Colloque international
Réceptions contemporaines et postérités créatives de Vladimir Nabokov
International Conference
Vladimir Nabokov: Contemporary Reception and Creative Legacy
Université Bordeaux Montaigne, France
28-30 avril 2027
Ces jours furent probablement les plus heureux de la vie de Pnine. Ce fut un rayonnement continu de félicité pesante, de douloureuse félicité, et la maturation des visas, et les préparatifs, et l’examen médical, avec le médecin sourd-muet appliquant son stéthoscope simulé sur le cœur suspendu de Pnine, à travers les vêtements, et l’aimable dame russe (ma parente), si obligeante, au consulat américain, et le voyage jusqu’à Bordeaux, et le merveilleux bateau si propre, tout avait une émouvante saveur de conte de fée.
Vladimir Nabokov, Pnine, II, 5, tr. Michel Chrestien
La Société Française Vladimir Nabokov, en collaboration avec l’Université Bordeaux Montaigne et l’International Vladimir Nabokov Society, organise son 10e Colloque International consacré à l’œuvre de Vladimir Nabokov, à l’occasion des cinquante ans de sa disparition.
Invité d’honneur/Distinguished Guest : Orhan PAMUK, Prix Nobel de Littérature
Conférencier plénier/Keynote Speaker : Yuri LEVING, Princeton University
Comité organisateur/Organizing Committee :
Honorine AGUIRIANO (Université Bordeaux-Montaigne), Marie BOUCHET (Université de Toulouse), Agnès EDEL-ROY (Université de Paris-Est Créteil), Térence ISART (Université Bordeaux Montaigne), Charlotte LAMONTAGNE (Université Paris Cité), Julie LESNOFF (EHESS), Monica MANOLESCU (Université de Strasbourg/USIAS), Isabelle POULIN (Université Bordeaux-Montaigne), Sorenza WILKIN (Université de Mons).
L'appel complet et les informations pratiques à propos du colloque sont à retrouver via le lien suivant : https://www.vladimir-nabokov.org/colloque-bordeaux-2027
Appel à contribution (see English below) :
L’indélébile et l’invisible
L’année 2027 marquera la commémoration des cinquante ans de la disparition de Vladimir Nabokov, le 2 juillet 1977. À cette occasion, il paraît opportun de se livrer à un réexamen de la postérité littéraire, culturelle et artistique de l’auteur. Au cœur de cette réception semble se former une tension entre indélébilité et invisibilité. Il est évident que l’œuvre de Nabokov n'est pas une œuvre qui laisse indifférent, une œuvre qui se laisse effacer, oublier, reconfigurer aisément : preuve en est l’abondance du discours critique et la multiplicité des interprétations qu’elle a suscitées. Nabokov est un auteur reconnu, bénéficiant d'une image prestigieuse, reflétée par la reconnaissance de son œuvre par divers canons littéraires (notamment américain et russe) : par qui passe cette reconnaissance ? Comment est-elle construite ? Quelle est la place de Nabokov dans le processus actuel de réévaluation de la culture russe ?
Ces questions mettent d’emblée au jour une des tensions au cœur de la constitution de l'œuvre de Nabokov. Multilingue, partagée entre les États-Unis, la Russie et la France, cette œuvre au triple visage entrerait parfois en concurrence avec elle-même. Nabokov est en effet un auteur revendiqué à la fois par les Américains et les Russes, au risque de morceler une œuvre dont il a cherché lui-même à garantir l’unité par ses auto-traductions et en faisant preuve d'une certaine vigilance face à la traduction de ses œuvres. La place ambiguë qu’y occupe la littérature française accentue la complexité des tentatives de délimitation qui l’entourent. Il semblerait que cet aspect insaisissable rende invisibles la complétude, la saisie entière et globale d’une œuvre trilingue, qui met au défi les classifications des bibliothèques et des librairies et entraîne la diversification des approches disciplinaires. Ce morcellement a pu entraîner l’inclusion de l’œuvre de Nabokov au sein de différentes littératures nationales, au risque d’en fausser l’interprétation, comme le mentionne Neige Sinno qui découvre Lolita dans le cadre d’un programme d’œuvres d’auteurs américains réputés « transgressifs », comme « Henry Miller, William Burroughs et Charles Bukowski » (Triste Tigre, 2023). L’intégration est une reconnaissance mais masque la tragédie de la langue perdue.
