La plus grande ruse du diable est de nous persuader qu'il n'existe pas. On ne s'étonnera donc pas que le Centenaire de Sous le soleil de Satan puisse passer à peu près inaperçu. Inspiré de la vie du curé d'Ars, le premier roman publié par Georges Bernanos, commencé après l'armistice de 1918, n'a été en effet achevé qu'à la fin de l'année 1925 pour paraître chez Plon en 1926. Au cœur de l'insouciance des Années folles, l livre a fait l'effet d'une déflagration. Le jeune écrivain osait réveiller une figure oubliée, endormie depuis des décennies : le Diable. Non un diable d'opérette, mais un démon de chair, violent et dévastateur. Un siècle plus tard, alors que Satan a fait siens les univers du cinéma, de la bande dessinée et de la musique, on peut s'interroger : qu'est devenue, en littérature, la figure du Diable ? Un jour, le Diable (Seguier), François Angelier a réuni neuf écrivains contemporains pour imaginer le grand retour du Malin, le faisant surgir là où on l'attend le moins : dans une boutique de chaussures pour femmes, sur les plages de Flandre ou sous les projecteurs de la jet-set de Los Angeles... Tour à tour créature maléfique, homme charismatique et femme enchanteresse, le Démon adopte mille visages pour séduire et tromper sa proie, usant de tous les artifices pour parvenir à ses fins. Fabula vous invite à feuilleter le livre…
(Illustr. : Sous le soleil de Satan, adaptation de Maurice Pialat, 1987)