L'humanisme : un concept asymptomatique ? Pour une réévaluation épistémique et axiologique de l'humanisme (Strasbourg)
L’humanisme : un concept asymptomatique ?
Pour une réévaluation axiologique et épistémique de l’humanisme
UR 1337, Université de Strasbourg, colloque prévu les 18-19 février 2027
Appel à communications1
« Il n’est nulle part, celui qui est partout2 ». De l’humanisme comme lieu commun
Bien qu’on le rencontre presque toujours précédé d’un article défini, le substantif humanisme pose un certain nombre de problèmes relatifs à l’identification de sa substance, tendant à court-circuiter la promesse qu’il porte, voire à la rendre suspecte.
L’humanisme, dans le champ scientifique, est d’abord l’apanage des spécialistes de la Renaissance, notamment italienne et française ; et il faut se réjouir de la vitalité des études qui semblent le constituer en objet de savoir, ce dont peuvent témoigner nombre de récentes publications3. Néanmoins, force est également de constater l’embarras des chercheurs face à l’extension conceptuelle de ce terme, que chacun a reçu en héritage au seuil de ses travaux. Plutôt que d’aborder frontalement l’humanisme, il est scientifiquement plus prudent d’adosser la recherche à telle ou telle figure d’humaniste – entendu comme le spécialiste du latin et du grec – en adoptant une approche monographique ; un tel travail peut de fait bénéficier de la caution du terme umanista, attesté à l’époque en italien, contrairement au terme d’humanisme lui-même, qui, faut-il le rappeler, n’existe pas au XVIe siècle4. Mais plus encore, l’humanisme se trouve souvent réduit à une période, un arrière-plan-dénominateur commun des recherches seiziémistes ; un lieu commun, en somme, que l’on habite souvent de loin, ou parce qu’il va de soi, ou parce qu’il s’avère encombrant ; il faut dire que bien souvent, les sujets de recherche ne nécessitent pas de prise de position conceptuelle et axiologique investissant la charge abstraite que porte le suffixe -isme.
Si l’humanisme reste globalement pour les spécialistes de la Renaissance sinon l’objet de construction d’un savoir, du moins un objet scientifique, la question se complexifie dans la mesure où il n’est bien sûr pas leur apanage : que ce soit dans des champs de recherche contemporains ou dans la sphère publique, l’humanisme n’a pas tant le statut d’objet de savoir, que celui de valeur achronique ; l’humanisme naîtrait à la Renaissance en Europe et prendrait la forme d’culte militant de la raison humaine, à la fois principal symptôme et condition de la dignité de l’homme, conçu, rappelons-le, à l’image de Dieu. Il peut s’agir, plus simplement, de l’affirmation convaincue de la grandeur de l’humanité, voire d’un simple synonyme de philanthropie. Pris dans un tel faisceau de sens, il se voit souvent particularisé par détermination, de l’extension et de l’extensité : « le nouvel humanisme » ; l’humanisme de tel auteur… mais garde généralement son sème de /valeur/. Il est remarquable que les programmes scolaires du collège en français qui entrent en vigueur en 2026, notamment ceux de la classe de troisième5, se fassent l’écho de cette acception générale du terme : cette valeur doit explicitement être enseignée aux élèves. Mais comment enseigne-t-on une valeur décorrélée de tout contenu ?