Lolita représente bien ce paradoxe au cœur de la réception de l'œuvre de Nabokov. Il a permis à son auteur d’accéder à une notoriété internationale sans commune mesure avec celle, relative, qu’avaient suscitée ses œuvres précédentes, au point qu’il reste souvent l’unique titre associé au nom de Nabokov pour le grand public. Du fait de la souffrance qu’elle décrit (et qui n’est pas un cas isolé chez Nabokov : comment oublier le suicide de Lucette ? la mort de Mira Belochkin ?), Lolita est une œuvre qui a été qualifiée d’« indélébile » (Jenny Minton Quigley, Lolita in the Afterlife, 2021). Pourtant, les larmes de Lolita disparaissent derrière certaines pratiques culturelles (comme le Lolicon au Japon, par exemple). Outre le contresens interprétatif dont elles s’accompagnent, ces pratiques culturelles éclipsent le reste de l'œuvre de Nabokov. Le colloque « Les 70 ans de Lolita : (Re)lire Lolita après #MeToo », qui s’est tenu en novembre 2025 à Rouen, a permis de dresser un premier bilan de cette empreinte paradoxale laissée par Nabokov, mais dont l’examen pourrait désormais s’étendre à l’ensemble de son œuvre.
Car il ne s’agit pas seulement de Lolita. Ce colloque invite à une réévaluation des paradigmes dominants de la réception de l'œuvre de Nabokov, par le prisme de sa postérité littéraire, culturelle et artistique. D’une part, l’adjectif « nabokovien » semble devenu un lieu commun de la critique littéraire pour qualifier des œuvres sophistiquées qui déconstruisent et réinventent les formes romanesques par des jeux métafictionnels. Ce primat formel a pu contribuer à occulter d’autres aspects de l’œuvre, telle la place, en cours de réévaluation, qu’elle accorde à l’expérience sensible du monde et de la nature, ou « cette tendresse réconfortante envers tout l’univers » qu’aime à y lire l’écrivain Orhan Pamuk (« embracing tenderness that goes […] to the whole universe »). D’autre part, s’il est vrai que Nabokov semble avoir ouvert la voie à une nouvelle génération d’écrivains post-modernes comme John Barth, William H. Gass, John Banville, Thomas Pynchon, qui fut son étudiant, il peut aussi apparaître comme une figure tutélaire imposante, un modèle intimidant et inaccessible : Emmanuel Carrère décrit ainsi la position surplombante d’un Nabokov (enseignant, scientifique, artiste, génie autoproclamé) perché sur « la plus haute terrasse de la conscience, toisant sans douceur les petites et grandes misères où s’empêtr[ent] les gens moins doués que lui » (Kolkhoze, 2025). À l’opposé de cette vision distante et impersonnelle, des artistes russes exilés, comme Nina Berberova, ont pu voir en l'œuvre de Nabokov un espace de continuité, une source d’espoir : « Si Nabokov est vivant, je le suis, moi aussi […] du point de vue de l'histoire, Nabokov représente la réponse aux doutes de ceux qui ont été exilés, persécutés, offensés, de ceux qui sont passés “inaperçus” ou qui “ont été laissés pour compte” » (C’est moi qui souligne : autobiographie, 1989). La postérité de Nabokov dans la culture russe post-soviétique rend compte de cette tension : pour Andreï Bitov, Nabokov est l'écrivain de la négation de la mort, et donc de l'immortalité grâce à l'art, et son œuvre, découverte en Russie (encore soviétique) dans les années 80, est celle qui, bien que produite hors de Russie, a permis de suturer la plaie ouverte par l'exil : « En lui est dépassé, transformé en un phénomène universel abolissant la coupure, le clivage de la culture russe du vingtième siècle entre culture soviétique et culture de l’émigration » (« Ясность бессмертия-2 », 1996). Pour d'autres, Nabokov ne peut être considéré comme un écrivain russe, selon une récente déclaration de l'écrivaine Maria Galina, qui a renoncé au russe comme langue de création au profit de l'anglais et l'ukrainien. Dans le contexte de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, qui a provoqué l'exil d'artistes russes, confrontés au risque de l'invisibilité, et d'artistes ukrainiens, revendiquant l'indélébilité de leur culture et de leur langue, il serait intéressant d'envisager quelles perspectives ouvre l'œuvre singulière de Nabokov qui a déjà défié la triade « nation, langue et culture », à nouveau interrogée avec acuité.
