De la recherche à la création ou inversement ? Arts plastiques, cinéma, théâtre, performance (Revue Double Jeu, n°24, 2027 dir. Cristina De Simone, Valérie Vignaux et Tania Vladova)
Appel à contribution revue Double Jeu, n°24, 2027
"De la recherche à la création ou inversement ? arts plastiques, cinéma, théâtre, performance"
(dir. Cristina De Simone, Valérie Vignaux et Tania Vladova)
En prévision de la publication en 2027, du numéro 24 de Double Jeu, revue du département Arts du spectacle de l’Université de Caen, et à la suite du colloque organisé en 2025[1], nous avons souhaité prolonger les réflexions concernant la recherche-création. Le sujet a déjà donné lieu à un certain nombre d’études ou d’ouvrages, comme en atteste la bibliographie non exhaustive ci-dessous. Cependant, les problématiques induites par un tel rapprochement ne paraissent pas avoir été épuisées, alors qu’elles sont riches de perspectives tout autant pour les universités que pour les écoles d’art. Nombre d’universités en France accueillent désormais des programmes de recherche-création, au niveau à la fois des formations et des laboratoires de recherche, rejoignant des expériences analogues développées dans d’autres territoires[2], européens ou extra-européens, et reconnaissant de la sorte des démarches empruntées par les artistes et par les universitaires[3], quelle que soit la discipline où ils exercent. Les artistes visuels par exemple ou encore les écrivains qui œuvrent dans le domaine de la création littéraire, lorsqu’ils recourent à de la documentation ou à des archives, peuvent adopter une méthodologie qui s’apparente à celle de la recherche académique[4]. Tandis que les cinéastes documentaristes, pour certains, élaborent des investigations qui s’apparentent à la recherche et leurs films, lorsqu’ils conservent en particulier la parole des témoins, peuvent constituer en retour, des sources de premier plan pour les historiens. Plus généralement, nombre d’artistes trouvent dans la recherche des éléments permettant de situer leurs œuvres dans des problématiques contemporaines ou leur permettant de re-créer à partir de textes ou d’objets anciens. Dans le domaine théâtral, plusieurs propositions contemporaines relient recherche au plateau et travail de documentation conséquent, souvent en collaboration avec des chercheurs universitaires, dans la tentative de rendre sensible un savoir, qu’il soit historique, politique, esthétique ou autre[5]. Il y a également des démarches expérimentales de l’ordre du laboratoire, alliant exploration artistique, méthodologies empruntées de manière plus ou moins stricte au domaine scientifique, création de spectacles et édition d’ouvrages ou de sites internet visant à rendre compte des résultats de la recherche, les élaborer et les diffuser [6]. Du côté des universitaires, de plus en plus de programmes s’inscrivent dans les coordonnées de la recherche-création. En études théâtrales, nous pouvons citer, à titre d’exemple, trois projets récents de l’EUR ArTeC[7] : « Performer l’archive », porté par des historiennes du théâtre qui a mobilisé étude d’archives et approche au plateau pour retrouver la dimension performative du théâtre français ancien (XIVe-XVIIIe siècles) ; « (Re)play-it again : reenctments et non reconstituables », porté par chercheurs en études théâtrales et en cinéma et anthropologie, afin d’« explorer les incidences des usages du reenactment sur l’écriture et la transmission de l’événement[8] » ; et « Chantiers d’acteurs » autour des régimes de présence sur les scènes actuelles. Si ces trois exemples[9] ont en commun le fait d’être fondés sur le dialogue entre chercheurs et artistes, selon un partage des rôles et des tâches, d’autres programmes tentent le brouillage des frontières, étant portés par des chercheurs qui ont également une pratique artistique[10].
Si d’un point de vue universitaire les liens entre science, savoir et approche esthétique sont somme toute assez récents, il y a par contre dans les écoles d’art, une longue tradition qu’il est intéressant d’évoquer pour saisir à nouveaux frais la manière dont le champs la recherche-création se définit aujourd’hui.
