Dans Le nom du poème (Droz), Fernand Salzmann se penche sur le nom propre de la femme célébrée par Aragon, Elsa, pour proposer une nouvelle trajectoire de l’entreprise littéraire de cet auteur lue sous l’angle du pétrarquisme. La place du poète florentin semble marginale dans l’œuvre d’Aragon, laquelle est plus volontiers reliée à la tradition de la lyrique courtoise. Pourtant, le pétrarquisme est central, à condition de le lire non pas comme une imitation de Pétrarque, mais comme une forme particulière de subjectivation que le chant amoureux engage. Si Elsa est à Aragon ce que Laure est à Pétrarque, il faut comprendre quelles structures sous-jacentes du Canzoniere resurgissent dans l’œuvre de l’écrivain, et sous quelles formes. L’analyse du Fou d’Elsa (1963), recueil culminant dans la poésie d’Aragon, occupe une place importante dans la réflexion, car on y voit comment l’écriture du nom propre chez cet auteur s’articule à trois imaginaires dont elle procède et qu’elle convoque : l’imaginaire du poème, l’imaginaire de l’art, l’imaginaire de l’amour.
Et rappelons l'essai de Laurent Lévy, déjà salué par Fabula, Un portrait de Staline. Aragon, Picasso et le parti communiste (La Fabrique), tout comme l'édition l'an passé des précieux Essais d'Aragon dans la "Bibliothèque de la Pléiade".
Mais l'on apprend avec retard qu'Aragon se trouve être aussi depuis 2025 le héros d'un roman noir de François Weerts On a tiré sur Aragon (Rouergue Noir) : l'histoire d'une balle qui claque contre la pierre de l'escalier de la Butte du Lion de Waterloo. Un coup de fusil dont on ignore l'auteur, ni s'il visait vraiment la cible : Louis Aragon.