Faut-il dé-/re-construire la linguistique variationnelle ? (Colloque DIA VII – Nancy)
Depuis le premier colloque DIA, qui s’est tenu en 2010 à l’Université de Gand, la linguistique variationnelle romane a bénéficié d’un renouveau épistémologique certain, que ce soit en termes de réflexion sur la place de la variation au sein du système linguistique, sur l’interdépendance entre variation et changement linguistique, sur les finalités empiriques et théoriques de la description diasystémique ou encore sur les méthodes d’accès à la variation à privilégier (cf. Krefeld/Pustka 2010 ; Boutier/Hadermann/Van Acker 2013 ; Sinner 2013 ; Stehl 2013 ; Kragh/Lindschouw 2015 ; Hassler/Stehl 2017 ; Glessgen/Kabatek/Völker 2018 ; Greco/Vecchia/Sornicola 2018 ; Bertin/Gadet/ Lehmann/Moreno Kerdreux 2021 ; Kabatek/López Serena 2025 ; López Serena/Del Rey Quesada sous presse). DIA VII prend fond sur ces avancées collectives pour s’interroger sur la nature de la linguistique variationnelle actuelle : quels sont les outils, quelles sont les données, quels sont les paramètres qui la définissent à l’époque de la prévalence des données numériques et de l’avènement des grands modèles de langage (LLM) ?
Cette septième édition du colloque DIA s’inscrit, d’une part, dans la tradition romaniste de la manifestation, qui tire ses racines du groupe δια, fondé dès 1990 par Rika Van Deyck en accord avec Eugenio Coseriu ; d’autre part, elle se propose de dépasser le cadre roman pour s’interroger sur la possibilité d’une fécondation croisée avec les pratiques des linguistes variationnistes spécialistes d’autres langues (cf. Auer/Schmidt 2010 ; Auer 2012 ; 2013 ; 2022 ; Felder 2016). Une des questions centrales du colloque sera ainsi la suivante : dans quelle mesure la tradition romaniste se suffit-elle à elle-même, voire peut-elle constituer un modèle pour d’autres domaines linguistiques ? Et, inversement, dans quelle mesure des approches venues d’ailleurs peuvent-elles enrichir le paradigme roman de la linguistique variationnelle ?
Le colloque DIA VII sera largement ouvert à tout type de soumission se situant dans le périmètre de la linguistique variationnelle romane, de la plus traditionnelle à la plus iconoclaste. Les contributions centrées sur une réflexion théorique ou méthodologique, et en particulier celles qui convoquent une approche développée en dehors de la linguistique romane, de même que celles qui conjuguent les perspectives empirique et théorique, seront particulièrement les bienvenues.
Le colloque aura lieu les 14–15 juin 2027 suivis le 16 juin 2027 par un atelier ALT-COEF.
Toutes les informations sont à consulter sur la page : https://dia7.sciencesconf.org/