Recherche-création en milieu universitaire
La recherche-création à l’université s’est tout d’abord déployée au sein des départements d’arts plastiques avant de se développer progressivement au sein d’autres disciplines, que cela soit en musique, cinéma, théâtre mais aussi en littérature ou en histoire. L’université française reconnait, depuis une quinzaine d’années semble-t-il, l’apport épistémologique de projets où se mêlent arts et savoirs, projets qui de plus contribuent à nouer des collaborations entre laboratoires de recherche, écoles d’arts et écoles doctorales. À titre d’exemple on peut citer la formation doctorale « Sciences, Arts, Création, Recherche » (SACRe) qui associe l’université Paris-Sciences-Lettres (PSL) à l’École nationale supérieure de la rue d’Ulm, aux Beaux-arts de Paris, au Conservatoire national de musique, au Conservatoire national des arts dramatiques et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs ; mais aussi les partenariats entre l’université de Lille, le Centre d’étude des arts contemporains (CEAC ULR 3587) et Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains et en Normandie, le doctorat RADIAN pour Recherche art, design, innovation, architecture, qui agrège les universités de Caen, Le Havre et Rouen, avec l’école supérieure d’arts & médias de Caen/Cherbourg (Ésam), l’École Supérieure d’Art et Design Le Havre/Rouen (Ésadhar) et l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie, ou encore ArTeC, déjà évoquée, une École Universitaire de Recherche consacrée à la Recherche-Création, implantée sur les sites des universités Paris 8, Paris Nanterre et du Campus Condorcet, qui « accompagne les pratiques expérimentales qui s’appuient sur des gestes artistiques et numériques pour réinventer la recherche universitaire »[11]. Évoquons également le doctorat par le projet, piloté par l’École Universitaire de Recherche « Héritage, Création, Patrimoine », implantée à Cergy Paris Université, et qui fédère l’ENSAPC de Cergy, l’École nationale d’architecture de Versailles, l’École nationale du paysage de Versailles et l’Institut national du patrimoine[12]. La démarche parait dorénavant pleinement identifiée au sein du monde académique comme en témoigne la délivrance du titre de docteur mais aussi les qualifications d’un certain nombre de thèses au sein de la 18ème section du Conseil national des universités.
La reconnaissance de méthodologies associant à la recherche fondamentale une ou des pratiques artistiques, permet d’intégrer aux savoirs des objets qui autrement seraient restés en marge, insufflant de la sorte des perspectives épistémologies inédites grâce à des rencontres inusitées. Pour mener ses réflexions, l’étudiant ou le chercheur en recherche-création a la possibilité de construire un corpus d’œuvres et d’auteurs empruntés à de multiples domaines, relevant de cultures populaires ou savantes, et ses analyses portent tout autant sur les formes, les dispositifs, les discours, sans méconnaitre les contextes industrielles ou économiques, historiques ou idéologiques, dans lesquels ils ont été produits. Il ou elle a ainsi la possibilité d’élaborer un « laboratoire critique »[13] dont les résultats peuvent s’avérer épistémologiquement convaincants car ils rendent possibles des espaces théoriques inattendus et proposent des configurations inexplorées entre textes et/ou images, ou entre production théorique et œuvre. Les spécificités et les attendus disciplinaires se retrouvent de fait décloisonnés, ce qui permet d’interroger les paradigmes qui nous ont été transmis et qui pour certains sont encore les nôtres, parce qu’incarnés dans des objets ou dans des habitus.
Recherche-création en écoles d’art
Dans Les écoles d’art qui changent le monde, ouvrage paru en 2021, Marc Partouche rappelle que c’est seulement en 1998 que les 38 appellations différentes des 56 écoles d’art en France ont fini par être uniformisées en adoptant la dénomination commune « École supérieure d’art de… » où le terme « supérieure » évoque la « recherche », le terme « école » désigne le lien à l’histoire et le terme « arts » se supplante aux « beaux-arts pour dire tous les possibles »[14]. La création du premier cycle post-diplôme en école d’art en France date, quant à elle, de 1988 (sur la demande de Georges Touzenis, directeur des Beaux-arts de Marseille). Ce sont les premières amorces de ce qui sera, plus tard, l’introduction de la recherche dans les écoles d’art, renforcée par les accords de Bologne. Ces moments de l’histoire récente marquent l’ouverture ou la contrainte que constitue l’impératif ministériel de l’« adossement à la recherche », autrement dit de rapprochements entre écoles d’art et universités. Marc Partouche décrit, en outre, les écoles d’art comme héritières, depuis la fin du XIXe siècle, de cinq ruptures : académique, esthétique, démocratique, technologique et institutionnelle.
