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Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe s. (Vitoria-Gasteiz, Pays Basque)

Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe s. (Vitoria-Gasteiz, Pays Basque)

I Colloque International

Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe siècle, Facultad de Letras, Vitoria-Gasteiz

Université du Pays Basque / Euskal Herriko Unibertsitatea (EHU)

05 et 06 octobre 2026

Longtemps envisagées comme le fondement intellectuel de la modernité occidentale, les Lumières constituent aujourd’hui un objet historiographique profondément reconfiguré. Les certitudes qui les associaient à un idéal unitaire de raison, de progrès et d’émancipation ont progressivement laissé place à des lectures plus complexes, attentives à la diversité des expériences et des médiations qui participent de leur élaboration. Ce déplacement des perspectives s’inscrit dans le profond renouvellement des sciences humaines et sociales. Les apports de l’histoire culturelle, de l’histoire des savoirs, des études littéraires, des études de genre, des approches postcoloniales, de l’histoire globale ou encore des humanités environnementales ont profondément renouvelé les lectures du XVIIIᵉ siècle et conduit à reconsidérer la notion même de Lumières. Loin d’un ensemble homogène ou d’une catégorie univoque, celles-ci apparaissent désormais comme une constellation plurielle, traversée par des circulations, des tensions, des appropriations et des contradictions. La pluralité de leurs expressions, de leurs temporalités et de leurs espaces invite ainsi moins à les penser comme un héritage monolithique qu’à interroger les multiples formes qu’elles revêtent, les usages dont elles font l’objet et les lectures, parfois concurrentes, qu’elles suscitent.

Les Lumières ne se donnent plus seulement à lire dans les œuvres canoniques ou les figures tutélaires de la philosophie ; elles se déploient également à travers les réseaux éditoriaux, les pratiques de sociabilité, les formes spectaculaires, les traductions, les périodiques, les correspondances, les objets matériels et les cultures populaires qui ont contribué à leur diffusion, accompagné leurs métamorphoses ou nourri leur contestation. L’intérêt se porte désormais autant sur les conditions concrètes de production, de circulation et d’appropriation des savoirs que sur les systèmes de pensée eux-mêmes. Le XVIIIᵉ siècle

apparaît ainsi comme un espace d’échanges, de médiations et de transferts, où les idées se construisent, circulent et se redéfinissent au croisement de réseaux, d’échanges et de contextes multiples.

Dans cette perspective, « démêler les Lumières » ne consiste ni à reconduire un récit téléologique de la modernité, ni à leur opposer une critique rétrospective qui en ferait le simple foyer des ambiguïtés contemporaines. Il s’agit plutôt d’en restituer la complexité, d’en éclairer les lignes de force autant que les points de fracture, d’en saisir les continuités comme les ruptures, sans dissocier les productions intellectuelles des conditions historiques, sociales, matérielles et esthétiques qui les rendent possibles. Démêler les Lumières, c’est également démêler les catégories historiographiques qui les ont façonnées, les réseaux qui ont permis leur circulation, les pratiques qui leur ont donné corps, les représentations qui en ont assuré la diffusion ainsi que les héritages qui continuent d’en orienter les usages contemporains. Une telle démarche appelle nécessairement une approche résolument interdisciplinaire. Les œuvres dialoguent avec les pratiques culturelles ; les idées circulent au gré des médiations, des traductions et des transferts ; les discours universalistes coexistent avec des logiques de domination, d’exclusion ou de résistance. Comprendre les Lumières suppose ainsi de croiser les échelles d’analyse, les corpus et les méthodes afin d’en restituer toute la richesse et la complexité.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le colloque international Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIᵉ siècle. Il propose d’offrir un espace de réflexion consacré aux multiples formes de production, de circulation, d’appropriation et de réélaboration des savoirs, des pratiques et des représentations qui ont façonné le long du XVIIIᵉ siècle. Ce colloque souhaite favoriser le dialogue entre la littérature, la philosophie, l’historiographie, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, la traductologie, la linguistique et les études culturelles, dans la conviction que la mise en abyme des approches transversales constitue aujourd’hui l’une des conditions essentielles du renouvellement des études dix-huitièmistes. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes suivants :

Axe 1 – Discours, rhétorique et création littéraire : Cet axe accueille les travaux portant sur les productions textuelles du XVIIIe siècle, qu’il s’agisse de philosophie, de littérature (roman, théâtre, poésie), de presse, de correspondances ou de traités savants. Il s’intéresse

aux stratégies rhétoriques, aux genres littéraires, à l’éloquence et à la mise en discours des idées. Sont bienvenues, entre autres, les réflexions sur : l’écriture encyclopédique, le conte philosophique, la satire, l’autobiographie, les polémiques intellectuelles, ou les rapports entre fiction et argumentation.