En somme, l’humanisme oscille entre objet de savoir accessible aux seuls spécialistes, souvent à l’arrière-plan de leurs recherches, et valeur sans contenu scientifique, voire terme à la mode dont on peine à distinguer le contenu conceptuel. Au demeurant, l’hyper-exhibition du mot, dans tel discours, de différents bords politiques, et le décalage avec la réalité dont chacun fait l’expérience peut renvoyer le mot au statut de poncif, et le ramener à un moyen de se donner bonne conscience à peu de frais ; sous cette forme, il va de pair avec un aplanissement historique : les démocraties libérales occidentales sont les héritières de l’Europe humaniste, et de l’Europe des Lumières. En raison de cette anomie, il peut être tentant de renoncer à l’usage d’un tel terme, d’autant que depuis son passage de l’allemand au français au XIXe siècle, les remises en cause anthropologiques et philosophiques paraissent s’accumuler. Force est d’abord de constater que le terme, envisagé en synchronie comme valeur, évolue dans un cadre épistémologique qui contraste avec ses présupposés. Les sciences humaines ont considérablement renouvelé notre conception de l’humanitas ; que peut l’humanisme, souvent envisagé comme allant de pair avec des revendications universalistes, une fois le trait principal eidétique de l’homme identifié – son identité culturelle –, préalable à la mise en avant de champs, de structures, de systèmes qui informent et norment nos vies ? Il peut sembler paradoxal de défendre une conception unitaire de l’homme, potentiellement réductionniste, au moment où les sciences humaines altèrent profondément notre intelligence de l’humanité. Que peut l’humanisme, et ce d’autant plus que le concept a fait l’objet de critiques philosophiques au XXe siècle, dont nous ne prendrons comme exemples que Heidegger et Foucault, critiques prolongées au XXIe siècle : consistant depuis la Renaissance en la promotion du sujet et de sa raison, l’humanisme vise à assoir une forme de domination de l’humain sur le monde ; humanisme est dans cette perspective le nom que préfère se donner l’anthropocentrisme (Guenancia, 2025, p. 233). Non content de consacrer la supériorité de l’espèce humaine, l’humanisme pourrait aussi la fragmenter à deux titres : historiquement associé à l’Occident seul, il serait au demeurant la cause profonde du culte moderne de l’individu. L’humanisme recèlerait donc multiples opérations de triage : l’homme supérieur à l’animal ; l’Occident supérieur aux autres cultures ; l’individu supérieur à autrui. Renoncer au terme d’humanisme, ce n’est pas renoncer à la philanthropie, alors pourquoi conserver le mot, s’il risque même de faire obstacle à la chose ?
L’importance du retour au mot : peut-on (ré)concilier discours épistémique et discours axiologique ?
Forts de ces constats critiques mais aussi de cette double actualité favorable, sur les plans scientifique6 et scolaire, nous nous engagerons donc dans trois axes principaux de problématisation et construction du concept d’humanisme, en cherchant à privilégier le dialogue entre disciplines, à commencer par celui de spécialistes de la Renaissance et de philosophes, pour évaluer ce qu’il nous est encore permis d’en espérer aujourd’hui : l’enjeu est résolument de réconcilier objet de savoir et valeur, en rappelant que l’humanisme ne doit pas cesser de porter une promesse, et qu’il faut profiter de sa présence renforcée dans les programmes scolaires à venir pour se ressaisir du terme. Il s’agira donc de chercher à unifier un double discours, de nature épistémique d’une part, de nature axiologique d’autre part, en explicitant notre présupposé : l’on ne doit pas renoncer à l’article défini ; et si l’on y renonce, alors, pourquoi ? Le titre du colloque met donc, dans cette perspective, le terme de concept au singulier tout en laissant place à la pluralité de symptômes qui autorisent la conceptualisation, la réduction phénoménologique étant l’acte premier de la philosophie (Guenancia, 2025, p. 28).
L’humanisme en trois axes
Cherchant à court-circuiter la polarisation entre les deux principaux faisceaux de sens que le terme a pu prendre, tout en prétendant établir un dialogue entre spécialistes d’éclats et fragments de l’humanisme, nous proposons trois axes d’étude complémentaires ; les contributeurs sont invités à s’inscrire dans plusieurs d’entre eux au profit d’une conception unitaire de l’humanisme, réconciliant discours épistémique et discours du sens.
Voici donc des pistes non exhaustives ; leurs corpus d’application sont laissés à l’appréciation des participantes et des participants, même si nous formulons quelques suggestions.
Axe n° 1. L’humanisme en partage ?
Le premier volet assume le statut de lieu commun de l’humanisme en Occident, et entend bien rappeler qu’il est naturel de vouloir s’approprier ce que l’on partage. C’est à la lumière de cet axe que se précise notre projet : entendre éclairer ce que l’on voudrait partager.
