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Penser par influence

Penser par influence

Publié le par Marc Escola

Si le moment théorique contemporain est sans doute celui du pouvoir de la littérature, rares sont les réflexions qui se nouent à partir du mot influence. Dans les cinquante dernières années, on ne connaît guère que Harold Bloom et Judith Schlanger pour avoir cherché à donner une vraie densité théorique à la notion. Or, depuis une vingtaine d’année, plusieurs travaux venus surtout de spécialistes du XIXe siècle permettent de poser un regard différent sur l’influence. Il se trouve que c'est dans les années 1750-1850 que la fréquence du terme augmente. L’historienne Judith Lyon-Caen et la sociologue Gisèle Sapiro ont su faire renaître pour cette période des textes non-académiques (lettres de lecteurs, discours parlementaires, réquisitoires judiciaires, critiques de presse…), où le mot influence circule avec la même évidence qu’aujourd’hui dans le discours médiatique. Elles en ont tiré l’une et l’autre des réflexions théoriques majeures, la première sur la manière dont le langage littéraire structure l’expérience ordinaire, la seconde, sur la dialectique entre la responsabilité pénale et la responsabilité éthique de l’écrivain, de 1830 à nos jours. À l'initiative de Jérémy Naïm, la nouvelle livraison de la revue Littérature vient se demander ce que peut signifier "Penser par influence (en littérature)", en faisant dialoguer bibliographie historique et la réflexion théorique contemporaine. Le sommaireen est d'ores-et-déjà accessible en ligne sur Cairn via Fabula…

(Illustr. : Palimpseste 2 ( Géraldine), acrylique et encre de chine sur plomb, ©Pierre-Marc de Biasi, 1994)