Or, ce raisonnement par ruptures relève d’une pensée en termes de discontinuités et semble passer sous silence les continuités qui existent entre pratique artistique, théorie de l’art, expérimentations scientifiques et recherches universitaires. En dépit des ruptures, les écoles d’art actuelles, on le sait, sont héritières des académies des beaux-arts, d’abord celle de Florence, l’Accademia del disegno fondée par Vasari en 1562 et l’Académie royale de peinture et de sculpture fondée en 1648, sous la haute protection de Richelieu. On se plaît plus souvent à dénoncer l’asservissement des artistes au monarques-grands patrons et mécènes des arts, plutôt qu’à souligner à quel point l’académie change le statut de l’artiste-peintre qui passe « du cadre artisanal et contraignant de la corporation à une société choisie des beaux esprits qui disputent aimablement de la théorie de leur art. Le mot même Académie, emprunté à Platon, exprime le désir d’intellectualiser l’art, d’élever la pratique au rang de théorie »[15]. L’artiste académicien acquiert désormais la légitimité de discuter de questions théoriques, d’en informer la théorie et non seulement des questions techniques d’exécution. Au sein des académies, les artistes participent à la fois aux débats sur les horizons à atteindre, notamment à la formulation des règles et des principes fondamentaux de la création artistique et à la transmission aussi bien de la pratique que de la théorie. L’Académie royale de peinture et de sculpture est également responsable d’une « école du dessin » et cette contrainte pédagogique incite la réflexion à définir les règles et les principes de la création artistique. Si les écoles d’art sont héritières des académies, c’est dans cette filiation même qu’est inscrit le rôle de l’artiste dans la théorisation et dans la recherche des principes et des enjeux de la création[16].
Le deuxième moment historique qu’on peut souligner, c’est le grand projet de réforme pédagogique universitaire du tournant du XIXe et du début du XXe siècle appelant au renouveau de l’histoire de l’art et de l’esthétique, par la fondation de ce qu’en terres allemandes on appellera « allgemeine Kunstwissenschft » que l’on peut traduire par science générale de l’art[17]. Cette réforme, dont la figure institutionnelle centrale fut le philosophe Max Dessoir, visait un renouveau dans les disciplines universitaires consacrées à l’art, quittant la perspective positiviste, l’histoire évolutive des styles, l’esthétique normative et le dogme de la beauté. Elle proposait à la place une transformation de l’enseignement artistique à travers la création de pôles transdisciplinaires, où la sociologie, l’anthropologie, la littérature, l’histoire, la biologie, la géologie, les techniques artistiques, celle du travail des matériaux et du design d’objets rejoindraient l’histoire de l’art et l’esthétique pour assurer un enseignement alliant expérimentations, recherches artistiques, connaissances et recherches universitaires. C’est suite à ces propositions que sont nées les écoles artistiques les plus marquantes du XXe siècle, que furent le Bauhaus (1919, Weimar, Walter Gropius) et le Black Mountain College (Université libre expérimentale née en 1933 près d’Asheville, fondée par John Andrew Rice et Theodore Dreier et influencée aussi par les idées progressistes de John Dewey). Ce deuxième point historique inscrit les écoles d’art dans une autre continuité : non pas celle de l’éloignement ou de l’opposition au monde universitaire et à la recherche, mais au contraire celle de la poursuite d’une quête de liberté d’expérimentation et d’une formation transdisciplinaire où l’art et l’expérience artistique sont fondamentales pour les autres disciplines[18].
Ces mises au point historiques permettent de circonscrire deux mouvements parallèles bien que chronologiquement éloignés : celui où l’artiste devient théoricien de son art et celui où les universitaires posent l’art et l’expérience artistique au cœur de formations et de laboratoires de recherche transdisciplinaires. Ils montrent que la recherche-création, dans la variété de ses physionomies, tire sa raison d’être d’une histoire longue et de rapprochements aussi bien institutionnels et sociaux qu’intellectuels et créatifs. Il nous reste à questionner le temps de maintenant, suivant l’expression de Walter Benjamin, et avec ce volume à concourir aux états des lieux de la recherche-création aujourd’hui afin d’observer la richesse de ses différentes déclinaisons.