De façon générale, comment l’humanisme peut-il fédérer, et servir à fédérer ? Une partie des contributions peuvent se centrer sur le domaine de l’enseignement. De façon générale, il y a matière à interroger l’école comme lieu de cristallisation d’une vulgate – à cet égard, il est loisible d’étudier des manuels scolaires, en synchronie ou en diachronie. Il faut aussi envisager comment renouveler l’enseignement de l’humanisme en le doublant d’un enseignement humaniste, avec en creux une question de méthode : comment enseigner une valeur, en recorrélant valeur / objet scientifique ? Quel lien possible entre enseignement humaniste et enseignement de l’humanisme ? De même, qu’en est-il dans la sphère politique ? À quelles occasions le terme est-il convoqué, quel sens prend-il, quelle est sa rentabilité pragmatique ? Peuvent être envisagés des discours, dont « Un nouvel humanisme pour le XXIe siècle », discours prononcé en 2010 par Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, est un bon exemple.
A contrario, il est urgent de montrer que partager l’humanisme, c’est aussi souvent se l’approprier. Les programmes scolaires du collège à venir, par exemple, reflètent une forme d’appropriation qui ne rend pas compte d’elle-même. Mais ce sont surtout les textes de communication, politiques notamment, et de tous bords, dans différents pays, que nous voyons servir de terrain privilégié à une telle enquête. La question est au fond la suivante : quel type de construction identitaire sert l’appropriation de l’humanisme ? L’humanisme peut-il servir une construction identitaire qui ne soit pas universaliste ?
Axe n° 2. « Ad fontes ». Sources et symptômes de l’humanisme à la Renaissance
Le deuxième volet recentre d’abord le terme sur ses sources et ses symptômes à la Renaissance, en particulier sur la philologie, française mais non exclusivement (italienne ou rhénane par exemple), la philologie qui permettait aux humanistes d’arpenter tous les chemins du savoir7 ; retourner aux sources, et comprendre où il peut y avoir adéquation entre objet de savoir et valeur. Quels symptômes permettent exactement de penser conceptuellement le terme d’humanisme ? Nous pensons à deux principaux types d’approches des sources renaissantes, cumulatifs, qui peuvent s’entendre à l’échelle du texte d’un auteur comme à l’échelle d’une aire culturelle, et à cet égard la littérature comparée peut trouver toute sa place.
L’approche peut être avant tout phénoménologique, et consister par exemple en une plongée au cœur du travail philologique d’un humaniste, à l’image de ce qu’ont fait Romain Menini et Luigi-Alberto Sanchi pour Guillaume Budé (Menini-Sanchi, 2025) ; il peut s’agir, chemin faisant, d’essayer de renouer un lien explicite entre les humanités et l’humanisme ; quel lien entre humanités et discours du sens ? Quelle influence de l’Histoire sur le sens des humanités ? L’enquête peut porter notamment sur les corpus juridiques afin de penser le rapport entre humanisme et droit (Prévost-Sanchi, 2025). Elle peut aussi s’intéresser à des textes littéraires (telle la prose fictionnelle dite humaniste du XVIe siècle), en ce qu’ils permettent de penser un humanisme non intellectualiste, ou encore porter sur les sources artistiques.
L’approche des sources peut aussi se faire plus théorique et chercher à interroger et à mettre en réseau des textes conceptuellement denses : quels concepts étaient utilisés à l’époque et valent pour symptômes d’humanisme ? On pourra notamment engager une réflexion sur la valeur théorique et pragmatique des humaniores litterae et des studia humanitatis (Roudaut, 2024).
Tout cela permettra de mieux cerner encore le rapport entre « moment Renaissance » (Guerrier, 2023) et humanisme en précisant la manière dont on peut relire le siècle à la lumière d’un concept éclairant et non obscurcissant : l’humanisme du « moment Renaissance » est-il une révolution à la fois intellectuelle et morale ? Mais rien n’interdit, par principe, de remonter à des périodes antérieures à la Renaissance italienne, à l’image du volume collectif portant sur l’humanisme médiéval (Fourrier, 1964), l’humanisme étant un concept rétrospectif.
