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Faire culture hors frontière : l’exil russe au XXIe siècle / Making Culture Beyond Borders: Russian Exile in the 21st Century (Grenoble et Revue russe)

Faire culture hors frontière : l’exil russe au XXIe siècle / Making Culture Beyond Borders: Russian Exile in the 21st Century (Grenoble et Revue russe)

Publié le par Perrine Coudurier (Source : Julie Gerber)

Plus de quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, les ressortissants russes ayant massivement quitté leur pays semblent désormais installés à l’étranger. Bien que leur nombre demeure difficile à établir avec précision, près d’un million de personnes auraient quitté la Russie pour s’installer dans différents pays de l’ex-URSS (Géorgie, Kazakhstan, Arménie…), au Moyen-Orient (Israël, Turquie), en Europe (Allemagne, France, Espagne) ainsi qu’aux États-Unis.        

            Les motifs de cette émigration sont divers : certains, notamment les journalistes et les acteurs du monde artistique, sont partis parce qu’ils ne pouvaient plus exercer leur métier (« agents de l’étranger » ou « organisations indésirables ») ; d’autres ont émigré pour échapper à la mobilisation ; d’autres, enfin, sont partis à la recherche de meilleures conditions de vie. Il est possible de dessiner les contours sociologiques de cette émigration : ce sont souvent des jeunes urbains éduqués, dotés d’un certain capital économique et culturel, parlant des langues étrangères, ouverts sur le monde, partageant généralement les valeurs démocratiques et ayant, de ce fait, un potentiel d’adaptation assez élevé. Beaucoup travaillent dans les technologies numériques et ont la possibilité d’exercer leur profession en distanciel. Contrairement à ce que pourraient laisser penser les médias occidentaux, les Russes exilés ne sont pas nécessairement politisés et ne font pas systématiquement partie de l’opposition (rapport IFRI, 2023). Bien que tous ne soient pas à proprement parler des acteurs culturels au sens professionnel du terme, chacun participe, par sa condition d’exilé et par les pratiques qu’il développe dans son nouveau contexte socioculturel, au renouvellement d’une culture russe « de l’étranger ».      

            Se pose dès lors la question des modalités selon lesquelles ces Russes émigrés continuent de produire des contenus et de consommer des biens culturels. La culture est définie par l’UNESCO comme « l’ensemble des traits spirituels, matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société » (Déclaration de Mexico, 1982). Cette définition ne se limite pas aux arts, mais englobe également les modes de vie, les systèmes de valeurs, ainsi que le patrimoine vivant et immatériel. L’ensemble de ces dimensions constitue ce que l’on appelle une communauté. Or, comme l’a montré Catherine Gousseff au sujet de l’émigration russe du XXe siècle (2008), la formation d’une communauté en exil suppose l’existence d’un récit commun. Pour cette population russe récemment émigrée, qui – malgré certains traits partagés – demeure fortement hétérogène sur les plans culturel, politique et économique, un tel « récit commun » est-il possible ? Si oui, sous quelles formes ? Quelle est la place de la guerre dans ce récit ? 

            Un autre point important est le contact (voire une forme de solidarité) entre les émigrés récents et ceux issus des émigrations précédentes. Depuis le XIXᵉ siècle, l’histoire russe a été profondément marquée par une expérience de l’exil qui était généralement en relation avec des bouleversements politiques. Entre 1917 et 1991, trois vagues d’émigration issues de la Russie bolchévique puis de l’Union soviétique se sont dispersées à travers le monde. La « première », (après la révolution bolchévique de 1917) et la « troisième » (suite à la décision du Comité central du parti de l’URSS qui autorisait des Juifs soviétiques à quitter le pays), comportaient un nombre particulièrement important d’intellectuels et hommes de lettres qui ont contribué à l’émergence d’espaces culturels russophones hors des frontières de la Russie et de l’ex-URSS (Luba Jurgenson, 2023), formant des milieux intellectuels, artistiques et littéraires dynamiques dont certains sont encore actifs aujourd’hui. Or, ces communautés diffèrent évidemment beaucoup des néo-arrivants par leur rapport à la langue et à l’identité russes. Si la préservation de la langue, des traditions et de la religion était une priorité pour les premières vagues, il semble que l’émigration récente se caractérise par une prise de distance vis-à-vis de cette « culture russe traditionnelle » et manifeste un désir d’ancrage plus fort dans les sociétés d’accueil. Comment ces différentes « vagues » interagissent-elles ? Dans quelle mesure leurs visions respectives de « l’identité russe » entrent-elles en conflit ? Enfin, est-il encore pertinent de parler aujourd’hui d’une « diaspora » russe au singulier ?       

