraires, artistiques et cinématographiques du doute et de l’ambiguïté, les formes discursives de la certitude et de sa contestation, la « fabrique du doute » comme stratégie délibérée dans les espaces médiatiques et numériques, et les effets de l’IA générative sur la frontière entre information vérifiée et énoncé plausible.
4- Identités, mémoires et croyances à l’épreuve de l’incertitude.
Comment les individus et les sociétés maintiennent-ils des certitudes identitaires, religieuses et culturelles dans un monde en recomposition ? Cet axe couvre la déstabilisation des repères collectifs et les réponses identitaires qu’elle engendre, les mémoires fragiles face à la multiplicité des récits concurrents (mémoires disputées), et les ressources intellectuelles, notamment dans la pensée arabo-musulmane et africaine, permettant de penser et d’habiter l’incertitude.
Les travaux de Paul Ricœur (2000) invitent, dans cette perspective, à penser l’incertitude au cœur même des récits historiques et des constructions mémorielles.
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Quelques orientations bibliographiques
Atlan, Henri. La fin du “tout génétique” ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie. Paris : Editions INRA, 1999.
Ball, Philip. « Incertitudes quantiques ». In Quantique : au-delà de l’étrange. Paris : EPD Sciences, 2019, pp. 111-120.
Beck, Ulrich. La société du risque : Sur la voie d’une autre modernité. Paris : Flammarion, 2001.
Biziou, Michaël. « Connaissance incertaine du marché et libéralisme économique. D’Adam Smith à la théorie néoclassique, et retour », Noesis [En ligne], 39 | 2022, mis en ligne le 01 décembre 2024, consulté le 25 mai 2026. URL : http://journals.openedition.org/noesis/7845 ; DOI : https://doi.org/ 10.4000/13egw.
Black, Deborah L., « Knowledge (‘Ilm) and certitude (Yaqīn) in al-Fārābī’s epistemology », Arabic Sciences and Philosophy, vol. 16 (2006) pp. 11–45, doi:10.1017/S0957423906000221, 2006 Cambridge University Press.
Boucand, Marie-Hélène. « L’incertitude en médecine ». In Revue médecine et philosophie. N° 2, 2019, Génétique et liberté, pp. 29-33.
Boullier, Dominique. Sociologie du numérique. Paris : Armand Colin, 2019.
Butler, Judith. Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité. Paris : La Découverte, 2005.
Chailleux, Sébastien. « Incertitude et action publique. Définition des risques, production des savoirs et cadrage des controverses ». Revue internationale de politique comparée, 2016, 23 (4), pp.519. ⟨10.3917/ripc.234.0519⟩. ⟨hal-01985826⟩
Dahan, Amy. « Gouvernance climatique, géopolitique et risques globaux ». Raison présente, 230 (2), 19-30. https://doi.org/10.3917/rpre.230.0019.
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Fassin, Didier. Sciences sociales par temps de crise. Paris : Collège de France, 2024.
Fassin, Didier, et Eideliman,Jean-Sébastien, dir. Économies morales contemporaines. Paris : La Découverte, 2012.
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Hodges, Wilfrid and Therese-Anne Druart, "al-Farabi’s Philosophy of Logic and Language", The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Summer 2023 Edition), Edward N. Zalta & Uri Nodelman (eds.), URL = .
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Kumar, Manjit. Le grand roman de la physique quantique. Einstein, Bohr… et le débat sur la nature de la réalité. Paris : éditions Jean-Claude Lattès, 2011.
Lagadec, Patrick. Ruptures créatrices. Paris : Editions d’organisation, 2000.
Latour, Bruno. Politiques de la nature : Comment faire entrer les sciences en démocratie. Paris : La Découverte, 1999.
Lévy-Leblond, Jean-Marc. « Les incertaines incertitudes de Heisenberg ». Noesis 39 (2022). La connaissance incertaine. Mis en ligne le 1 décembre 2024. Consulté le 25 mai 2026. http://journals.openedition.org/noesis/8116. DOI : https://doi.org/10.4000/13eh2.
