La francophonie en Haïti : entre mythe, réalité et paradoxe
Contexte historique et sociolinguistique
La francophonie haïtienne s'inscrit dans une histoire coloniale où le français s est imposé comme langue de prestige, de pouvoir et d instruction, tandis que le créole, langue nationale et majoritaire, a longtemps été marginalisé dans les sphères officielles. Cette dualité engendre une diglossie persistante : le français est valorisé comme capital culturel et social (Bourdieu, 1982), mais son usage r éel demeure limité à une minorité issue de l élite intellectuelle et de la classe moyenne (Dejean , 2006 ; Vernet, 1984). Léger (2020) rappelle que ce statut du français, imposé par les élites, le maintient comme langue dominante dans les communicat ions officielles, malgré sa faible compréhension par la majorité créolophone. Cette inégalité reflète des rapports sociaux asymétriques et s inscrit dans l histoire des politiques linguistiques (Govain, 2022, 2021 ; Calvet, 1974). Après l indépendance, Haï ti a conservé le français comme langue officielle, perpétuant institutions et pratiques héritées de l époque coloniale. Toutefois, le français n est pas une langue familiale mais une langue apprise à l école, ce qui explique qu il ne soit maîtrisé qu envir on par un dixième de la population (Nelson, 2014). Le concordat de 1864 entre l État et l Église catholique a renforcé cette domination, imposant le français dans les institutions et le catholicisme comme pratique culturelle dominante, malgré la persistanc e du créole et du vodou comme marqueurs identitaires (Pierre Louis, 2015).
Calendrier
Date limite de dépôt des propositions de communication : 25 octobre 2026
Réponse aux auteurs : 11 décembre 2026
Inscription au colloque : à partir du 11 janvier 2027
Date du colloque: 17 au 19 mars 2027.