Essai
Nouvelle parution
Géraldine Cazals, Guillaume de La Perrière, Toulousain (1499-1554). Un juriste humaniste de la Renaissance

Géraldine Cazals, Guillaume de La Perrière, Toulousain (1499-1554). Un juriste humaniste de la Renaissance

Publié le par Marc Escola (Source : Librairie Droz)

Humaniste toulousain du XVIᵉ siècle, Guillaume de La Perrière est une figure singulière de la Renaissance française. Issu d’une famille de petite noblesse, gradué en droit et devenu prêtre, il mène une existence modeste, mais il se trouve au cœur de l’important mouvement qui s’attache, en cette période cruciale de l’histoire, à renouveler les savoirs. Fréquentant Nicolas Bertrand, Jean de Boyssoné, Marguerite de Navarre et Clément Marot, il a pu connaître André Alciat, Jean Calvin ou François Rabelais. S

on œuvre, principalement connue pour son Théâtre des bons engins et son Miroir politicque, prend à bras le corps plusieurs des enjeux centraux du temps, qu’il s’agisse de la querelle des femmes ou du pétrarquisme, du stoïcisme ou de l’art de gouverner. Fruit d’importantes recherches, cette monographie, la première consacrée à l’auteur comme à son œuvre, en met en lumière toute l’originalité et la profondeur, invitant à situer son auteur parmi les figures les plus marquantes de l’humanisme.

Table des matières

Avant-propos

Préface 

Conventions d’édition 

Édition des sources

Abréviations et conventions d’écriture

Introduction générale 

La Perrière, un auteur mineur pour l’historiographie

contemporaine ?

Une vie, pourquoi ?

Une vie, comment ? 

Chapitre premier. Enfance (1499-1526)

I. Les études toulousaines

Une université en décrépitude 

La faculté des arts

Les « Estudes » de droit

Les « bonnes exhortations » de Nicolas Bertrand

Nicolas Bertrand 

L’Opus de Tholosanorum gestis et les antiquités toulousaines

II. La formation avignonnaise

Le studium

Le studium au début du XVIe siècle

L’arrivée de Ripa et d’Alciat en 1518

La Perrière hallebardier 

La vie et les enseignements au studium

La spiritualité

Les humanistes, les juifs et la Kabbale

La Perrière hébraïsant ? Les discussions avec les rabbins

Les hébraïsants chrétiens et Avignon 

La Kabbale et le renouvellement de la lettre biblique

Les Emblemata, l’humanisme juridique et les questions Herméneutiques

L’otium d’un juriste lettré ? Le rôle des modèles archéologique,philologique et épigrammatique 

Le modèle décoratif et les enjeux juridiques et épistémologiques

Chapitre II. Apprentissages (1526-1533)

I. La renaissance de Toulouse et les premières cures

La maison commune ou « Capitole » de Toulouse 

Les archives et le Livre des histoires

Le « Capitole »

Les humanistes, le renouveau universitaire et la diffusion de la Réforme protestante

Autour de Jean de Pins et du Parlement, des cénacles érudits 

Une université en plein renouvellement 

La diffusion de la Réforme protestante 

La Perrière curé et chanoine 

Les églises de Saint-Loube et Amades au diocèse de Lombez 

La chanoinie en l’église métropolitaine de Narbonne

II. L’Invective satyricque, la première publication 

Une invective entre incrimination légale et sermon religieux 

L’invective légale : la dénonciation des suspects monopoles de plusieurs « crimineulx satellites »

Un sermon « ex purissimo Sacrarum Literarum fonte manans » 

Une invective en mètres français, l’orateur dans la cité

Une pièce gallico metro contexta

L’ethos du poète dans la cité 

III. L’humanisme et les procès toulousains de 1532

Les procès toulousains de 1532

Un nouvel inquisiteur de la foi suspect, Arnaud de Badet

Un ample mouvement de sectaires 

Le bûcher de Caturce, l’humiliation publique de Boyssoné : des condamnations exemplaires 

La lettre d’Érasme à Jean de Pins 

Le voyage d’Italie des exilés toulousains

Chapitre III. Bouillonnements (1533-1535)

I. L’entrée de François I er : premiers emblèmes ? 

Les préparatifs de l’entrée

La Perrière et le programme ornemental de l’entrée royale 

La Perrière, inventeur de la médaille offerte au roi ? 