Argumentaire
Si l’expression « recherche-création » est désormais largement reconnue, et si dans nombre d’universités en partenariat avec des écoles ou des institutions culturelles on a vu se déployer depuis une dizaine d’années des travaux, des projets, des œuvres ; s’il existe des ouvrages, actes de colloques ou récits réflexifs ou rétrospectifs, ce syntagme parait pouvoir encore être interrogé, du fait de ses multiples usages. Que recouvre cet assemblage lexical ? Est-il simplement un entre deux, ou peut-il indiquer une spécificité en termes d’objets d’études et d’approches méthodologiques ? De quels nouveaux partages historiques, politiques, idéologiques est-il le nom, dans le sens de mise en commun, de lien, mais aussi de division, de séparation ?
En revenant sur cette expression, et en proposant d’étudier ces déclinaisons via des cas de figure concrets, nous souhaitons interroger les potentialités heuristiques, épistémologiques et créatrices d’un paradigme toujours en cours de définition. Comment la recherche scientifique peut-elle devenir un moteur de création ? Comment la création en retour nourrit et transforme la recherche et la transmission en sciences humaines ? Quels sont les processus socio-politiques qui sous-tendent la structuration institutionnelle des démarches « hybrides » qui composent cette nébuleuse visant à relier arts et savoirs scientifiques ?
Pour réfléchir à ces questions nous avons défini trois axes – les personnes, les espaces et les modalités – et un certain nombre d’interrogations. Ces trois axes sont autant d’entrées qui incitent par exemple à se pencher sur l’apparition de programmes de formation et de recherche associant création et démarche scientifique, l’évolution de leur fonctionnement ou de leur vocation, voire leur institutionnalisation.
1. Les personnes
On pourra s’intéresser aux figures connues ou inconnues qui par leurs engagements, leurs écrits ou leurs productions plastiques, cinématographiques ou relevant des arts vivants ont participé à l’histoire de la recherche-création. On interrogera à l’aune de leurs réalisations, les concepts véhiculés par ces personnalités.
2. Les espaces d’enseignement et de recherche
On pourra s’intéresser aux espaces d’enseignement et de recherche (laboratoires, studios, écoles…), académiques ou non académiques, en les observant dans leurs histoires ou/et selon leurs relations avec des publics spécifiques, les milieux professionnels ou selon leur implantation locale ou régionale, ou encore aux processus d’institutionnalisation qui ont travaillé ces espaces.
3. Les objets, les outils et les enjeux pédagogiques et de méthodologie de la recherche
Comment le choix des approches pédagogiques et des objets à étudier induit une définition de la recherche-création ? Quels sont les enjeux passés et actuels d’un enseignement dit de recherche-création ? Est-ce qu’on enseigne une discipline, une méthodologie ou une relation au monde ? Comment ces questions se déclinent-elles dans les différents espaces pédagogiques et de recherche ? Quelle place et quel statut pour la pratique et pour la recherche, en écoles d’art ou à l’université, et à présent dans le cadre du doctorat-création ?
Modalités de contribution
Les propositions de communication (3000 signes environ), ainsi qu’une courte bio-bibliographie sont à envoyer au plus tard le 5 septembre 2026 aux adresses suivantes :
cristina.desimone@unicaen.fr ; valerie.vignaux@unicaen.fr et tania.vladova@esadhar.fr.
Après réponse aux propositions le 15 septembre 2026, les articles dans leur version définitive d’environ 30000 signes seront à remettre le 15 janvier 2027.
Comité scientifique de la revue Double Jeu.
Bibliographie indicative
Agamben Giorgio, Qu’est-ce qu’un dispositif ? [2007] traduit de l’italien par Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2014.
Bebyer Andreas, Cohn Danièle, Vladova Tania (dirs.), « Esthétique et science de l’art », Trivium, n°6, 2010.
Boudier Marion et Déchéry Chloé (dir.), Artistes-chercheur·es, chercheurs-artistes – Performer les savoirs, Dijon, Les Presses du réel, 2022.
Boudier Marion, Avec Joël Pommerat. L’écriture de Ça ira (1) Fin de Louis, Actes Sud-Papiers, 2019.
Brodziak Sylvie et Petitjean Anne-Marie, La littérature stéthoscope, Paris, Le Manuscrit Eds, 2024.
