Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses desrelations familiales dans la fiction espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIe siècles) (Colegio de España à Paris)
Appel à communications - Journée d'études doctorales – Narrativa Española Contemporánea
« Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses des relations familiales dans la fiction espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIème siècles) »
Organisation :
- Adrien Almeida (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Université Gustave Eiffel)
- Claire Fabre (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER)
La famille, en tant qu'institution sociale et structure affective, constitue depuis longtemps un topos privilégié de la littérature espagnole. Des romans picaresques du Siècle d'Or aux récits familiaux dix-neuvièmistes, en passant par les œuvres ouvrant le XXème siècle et ceux appartenant à la période franquiste et postfranquiste, la représentation des liens familiaux a constamment interrogé les rapports de pouvoir, les mécanismes de transmission et les processus d'individuation. Toutefois, la production fictionnelle espagnole contemporaine se caractérise par une intensification remarquable de la représentation des violences intrafamiliales et par une mise en question radicale du lien biologique comme
fondement naturel et incontestable de l'appartenance familiale. Cette évolution s'inscrit dans un contexte socio historique marqué par ce que le sociologue Julio Iglesias de Ussel nomme le passage « de una sociedad de familias a una sociedad de individuos ». La démocratisation de l'Espagne, l'émancipation progressive des femmes, la reconnaissance juridique de nouvelles formes de conjugalité et de parentalité, ainsi que la sécularisation accélérée de la société ont profondément transformé les structures familiales traditionnelles. Ces mutations sociologiques trouvent un écho puissant dans la fiction contemporaine, où les œuvres de Camilo José Cela, Almudena Grandes, Sara Mesa, Edurne Portela, Najat El Hachmi, Cristina Morales, ou encore Aixa de la Cruz mettent en scène des familles dysfonctionnelles, des violences transgénérationnelles et des trajectoires de rupture avec les héritages imposés. Comment la fiction espagnole contemporaine représente-t-elle la mise en crise du lien biologique comme fondement de la famille, et quels processus de métamorphose identitaire, corporelle et relationnelle met-elle en scène pour penser l'émergence de nouvelles formes de « faire famille » dans un contexte marqué par l'omniprésence des violences intrafamiliales ?
Cette question centrale se décline en plusieurs interrogations subsidiaires :
• Quelles formes de violence familiale (directe, structurelle, symbolique) la fiction contemporaine privilégie-t-elle, et comment ces représentations dialoguent-elles avec les transformations sociohistoriques de la famille espagnole post-franquiste ?
• Par quels procédés narratifs, symboliques et génériques les auteurs et autrices représentent-ils les trajectoires de rupture, de résilience et de reconstruction identitaire des personnages confrontés à la violence familiale ?
• Comment la fiction interroge-t-elle les normes de genre, les injonctions corporelles et les scripts identitaires transmis par la famille, et quelles formes de subversion ou de
réappropriation met-elle en scène ?
• Quels modèles alternatifs de famille (posfamilia, familles électives, réseaux affinitaires) émergent dans la fiction contemporaine, et comment ces configurations redéfinissent-elles les notions d'appartenance, de filiation et de transmission ?
Les propositions peuvent porter sur des œuvres romanesques publiées au XIX, XX et XXIème siècles et, par conséquent, mettre en exergue des familles espagnoles de ces diverses époques.
Bibliographie indicative
[1] Iglesias de Ussel, J. (1998). La familia y el cambio político en España. Madrid: Tecnos.
[2] Galtung, J. (1969). Violence, Peace, and Peace Research. Journal of Peace Research, 6(3), 167-191.
[3] Bourdieu, P. (1998). La domination masculine. Paris: Seuil.
[4] Beck, U., & Beck-Gernsheim, E. (2002). Individualization: Institutionalized Individualism and its Social and Political Consequences. London: Sage.
[5] Ricœur, P. (1990). Soi-même comme un autre. Paris: Seuil.
[6] Butler, J. (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. New York: Routledge.
[7] Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Paris: Odile Jacob.
[8] Morgan, D. H. J. (1996). Family Connections: An Introduction to Family Studies. Cambridge: Polity Press.
[9] Segalen, M. (2010). Sociologie de la famille (8e éd.). Paris: Armand Colin.
Modalités de soumission
Format des propositions
Les propositions de communication, rédigées en français ou en espagnol, devront comporter :
1. Un titre provisoire de la communication
2. Un résumé de 300 à 500 mots présentant :
• La problématique et les objectifs de la communication
• Le corpus d'œuvres analysées (avec références bibliographiques complètes)
• Le cadre théorique et méthodologique mobilisé
• Les principaux axes d'analyse
• 5 mots-clés maximum
3. Une notice biobibliographique de 100 mots maximum (nom, prénom, institution de rattachement, année de thèse, directeur/directrice, titre provisoire de la thèse, principaux axes de recherche)
Modalités de participation
La journée d’ études se tiendra au Colegio de España à Paris. Les communications en modalité hybride sont possibles mais nous vous prions de privilégier le présentiel. La journée d’études donnera lieu à la publication d’un numéro dans la revue Narradoc de la NEC+ qui est accessible en ligne. La participation à la journée d’études ne vaut pas engagement de publication, les textes remis à l’issue de celle-ci devant être soumis à expertises.
Calendrier
• Date limite de soumission des propositions : 10 novembre 2026
• Notification d'acceptation : 10 décembre 2026
• Date de la journée d'études : 15 mai 2027
• Durée des communications : 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion
Adresse de soumission
Les propositions sont à envoyer aux adresses suivantes :
adrien.almeida@univ-eiffel.fr
claire.fabre@u-bordeaux-montaigne.fr