Magni, Beatrice. Hannah Arendt et la condition politique. Le réel dans la pensée philosophique du XXe siècle. Torino, Paris : L’Harmattan, 2018.
Morin, Edgar. Introduction à la pensée complexe. Paris : Seuil, 1990.
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Nietzsche, Friedrich. Par delà le bien et le mal. Prélude d’une philosophie de l’avenir. Paris : Mercure de France, 1913.
Popper, Karl. La Logique de la découverte scientifique. Paris : Payot, 1973.
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Prigogine, Ilya, et Stengers Isabelle. La Nouvelle Alliance : Métamorphose de la science. Paris : Gallimard, 1979.
Ricoeur, Paul. La mémoire, l’histoire, l’oubli. Paris : Seuil, 2000.
Sarr, Felwine. Afrotopia. Paris : Philippe Rey, 2016. 154 p. ISBN : 978-2-84876-502-0.
Schatzman, Evry. « Certitudes et incertitudes de la science ». In: Raison présente, n°87, 3e trimestre 1988. Actualité du rationalisme. pp. 5-13; doi : https://doi.org/10.3406/raipr.1988.2690 https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1988_num_87_1_2690, Consulté le 25 mai 2026.
Schön, Donald A. Le praticien réflexif. À la recherche du savoir caché dans l’agir professionnel. Paris : Éditions Logiques, 1994.
Stengers, Isabelle. Cosmopolitiques. Paris : La Découverte / Les Empêcheurs de penser en rond, 1997.
Taleb, Nassim Nicholas. Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible. Paris : Les Belles Lettres, 2008.
Sources arabes
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· ابن رشد. فصل المقال فيما بين الحكمة والشريعة من الاتصال. تحقيق محمد عمارة. القاهرة: دار المعارف، 1983.
· ابن سينا. الشفاء: المنطق (البرهان). تحقيق أبو العلا عفيفي القاهرة: الطبعة الأميرية بالقاهرة، 1956.
· أبو العلاء المعري. رسالة الغفران. تحقيق عائشة عبد الرحمن (بنت الشاطئ). القاهرة: دار المعارف، 1963.
· أبو حيان التوحيدي. الإمتاع والمؤانسة. تصحيح أحمد أمين وأحمد الزين. بيروت: المكتبة العصرية، 1953.
· الجاحظ. الرسائل. تحقيق عبد السلام محمد هارون. 4 مجلدات. القاهرة: مكتبة الخانجي، 1964.
· الجاحظ، أبو عثمان عمرو بن بحر. كتاب الحيوان. تحقيق عبد السلام محمد هارون. 8 مجلدات. القاهرة: مكتبة ومطبعة مصطفى البابي الحلبي وأولاده، 1947.
· الغزالي. المنقذ من الضلال. تحقيق جميل صليبا وكامل عياد. بيروت: دار الأندلس، 1967.
· الفارابي. المنطق عند الفارابي (ويتضمن كتاب البرهان). تحقيق ماجد فخري. بيروت: دار المشرق، 1987.
Cadre scientifique et participation
Dans la continuité des éditions précédentes, ces trois journées d’échanges et de réflexion offriront un cadre privilégié pour croiser les perspectives disciplinaires, confronter les approches méthodologiques et explorer de nouvelles pistes de recherche autour du binôme Incertitudes / Certitudes. Elles ambitionnent de favoriser la production de connaissances originales et le dialogue entre les différents acteurs de la recherche et de la société.
Public concerné
Cet appel s’adresse aux enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheur.e.s, doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s, issus de l’Université de la Manouba, des universités tunisiennes ainsi que des établissements universitaires et centres de recherche internationaux.
Les propositions peuvent relever de l’ensemble des champs scientifiques en sciences humaines et sociales, sciences expérimentales, sciences exactes ou dans tout autre domaine susceptible d’éclairer, dans une perspective contemporaine ou historique, les dynamiques complexes qui se jouent entre incertitudes et certitudes.