L’entrée royale 

Les cérémonies

Le départ du roi, l’affaire du camayeu

II. Le collège de Saint-Mathurin et les Controverses des sexes masculin et féménin

Le collège de Saint-Mathurin

La fondation et l’histoire médiévale du collège de Montrevel, Lectoure et/ou Saint Mathurin

L’institution au début du XVI e siècle et l’arrivée de La Perrière, unique collégié puis prieur 

Les Controverses des sexes masculin et féménin

Une oeuvre marquante de la « Querelle des femmes »

Une invective louée par La Perrière et les milieux navarrais

III. L’agitation universitaire et les polémiques autour de Dolet 

Les ambitions toulousaines de Dolet

La violence étudiante et l’interdiction des nations

Les Orationes de Dolet et la polémique avec Pinache 

L’échec de Dolet aux Jeux Floraux

La revanche de Dolet : « Toulouse barbare » et le rebondissement des Controverses 

Chapitre IV. Épanouissement (1535-1539) 

I. La première entrée de Marguerite de Navarre à Toulouse

et le Théâtre des bons engins

L’Entrée des souverains de Navarre (1er juillet 1535)

L’invention des médailles offertes aux souverains

L’invention du Théâtre des bons engins 

Le Théâtre des bons engins

Un théâtre du monde

Un théâtre philosophique

Un manifeste stoïque ?

Un miroir politique et évangélique ?

II. Le poète, Marguerite de Navarre et Clément Marot

Un poète et le sodalitium Tolosanum

Le sodalitium Tolosanum

Le culte des muses latines

La fuite des universitaires vers les offices

Le retour de Marguerite de Navarre et l’invitation de Clément

Marot (janvier 1538) 

La remise à la souveraine de la centurie du Théâtre des bons engins 

Le retour à Toulouse du grand forgeur. Marot, Boyssoné, Villars et La Perrière

Une rencontre, sous le signe de Phoebus

La Perrière fils d’Apollon ?

III. Les Annalles de Foix

Composition et publication des Annalles de Foix 

L’illustration de la maison de Navarre

Le travail éditorial et le contrat d’édition 

L’histoire du comté de Foix

La Perrière et les philosophes vollantz

Des remous liés à la querelle Marot/Sagon ?

Des liens avec l’Institution de la religion chrestienne de Calvin ? 

La concurrence de l’Historia Fuxensium comitum de Bertrand Hélie

IV. Les Cent considérations d’amour

Des considérations reflétant les questionnements intimes du poète

L’oeuvre dédiée à Jean de Malerippe

Des « essais », « considérations » de vieillesse ?

Un éloge paradoxal ?

L’amour « voluptueuse et lascive »

Des considérations inspirées, cent quatrains au coeur de

l’actualité éditoriale

Cent quatrains, cent emblèmes ?

L’inspiration pétrarquiste 

Sincères, caustiques, lascives mais spirituelles, des Considérations pour le moins paradoxales

Les Cent considérations d’amour et la « Querelle des amyes » 

Chapitre V. Virilité (1539-1543)

I. L’historiographie toulousaine et la genèse du Miroir politicque

Le Catalogue et summaire de la fundation [...] de Tholoze

La réfection du Livre blanc de la ville de Toulouse

L’introduction historique du cartulaire, le Catalogue et summaire de la fundation [...] de Tholoze

Le Summaire de la fondation de la ville, du Sénat et Capitole d’icelle 

« Des libertés et privilièges de Tholoze [...] »

Summaire et recue[i]l de la création et érection de la conté de Tholoze, ensemble de la vie, faictz, vaillances, gestes et trépas des contes d’icelle 

L’ordonnancement du nouveau Livre blanc et le premier Miroir politicque

La Chronique 216 du Livre des histoires

Le Livre des histoires

La chronique 216

II. La destruction de la maison collégiale et la continuation des chroniques capitulaires

La destruction de la maison collégiale de Saint-Mathurin  

Le projet d’union des collèges toulousains et l’échange de la maison de Saint-Mathurin

La destruction de l’ancienne maison collégiale 

Nouvelles chroniques ? 