Castor Markus A., « Politique artistique et liberté académique. Un état des lieux à partir du cas de l’Académie royale de peinture et de sculpture », Regards croisés, n°4, 2015.
Citton Yves, Pour une interprétation littéraire des controverses scientifiques, Paris, Quae, 2013.
Collenberg-Plotnikov Bernadette, Maigné Carole, Trautmann-Waller Céline (dirs.), « L’esthétique et la science de l’art à l’âge des congrès », Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft, vol. LXI, n° 2, 2016.
Dayre Éric et Gauthier David, L’art de chercher, l’enseignement supérieur face à la recherche-création, Paris, Hermann, 2020.
Debaene Vincent, Devevey Éléonore, Piegay Nathalie (dir.), Archiver / Créer (1980-2020), Genève, Librairie Droz, Recherches et rencontres n°37, 2021.
Delacourt Sandra, Schneller Katia, Theodoropoulou Vanessa, Le chercheur et ses doubles, Montreuil, éd. B42, 2016.
De Simone Cristina, « Ce qui s’appelle parler. Sur Suite n° 2 de Joris Lacoste », in Olivier Neveux, Christophe Triau (dir.), États de la scène actuelle, 2014-2015, Théâtre/Public, n° 221, Juillet 2016.
Dewey John, Moore Addison Webster et al., Creative Intelligence. Essays in the Pragmatic Attitude, New York, H. Holt & Co, 1917.
Dewey John, L’Art comme expérience, Paris, Gallimard, 2010.
Féral Josette, « De la performance à la performativité », in Communications, n°92, Performance - Le corps exposé, Christian Biet et Sylvie Roques (dir.), 2013.
Féral Josette, Théorie et pratique du théâtre : au-delà des limites, Paris, L’Entretemps, 2011.
Glicenstein Jérôme (dir.), Recherche-création, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2024.
Goriaux Jitka, « Une formation doctorale pour les artistes praticiens ? L’expérience de la formation doctorale à la faculté de théâtre de l’Académie des arts du spectacle de Prague », Double jeu, 22 | 2025.
Gosselin Pierre, Le Goguiec Éric (dir.), Recherche création. Pour une compréhension de la recherche en pratique artistique, Presses de l'Université du Québec, 2006.
Houdart-Merot Violaine, Petitjean, AMarie (dir.), (2021). La recherche-création littéraire, Peter Lang, coll. « Nouvelle poétique comparatiste » n°43.
Lippi Daria, Salomon Julie, Jouer. Outils, pratiques, concepts à l’usage des actrices et des acteurs, tome 1 et 2, Montreuil, éd. B42, 2023, 2024.
Losco-Lena Mireille (dir.), Faire théâtre sous le signe de la recherche, Rennes, PUR, 2017
Manning Erin et Massumi Brian, Pensée en acte – Vingt propositions pour la recherche-création, Paris, Les presses du réel, coll. « Labex/ArTeC », 2018.
Partouche Marc, Les écoles d’art qui changent le monde. Utopies et alternatives pédagogiques de 1815 à nos jours, Paris, Hermann, 2021.
Roques Sylvie, Starkier Isabelle (dir.), Recherche-création théâtre : savoir ou savoir-faire ?, Paris, L’Entretemps, 2021.
Triau Christophe, « Démêler, retracer, déconstruire. Décris-ravage d’Adeline Rosenstein », in Olivier Neveux, Christophe Triau (dir.), États de la scène actuelle 2014-2015, Théâtre/Public, n° 221, 2016.
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[1] https://laslar.unicaen.fr/evenement/recherche-vs-creation-et-inversement/.
[2] Voir Jitka Goriaux, « Une formation doctorale pour les artistes praticiens ? L’expérience de la formation doctorale à la faculté de théâtre de l’Académie des arts du spectacle de Prague », Double jeu, 22 | 2025, 129-138.
[3] Voir Marion Boudier, Chloé Déchéry (dir.), Artistes-chercheur·es, chercheurs-artistes – Performer les savoirs, Dijon, Les Presses du réel, 2022.