Qu’elle apparaisse comme un monument indépassable et vénéré, comme un espace de survie, ou au contraire comme hypotexte à parodier, pasticher ou réinterpréter pour les écrivains les plus inventifs, l'œuvre de Nabokov invite à la créativité et interroge la caducité de la notion de « modèle » lorsqu’elle est appliquée à cette œuvre et à sa réception. Les stratégies hypertextuelles (Gérard Genette) et les continuités créatrices (Nathalie Kremer) déployées par les différents lecteurs de Nabokov n’ont pas encore fait l’objet d’un éclairage systématique. La lecture de Nabokov a pu nourrir par exemple la réflexion politique et idéologique comme la pratique fictionnelle d’écrivains comme Martin Amis qui fait de Lolita une allégorie du totalitarisme et représente parallèlement dans Time’s Arrow (1991) et The Zone of Interest (2014) le système concentrationnaire nazi.
L’ambition de ce colloque est d’interroger le caractère « mondial » de l’œuvre de Nabokov. Il s’agira donc de ne pas se limiter aux aires francophones, anglophones et post-soviétiques. Les propositions de chercheur.e.s issu.e.s des horizons linguistiques et culturels les plus divers seront ainsi les bienvenues, notamment l’Europe de l’Est, l’Asie, l’Amérique latine, l’Afrique et le monde arabophone. Pourront être ainsi envisagées différentes sortes de créations : plastiques et visuelles, cinématographiques, spatiales (exemple du land art), trans- ou intermédiales, théâtrales, musicales, …
Les propositions de communication pourront ainsi s’inscrire dans les axes suivants, sans que cette liste ne soit exhaustive :
• Spécificité de la reconnaissance institutionnelle dont a bénéficié Nabokov en la replaçant dans son contexte intellectuel, littéraire, géopolitique, … Dans la continuité des travaux de Yuri Leving sur le « capital symbolique » de l’œuvre de Nabokov dans la Russie post-soviétique (Marketing Literature and Posthumous Legacies, 2013), les outils de la sociologie de la littérature développés par Gisèle Sapiro (La Sociologie de la littérature, 2014) pourront notamment être mobilisés. Quels sont les acteurs de la réception de Nabokov ? Quel rôle ont pu jouer les politiques éditoriales, les écrivains, les lieux d’enseignement et de recherche, les traducteurs, les critiques littéraires, dans la diffusion de son œuvre ? Comment ces diverses sources de diffusion déterminent-elles des régimes de visibilité de l'œuvre de Nabokov, au risque d’entériner des voies interprétatives devenues indélébiles ?
• Postérité créative de l'œuvre de Nabokov : comment des auteurs et autrices se sont-ils réappropriés cette œuvre pour nourrir leurs stratégies créatrices et dessiner leurs propres cheminements d’écrivains, entre « admiration, désinvolture, dénégation et subversion » (Tiphaine Samoyault, L’intertextualité. Mémoire de la littérature, 2001) ? Dans quelle mesure est-elle également une source d’inspiration pour des artistes plasticien.ne.s, comédien.ne.s, musicien.ne.s, cinéastes… ? Quelles valeurs, quelles revendications esthétiques, politiques, connote la référence à Nabokov, en fonction des aires géographiques notamment ? Ces formes de création font apparaître l'œuvre de Nabokov comme un palimpseste, un parchemin où la nouvelle strate d’écriture ne rend pas la précédente invisible mais tend paradoxalement à en exhiber le caractère indélébile.
• Postérité scientifique, pédagogique, juridique, éthique : les communications intégrant une perspective interdisciplinaire seront également bienvenues, qu’il s’agisse d’analyser la postérité de Nabokov dans le champ scientifique et les usages de ses travaux de lépidoptérologie, ou de suivre les traces d’anciens élèves du professeur Nabokov, à l’image de Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, qui évoquait l’influence qu’avait eu son enseignement sur sa manière de lire et même de rédiger ses argumentations juridiques. Il s’agira d’examiner le devenir de Nabokov, de son ethos d’auteur, au-delà du monde littéraire et artistique et en particulier dans des perspectives de médiation, afin d’en déterminer les degrés de visibilité.
Les propositions de communication en français ou en anglais, de 500 mots maximum, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont attendues avant le 15 septembre 2026 à l’adresse nabokov.bordeaux2027@vladimir-nabokov.org. La sélection des communications sera finalisée pour le 1er novembre 2026.
Call for Papers :
Indelible and Invisible
2027 will mark the fiftieth anniversary of Vladimir Nabokov’s passing, on July 2, 1977. This occasion thus offers a fruitful opportunity to reexamine his literary, cultural and artistic legacy, notably because the reception of his work seems to be characterized by a tension between indelibility and invisibility. Nabokov’s writings were rarely met with indifference, and his works cannot be erased, forgotten or reconfigured easily, as evidenced throughout the large body of scholarship and the many interpretations they have elicited. Nabokov is a recognized, prestigious writer, whose works fully belong to the literary canon (especially the American and Russian ones) : who are the actors of this recognition ? How is it built ? Where does Nabokov stand in the current process of revision of Russian culture ?
