Le court-termisme règne aujourd’hui en maître. Avec toutes les conséquences désastreuses qui en découlent en matière de lutte contre le réchauffement climatique autant que dans l’ordre des finances publiques ou des rapports entre générations. Il gouverne les esprits de telle sorte que nous ne faisons rien, ou trop peu, alors même que nous savons. Dans La Tyrannie du présent (Seuil), Pierre Rosanvallon propose une histoire et une théorie de cette préférence pour le présent, en la rapportant, en ses différentes figures, aux fondements mêmes de notre modernité démocratique. Il répertorie aussi les avertissements et les initiatives des différents acteurs qui ont tenté d’en contrecarrer les effets. Avec des résultats cependant restés limités tant ceux-ci ont souvent été perçus comme procédant d’un conservatisme nostalgique, d’une vision technocratique éloignée des réalités ou de doctrines insensibles au vécu des peuples. Les apports historiques, autant que les éléments de théorie politique et sociale, qui constituent la matière de ce livre conduisent à suggérer une autre façon d’accorder la perception des individus au temps long du collectif : celui de la mise en oeuvre d’"exercices démocratiques" d’un type inédit. Fabula vous invite à feuilleter le livre sur le site de l'éditeur… Un débat autour du livre organisé par le site Le Grand Continent se tiendra à l'École normale supérieure (Paris), le 28 septembre. Signalons dans un récent sommaire de la revue Esprit l'article de Michaël Foessel sur "L'arrogance du présent" ; et rappelons aussi l'essai publié en 2018 sur le même sujet par Jérôme Bachet, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits (La Découverte), dont Fabula vous invite toujours à lire un extrait…