Axe 2 – Pratiques culturelles, supports et sociabilités : Cet axe interroge les conditions matérielles et sociales de la production et de la circulation des idées. Il explore les lieux, les acteurs et les médias qui façonnent la culture du XVIIIe siècle.

Les propositions pourront aborder : l’histoire du livre et de l’édition, la censure, les bibliothèques, la presse périodique, les salons, les académies, les loges maçonniques, les cercles de lecture, ou encore la question des publics et des usages du texte.

Axe 3 – Représentations, arts et imaginaires : Cet axe est dédié aux formes visuelles, sonores et esthétiques de la culture des Lumières. Il s’intéresse à la manière dont la peinture, le dessin, la gravure, la musique, l’opéra, l’architecture ou les arts décoratifs traduisent, prolongent ou contestent les discours philosophiques et politiques de l’époque. Sont attendues des communications portant sur : l’esthétique du goût, le sublime et le pittoresque, les rapports entre texte et image, l’iconographie politique, l’esthétique littéraire, ou les spectacles et les fêtes publiques. 

Axe 4 – Politique, altérité et identités : Cet axe examine les constructions identitaires et les rapports de pouvoir qui traversent le siècle des Lumières. Il s’agit de confronter le discours universaliste des Lumières avec ses exclusions et ses zones d’ombre, en interrogeant les figures de l’altérité (le sauvage, l’esclave, la femme, l’étranger, le fou).

Les propositions pourront porter sur : la philosophie politique et les théories du contrat social, l’opinion publique et l’espace public, les écrits sur l’Amérique et les colonies, la question de l’esclavage et des abolitions, les rapports de genre, ou les récits de voyage et les imaginaires géographiques.

Axe 5 – Héritages et résonances contemporaines : Ouvert sur notre propre époque, cet axe propose une réflexion sur la postérité des Lumières et sur la manière dont le XVIIIe siècle est convoqué, réinterprété ou critiqué dans les débats intellectuels et politiques actuels. Il interroge la vitalité – ou l’épuisement – du projet émancipateur des Lumières face aux défis du XXIe siècle. Sont bienvenues des communications explorant : la réception des Lumières aux XIXe et XXe siècles, les lectures critiques (postcoloniales, féministes, écologiques), les usages politiques de la figure des Lumières, ou encore les dialogues possibles entre la pensée du XVIIIe siècle et les enjeux contemporains (intelligence artificielle, démocratie participative, crise climatique).

LANGUES DU CONGRÈS

Les communications pourront être présentées en français, espagnol, anglais ou basque. 

MODALITÉS DE SOUMISSION

Les propositions de communication (300-500 mots, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique) sont à envoyer  avant le 30 août aux adresses suivantes :

ane.fernandez@ehu.eus , eduardo.sanmartin@ehu.eus et estibalizania.valle@ehu.eus 

Les communications auront une durée de 20 minutes, suivies d’une discussion. Une publication des actes est envisagée.

CALENDRIER

Dlimite de soumission : 30 août 2026

Notification aux auteur·es : 25 septembre 2026

Tenue du congrès : 5 et 6 octobre 2026.

COMITÉ SCIENTIFIQUE

María Elisa Alonso García (Université de Lorraine)

Christophe Martin (Sorbonne Université)

Jean-Christophe Abramovici (Sorbonne Université)

Verónica Trujillo-González (Université de Las Palmas de Gran Canaria).

COMITÉ ORGANISATEUR

Ane Fernández San Martín (Université du Pays Basque)

Eduardo San Martín Fermín (Université du Pays Basque)

Estibaliz Ania Valle Ruiz de Garibay (Université du Pays Basque).