Axe n° 3. Penser la substance de l’humanisme, à l’intersection des disciplines
Le troisième volet, qui ne perd pas le deuxième de vue dans la mesure où la Renaissance gagne à constituer l’objet d’une partie de l’étude, élargit la perspective en interrogeant les modalités d’évolution historique et philosophique de ce concept. Il cherche à se rendre ainsi pleinement disponible à la pluralité de ses sens, mais pour mieux tâcher d’entreprendre ce travail de réconciliation entre discours du sens et discours scientifique. Nous pensons en particulier au dialogue entre littérature, histoire et philosophie, mais d’autres disciplines peuvent bien sûr être représentées – les humanités médicales par exemple8 –, dans ce dialogue aux trois destins possibles : le questionnement, la construction, la résignation. Doit-on vraiment se résoudre à parler de « types d’humanismes » (Rémi Brague, 2015) ? À quelles conditions se résigner ? Le discours scientifique est-il voué à se contenter de formes déterminées d’humanisme ?
Ce sont notamment des questions philosophiques, anthropologiques et éthiques qui informent cet axe, auquel chaque discipline peut contribuer. Il faut s’intéresser dans le prolongement des pistes données précédemment à tout ce qui relève de la remise en question et de la fragilité conceptuelle du terme, en interrogeant les rapports entre humanisme et sciences humaines : quels liens entre humanisme, humanité, relativisme culturel, anthropocentrisme, occidentalisme ? L’humanisme n’est-il pas une réponse possible, issue du cœur même de l’ontologie naturaliste (Descola, 2015), au réductionnisme anthropologique et à la naturalisation de différences contingentes ? Mais quelle réponse peut-il apporter, en s’appuyant sur quels savoirs ? L’humanisme, aussi usé le terme lui-même soit-il, peut-il être une nouvelle révolution morale ? La réflexion peut se faire archéologique et philosophique et réinvestir à l’aune de corpus nouveaux, ou revisités, des questions classiques : quels liens entre humanisme et raison ? entre humanisme et ordre du cœur ? quels liens entre humanisme et subjectivité / individu ? quels liens entre humanisme et théologie ?
Mais il nous semble aussi que les communications gagneront à engager une réflexion sur le lien entre humanisme et patrimoine écrit. L’humanisme étant historiquement lié à la culture savante de l’écrit de la Renaissance, est-il systématiquement l’apanage du monde de l’écrit, dans la mesure où la conscience réfléchie à l’œuvre dans l’écriture de textes philosophiques ou littéraires peut y développer une conception du monde, de l’homme et de l’humain ? L’humanisme, pour gagner en authenticité, ne peut-il pas s’envisager aussi comme une pratique du monde, plutôt que comme une conception du monde ?
Au sein de ce patrimoine écrit, la littérature occupe une place de choix. L’humanisme trouve-t-il dans la littérature seule l’un de ses lieux privilégiés de formulation et de mise à l’épreuve ? Peut-on penser dans le champ littéraire l’humanisme comme substance à l’épreuve des siècles ? Cet aspect de la question engage une réflexion sur les rapports entre monde et littérature quant au pouvoir de cette dernière à éveiller l’humain en l’homme ; des présupposés pensables en termes de pragmatique textuelle découlent en tout cas de cette culture savante de l’écrit dont nous sommes les héritiers, sensibles par exemple dans les programmes de collège à venir, en ce qu’ils postulent l’humanisation du sujet lecteur par l’activité de lecture : les textes prennent soin de notre humanité.
Ainsi, notre colloque voudrait à travers l’étude du terme humanisme donner toute sa place à une urgence à la fois scientifique et éthique pour les chercheurs : resémantiser des termes à la mode et des concepts que le monde tient en échec, tout en pensant les conditions de possibilité d’une actualité voire d’une actualisation épistémiquement cohérente et axiologiquement justifiable, voire, si possible, désirable.
Quelques éléments de bibliographie
Par commodité, la bibliographie qui suit est construite en deux volets, et vise à proposer une base commune de travail, en donnant quelques références fondamentales sur le XVIe siècle mais en donnant aussi une idée des dernières réflexions dans le champ philosophique sur l’humanisme. Le sujet étant volontairement large et ouvert, nous avons fait le choix d’une sélection d’ouvrages visant à préciser notre cadrage théorique mais aussi l’état d’esprit dans lequel nous proposons ce colloque.