Une attention particulière sera accordée aux contributions permettant de mieux comprendre les défis scientifiques, sociaux, économiques, environnementaux, technologiques ou politiques qui caractérisent notre époque marquée par les crises, les mutations et les transformations profondes.
La participation des étudiant.e.s, des acteurs socio-économiques, des praticien.ne.s et des décideur.e.s est vivement encouragée, de même que les collaborations interinstitutionnelles et internationales.
Par ailleurs, un appel spécifique est ouvert aux étudiant.e.s des universités publiques tunisiennes souhaitant participer à un atelier de réalisation de films documentaires autour de la thématique du symposium.
Types de contributions attendues
Les participant.e.s sont invité.e.s à soumettre des propositions s’inscrivant dans l’un des axes thématiques du symposium, sous les formats suivants :
Communications orales ;
Communications affichées (posters) ;
Tables rondes ou panels ;
Ateliers pratiques (workshops) ;
Masterclasses ;
Séminaires doctoraux.
Les propositions de communications devront être accompagnées d’un résumé, tandis que les propositions de tables rondes, d’ateliers ou de masterclasses devront prendre la forme d’une note conceptuelle.
Modalités de soumission
Les propositions doivent être soumises en ligne au comité scientifique du symposium au plus tard le 15 septembre 2026, via le formulaire en ligne dédié. Cliquez ici pour accéder au formulaire https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header
Informations complémentaires
Pour toute question relative à l’appel ou à l’organisation du symposium, les candidat.e.s sont invité.e.s à contacter le comité d’organisation à l’adresse électronique du symposium : symposium.manouba@uma.tn.
L’appel à contributions et l’argumentaire du Symposium, disponibles en arabe, en français et en anglais, sont accessibles à l’adresse suivante :
Seules les pauses-café et les pauses déjeuner seront prises en charge pendant les trois jours du symposium.
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Les membres du Comité scientifique :
Cherif Ameur, Président de l’Université de la Manouba
Najar Sihem, Coordinatrice générale du symposium – IPSI
Ait Mous Fadma, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ain Chok (université Hassan II de Casablanca) Maroc
Aloui Bessem, FLAHM
Arfaoui Mongi, ESCT
Ben Hassine Lamia, IPSI
Ben Yahia Nesrine, ENSI
Benamar Imen, ISSEP
Catusse Myriam, IRMC
Cherif Fayçal, ISHTC
Cherni Nabil, FLAHM
Denieuil Pierre-Noël, CNRS
Dhouib Meriem, FLAHM
Di Felice Massimo, University of S. Paolo USP Brésil
El Atoum Maysoon, Hashemite University - Zarqa
El Bour Hamida, IPSI
El Kefi Moez, ISAMM / IPSI
Elloumi Rahma Hend, ESSTED
Gdoura Wahid, ISD
Ghosn Catherine, Université de Toulouse
Haydar Najjar Marlène, Institut des sciences sociales à l'Université libanaise
Kchaou Sihem, FLAHM
Kebaili Sonia, ISES
Khammessi Mediha, ENMV
Khelifa Samiha, MSE
Kotti Faten, ISBST
Machikou Nadine, Université de Yaoundé II
Mechken Radhia, INTES
Mrabet Emna, Université Paris 8
Rifi Hichem, UMA
Sierra Alexis, IRD / CIRAD
Skandrani Hamida, ISCAE
Zaïem Farah, FLAHM
Les membres du Comité d’organisation :
Amri Nedia, UMA
Balghouthi Hager, UMA
Barbar Lilia, UMA
Ben Yahia Nesrine, ENSI
Berjeb Soumaya, IPSI
El Achek Najla, ISD
Ezzine Trabelsi Souad, IPSI
Gharbi Elhem, ESCT
Kchaou Sihem, FLAHM
Mestiri Seif, ESSTED
Ouelhazi Mouna, UMA
Les membres de la Cellule Communication :
Gharbi Elhem, ESCT (Coordinatrice de la cellule communication)
Barbar Lilia, UMA
Berjeb Soumaya, IPSI
Ezzine Trabelsi Souad, IPSI
Hammouda Ranim, IPSI
Kamoun Ons, ESAC Gammarth / Laboratoire MCT - LR25ES01 - IPSI
Mestiri Seif, ESSTED
Saidi Radhia, IPSI
Les membres du Comité Junior :
Saidi Radhia, IPSI (Coordinatrice du Comité Junior)
Azmi Said, ESAC Gammarth