This questioning highlights another tension at the heart of the making of Nabokov’s work, due to its multilingual and multicultural nature, between the United States, Russia and France, which somehow creates a competition within Nabokov’s oeuvre itself. As a writer claimed by both Russia and the United States, his work is threatened by fragmentation, despite his own efforts to unify it through self-translation or careful translatory supervision. Nabokov’s ambiguous place in French literature further complexifies the attempts to circumscribe his works: it is as if this very ungraspability made the unity of the trilingual work impossible, as shown in the difficulties of allocating his works on library or bookstores shelves, or in the presence of Nabokov in several fields of literary studies. The fragmentation of his work may be the cause for its inclusion into corpuses that can lead to misinterpretations, as Neige Sinno recalls in Sad Tiger (2023). She indeed discovered Lolita in a course dedicated to reportedly “transgressive” American writers such as “Henry Miller, William Burroughs and Charles Bukowski”. Integration is a mark of acknowledgement, but it also conceals the tragedy of the lost tongue.
Lolita epitomizes this paradox at the heart of Nabokov’s work: it is the novel that brought him international fame and recognition, and often the only work that people know. The suffering Lolita depicts—which reverberates throughout Nabokov’s work in Lucette, Mira, David, Cincinnatus…—makes the novel “indelible” (Jenny Minton Quigley, Lolita in the Afterlife, 2021), but Lolita’s tears do disappear within certain cultural practices, such as the Lolicon phenomenon in Japan. On top of the interpretative mistake these practices reveal, they also obfuscate the remainder of Nabokov’s works. The International Conference “(Re-)Reading Lolita After #MeToo” that commemorated the 70th anniversary of the publication of Lolita in Rouen in 2025 laid the ground for an assessment of the paradoxical imprint left by Lolita, but an examination that encompasses all his works is also necessary.
This conference thus offers an invitation to study the dominating paradigms of the reception of Nabokov’s work, through an analysis of his literary, cultural and artistic legacy. If, on the one hand, the adjective “Nabokovian” may have become a critical topos used to designate sophisticated works that deconstruct and reinvent novelistic forms through metafiction, one should also consider how this formal primacy contributed to obfuscate other aspects of his works, such as the currently re-assessed role of the sensory experience of nature and of the everyday, or the “embracing tenderness that goes […] to the whole universe” that touches Orhan Pamuk. On the other hand, if Nabokov did pave the way for postmodernist writers such as John Barth, William H. Gass, John Banville, or Thomas Pynchon, his student at Cornell, Nabokov can also be a tutelar, an imposing, intimidating and inaccessible figure, as an artist, a scientist, a professor, a self-proclaimed genius. In his 2025 Kolkhoze, French writer Emmanuel Carrère describes Nabokov’s overarching position as poised “on the highest terrace of consciousness”, “perched on summits inaccessible to most mortals”, “mercilessly surveying the small and big issues that less gifted people struggle with”. As a counterpoint to this impersonal and distant vision of Nabokov, Russian exiled artists, such as Nina Berberova, perceive a form of continuity and a source of hope in his writings: “If Nabokov is alive, it means that I am as well! […] in the perspective of the past and the future, Nabokov is the answer to all the doubts of the exiled, the persecuted, the insulted and the injured, the ‘unnoticed’ and the ‘lost’!” (The Italics are Mine, 1993). Nabokov’s posterity in post-Soviet culture reveals a similar tension: for Andrey Bitov, Nabokov is the writer whose work denies death, and therefore grants immortality through art. Nabokov’s work, discovered in Russia in the still-Soviet 1980s, is indeed the one that allowed to heal the wound open by exile, even though it was written outside of Russia: “He permitted to go beyond the 20th century break between Soviet culture and émigré culture, and transform it into a universal phenomenon abolishing that gap” (« Ясность бессмертия-2 », 1996). For others today, Nabokov cannot be considered a Russian writer, as stated by Maria Galina, who decided to stop writing in Russian and shift to English and Ukrainian. The war waged by Russia against Ukraine sent Russian artists into exile, thus threatening them with invisibility. The war also had Ukrainian artists leave their homeland, with strong implications for the indelibility of their culture and language. Within that context in which Nabokov’s own experience powerfully resonates, it will also be valuable to look at the way Nabokov’s work itself challenged and continues to challenge the “nation, language and culture” triad.