I. L’humanisme de la Renaissance
1. Quelques références fondamentales :
· Jacob Burckhardt, Die Kultur der Renaissance in Italien, Basel, Schweighauser’schen Verlagsbuchhandlung, 1860
· Gilbert Gadoffre, La révolution culturelle dans la France des humanistes : Guillaume Budé et François Ier, avec une préface de Jean Céard, Genève, Droz, 1997
· Eugenio Garin, L’umanesimo italiano [1964], 3e éd., Roma-Bari, Laterza, 2000
· Oskar Kristeller, Humanismus und Renaissance, 2 vol., München, Fink, 1974-1976
· Francisco Rico, Le rêve de l’humanisme. De Pétrarque à Érasme [1993], traduit par J. Tean Tellez, traduction revue par Alain Philippe Segonds, Paris, Les Belles Lettres, 2002
· Georg Voigt, Die Wiederbelebung des classischen Alterthums, oder das erste Jahrhundert des Humanismus, Berlin: Druck und Verlag von Georg Reimer, 1859
2. Pour donner un aperçu des ouvrages seiziémistes récents envisageant l’humanisme sous différents angles complémentaires :
· Nicolas Le Cadet, L’Évangélisme fictionnel, Paris, Classiques Garnier, 2010
· Romain Menini, Luigi-Alberto Sanchi, L’Antiquité selon Guillaume Budé. À l’école d’un humaniste érudit, Paris, Les Belles Lettres, 2025
· Olivier Guerrier, Visages singuliers du Plutarque humaniste, Paris, Les Belles Lettres, 2023
· Blandine Pérona, La pensée rhétorique. Déclamation et humanisme au début de l’époque moderne, Genève, Droz, 2025
· Xavier Prévost, Luigi-Alberto Sanchi (dir.), Introduction à l’humanisme juridique, Genève, Droz, 2025
· François Roudaut, Sur la lettre de Gargantua à Pantagruel. Éléments d’histoire des idées à la Renaissance, II, Paris, Classiques Garnier, 2024
3. Pour penser la possibilité de l’humanisme avant ou après la Renaissance italienne puis française, voir par exemple :
· Anthime Fourrier (dir.), L’humanisme médiéval dans les littératures romanes du XIIe au XIVe siècles, Paris, Klincksieck, 1964
· Béatrice Guion (dir.), Port-Royal et l’humanisme, Paris, Chroniques de Port-Royal, n° 56, 2006
II. Approche historique et philosophique de l’humanisme
1. Pour une histoire large de la notion, qui ne s’en tienne pas à l’Europe :
· Anthony B. Pinn (ed.), The Oxford Handbook on Humanism, Oxford Academic, 2019 (version en ligne) et 2021 (version imprimée)
· Thomas Leinkauf, Die Philosophie des Humanismus und der Renaissance, C. H. Beck, Munich, 2020
2. Quelques exemples du renouvellement philosophique de la question :
a. À titre introductif :
· Deux émissions de Radio France ont été consacrées à ce sujet :
« Quel humanisme aujourd’hui ? »
[https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-eloge-du-savoir/quel-nouvel-humanisme-aujourd-hui-6934562]
« Peut-on aller vers un nouvel humanisme ? »
[https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-2eme-partie/peut-on-aller-vers-un-nouvel-humanisme-1637385]
b. Quelques références philosophiques et anthropologiques récentes :
· Christophe Bouriau, Qu’est-ce que l’humanisme ?, Paris, Vrin, 2007
· Rémi Brague, Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne, Paris, Gallimard, 2023
· Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2015
· Pierre Guenancia, L’homme sans moi. Essai sur l’identité, Paris, PUF, 2025
· François Jaquet, Alain Policar, « De la spécificité de l’humain. Dispute à propos du spécisme », Raison présente, n° 237, 2026/1, p. 83-102
· Edward W. Said, Humanisme et démocratie (2004), Paris, Fayard, 2005
Ces références bibliographiques sont purement indicatives. L’idée reste de proposer un corpus (de nature textuelle ou non, éventuellement multimodal, pouvant faire part à l’intermédialité) identifié et justifié, ouvrant sur un travail précis sur le mot humanisme lui-même.
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Informations – Logistique
Le colloque est porté par l’unité de recherche « Configurations Littéraires » qui compte un maître de conférences recruté sur un profil « Littérature du XVIe siècle et humanisme », ce dernier étant envisagé de façon transéculaire et transdisciplinaire. Le colloque marque donc le début des travaux lancés sur l’humanisme.
