Essai
Nouvelle parution
Carlo Arcuri, La communauté sans roman. G. Lukács, W. Benjamin : épos, oralité, chronique, montage

Carlo Arcuri, La communauté sans roman. G. Lukács, W. Benjamin : épos, oralité, chronique, montage

Publié le par Marc Escola

« L(a)’Epik, la Romantik, la Klassik, la Moderne : dans les quatre cas le féminin connote la même puissance de création, la même aptitude à puiser au plus profond de la vie “la bonté du fauve renouveau” évoquée par Rimbaud dans un poème où il est question de la Commune. En fait il suffit de poursuivre la lecture de La Théorie du roman pour comprendre à quel point, aux yeux de son auteur, il n’y a que cette Epik et son potentiel inexprimé qui comptent en matière de narration. »

Dans La Théorie du roman (1916) G. Lukács envisage un au-delà du roman comme un idéal calqué sur l’Hellade des aèdes. La Communauté sans roman s’interroge sur ce « tournant épique » conçu moins comme un modèle littéraire que comme une « forme de vie » caractérisée par la transmission orale dans le cadre d’une communauté « insécable », autrement dit sans classes.

Cette étude confronte l’hypothèse fondatrice de Lukács aux essais de Walter Benjamin sur le même sujet (notamment « Le narrateur » de 1936 et ses travaux sur Proust), à Esprit de l’utopie (1918) d’Ernst Bloch et à un certain nombre de romans et d’écrits d’auteurs connus et moins connus du XXe siècle : V. Woolf, W. Morris, A. Moravia, I. Kadaré, A. Seghers, N. Balestrini.

Carlo Arcuri est enseignant-chercheur (maître de conférences) en littérature comparée à L’Université de Picardie Jules Verne où il a animé notamment plusieurs séminaires dans un master d’esthétique (arts, philosophie, littérature). Il a coordonné des ouvrages sur Lukács, sur l’interprétation politique des œuvres littéraires et a également postfacé la traduction italienne de Qu’est-ce que la philosophie ? de Deleuze-Guattari et la nouvelle traduction française de La Théorie du roman de Lukács, récemment rééditée au format de poche.