Editos
Actualités
Fiction savante

Fiction savante

Publié le par Marc Escola

On doit à Benjamin Hoffmann une méditation sur la postérité, inaugurée par une contribution à l'entrée éponyme de l'Atelier de théorie littéraire de Fabula : "L'empreinte des œuvres et le réseau des mémoires". La proposition préludait à la rédaction d'un essai paru dans l'intervalle aux éditions de Minuit : Les Paradoxes de la postérité. Soucieux de l'avenir, le théoricien s'est mué en romancier, et vient de faire paraître La Guerre des os (Denoël) ; il y met en scène deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, qui se livrent à la fin du XIXe siècle à une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l’Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l’or et la première voie ferrée transcontinentale… Illustré de documents d’époque, ce récit retrace la naissance de la science et de l’Amérique moderne et devient parabole de la soif de connaissances et de reconnaissance — une fiction savante donc. Pour l'Atelier de théorie littéraire, et dans les marges d'un essai en cours de rédaction, Benjamin Hoffmann entreprend d'élaborer cette notion de "fiction savante" comme une catégorie générique à part entière.