Ben Mohamed Nozha, IPSI
Fathalli Hassen, IPSI
Hammouda Ranim, IPSI
Labiadh Shada, ESSTED
Mejri Meriem, ESAC Gammarth
Samet Amel, IPSI
Sliti Khawla, IPSI
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13th UMA International Interdisciplinary Symposium
3 - 5 December 2026
Uncertainties/Certainties
CALL FOR PARTICIPATION
INTRODUCTION
To examine the tension between uncertainties and certainties is to closely engage with the turbulences of the contemporary world. Certainty, a subject of contrasting interpretations, has at times been understood as the ultimate goal of rational knowledge—from the Cartesian cogito to the universalist promises of the Enlightenment, and through positivist confidence in scientific progress. At other times, it has been challenged by critical philosophical and scientific currents that have highlighted the limitations of any claim to a single, absolute truth. Notable examples include F. Nietzsche's (1913) questioning of established moral values in favor of a perspectivist conception of truth, S. Freud's (1915) discovery of an unconscious psychic life beyond the subject's control, and K. Popper's (1973) introduction of the provisional nature of scientific truth.
In this context, uncertainty increasingly asserts itself as a structuring paradigm (E. Morin, 1984), paving the way for contemporary ideas of complexity (E. Morin, J.-L. Le Moigne, H. Atlan), risk (U. Beck, M. Callon, B. Latour, P. Lagadec), and chaos (R. Thom, I. Prigogine, I. Stengers), all of which break with deterministic logics. This question also resonates within non-Western thought traditions, where the relationships between doubt and certainty have been explored through their unique philosophical and theological frameworks. This dynamic suggests that certainties should not be viewed as outdated illusions, but rather as stabilized forms of knowledge in constant tension with uncertainty. This tension between certainties and uncertainties is also embedded in social practices, knowledge systems, and historical contexts, reconfiguring itself across diverse cultural and geopolitical spaces.
Beyond these epistemological ruptures, the modern project of mastering reality itself invites for broader scrutiny. Sciences, often under the sway of positivism, have long advocated for a perspective aimed at making the world more legible, predictable, and manageable. Critics of modernity (K. Marx, S. Freud, the Frankfurt School) have exposed the illusions underlying such ambitions. This questioning leads to the recognition that uncertainty is not merely a limit of knowledge, but an inherent attribute of both physical and human realities. The more we learn, the more objects reveal unexpected shadow areas. As E. Schatzman (1988) demonstrated, science not only produces certainties but also organizes its own uncertainties.
Beyond the mere framework of scientific practice, certainties and uncertainties reflect civilizational choices, societal models—including gender relations (J. Butler, 2005)—political values, and life projects. Certainty, in this context, refers to the need to maintain an established order based on recognized legitimate forms of knowledge: scientific, political, economic, medical, or media-driven. Uncertainty, conversely, encourages vigilance regarding the claims and promises of these same discourses.
It is from this perspective that U. Beck, in The Risk Society (2001), analyzes the transformations of advanced modernity. He notes that the expansion of wealth and control is accompanied by an increase in health, ecological, political, and financial risks. Uncertainty, therefore, proves to be constitutive of the system rather than accidental. When statistically quantified, uncertainty can be converted into probability, offering decision-makers a confidence scale upon which to base action.
