Depuis le xviie siècle, pour les philosophes et les historiens, la cartographie a servi de modèle permettant de penser l’organisation des savoirs. Aujourd’hui ce geste se prolonge dans les sciences sociales, où l’espace est devenu une catégorie centrale de l’analyse culturelle.
Ce déplacement traverse également les pratiques artistiques contemporaines, qui font de la carte un terrain d’expérimentation critique. De même, la géographie irrigue la philosophie, qui voit dans la carte une forme de pensée et un outil d’investigation intellectuelle.
En replaçant la géographie au cœur des processus de connaissance et de création, L’Œil de l’histoire propose une réflexion décisive : la carte n’est pas une simple image du monde, mais un espace de projection et d’élaboration de la pensée et de la connaissance. Loin de se réduire à un simple auxiliaire de l’histoire, elle constitue un dispositif à part entière dans les opérations du savoir historique, aussi bien dans les domaines des sciences que dans celui des arts et de l’architecture.
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On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :
"Il n’est de carte qu’imaginaire", par Paul Bernard-Nouraud…
L’une des particularités de l’exposition « Cartes imaginaires », qui se tient en ce moment et jusqu’au 19 juillet à la Bibliothèque nationale de France, tient à ce que toutes ne sont pas imaginaires : une partie d’entre elles, anciennes, montrent des contrées réelles dont les cartographes ne connaissaient tout simplement pas encore tous les contours. En écho, le dernier livre du philosophe et historien Jean-Marc Besse, L’œil de l’histoire. Espace et cartographie, composé d’articles remaniés pour l’occasion, montre qu’il n’est guère de carte où n’entre une part d’imaginaire.