            L’émigration récente est, en partie, professionnelle : au moins 1500 journalistes travaillant pour près de 70 médias ont quitté le pays à cause de la guerre. Les médias russes implantés à l’étranger (Dojd’ à Amsterdam, Meduza à Riga...) contribuent à former et à diffuser une nouvelle culture russe de l’exil (Rodina & Dovbysh, 2025 ; Wiik & Johansson, 2025 ; Yablokov, & Gatov, 2025). Sur quelles ressources s’appuient-ils pour se réinventer à l’étranger ? Comment surmontent-ils les difficultés liées à l’exil, notamment sur le plan financier ? Les chaînes de blogueurs expatriés (Maksim Katz, Iouri Dud’...) et les médias russophones créés après la guerre (« Masha on Russia », « The Breakfast show »...), à l’instar des réseaux sociaux, participent à leur manière à la constitution de communautés transnationales, unissant des communautés russophones exilées dans différents pays autour de valeurs démocratiques et d’un discours politique d’opposition au régime et/ou à la guerre.           

            Si nous nous intéressons aux acteurs culturels russes, il ne faut pas oublier pour autant que cette « culture russe de l’étranger » est aussi façonnée par les pays d’accueil. Ceux-ci ne se contentent pas de la réceptionner, mais la conditionnent également en donnant accès ou non à leurs dispositifs et structures. Par exemple, des musiciens russes dont la position est politiquement « neutre », ambiguë ou suspecte concernant la guerre en Ukraine ne sont pas invités à se produire sur scène (un exemple français : la DJ russe Nina Kraviz a été retirée de la programmation du festival des « Vieilles Charrues » pour ne pas avoir affiché publiquement son opposition à Vladimir Poutine). Les pays d’accueil sont ainsi en demande d’un discours d’opposition qui soit en conformité avec leur propre agenda politique.   

            L’exil implique l’émergence de nouvelles formes d’expression, mais aussi de nouvelles modalités de transmission des héritages culturels. Nous souhaitons mettre en lumière les interrogations contemporaines liées à la transmission de la culture. Quels sont les enjeux éducatifs et pédagogiques liés à l’exil récent ? Quel rôle jouent les institutions locales (écoles russes, associations russophones...) dans la transmission de cet héritage, notamment linguistique ? Plus simplement, comment expliquer la guerre en Ukraine aux enfants ?       

            Les contributions issues de différentes disciplines relevant des sciences humaines (en particulier sociologie, anthropologie, géographie, histoire, études des médias, linguistique, études culturelles) seront particulièrement appréciées, sans que les études liées aux pratiques artistiques contemporaines (littérature, arts plastiques et visuels, musique, théâtre) soient exclues.

Plusieurs axes de réflexion pourront être envisagés (liste non exhaustive) :

1. Productions culturelles      

Quelles représentations de l’exil construisent les œuvres d’art contemporaines ?
Les questionnements liés à l’identité dans l’art.
Que signifie « cinéma russe en exil » ? Quelle réception de ce cinéma par les pays d’accueil ? Comment les trajectoires des réalisateurs et réalisatrices ont-elles été affectées par l’exil ?
Pratiques théâtrales hors-frontières : spectacles, festivals...
 
2. Industries culturelles à l’étranger 

Reconfiguration du marché éditorial : « nouveau tamizdat », maisons d’édition russophones implantées à l’étranger après 2022 (France, Allemagne, Israël, Géorgie, Royaume-Uni, Italie...) : stratégies, spécialisation, évolution ; édition simultanée de livres dans plusieurs pays (dont la Russie) ; rencontres littéraires de l’émigration (« La tour des livres » à Prague en 2025)...      
Industrie culturelle :  nouvelle visibilité des artistes russes de l’opposition en Occident ; l’émigration « conjointe » (artistes / producteurs, réalisateurs / public) ; une industrie du cinéma en exil est-elle possible ?

3. La culture et les médias socio-numériques   

La réinvention de la culture journalistique
Difficultés (financières) et solutions, réorientation des contenus, évolutions (ou non) du public cible, nouvelles méthodes de travail/d’enquête...
Comment les réseaux sociaux et les médias contribuent à la consolidation d’une communauté russophone au niveau national/international, et donc d’une nouvelle communauté (par exemple, à travers certains néologismes ou mèmes).    