CONTEMPORARY FORMS OF UNCERTAINTY
The contemporary context is marked by a proliferation of areas of uncertainty. Health (Covid-19) and environmental crises, reconfigurations of geopolitical power relations, economic uncertainties (2008 financial crisis), changes in the world of work, upheavals induced by artificial intelligence, and "media warming" (D. Boullier, 2019) all contribute to the recomposition of social, political, and cultural benchmarks. Legal sciences also illustrate these tensions, particularly through the rise of normative and jurisprudential uncertainty linked to the complexity of current social dynamics.
Current armed conflicts and geopolitical uncertainties further encourage deep reflection on the notions of sovereignty and, crucially, on the international order, which is at the heart of present turbulence. The stakes are multiple and complex, requiring in-depth analyses to illuminate the transformations of the international order and debates on its ethical and humanitarian foundations, transcending ideological, nationalist, and polarizing divides.
Uncertainties in Life and Material Sciences
Beyond the humanities and social sciences, tensions between certainties and uncertainties also permeate other disciplinary fields. The exact sciences themselves have profoundly renewed our understanding of this relationship. Whether in complex systems, climate models, or quantum physics, contemporary scientific advances demonstrate that uncertainty is not always a sign of temporary ignorance destined to disappear. In some cases, it appears as a constitutive dimension of observed phenomena. The uncertainty principle formulated by Werner Heisenberg in 1927 marked a major break in the history of science by challenging the deterministic ideal inherited from classical physics (M. Kumar, 2011; J.-M. Lévy-Leblond, 2022). The debates it provoked, notably between Einstein and Bohr, illustrate the intellectual fecundity of the tensions between different conceptions of reality and knowledge.
In life sciences, contemporary research highlights various forms of uncertainty, from the incommensurability of experimental facts (L. Fleck, [1934] 2005) to the latest advances in epigenetics. This uncertainty stems from the variability of life, the plurality of observation scales, and the limits of projection (M.-H. Boucand, 2019). Random mutations on genomes provide a fundamental illustration: while driving evolution and generating the diversity and adaptation essential for life, they can also, depending on the context, trigger pathological processes with irreversible consequences. When these mutations affect genes regulating cell proliferation and differentiation, the cell escapes the body's control signals and enters an anarchic dynamic. This is cancer, where biological uncertainty directly translates into diagnostic, prognostic, therapeutic, and clinical uncertainty (E. Hirsch, 2019).
Advances in epigenetics, microsatellites, the role of histones, and the possible heritability of traumas now challenge the certainty of genetic determinism. The human microbiota illustrates a similar logic within microbial communities: the balance between symbiosis and dysbiosis, between health and pathology, remains a dynamic system whose causal mechanisms still resist definitive certainty. This is despite increasingly strong correlations with diverse pathologies such as colorectal cancers, metabolic disorders, and neuropsychiatric disorders (S. Kouidhi et al., 2023). For living systems, uncertainty is not merely a knowledge gap to be filled; it is the fundamental principle by which life transforms, adapts, and sometimes derails. Contemporary biology does not produce definitive certainties about life; instead, it maps probabilities, identifies regularities, and learns to navigate the complexity of biological systems (H. Atlan, 1999).
Uncertainty: A Transversal Datum
Economics and management sciences are similarly affected by uncertainty, evidenced by market fluctuations, unstable value chains, and the limitations of models based on perfect rationality. The economic tradition itself, from A. Smith to J. M. Keynes and F. Hayek, has progressively integrated uncertainty as a constitutive element of decision and knowledge (M. Biziou, 2022). However, these disciplines also demonstrate that knowledge and action systems rely on regimes of relative certainty, which are crucial for decision-making and the stabilization of practices.