[4] Voir les travaux de Justine Emard, Hicham Berrada ou Michel Paysan qui se revendiquent tantôt de l’IA et des recherches sur les réseaux de neurones, tantôt des réactions chimiques et affinités entre éléments et matériaux, tantôt des expressions graphiques des mouvements optiques. En ce qui concerne la littérature, citons le récent ouvrage d’Yves Citton Pour une interprétation littéraire des controverses scientifiques, Paris, Quae, 2013 ; ou encore l’ouvrage collectif sur les rapprochements entre littérature et médecine dirigé par Sylvie Brodziak et Anne-Marie Petitjean, La littérature stéthoscope, Paris, Le Manuscrit Eds, 2024.
[5] Parmi tant d’autres exemples, évoquons Décris-ravage d’Adeline Rosenstein, autour de la question palestinienne, Ca ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat, autour de la Révolution française, ou encore à Théories et pratiques du jeu d’acter (1421-2021) de Maxime Kurvers, interrogeant l’écart entre discours théoriques et expérience de l’acteur.
[6] Par exemple la Fabrique Autonome des Acteurs, équipe d’actrices explorant les outils du jeu de l’acteur selon une approche empirique transculturelle, transhistorique et transdisciplinaire, et donnant lieu à des publications (Daria Lippi, Julie Salomon, Jouer. Outils, pratiques, concepts à l’usage des actrices et des acteurs, tome 1 et 2, Montreuil, éd. B42, 2023, 2024), ou l’Encyclopédie de la Parole, collectif chapoté par Joris Lacoste, qui collecte dans le site https://encyclopediedelaparole.org/fr toute sorte de paroles, provenant de multiples contextes d’énonciations, les analyse et les remonte dans des spectacles qui interrogent l’action du dire ; ou encore, pour faire une incursion dans le domaine de la danse, à « Pour un atlas des figures », projet à la croisée de la recherche théorique et artistique de l’artiste-chercheur Mathieu Bouvier et du chorégraphe Loïc Touzé et donnant lieu à des workshops, des séminaires et à un site particulièrement élaboré, qui « édite des ressources théoriques et pratiques originales, dans la perspective d’une approche figurale du geste et de l’image, pour la danse, les art vivants et les arts visuels » http://www.pourunatlasdesfigures.net/atlas.
[7] Eur ArTeC est une École Universitaire de Recherche consacrée à la Recherche-Création, voir plus loin.
[8] https://har.parisnanterre.fr/projets_de_recherche/replay-it-again-reenactments-et-non-reconstituables/
[9] Programmes portés respectivement par Charlotte Bouteille et Tiphaine Karsenti (EUR ArTeC) ; Christophe Triau et Baptiste Buob ; et Chloé Larmet, Sabine Quiriconi et le même Christophe Triau.
[10] Nous pensons notamment au programme « Performer les savoirs », porté par Marion Boudier et Chloé Déchery, universitaires et respectivement dramaturge et performeuse.
[11] Voir présentation sur le site https://eur-artec.fr/leur-artec/presentation/
[12] https://eur-hcp.cyu.fr/doctorat-par-le-projet
[13] Pour reprendre l’heureuse expression proposée par Clément Hébert pour sa thèse de recherche-création : « « UΚ-100, un habitat mοderniste ? Οbjet symptοmatique et labοratοire critique », soutenue en 2024.
[14] Marc Partouche, Les écoles d’art qui changent le monde, Paris, Hermann, 2021.
[15] Jacques Darrioulat, « De l’Académie au Salon », Introduction à la philosophie esthétique, https://www.jdarriulat.net/Introductionphiloesth/PhiloModerne/AcadSalon.htmln
[16] Voir Markus A. Castor, « Politique artistique et liberté académique. Un état des lieux à partir du cas de l’Académie royale de peinture et de sculpture », Regards croisés, n°4, 2015.
[17] Andreas Bebyer, Danièle Cohn, Tania Vladova (dirs.), « Esthétique et science de l’art », Trivium, n°6, 2010 ; Bernadette Collenberg-Plotnikov, Carole Maigné, Céline Trautmann-Waller (dirs.), « L’esthétique et la science de l’art à l’âge des congrès », Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft, vol. LXI, n° 2, 2016.
[18] Voir John Dewey, Addison Webster Moore et al., Creative Intelligence. Essays in the Pragmatic Attitude, New York, H. Holt & Co, 1917 et L’Art comme expérience, Paris, Gallimard, 2010.