4. Les rapports entre exil russe contemporain et vagues d’émigration au XXe siècle 

Comment les acteurs de la culture contemporaine se positionnent-ils par rapport aux émigrés des « vagues » précédentes ?
Redéfinition des canons et des références culturelles
Mémoire et relecture du passé        

5. La perception et l’autoperception des populations russes nouvellement immigrées  

Construction des identités collectives et individuelles
Accueil institutionnel et dispositifs d’aide
Adaptation et ancrage
 
6. La place des enfants   

Transmission (ou non) de la langue russe et bilinguisme
Difficultés pratiques, freins sociologiques
Institutions pédagogiques
La littérature d’enfance et de jeunesse russophone récente
Il serait souhaitable que ces thématiques abordent sous divers angles les questions transversales de l’ancrage territorial, des nouveaux modèles économiques, de l’identité et de la langue.


Langues de travail : français et russe

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Les propositions de communication (maximum 500 mots), le titre (provisoire) de la future communication ainsi qu’une courte bio-bibliographie (200 mots) sont à envoyer avant le 15 septembre 2026 à l’adresse suivante : colloqueAFR.CESC.2027@gmail.com.

Cette journée d’étude fera l’objet d’un numéro thématique dans la Revue russe. En y participant, les intervenants et intervenantes s’engagent à soumettre un article au comité scientifique de la journée d’étude, puis au comité de lecture de la revue.


Financement : L’organisation prend en charge l’hébergement, mais non les frais de transport. Les intervenants et intervenantes devront donc s’adresser à leurs laboratoires respectifs pour couvrir ces frais. 

 

Comité scientifique : 

CORRADO Florence, Professeur, Université Bordeaux-Montaigne

DESPRÉS Isabelle, Professeur, Université Grenoble Alpes

GERBER Julie, ATER, Université Grenoble Alpes 

KOSSOV Valéry, MCF HDR, Université Grenoble Alpes

NÉRARD François-Xavier, Professeur, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rédacteur en chef de la Revue russe

ROBERT-BOEUF Camille, CNRS-Miginter, Vice-présidente de l’AFR pour l’enseignement supérieur

THIBONNIER Laure, MCF, Université Grenoble Alpes

 
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More than four years after Russia’s full-scale invasion of Ukraine on 24 February 2022, Russian citizens who left their country in large numbers now appear to have settled abroad. Although their exact number remains difficult to estimate, nearly one million people are believed to have left Russia and moved to different countries of the former Soviet Union (Georgia, Kazakhstan, Armenia...), the Middle East (Israel, Turkey), Europe (Germany, France, Spain), and the United States. 

            The reasons for this emigration are diverse. Some people, especially journalists and cultural actors, left because they could no longer pursue their professional activities (“foreign agents”, “undesirable organisations”). Others emigrated to avoid mobilisation, while others sought better living conditions. Sociologically, this migration often consists of young, educated urban dwellers with significant cultural and economic capital, knowledge of foreign languages, international experience, and generally democratic values, giving them a strong capacity for adaptation. Many work in digital technologies and can work remotely. Contrary to common media representations in Western countries, exiled Russians are not necessarily politically active and do not systematically belong to the political opposition (IFRI report, 2023).       Even when they are not professional cultural actors, these emigrants participate in the renewal of a Russian culture “abroad” through their exile experiences and practices within new social and cultural environments.      

            This raises the question of how these emigrants continue to produce cultural content and consume cultural goods outside Russia. UNESCO defines culture as “the set of distinctive spiritual, material, intellectual and emotional features of society” (Mexico City Declaration on Cultural Policies, 1982). Culture, therefore, encompasses not just the arts but also lifestyles, value systems, and intangible heritage. Together, these dimensions shape communities. As Catherine Gousseff demonstrated regarding twentieth-century Russian emigration (2008), the formation of an exile community requires a shared narrative. Yet this recently emigrated Russian population remains highly heterogeneous in cultural, political, and economic terms. Is such a shared narrative possible today? If so, in what forms? What role does the war play in it?         

            Another important issue concerns contacts (and possibly solidarity) between recent emigrants and earlier waves of Russian emigration. Since the nineteenth century, Russian history has been deeply shaped by exile experiences linked to political upheavals. Between 1917 and 1991, three major waves of emigration from Bolshevik Russia and later the Soviet Union spread across the world. The first wave (after the 1917 Revolution) and the third wave (following the Soviet decision allowing Jewish emigration) included many intellectuals and writers who contributed to the creation of Russian-speaking cultural spaces outside Russia and the former USSR. These communities developed dynamic intellectual, literary, and artistic environments, some of which remain active today. However, these earlier communities differ significantly from recent migrants in their relationship to Russian language and identity. While earlier migrants prioritised preserving language, religion, and traditions, recent arrivals often seem less connected to “traditional Russian culture” and are more focused on integrating into their host societies. How do these different waves interact? To what extent do their understandings of “Russian identity” conflict? Is it still relevant to speak of a single Russian diaspora today? 

