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Claudie Hunzinger et le sauvage (université d'Artois)

Claudie Hunzinger et le sauvage (université d'Artois)

Publié le par Perrine Coudurier (Source : Myriam White-Le Goff)

Colloque « Claudie Hunzinger et le sauvage »

25 & 26 mars 2027

Université d'Artois

 

Argumentaire

Claudie Hunzinger est une auteure à la fois majeure et discrète de notre temps. Son œuvre, d’une cohérence extrême, d’abord d’une grande singularité et un peu isolée dans le paysage littéraire, s’avère aujourd’hui croiser nombre des problématiques incontournables de notre époque, en particulier la réflexion sur les liens entre l’homme et la nature ou la reconsidération du genre, par exemple. Toutefois, Claudie Hunzinger n’emprunte jamais les itinéraires convenus ; elle parcourt les chemins de traverse pour nous entraîner dans les montagnes et les forêts, tantôt aux côtés d’une chienne ou d’une ânesse, tantôt au cœur d’une harde de cerfs.

Le colloque qui se tiendra à l’université d’Artois (Arras) les jeudi 25 et vendredi 26 mars 2027 mettra au premier plan la présence du « sauvage » dans l’ensemble de l’œuvre de la créatrice, qu’il s’agisse de son œuvre littéraire ou plastique, sans exclure radicalement d’autres approches. Dès l’étymologie du mot, qui rattache le « sauvage » à la silva, la « forêt », on se trouve au cœur de l’univers de l’artiste vosgienne. Toutefois, chez elle, le sauvage ne s’oppose pas au domestique, bien au contraire. C’est précisément, sous le toit du foyer, poreux et inscrit dans la nature, que se réfugie bien souvent la part sauvage que le monde extérieur ne veut ou ne peut plus préserver, comme pour ces sangliers qui ont perdu leur sauvagerie. Même, le civilisé, l’apprivoisé se féralise. Car on peut aussi passer par le sauvage pour s’apprivoiser soi-même. Ainsi, la petite chienne garde la femme « un peu ensauvagée » (Un chien à ma table, p. 206). Le sauvage se décline en farouche et en sauvagerie.

Ainsi, chez Claudie Hunzinger, le sauvage présente différents aspects. Il est à la fois du côté de ce qu’on désignera rapidement par le terme « nature » et du côté des forces brutes du monde. Le sauvage est niché dans les personnages, tout autant qu’il est ce qui impulse leurs actes ou leurs désirs.

Chez Claudie Hunzinger, le sauvage ne s’oppose pas à la pensée ou à l’écriture. Au contraire, il en irrigue la vitalité. D’ailleurs, on ne saurait dire si la fiction apprivoise le sauvage ou si, au contraire, elle constitue une forme d’ensauvagement. En outre, le sauvage est ce qui porte la mémoire, du monde, et des états premiers de la vie[1]. Mais il est aussi furtif et mystérieux et ne s’approche parfois qu’à l’affût.

Le sauvage est l’insoumis, ce qui n’a pas été asservi. Il est ce qui est donné spontanément, comme le fruit sauvage, non ce qui est arraché au monde par barbarie, comme ce qui est produit pour un matérialisme de masse.

Modalités de participation

Les propositions accompagnées d’une très brève bio-bibliographie, d’une dizaine de lignes chacune, auront une approche littéraire mais émaneront aussi de tous les autres champs disciplinaires. Elles seront envoyées à myriam.whitelegoff@univ-artois.fr, avant le 15 novembre 2026.

 

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[1] Charles Stépanoff, Attachements, Enquête sur nos liens au-delà de l’humain, Paris, La Découverte, 2024, p. 103.