Whether writers perceive Nabokov’s works as unsurpassable and revered, as a survival space or as a hypotext to parody, pastiche or reinterpret, they all invite creativity, and challenge the very notion of a “model”. The hypertextual strategies (Gérard Genette) or the “creative continuities” (Nathalie Kremer) developed by Nabokov’s various readers have not yet been systematically studied. Reading Nabokov, for instance, has nourished both the political and ideological reflections and the fictional practice of Martin Amis, who sees Lolita as an allegory of totalitarianism, and who represented the Nazi concentration system in Time’s Arrow (1991) and The Zone of Interest (2014).
This conference’s ambition is to envision Nabokov’s work as “global”, its scope, therefore, is not limited to francophone, anglophone or post-Soviet areas. Proposals from researchers coming from different linguistic and cultural backgrounds—Eastern Europe, Asia, Latin America, Arabic-speaking and African countries—are thus welcome. Proposals can focus on all creation types: literature, visual art, film, land art, drama, music, intermedial art, etc.
We therefore invite proposals on Nabokov’s legacy and reception, and more specifically on the following non-restrictive topics:
● Nabokov’s unique institutional recognition in its intellectual, literary, geopolitical context: following up on Yuri Leving’s work on Nabokov’s work’s “symbolic capital” in post-Soviet Russia (Marketing Literature and Posthumous Legacies, 2013), the sociological analytical tools developed by Gisèle Sapiro (The Sociology of Literature, 2014) could be used to reflect upon a set of questions: who have been the agents of the reception of Nabokov’s works? What have been the roles of writers, publishing policies, schools and universities, researchers, translators, and critics in the dissemination of his works? How have these various vessels determined visibility regimes for Nabokov’s works and risked making certain interpretations indelible?
● Nabokov’s creative legacy: how did writers reclaim his work to nourish their own creative strategies and design their own writerly paths, navigating between “admiration, insouciance, denial and subversion” (Samoyault, Intertextuality. Memory of literature, 2001) ? To what extent is Nabokov’s work a source of inspiration for visual artists, actors and actresses, musicians, film-makers? What are the values, esthetic or political statements that a reference to Nabokov connotes, especially in a given geographical area? These creative forms transform Nabokov’s works into palimpsests, parchments on which the latest writing layer does not make the preceding one invisible but paradoxically makes it indelible.
● Nabokov’s scientific, pedagogical, legal, ethical legacy: papers offering an interdisciplinary perspective are also welcome, whether to analyze Nabokov’s legacy in his scientific career as a lepidopterist, or to discuss the mark he left on former students, such as Justice Ruth Bader Ginsburg, who spoke about the influence Nabokov’s teaching had had on her way of reading and writing the law. The point is to examine the becoming of Nabokov’s ethos as a writer, beyond the literary or artistic worlds, and within mediation perspectives, so as to determine the various degrees of its visibility.
500-word proposals in English or French, along with a short bio-bibliography, are to be sent to nabokov.bordeaux2027@vladimir-nabokov.org by September 15, 2026 at the latest. Notifications of acceptance will be sent by November 1, 2026.
Œuvres citées/Works Cited :
Neige Sinno, Triste Tigre, Paris, P.O.L., 2023, p. 23.
Jenny Minton Quigley, Lolita in the Afterlife: On Beauty, Risk, and Reckoning with the Most Indelible and Shocking Novel of the Twentieth Century, « Vintage Books », Penguin, 2021.
14 octobre 2009 – Orhan Pamuk reads Vladimir Nabokov's “My Russian Education” and discusses it with The New Yorker's fiction editor, Deborah Treisman.
Emmanuel Carrère, Kolkhoze, Paris, P.O.L., 2025, p. 43.
Nina Berberova, C’est moi qui souligne : autobiographie, tr. Anne et René Misslin, Arles, Actes Sud, 1989, p. 323.
Битов, Андрей, « Ясность бессмертия-2 », Звезда 11 (1996), p. 134-139. Tr. Agnès Edel-Roy.
Yuri Leving, Frederick H. White, Marketing Literature and Posthumous Legacies: The Symbolic Capital of Leonid Andrew and Vladimir Nabokov, Lanham, Lexington Books, 2013.
Gisèle Sapiro, La Sociologie de la littérature, Paris, Editions La Découverte, 2014.
Tiphaine Samoyault, L’intertextualité. Mémoire de la littérature, Paris, Armand Colin, 2001.