More broadly, diverse fields such as sports sciences, veterinary sciences, information and communication sciences, political sciences, education sciences, and even design and design arts and practices—where uncertainty is also considered a cognitive material and a resource for design processes—each, in their own way, demonstrate the structural nature of this uncertainty. This constitutes a pervasive reality that influences modes of knowledge production, frameworks of intelligibility, professional practices, and decision-making processes. Each day, new uncertainties qualify the certainties of the previous day, fueling a continuous revision of knowledge. The dialogic relationship between certainty and uncertainty, understood as their constitutive tension, seems to be emerging as the hallmark of contemporary knowledge production. In this context, the advent of computer technologies, which has largely contributed to informational inflation and the proliferation of fake news, has led to the emergence of collective and individual defensive mechanisms—political, professional, and personal—in the face of disinformation, all of which warrant further exploration. These dynamics also involve the production and stabilization of forms of social, institutional, and cognitive certainty, without which contemporary societies could not function.
CERTAINTIES AND UNCERTAINTIES IN MUSLIM AND ARAB THOUGHT
In the Arab-Muslim world, the journey of certainty and uncertainty revolves, among other things, around the foundational text of the Quran. Presented as an obvious and unequivocal word, it served as the basis for the construction of the legal, theological, and ethical architectures of civilization. However, very early on, this foundational certainty was confronted with the tensions of interpretation and the demands of changing historical, social, and political realities. Arab-Muslim thought is thus not reducible to a simple opposition between dogmatic certainty and marginal doubt; on the contrary, it constitutes a historical space for internal debates on the conditions of truth, the validity of knowledge, and the legitimate forms of certainty. In this context, the reflection on shakk (الشك, doubt) and yaqîn (اليقين, certainty), found in the works of al-Jāḥiẓ (159-255 H / 776-868), al-Fārābī (257-339 H / 870–950), Ibn Sīnā (370–428 H / 980–1037), and later, al-Ghazālī (450–505 H / 1058–1111), as well as the tensions between 'aql (العقل, reason) and naql (النقل, revelation), testifies to an ancient consideration of the complex relationships between truth, doubt, and certainty. Philosophical, theological, and mystical approaches to knowledge, along with reflections on the limits of human understanding, have thus contributed to making uncertainty not a flaw in the system of thought, but a constitutive dimension of any construction of truth.
Thus, Quranic truth, conceived as an epistemic and normative foundation, has always been subject to internal tensions and doctrinal reconfigurations. Shiite and Kharijite dissent (1st H / 7th century) on the one hand, and Mu'tazilite rationalism (2nd-5th H / 8th-11th century) on the other, introduced uncertainty into the very heart of the processes by which orthodoxy was elaborated. Far from being a homogeneous and stable edifice, tradition thus appears as a field of tension between the stabilization of certainties and the openness of interpretations. It is in this context that we find the intellectual adventures of major figures such as the existential skepticism of al-Tawḥīdī (310-414 H / 922-1023), the critical doubt of al-Maʿarrī (363-449 H / 973–1057), the philosophical rationalism of Ibn Rushd (520-595 H / 1126–1198), and the sociological and historical synthesis of Ibn Khaldūn (732-808 H / 1332–1406) in the Muqaddima. These intellectual trajectories attest that religious, theological, or political certainties do not function as endpoints of knowledge, but as poles of provisional stabilization constantly reworked by the uncertainties of critical thinking.
This dynamic continues in the reconfigurations of Arab modernity, where the tension between heritage and modernity constitutes a structuring pattern of contemporary Arab thought. This thought is characterized by the persistence of turath as a space of reference and by the rise of uncertainties related to the political and epistemic changes of the contemporary world.
In this continuity, the major historical ruptures of the Nakba (1948) and the Naksa (1967), considered not only as political events but as epistemic and cultural fractures, have contributed to the crisis of historical certainties and narratives of intellectual sovereignty. Contemporary globalization prolongs and amplifies this displacement by generalizing a regime of uncertainty that does not abolish certainties but permanently reconfigures them in a now globalized space of circulation of knowledge, crises, and forms of legitimation.