En raison de l’empan des sujets proposés, qui se laisse aisément fractionner, et en fonction des réponses des collègues, nous nous réservons la possibilité de revenir vers les contributeurs afin de leur proposer des modalités de travail complémentaires ou alternatives, visant à prolonger et échelonner les réflexions amorcées dans le colloque.
L’hébergement et le trajet des participants seront pris en charge par l’université de Strasbourg, dans la mesure du possible.
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Les propositions de contribution, d’environ 400 mots, qui sont à adresser conjointement avant le 30 septembre 2026 à Béatrice Guion, Nicolas Souhait et Enrica Zanin, doivent préciser dans quel(s) axe(s) elles entendent s’inscrire, et être assorties d’une brève bio-bibliographie. Le comité scientifique rendra sa réponse courant octobre.
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Comité d’organisation
Béatrice Guion, Professeur de Littérature française du XVIIe siècle, beatrice.guion@unistra.fr
Nicolas Souhait, Maître de conférences en Littérature française du XVIe siècle, souhait@unistra.fr
Enrica Zanin, Professeure de Littératures comparées, ezanin@unistra.fr
Comité scientifique
Ninon Chavoz (Université de Strasbourg)
Marie-Dominique Cousinet (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
James Hirstein (Université de Strasbourg)
Elsa Kammerer (Université Paris 8)
Fanny Kieffer (Université de Strasbourg)
Sylvie Laigneau-Fontaine (Université de Bourgogne)
Bruno Méniel (Université de Nantes)
Romain Menini (Université Gustave Eiffel)
Luciano Piffaneli (Université de Haute-Alsace)
Emmanuel Salanskis (Université de Strasbourg)
Luigi-Alberto Sanchi (CNRS)
Emmanuelle Sempère (Université de Strasbourg)
Tristan Vigliano (Aix-Marseille Université)
Rémi Vuillemin (Université de Strasbourg)
[1] Appel rédigé dans le prolongement d’une conférence introductive donnée dans le cadre du séminaire de l’axe 1 de Configurations Littéraires, « Lectures, réécritures et anachronismes : réception, diffusion et actualisation de la littérature, du Moyen Âge à nos jours », org. Muriel Ott et Britta Benert, le 19 février 2026, « Faut-il en finir avec l’humanisme ? Pour un humanisme littéraire », publication à paraître dans la collection Configurations Littéraires (presses de l’Université de Strasbourg).
[2] Sénèque, Lettres à Lucilius, 2.
[3] Voir bibliographie infra.
[4] Introduit au XIXe siècle par l’intermédiaire de l’allemand, « Humanismus ».
[5] Voir sur le site du ministère de l’Éducation Nationale, « Annexe 1 – Programme de français pour le cycle 4 ». Pour la classe de 3e, la perspective annuelle, en vigueur à partir de 2028, est la suivante : « S’affirmer, s’émanciper : l’engagement humaniste », avec en particulier le dernier objet d’étude « Défendre les valeurs humanistes : écrivains et journalistes dans leur temps (articles, essai, récit) » ; mais, et c’est symptomatique, l’adjectif humaniste ne reparaît pas. À chaque enseignant de faire ce qu’il veut et peut.
[Disponibilité et accès :
https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/Annexe%201%20%E2%80%93%20Programme%20de%20fran%C3%A7ais%20pour%20le%20cycle%204-480713.pdf]. De la même manière, le thème au programme en deuxième année de CPGE économique pour 2026-2027 est « l’humanité ». On l’aura compris, le contexte scolaire nous semble favorable à une telle réflexion.
[6] Dont témoigne le dernier essai de Pierre Guenancia, L’homme sans moi ; l’ultime chapitre s’intitule ainsi « L’individualisme est-il un humanisme ? ».
[7] Romain Menini, Luigi-Alberto Sanchi, L’Antiquité selon Guillaume Budé. À l’école d’un humaniste érudit, Paris, Les Belles Lettres, 2025.
[8] Elles font ainsi l’objet d’un webinaire à l’Université Montpellier 3, Actualités des humanités médicales, porté par le pôle « Humanités, Médecine, Santé » de l’Institut de Recherches sur la Renaissance, l’Âge Classique et les Lumières (IRCL, UMR 5186) ; elles sont également l’objet de recherches à Strasbourg dans le cadre de l’ITI Lethica.