Pour une poétique des mondes. Le worldbuilding dans la fantasy française et belge (1970-2025). Soutenance d'Aliénor Vauthey (Lausanne)
Aliénor Vauthey, candidate au doctorat, soutiendra sa thèse intitulée
Pour une poétique des mondes. Le worldbuilding dans la fantasy française et belge (1970-2025)
le jeudi 2 juillet à 17h00 dans l’auditoire 2064 du bâtiment Anthropole de l'Université de Lausanne.
Le jury est composé de :
Dominique Kunz Westerhoff (directrice, Université de Lausanne)
Anne Besson (co-directrice, Université d’Artois)
Alain Boillat (Université de Lausanne)
Simon Bréan (Université Sorbonne-Nouvelle)
Olivier Caïra (Université Évry Paris-Saclay)
La soutenance sera présidée par Barbara Wahlen.
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Résumé de la thèse
Pratique centrale de la littérature de fantasy, le worldbuilding, soit la construction de mondes imaginaires, a fait l’objet d’une théorisation progressive dès son émergence dans l’aire anglophone au cours du second XXe siècle. Elle demeure cependant insuffisamment étudiée dans ses déclinaisons francophones, alors qu’elle constitue un principe fondamental du développement de la fantasy dans les champs littéraires français et belges. Loin de se limiter à poser un cadre diégétique, le worldbuilding engage un ensemble complexe de relations entre un monde, pensé comme complet et autonome, et les structures narratives et textuelles qui le déploient. Sur la base d’un corpus d’œuvres et d’entretiens d’auteurs et d’autrices contemporains, le premier volet de ce travail a cherché à restituer à la fois la généalogie des pratiques démiurgiques, de leur émergence dans l’espace anglo-saxon jusqu’à leur appropriation en France et en Belgique, et les principes d’une poétique de la création de mondes secondaires merveilleux. Son second volet propose une analyse de la manière dont les textes romanesques organisent le déploiement du worldbuilding, en articulant outils narratifs, linguistiques et stylistiques pour produire l’illusion de mondes vastes et cohérents. Il a ainsi été possible de montrer que ces mondes, loin d’exister indépendamment des textes qui les portent, sont au contraire engendrés par eux et trouvent dans le médium littéraire les conditions de leur densité, de leur lisibilité et de leur vividité.