            Recent emigration is also partly professional. At least 1,500 journalists working for nearly seventy media outlets left Russia because of the war. Russian media organisations established abroad (Dojd’ in Amsterdam, Meduza in Riga) contribute to the emergence of a new Russian exile culture. On what resources do they rely to reinvent themselves abroad? How do they overcome the difficulties of exile, especially financial ones? Expatriate bloggers’ channels (Maksim Katz, Yuri Dud’) and Russian-language media created after the war (Masha on Russia, The Breakfast Show), together with social media platforms, contribute to the creation of transnational Russian-speaking communities united around democratic values and opposition to the regime and/or the war.   

            Nevertheless, it is important to recognise that host countries also influence this “Russian culture abroad". They do not simply receive it but influence it through access (or lack of access) to institutional and cultural structures. For example, Russian artists whose positions regarding the war remain politically neutral, ambiguous, or unclear may be excluded from cultural programming. Thus, in France, the Russian DJ Nina Kraviz was removed from the line-up of the “Vieilles Charrues festival” because she had not publicly expressed her opposition to Vladimir Putin. Host societies often expect explicit anti-war or oppositional discourse consistent with their own political agendas.     

            Exile generates new forms of expression and new ways of transmitting cultural heritage. We would therefore like to highlight contemporary questions related to cultural transmission. What educational issues emerge from recent exile? What role do local institutions (Russian schools, Russian-speaking associations, etc.) play in transmitting language and heritage? More broadly, how can the war in Ukraine be explained to children?    

            We particularly welcome contributions from the humanities and social sciences, including sociology, anthropology, geography, history, media studies, linguistics, and cultural studies, as well as research on artistic practices (literature, visual arts, music, theatre). 

 

Possible topics include (non-exhaustive list) :

1. Cultural productions

Representations of exile in contemporary artistic works
Identity issues in art
What does “Russian cinema in exile” mean? Reception by host countries and changes in filmmakers’ trajectories
Theatre practices beyond borders: performances, festivals
 
2. Cultural industries abroad

Reconfiguration of publishing markets: the “new tamizdat”, Russian-language publishers founded abroad after 2022; publishing strategies, specialisations, and transnational circulation of books; literary events organised by exile communities
Visibility of Russian opposition artists abroad; is an exile film industry possible?

3. Culture and socio-digital media

Changes in audiences and working methods
The role of social media and digital platforms in building Russian-speaking communities and collective identities (for instance, through lexical creations or memes)

 4. Contemporary Russian exile and twentieth-century emigration waves

Relations between contemporary cultural actors and previous emigrant waves
Redefinition of cultural references and canons
Memory and reinterpretations of the past 

5. Perceptions and self-perceptions of recently emigrated Russians

Construction of collective and individual identities
Institutional reception and support mechanisms
Adaptation processes 

6. Children and transmission

Transmission (or non-transmission) of Russian and bilingualism
Practical and sociological difficulties
Educational institutions
Contemporary Russian-language children’s literature
Contributions addressing broader questions of territorial belonging, new economic models, identity, and language are especially encouraged. 


Working languages: French and Russian

Please send an abstract (maximum 500 words), a provisional title, and a short biographical note (200 words) by 15 September 2026 to: colloqueAFR.CESC.2027@gmail.com 

This conference will lead to the publication of a special issue of Revue russe. By agreeing to participate, speakers undertake to submit an article for evaluation by the conference’s scientific committee and, subsequently, by the journal’s peer-review committee.

 

Funding: The organisers will cover accommodation costs, but not travel expenses. Participants are therefore encouraged to seek funding from their home institutions. 

 

Scientific Committee :

CORRADO Florence, Professor, Université Bordeaux-Montaigne

DESPRÉS Isabelle, Professor, Université Grenoble Alpes

GERBER Julie, Teaching and Research Assistant (ATER), Université Grenoble Alpes 

KOSSOV Valéry, Associate Professor (Maître de conférences), HDR (Habilitation to Supervise Research), Université Grenoble Alpes

NÉRARD François-Xavier, Professor, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, editor-in-chief of Revue russe

ROBERT-BOEUF Camille, CNRS-Miginter, Vice-President of the AFR for Higher Education

THIBONNIER Laure, Associate Professor (Maître de conférences), Université Grenoble Alpes

 

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Projets ANR :

« Les exilé·es bélarusses, russes et ukrainien·nes après l’invasion de Ukraine. Politisations, interactions, solidarités et tensions » (2024-2026), coordinateur du projet : Ronan Hervouet, UMR 5116, Université de Bordeaux.

« La littérature russe face à la guerre en Ukraine – ARTATWAR » (2024-2028), coordinatrice : Victoire Feuillebois, GEO UR1340, Université de Strasbourg.