CERTAINTIES / UNCERTAINTIES AND FRONTIER RECOMPOSITION
Some contemporary reflections, such as those of B. Latour (1999) on the recomposition of the relationship between science, nature, and politics, the work of D. Fassin (2012, 2014) on vulnerabilities, inequalities, and moral economies, or the analyses of I. Stengers (1997) inviting a rethinking of the relationships between knowledge, uncertainty, and complexity, show the extent to which the boundaries between knowledge, beliefs, legitimacy, and lived experiences are becoming more difficult to draw. The boundaries between the true, the plausible, and the false are proving more and more porous, thus accentuating the feeling of a world where benchmarks move faster than the analytical frameworks available to apprehend them.
The social construction of certainties also deserves special attention. How does knowledge become "certain" in the eyes of a society? By what institutional, rhetorical, and political mechanisms are certainties imposed and legitimized? This is at the heart of Latour's work on scientific facts as collective constructions and Fleck's (2005) work on the thought styles of scientific collectives—a dimension that this symposium intends to explore in all its complexity.
Finally, societies in the Global South experience and manage uncertainty under specific conditions that warrant critical examination: institutional fragility, incomplete statistical data, predominant orality, local climate unpredictability, and unstable health systems, among others. This aligns with epistemological critiques from African thinkers such as Paulin Hountondji (1994), who addressed the theoretical dependence of the South, and Felwine Sarr (2016), who emphasized the need to develop frameworks of intelligibility specific to societies whose future is structurally built on uncertainty. This perspective, consistent with the African and Mediterranean focus of the University of Manouba, broadens the debate beyond analytical frameworks developed in Northern societies and fosters dialogue between radically different experiences of uncertainty.
GUIDING QUESTIONS
The symposium invites us to question the conditions under which contemporary societies can still produce forms of legitimacy as collective certainties erode and traditional modes of understanding reality are increasingly permeated by uncertainty. How can freedom of judgment and action be preserved in a world where uncertainty becomes structural, even instrumentalized? To what extent does uncertainty affect the very foundations of ethics, balancing the relativization of norms with the search for common principles? How do the dynamics of uncertainty reconfigure social relations, including gender relations, in both public and private spheres? At the level of public decisions, how do uncertainties related to climate, health, media, and economic crises reshape collective choices and decision-making policies? This symposium aims to address this collective imperative: to think differently about a world that resists established frameworks.
This invitation to collectively (re)think the Uncertainty/Certainty binomial, launched by the University of Manouba, proposes four interdisciplinary thematic axes for debate:
Thinking the Uncertain: Epistemology, Science, and Complexity.
How do disciplines construct their certainties? Through what mechanisms does knowledge become legitimate and stable? This axis covers the philosophical and scientific foundations of uncertainty, disciplinary approaches (mathematics, physics, biology, medicine, history, geography, computer science, economics, law), the conceptualization of complexity, and the pedagogies of uncertainty.
Governing and Acting in Uncertainty: Risks, Crises, Decision Ethics, and Political Accountability.
How do we make decisions and govern when certainties are lacking? This axis covers the management of wars, health, climate, and financial crises, as well as crisis communication, the ethics of public decision-making under uncertainty, organizational management in the face of the unpredictable, geopolitical reconfigurations and the uncertainty of the international order, and the specific challenges of Southern societies facing institutional and structural environmental uncertainty.
Articulating and Representing Uncertainty: Discourse, Narratives, and Imaginary.
How is uncertainty shaped, narrated, and instrumentalized? This axis covers the literary, artistic, and cinematographic expressions of doubt and ambiguity, the discursive forms of certainty and its contestation, the "manufacture of doubt" as a deliberate strategy in media and digital spaces, and the effects of generative AI on the boundary between verified information and plausible statements.
Uncertainty-Proof Identities, Memories, and Beliefs.
How do individuals and societies maintain their identity, religious beliefs, and cultural certainties in a recomposing world? This question explores the destabilization of collective benchmarks and the identity-based responses it generates. It also examines fragile memories in the face of multiple competing narratives (disputed memories) and the intellectual resources, particularly within Arab-Muslim and African thought, that allow us to contemplate and navigate uncertainty.