La chronique 217 ?

La chronique 218

III. Le succès du Théâtre des bons engins

Les rééditions du Théâtre des bons engins

Les éditions et rééditions françaises du Théâtre des bons engin

La circulation des dizains dans les recueils poétiques

Le Théâtre des bons engins et les arts graphiques

Les coffrets à emblèmes 

Autres applications mobilières ? 

Chapitre VI. Vieillesse (1543-1553)

I. Entre « guerre des plumes » et historiographie municipale

(1543-1544)

La contribution à l’Églogue pastorale de François Vernassal

François Vernassal

Une églogue, dans les pas de Marot et de Salel

La dénonciation des malheurs de la guerre et les ambitions de Vernassal 

Les contributions municipales

L’épître liminaire du second Livre des conseils généraux de la ville « Dame Tholose »

La réédition des Gestes des Tholosains de Nicolas Bertrand

La commande des libraires Bories et La Pujade et le procès devant les capitouls

Le travail effectué par La Perrière

II. L’autorité du maître et l’adieu à Marguerite de Navarre 

La caution donnée à la première édition de la Chronique de Joinville (1546)

La découverte de la chronique par Antoine Pierre 

L’épître «Au béning lecteur » composée par Guillaume de La Perrière 

Le travail éditorial

Postérité de l’œuvre

La Perrière oracle de Toulouse, le témoignage de Bérenger de La Tour d’Albenas 

Bérenger de La Tour d’Albenas à Toulouse

La Perrière, oracle de Toulouse

L’adieu à Marguerite de Navarre, les vers déposés par La Perrière sur son tombeau

III. Nouveaux travaux municipaux et réforme des collèges toulousains

Les chroniques 225 et 226 du Livre des histoires

La chronique 225

La chronique 226

Vers la disparition du collège de Saint-Mathurin

Le conflit avec les capitouls et Durand Ydriard

L’édit royal de réformation des collèges (juillet 1551)

Les chroniques 227 et 228 et la remise en chantier du Miroir politicque

La reprise du Miroir politicque

La chronique 227

La résolution du conflit avec Durand Ydriard et l’avancement du projet d’union des collèges 

La refonte du Miroir politicque et la chronique 228 

Chapitre VII. Décrépitude (1551-1556)

I. Les pièces disparues de 1551-1552

Le Petit courtisan avec La Maison parlante

La traduction française d’une homélie de Jean Chrysostome 

« Inciter les cueurs des riches aux oeuvres de miséricorde et de charité » 

Le Dialogue moral de la lettre qui occit et de l’esprit qui vivifie 

Une moralité polémique 

Un spectacle « grave » joué à la Cour de Navarre ? 

II. Les Considérations des quatre mondes et la Morosophie

Les Considérations des quatre mondes

Une oeuvre spirituelle et contemplative en quatrains français 

Des destinataires et lecteurs privilégiés : les Du Faur et les milieux navarrais

Première centurie : les hauts mystères du monde divin

Deuxième centurie : le monde angélique, dit intelligible

Troisième centurie : le monde céleste

Quatrième centurie : le monde sensible

La Morosophie 

La dédicace à Antoine de Bourbon

Les cent emblèmes moraux bilingues

La Morosophie, une folle-sagesse inspirée par les antiques, et par Érasme

De la nature à la cité, modèle archéologique et connaissance 

Réception

III. Les dernières chroniques et le Miroir politicque

Les dernières oeuvres, la disparition de Saint-Mathurin et de son prieur

La chronique 229

La vente des biens de Saint-Mathurin

L’oeuvre posthume : le Miroir politicque

Un « art de doctrine politique » dédié aux capitouls, et au chancelier Jean Bertrand

Un « Miroir »

Une imposante érudition classique et moderne

La langue vulgaire et l’« occulaire demonstration »

Un art de gouverner fondé sur la Prudence

La Police – Venise – le régime français

Une contre-utopie fondée sur la famille et l’appropriation privative des biens

L’unité de la civile société 

Une œuvre de portée européenne 

Conclusion 

Bibliographie

Index nominum

Table des illustrations.