Ce n’est que dans son édition de 1878 que le Dictionnaire de l’Académie enregistre le sens médiatique qu’a pris le mot de chronique au fil du XIXe siècle : "se dit aussi de cette partie des journaux où l’on rapporte les principales nouvelles politiques ou littéraires. Chronique politique. Chronique littéraire. Chronique musicale". L’édition précédente du même Dictionnaire, en 1835, illustrait plutôt la thématique scandaleuse : "La chronique scandaleuse amuse les oisifs". En somme, la vieille chronique médiévale qui ne semble plus guère susceptible de passionner les lecteurs, pouvait être remplacée par une chronique des mœurs, de préférence scandaleuses et, partant, plus divertissante. La distinction entre histoire et chronique s'affine donc au cours du siècle, mais elle n’en est pas pour autant encore très nette. C’est cette porosité, ce maintien d’une familiarité entre le très lointain (le Moyen Âge) et le moderne médiatique que le nouveau dossier de Romantisme vient mettre au jour et explorer, à l'initiative de Blandine Lefèvre et Éléonore Reverzy.