From this perspective, the work of Paul Ricœur (2000) encourages us to consider uncertainty as an inherent part of historical narratives and memorial constructions.
Suggested Bibliographical Sources
· Atlan, Henri. La fin du “tout génétique” ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie. Paris : Editions INRA, 1999.
Ball, Philip. « Incertitudes quantiques ». In Quantique : au-delà de l’étrange. Paris : EPD Sciences, 2019, pp. 111-120.
Beck, Ulrich. La société du risque : Sur la voie d’une autre modernité. Paris : Flammarion, 2001.
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Morin, Edgar. Sociologie. Paris : Fayard, 1984.
Morin, Edgar et Le Moigne, Jean-Louis. L’intelligence de la complexité. Paris : L’Harmattan, 1999.
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Prigogine, Ilya, et Stengers Isabelle. La Nouvelle Alliance : Métamorphose de la science. Paris : Gallimard, 1979.
Ricoeur, Paul. La mémoire, l’histoire, l’oubli. Paris : Seuil, 2000.
Sarr, Felwine. Afrotopia. Paris : Philippe Rey, 2016. 154 p. ISBN : 978-2-84876-502-0.
Schatzman, Evry. « Certitudes et incertitudes de la science ». In: Raison présente, n°87, 3e trimestre 1988. Actualité du rationalisme. pp. 5-13; doi : https://doi.org/10.3406/raipr.1988.2690 https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1988_num_87_1_2690, Consulté le 25 mai 2026.
Schön, Donald A. Le praticien réflexif. À la recherche du savoir caché dans l’agir professionnel. Paris : Éditions Logiques, 1994.
Stengers, Isabelle. Cosmopolitiques. Paris : La Découverte / Les Empêcheurs de penser en rond, 1997.
· Taleb, Nassim Nicholas. Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible. Paris : Les Belles Lettres, 2008.
Academic Framework and Participation
Within the tradition of previous editions, this three-day event of exchange and reflection will provide a unique opportunity to integrate diverse disciplinary perspectives, compare methodological approaches, and explore new research avenues centered on the theme of Uncertainties / Certainties. The aim is to foster the creation of original knowledge and promote dialogue among various stakeholders in research and society.
Target Audience
This call is open to professors, researchers, doctoral students, and early-career researchers from the University of Manouba, other Tunisian universities, and international academic institutions and research centers.
We welcome proposals from all scientific fields within the humanities and social sciences, experimental sciences, exact sciences, or any other discipline that can illuminate, from either a contemporary or historical perspective, the complex dynamics between uncertainties and certainties.
Special consideration will be given to contributions that enhance our understanding of the scientific, social, economic, environmental, technological, or political challenges characterizing our era, which is marked by crises, changes, and profound transformations.
The participation of students, socio-economic actors, practitioners, and decision-makers is strongly encouraged, as are inter-institutional and international collaborations.
Additionally, a specific call is open to students from Tunisian universities who wish to participate in a documentary filmmaking workshop related to the symposium's theme.
Form
Participants are invited to submit proposals in one of the symposium's thematic areas, in the following formats:
· Oral presentations
· Poster presentations
· Roundtables or panels
· Practical workshops
· Masterclasses
· PhD seminars
Proposals for papers should include an abstract, while proposals for roundtables, workshops, or masterclasses should be submitted as a concept note.
Submissions
Proposals must be submitted online to the Symposium Scientific Committee no later than September 15, 2026, via the dedicated online form. Click here to access the application form https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header
Additional Information
For any questions related to this call or the symposium's organization, candidates are invited to contact the organizing committee at the symposium email address: symposium.manouba@uma.tn.
The call for contributions and the Symposium concept note, available in Arabic, French, and English, can be accessed at the following address:
Only coffee breaks and lunch breaks will be provided during the three days of the symposium.