Dans Esclaves à Paris. Vies cachées et histoires fugitives (La Découvete), Miranda Spieler s'attaque à l'un des mythes fondateurs de l'histoire juridique française : l'idée que, sous l'Ancien Régime, "il n'y a pas d'esclaves en France". Spécialiste de l'Empire français, l'historienne américaine propose une plongée dans le Paris prérévolutionnaire, à la rencontre des esclaves venus d'Afrique, des Caraïbes et de l'océan Indien dans l'espoir d'être libérés. La capitale culturelle des Lumières est alors célébrée comme une oasis de liberté, bien loin des ports français tristement célèbres pour leur commerce d'esclaves. Si les Français se sont lancés tardivement dans ce commerce, ils occupent à la fin des années 1780 une position dominante sur le marché mondial. Cette croissance explosive a transformé Paris en un lieu dangereux pour les esclaves en fuite, confrontés à des voisins indiscrets, des réseaux d'espionnage, des chasses à l'homme, des arrestations et des expulsions. Fabula vous invite à lire un extrait de l'ouvrage… ou à accèder au sommaire en ligne via Cairn…
(Illustr. : Marie-Guillemine Benoist (1768–1826), Portrait of a Negress [sic, official English title] 1800)